HISTORIQUE
Pendant longtemps on avait cru à l’incompatibilité des fièvres.éruptives.
« Deux maladies de nature essentiellement différente ne peuvent coexister. », avait dit THOMAS THOMP-
SON, dans ses Recherches sur la Variole, Londres 1752.
HUXNTER érigea cette opinion en dogctrine, sous le
nom d'Incompatibilité des Actions morbides (/ntroduc-
tion au Traité de la Syphilis, Londres, 1786.
« Il ést hors de discussion, pour moi, que deux a€
tes morbides ne peuvent jamais avoir lieu dans. la méme constitution, ni dans la même partie, en un seul et même temps. »
« Deux fièvres différentes ne peuyent exister dans la même constitution, ni deux affections locales dans la même partie, à la même époque. »
Reis (Pyrétologie, 1815) -estime controuvés les faits
des fièvres éruptives, parce que chaque exanthème im:
plique une-direction particulière du travail morbide de l'économie, et.que ce travail vraisemblablement. ne peut s'accomplir en même temps.dans des sens opposés.
Dans l'ouvrage d'Hégra (Traité.des Maladies de la
ue ns
peau, ad. par Doyon), on trouve, au chapitre scarla- tine (p. 195), le passage suivant :
« D'après l'idée que nous nous faisons d'un processus morbide provenant d'une altération spécifique du Sang, on pe peut admettre que la scarlatine coexiste jamais avec la variole ou la rougeole, chez le même malade; aussi les cas de cette espèce, rapportés par certains auteurs, doivent-ils être attribués soit à la scarlatine, soit à la forme de variole dans laquelle l'éruption est précédée d’un érythème. En effet, des observations montrent que lorsqu'un individu est atteint successivenent par deux de ces maladies, où bien les progrès de la première sont arrêtés, ou bien la seconde ne se développe pas. »
TROUSSEAU (Gacette des Hôpitaux, 1860, n° 15), dit, au sujet d'un rash scarlatiniforme :
«€ Chez les petits malades des hôpitaux, on ne voit jamais la contagion scarlatineuse s'imposer à un ‘enfant atteint de rougeole et réciproquement. Ces .affections se succèdent, mais elles ne se développent jamais simultanément. Les fièvres éruptives, comme toutes les grandes pyrexies, impriment à l'économie une sorte de résistance pour l'invasion d’une seconde affection du même genre, »
Tels sont les principaux adversaires de l'existence contemporaine des fièvres éruptives. Mais cette doctrine n’est pas admise par tous.
En Angleterre, Adams, dans ses Observations sur les poisons morbides, tout en reconnaissant la loi de Hun-
ter, cite pourtant quelques faits contradictoires.