OBSERVATIONS
Landouzy (1)
L'un de nos plus célèbres auteurs dramatiques qui ne pouvait composer qu’en marchant à grands pas dans son cabinet, en était venu au point de ne pouvoir même se tenir debout, sans éprouver la gène la plus incommode ; la source des inspirations était tarie, et Ze poèle était en proie à la plus profonde mélancolie, lorsqu'il apprit le succès du procédé de M. Breschet; quoique cette méthode fût encore toute nouvelle, et à peine sanctionnée par l’expérience, il s’y soumit avec empressement. Le succès répondit à ses espérances, et bien des productions nouvelles ont témoigné depuis que l’auteur péripatéticien avait pu sans «gêne et sans douleur recommencer ses marches poétiques autour de sa chambre.
(1) Landouzy. — Du varicocèle et en particulier de la cure radicale de cette affection. Paris 1838, page 39.
Observation 2 Astley Cooper (1)
M. Reess, chirurgien de Blackfriars Road, m'envoya un malade qui avait un énorme varicocèle gauche avec une énorme distension du scrotum. Il ressentait de violentes douleurs et, de plus, son état mental était très déprimé. Le 18 février 1831 je resèque une grande portion du scrotum, les testicules sont mis à nu. Avec trois points de suture ou rapproche les bords de la plaie scrotale et, le 3 mars suivant, le malade quitte Londres. Le malade peut faire cinquante milles à cheval par jour sans inconvénient, tandis qu'avant l'opération une course de plus de 2? ou 3 milles le fatiguait. Le malade est très satisfait de l'opération et, dans une lettre qu'il adresse à M. Reess, il lui exprime toute sa reconnaissance pour sa guérison parfaite.
Observation 3
: Astley Cooper (?)
M. John K..., âgé de 25 ans, est atteint d'un varicocèle volumineux du côté gauche et très douloureux. Il augmente au point de devenir 3 fois plus volumineux que du côté
(1) Astley Cooper, — Guy's Reports Hospital. 1838. (2) Astley Cooper, — Loc. cit,
)1 nes
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sain. Les douleurs, très vives, deviennent le point de départ d'une grande dépression mentale. Le 15 octobre 1837 je résèque une portion du scrotum. L'opération fut très diffi-
‘cile et én particulier la ligature des vaisseaux. Elle fut
néanmoins suivie de succès, et /e malade fut soulagé au moralet au physique.
Observation 4
Bransby Cooper (1) (résumée)
Un jeune fermier de l’île de Sheppey était sujet depuis 2 ans à un varicocèle du côté gauche qui avait amené chez lui un état pénible de souffrances morales et physiques.
Le scrotum du côté malade avait un volume double de celui du côté sain, la pression y était douloureuse.
Le malade se plaignait d’une constante sensation de pesanteur el, ressentait une grande douleur s'étendant au testicule et au cordon spermatique et irradiant jusque dans
les lombes.
Il était très inquiet, son appétit avait diminué et wne dépression morale constante l'avait poussé à demander un soulagement à ses maux. Le 8 février je resèque une portion du scrotum (opération préconisée par Astley Cooper). On applique des bandelettes agglutinatives ainsi que des linges constamment imbibés d'eau froide, Le 4 mars, la plaie était entièrement fermée, le scrotum était fortement serré contre le testicule, il n’y avait plus de trace
(1) Bransby Cooper. — Guy’s medic. Reports 1839.
Sept
de varicocèle; {ous les symptômes concomitants avaient disparu.
Observation 5
Vidal de Cassis ({)
J’ai donné mes soins à un artiste distingué qui avait des idées très mélancoliques ; je fis la découverte chez lui d’un varicocèle peu volumineux dont il ignorait l'existence et qui ne lui causait aucune douleur. L'opération ramena le calme dans son esprit et changea complètement son humeur qui n'eut plus rien de triste.
Observation 6
Vidal de Cassis (2)
Varicocèle double. — Salle 11, n° 22. — M..., 22 ans, fileur, entre le 29 juillet à l'Hôpital du Midi. Constitution assez robuste, tempérament lymphatico-sanguin. Il y a 18 mois, une blennorrhagie dont il fut bien guéri. Il y a 7 ans,
(4) Vidal de Cassis, Annales de la Chirurgie française et étrangère, 1844, T, XII.
(2) Vidal de Cassis. Loc, cit., page 169,
ST ue il reçut un coup violent sur les bourses : il en résulta ui
gonflement rapide à gauche ; quelques jours de repos au lit, et l'application d’un suspensoir en triomphèrent,
C’est depuis 3 ans seulement que le varicocèle gauche préoccupe le malade. Du côté droit, il n'y a guère qu’un an. Cet homme est habituellement très constipé; en outre, il fatigue beaucoup, sa profession l’oblige à se tenir debout presque toute la journée; il nie s’être livré à la masturbation ; il n’a que rarement des rapports sexuels.
Le malade souffre beaucoup ; il ressent de véritables douleurs dans les deux lombes des côtés, ainsi que dans les cuisses : ces douleurs sont plus sensibles depuis un an ; elles existent même la nuit. Cette double infirmité fait souffrir autant le physique que le moral du malade ; il se plaint d’un malaise général, d’oppression dans la poitrine ; 4 prétend que les aliments ne le nourrissent pas, qu'il maigril chaque jour ; il est triste, mélancolique ; il exprime tout le chagrin que lui cause son double varicocèle, il se croit exposé à de grands dangers.
Point de veines variqueuses sur le scrotum ; les testi-
cules ne sont point atrophiés ; ils ont conservé leur volume ordinaire.
M. Vidal pratique l'opération des 2 côtés le 6 août, le malade étant couché ; c’est la première fois que M. Vidal opère un malade dans cette position. Du reste, l’exécution de son procédé est facile chez cet homme ; le canal déférent s’isole bien des 2 côtés, aucun accident : les premiers jours, l'infammation paraît à peu près nulle, surtout du côte gauche ; à droite, elle est un peu plus vive, et à mesure que
Saussol 5
les fils coupent, là plaie semble se cicatriser ; la cicatrisation s’est faite en effet, mais dans une très petite étendue.
Malgré le peu d'inflammation à gauche, les fils coupent plus promptement les parties situées au-devant d'eux. M. Vidal les enlève de ce côté, le 18 août ; deux jours après, il retire ceux du côté droit. Les parties mortifiées qu’offrent ces plaies à leur surface se détachent promptement, et sont remplacées par une suppuration peu abondante, peu épaisse, ténue commé visqueuse. En raison de l’engorgement extrémement faible des parties, la cicatrisation des 2 plaies marche très rapidement.
Aujourd’hui, 3 octobre, la cicatrisation est achevée. Le malade commence à se lever un peu: il ne ressent de douleurs nulle part et le moraldu malade se raffermit journellement. Cet opéré a été vu un an après l'opération ; son caractère a complètement changé. Il est très jovial, n'a plus aucune idée des dangers qu'il croyait courir. Les digestions se font très bien ; il a pris de l'embonpoint.
Ogilvie Will (1)
W.M.., Ÿ6 ans, boulanger, atteint de varicocèle est admis à l’hôpital le 31 janvier 1876. Il déclare qu'il y a 3
(1) Ogilvie Will, Varicocèle treated by Ricord's operatione The Lancet, février 1877, page 267.
For O le
ans environ, il reçut sur le testicule gauche un coup qui fut suivi d’un gonflement et d'une douleur considérables, symptômes qui disparurent après un traitement d'une semaine. Quelques jours après il fit un effort pour soulever un lourd morceau de pâte, et il euten même temps la sensation de quelque chose qui descendait dans son scrotum.
Bientôt après il découvrit au-dessus du testicule gauche une grosseur accompagnée d’une légère sensation douloureuse. Son tempérament nerveux le fit s’alarmer très vite et il consulta sur le champ un médecin qui lui conseilla de porter un suspensoir et de prendre du perchlorure de fer à l'intérieur. Il garda le suspensoir pendant deux mois mais sans soulagement. La douleur, spécialement après un long travail, était très vive ; la tumeur augmentait aussi notablement de volume.
A l'examen, les veines spermatiques du côté gauche sont augmentées de volume et ont à peu près la grosseur d’un doigt. La tumeur molle et pâteuse au toucher était plus marquée à la partie supérieure du testicule et descéndait légèrement en arrière. Les veines diminuaient graduellement de volume suivant leur trajet ascendant et elles reprenalent leurs dimensions normales au niveau de l'orifice externe du canal inguinal. Le testicule du côté malade était mou et légèrement atrophié. A droite, le cordon et le testicule étaient sains. La saphène externe du côté gauche était très légèrement variqueuse. Le malade était dans un état de dépression mentale extrême et il réclamait une opération. A ne détournait sa pensée de sa maladie ; c'était sd préoccupation constante, si bien que sa santé avait été ébranlée. Il était devenu misanthrope et ne pouvait Sup= porter de rester au milieu d'une sociélé joyeuse,
-Le 2 février on fit la ligature sous-cutanée des veines malades préconisée par Ricord, mais des fils d'argent rem- placèrent les ligatures avec des fils de soie. Les extrémités des fils furent roulées autour de deux petits morceaux de sonde. La rétention d'urine des trois premiers jours et le léger gonflement douloureux de l’épidydime furent les seuls symptômes dignes d’être signalés. Les fils furent serrés de temps en temps, mais le 10 février, l’un d'eux céda, puis l’autre. On les remplaça dans l'espoir que l’anneau renfermant les veines parviendrait à les sectionner. Cette tentative ne réussit pas et trois semaines environ après l'opération, je consultai mes collègues le Professeur Pirrie et le D' Ogston. Nous décidämes d'enlever les fils que nous avions replacés, de refermer la plaie et de laissér l'anneau «in situ ».
Quand le malade fut congédié quelques jours après, il avait un point douloureux au-dessous de la ligature ; au-dessus les veines n'étaient plus perceptibles.
J'ai vu le malade près de six mois après. Il était teltement amélioré comme aspect extérieur que j'eus de la peine à le reconnaitre. La douleur avait complètement | disparu et avec elle tous ses mauvais pressentiments. Il disait qu’il se trouvait aussi bien qu'il pouvait désirer.
te
H, Henry (1)
Parmi les malades que j'ai opérés cette année, il en est un particulièrement intéressant en ce sens qu'il est un cas typique de la forme la plus grave du varicocèle associée à un état psychique déplorabte.
Le malade âgé de’20 ans, de tempérament nerveux, peut être réellement qualifié de neurasthénique. I décrit son cas et le résultat de son opération dans une lettre qu'il m'adressa trois semaines après et je suis sûr que mes lecteurs ne m'en voudront pas de la publier.
New-York, 8 avril 1882. — Mon cher Docteur : Il y a 3 semaines aujourd’hui que vous m'avez fait la resection du scrotum. Cette opération que vous m'aviez conseillée avec ardeur m'a guéri des conséquences douloureuses de l'élargissement des veines du cordon spermatique gauche. Depuis 20 ans la tumeur avait acquis les proportions d’une petite pomme ; elle distendait le scrotum de 4 à 6 pouces en longueur et provoquait une douleur incessante et #n indicible
ennui. J'éprouvais en oulre un suprême dégoût d'une
sembtable malformation et une grande tristesse en pensant que je serais condamné à enduwrer cette terrible
(1). H. Henry. Amputation of the redundant scrotum for the cure of varicocèle. The Medical Record (New-York), 1882, T. XXII, page 508.
Di
maladie pour le restant de mes jours. Je ne puis trouver de mots capables d'exprimer ma gratitude. La plaie est complètement cicatrisée. J'ai gardé la chambre pendant huit jours vacant à mes occupations quotidiennes, et aucun accident ne s’est manifesté pendant ce temps. Depuis trois semaines j'étais mal à l'aise, faible et désespéré. Aujourd'hui je me trouve très bien, tous mes symptômes sont normaux ; bien mieux, je suis plein de gaîté. Personne ne peut comprendre le soulagement que m'a procuré l'opétion, sinon celui qui a enduré les tourments de cette terrible maladie. Je ne ressens plus aucun trouble local. Ma santé générale est très améliorée car -j'avais été abattu et affaibli par cette affection. Je voudrais pouvoir dire à tous les malades atteints de cette infirmité, combien ma guérison a été rapide, et leur recommander votre opération. Je vous remercie encore une fois pour tout le bien que vous m'avez fait. Croyez-moi votre tout reconnaissant.
Au moment où j'écris cet article (20 octobre 1883, c'estä-dire plus d’un an et demi après l'opération) cet homme est parfaitement bien et aucun des symptômes si bien décrits dans sa lettre n'ont reparu.
Observation 9
Lydston (1, (Résumée).
W. H..., 21 ans, secrétaire, est venu consulter Lydston pour la première fois en octobre 1881 ; il y avait trois
(1) Lydston. Chicago. médic. journal and Exam. Octobre 1883. gs
ans à cette époque qu'il avait remarqué une augmentation de volume de son scrotum. Cette difformité influait beaucoup sur son état mental et c'est surtout pour remédier à son imperfection physique qu'il désirait une intervention. Mais comme à ce moment le malade présentait de la spermatorrhée, de la douleur au niveau du col de la vessie, des envies fréquentes d’uriner, Lydston refusa de l’opérer et lui conseilla de porter un suspensoir. Ce n’est qu’au mois de mars 1883 que Lyston lui fit la résection du scrotum. Les résultats de l'opération furent merveilleux et le relèvement physique du malade se produisit rapidement. Le vingtième jour W. H... reprenait ses occupations.
Observation 10
Mayo Robson (i)
M. A..., 23 ans, membre d’une société savante, habitant Leeds, souffrait d'un varicocèle gauche, de névralgie du testicule et de douleurs continues. Il disait que sa dépression mentale lui rendait tout travail impossible.
L'opération fut faite sous l'anesthésie. Guérison par première intention. Le malade sortait au bout de 15 jours. Il est maintenant parfaitement bien au physique et au moral et je le vois constamment se livrer à ses actifs
(1) Mayo Robson. Treatment of varicocele by excision. The British medical journal, 27 février 1886 (Observation I de Robson).