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toyens utiles à la communauté, c'est de les bien choisir et surtout, de les bien payer.
À ces conditions, le professorat deviendra une carrière digne de l'ambition des hommes de mérite, au lieu d'être, comme aujourd'hui, un poste transitoire et plus ou moins obscur.
S'inspirant de la haute dignité de leur emploi, ils s'appliqueront franchement à réaliser l'objet éloigné de l'éducation et si bien formulé par un ancien lévislateur dans la plus belle page de ses lois, à savoir:
qu'il faut apprendre aux enfants ce qu'ils devront faire lorsqu'ils seront des hommes.
Or, comme tout homme a naturellement sa sphère d'action dans son pays, on inclinera de préférence l'esprit de la jeunesse studieuse vers les vérités de l'ordre pratique, lui faisant connaître avant tout, le siècle contemporain, la patrie, son histoire, son gouvernement, ses ressources, les moyens de les développer par l'application d’une sage économie politique. Car, selon la remarque de Descartes, lorsqu'on est trop curieux de ce qui se pratiquait aux siècles passés, on demeure d'ordinaire fort ignorant
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de ce qui se fait dans lenôtre. Etlorsqu'on passe son temps à voyager au loin, on finit par devenir étranger dans ses propres foyers. J'ajoute que si l'éducation ne parvient à faire du jeune homme qu’un étranger doublé d’un ignorant en ce qui concerne sa patrie, il est évident qu'elle a manqué le but.
La postérité bénira éternellement les pouvoirs chargés de nos destinées, si, par l'éducation, ils savent nous faire grands, nous faire canadiens surtout.
D'un autre côté, elle n’aura pas assez de verges pour les flétrir, si au lieu d'élever le peuple à la hauteur de sa mission, ils ont recours à une éducation fausse pour précipiter sa déchéance à leur profit.
SS A côté du développement intellectuel, il faut placer celui des facultés morales, c’està-dire ayant leur siège dans le cœur.
L'esprit et le cœur sont corrélatifs ;
l'action de l’un influence celle de l’autre et réciproquement. L'idéal de l'éducation
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consiste à les mettre de niveau avec un point commun; la vérité, suivant l’axidôme mathématique, que deux choses égales à une troisième sont égales entre elles. En effet, c’est en vain que l'intelligence conçoit le vrai, le beau et le bon, si le cœur manque de courage pour en assurer le triomphe.
Et celui-ci aura beau avoir de sublimes élans de vertu, si l'esprit ne sait point s'orienter. Pour être utile, l'éducation doit donc, non seulement enseigner à l'élève le chemin de la vérité, mais encore, lui donner la force d’en être un vaillant et fidèle soldat sur le champ de bataille de la vie. C'est le moyen de former de ces hommes historiques, capables de dévouer tout leur être au succès d’une idée. Commeillustration de cette pensée, laissez-moi vous offrir quelques exemples :
Un fameux capitaine de la Grèce est convaincu qu'il faut subordonner la gloire personnelle à celle de la patrie; aussi, dans un moment de danger public, sa bouche, fidèle à ce principe, profère-t-elle ces mots qui n'ont pas vieilli, malgré les siècles :
“ Thémistocle, si nous sommes sages, nous
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‘ laisserons désormais cette vaine et puérile “ jalousie qui nous a jusqu'ici agités et dès “à présent, nous en prendrons une autre ‘“ plus honorable et plus salutaire, en com- “ battant à l'envi, à qui sauvera la Grèce ; “ vous, en remplissant les devoirs d'un ‘ général habile ; moi, en vous secondant “ de ma tête et de mon bras.” L'union de ces deux hommes sauva leur nation. Plutôt que de trahir au bénéfice de César ce qu'ils croyaient être la vérité, les martyrs surent tomber noblement dans l'arène du Colisée romain. Eux sont morts, mais leurs croyances, fertilisées par leur sang, ont fini par envahir le monde.
Dépositaire d'une notion destinée à révolutionner l2 science -cosmologique de son temps, Galilée préféra le cachot à la honte de se mentir à lui-même par la répudiation de sa doctrine sur l'évolution de la terre.
“En vain l'inquisiteur croit entendre un
[blasphème Et six ans de prison ne font point repentir D'un système effrayant l'infortuné martyr.
La terre, nuit et jour à sa marche fidèle, Emporte Galilée et son juge avec elle.”
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Fleur éclose sur le sol vierge d'Amérique, Washington savait que les peuples, comme les individus, doivent être libres ; il exposa sa vie pour fixer au firmament du Nouveau-Monde l'étoile de la liberté.
Abraham Lincoln croyait que l'égalité des hommes devant le créateur implique, au moins, celle des co-sujets dans l'état ; son grand génie se dévoua à l'abolition de l'esclavage.
Nos pères, ces chères épaves de France laissées sur nos bords au lendemain d’une tempête, s'armèrent contre l’oligarchie,parce que, dociles aux dictées du droit naïurel le plus élémentaire, il leur devenait impossible, malgré le casuisme, de croire plus longtemps au droit divin de la tyrannie, auquel, du reste, on ajoute moins de foi lorsqu'on en est victime, que lorsqu'on en profite.
Leur courage nous a valu le gouvernement responsable. Réfractaire à toutes les mauvaises passions déchaînées contre lui, Christophe Colomb reste persuadé de l'existence d’un continent jusqu'alors inconnu et il vole à sa recherche. Couché entre l'Atlantique et le Pacifique, les pieds
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