‹ Variétés canadiennes [microforme]Chapitre 35 sur 96 · KT VARIÉTÉS CANADIENNES · texte numérisé non relu

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sources publiques, à commencer par les plus nécessaires au bien général.

A l'appui de ma thèse, j’ai le bonheur de pouvoir citer les admirables paroles que prononçait tout récemment le Rev. Père Didon, au collège d’Arcueil :

“ Avec l'éducation passée, dit-il, nous “avons réussi à former une ou deux géné- “rations de vaincus. Moi j'en ai assez de “ faire de la chair à canon, dans les ba- “tailles et des ratés dans la lutte sociale.

‘“ Quoique je sois un prêtre catholique, il “ne me suffit pas de faire des chrétiens, “ s'ils doivent être les vaincus de la vie, Si “ j'étais un apôtre, je m'en contenterais, ‘ mais je suis un éducateur français du “ vingtième siècle.

‘ Puisque l'éducation est la grande force “ plastique, il faut l'employer à façonner ‘“ autrement la classe dirigeante de demain ‘et à l’'armer pour la lutte héroïque.

‘# L'empereur d'Allemagne l'a dit dans “un discours célèbre : “je veux des “ hommes pratiques, dans les bata‘lles de la “ vie.” Ce mot d'ordre qu'il jetait à ses “ ministres, je me l’approprie. Il faut le

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“ jeter, non pas à nos ministres, qui sont des “ serviteurs, mais à l'opinion qui fait mar- “ cher les ministres. Ce mot d'ordre, nous “l'avons appliqué ici, puisque les deux “tiers de nos élèves entrent, leurs études “ terminées, dans les écoles pratiques de “ commerce, d'industrie, d'agriculture.

“ C’est que nous voulons, avant tout, former “ des hommes qui sachent lire au cadran “ du monde, afin de comprendre la phase “ de la civilisation à laquelle ils appar- “ tiennent et dont ils sont les ouvriers, et “les besoins urgents de leur propre patrie ; “ des hommes résolus à consacrer au ser- “ vice de ces grandes causes humaines et “ divines, leur activité, leur combativité, “eur endurance, leur bravoure et leur “ force, leur netteté d'esprit et leur volonté, “et quand la patrie et l'humanité le de- “ manderont, sans calcul intéressé et sans ‘“ peur, leur vie même.”

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L'éducation des filles, comme celle ‘les garçons, doit revêtir cette forme pratique,

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| | qui les prépare à remplir d'une manière p: | parfaite et sans froissement d’amour- q | 0e propre, les plus humbles, tout comme les ni plus nobles fonctions dévolues à leur sexe. ti | Ce n’est pas le poste qu'on occupe, qui la ôte ou qui donne de la valeur ; c’est la ma- | b nière dont on le défend.

Madame de Staël, qui passait son temps at à faire le bel esprit, au préjudice de certains D re devoirs, reçut un jour, de Napoléon em- le pereur, cette apostrophe restée fameuse : he ‘ Madame, savez-vous coudre ? ” Nos charmantes compatriotes, nos com- m pagnes, pour mieux dire, n'auront jamais à q essuyer l’affront de pareilles questions, car or non seulement elles savent coudre, mais ñà elle savent faire comme d’instinct, tout ce nu qu’il faut faire. Elles sont balayeuses, la- | vandières, cuisinières etc. Eh! mon Dieu, vé | les excellentes brioches, les fins nectars, les ph | délicieux petits plats imaginés par leur D co | | tendresse, encore plus que par leur art! au |: Qu'on le remarque : toutes ces choses ne | de | les empêchent pas d’être peintres, écrivains, de | | musiciennes, cantatrices, adorables cau- mc

[Et seuses et divinement jolies : jolies surtout mé

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par le reflet des dons du cœur et del’esprit, qui animent les grâces de leur beauté.

Que de sœurs! Que de mères providentielles! Que d’espérances écloses ! Que de larmes séchées au souffle de leur intarissable mansuétude !

Anges de l'amour qui est la charité, anges de la charité qui est l'amour, elles se reposent de l’un par l’autre, ignorant, dans leur vertu naïve, si elles ont pu faire des heureux.

Pour rendre hommage à la vérité, sans mélange de compliment banal, je dois dire que j'éprouve un sentiment de légitime orgueil à reconnaître dans la femme de notre pays, l'idéal de la femme et de la mère,

Ce qu'elle est, elle le doit beaucoup, en vérité, aux dons de la nature, mais encore plus aux glorieuses fondatrices de nos couvents, étoiles immaculées, suspendues au firmament de l’histoire par la main des destins amis. Ames chevaleresques, issues de l'âme de la France! Pendant que la monarchie s’abimait dans la débauche, au mépris complet des membres de la patrie

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perdus dans les neiges du nouveau monde, elles n'ont pas craint de franchir les océans, pour venir préparer aux valeureux colons de ces landes encore sauvages, des compagnes dignes d’eux, dignes de leur labeur, dignes enfin, des plus pures traditions françaises.

C'est, pour nos sœurs enseignantes, un devoir sacré, de rester fidèles à cette mission de leurs devancières, aujourd'hui la leur; c'est-à-dire, d'appliquer toute la magie de leurs talents à faire de la jeune fille un être cultivé, mais en même temps laborieux et utile à sa famille, comme l'abeille à sa république, et de ne pas l’élever comme si le sort lui réservait une marche triomphale à travers les rangs de cette aristocratie imaginaire, dont les soi-disant coryphées se caractérisent trop souvent, hélas! par de graves imperfections, doublées d’incapacité prétentieuse,

La démocratie, fille du progrès moral, la démocratie dont se réclament surtout les peuples américains, n’admet qu'une noblesse : celle du vrai mérite. En proposer une autre à notre jeunesse fémi-

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