‹ Variétés canadiennes [microforme]Chapitre 51 sur 96 · PE RS RE TA · texte numérisé non relu

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à la chaire ce qui lui appartient. Z Mon seul désir est de vous exprimer, sur le Î sujet, quelques utiles réflexions tirées des ci | principes chrétiens que nous professons Î tous, heureux que je suis de fournir ma con- té tribution à l'œuvre du soulagement de nos S pauvres et d’unir ma faible voix à celle du à dévoué M. Renaud, de ses distingués colla- ce borateurs, de la brillante et populaire fan- q fare de St-Henri, dans le concert qu'ils ont es bien voulu organiser au profit de ceux qui pleurent. à Vous tous qui êtes dans cette salle, vous ot pourrez vous dire que vous avez également es! participé au succès de cette soirée en ré- ro pondant par votre obole aux touchantes gr prières de l’infortune. Et dans les doux rêves qui ne manqueront pas de venir qu

caresser votre imayination ce soir, vous

pourrez entrevoir déjà la forme blanche de .

la Charité distribuant vos aumônes aux 30!

| pauvres, pour tarir leurs larmes, en obéis- . | sance à vos nobles vœux, .

[ll **# le | é Par un de ces beaux soirs d'été où tout la

Hu repose si délicieusement, où le moindre

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zéphir craint de troubler l'onde et les feuilles, où les astres brillent comme des cious d’or à la voûte d’un temple, il est parfois arrivé à chacun de nous de lever la tête, de porter ses regards au-delà de la sphère des intérêts journaliers, de réfléchir à la signification de la terre par rapport à ces milliers, à ces millions d’autres mondes qui se balancent, comme le nôtre, dans un espace infini.

Pour enivrante que soit la contemplation de ces merveilles, elle n’a pas dû faire oublier à notre esprit combien l’homme leur est supérieur à toutes, et avec quel éclat sa royauté s'affirme sur l'ensemble des grandes œuvres de Dieu.

Si immenses, si lumineuses, si admirables que soient les parties intégrantes de l'univers, elles ne sont, après tout, que matière, c’est-à-dire inertes, aveuglément soumises aux immuables lois qui les concernent. Au contraire, l'homme qui tient à la matière par le corps, et à l'empire de limmatérialité par l'âme, porte en lui-même le principe déterminant de ses actions, avec la liberté de s'étudier, d'analyser ce qui

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l'entoure et de s'élever sur les ailes de son génie, bien au-delà des régions familières à l'aigle, puisqu'il pénètre jusqu’au sein de la divinité dont il a seul l’inestimable privilège d'être l’image sur la terre.

En effet, pour que l’homme si petit, si faible, si sujet à languir sous l’étreinte des moindres maladies, sous l'influence d’un rayon de soleil, d’une goutte de pluie, d'un flocon de neige, puisse gouverner le monde et le rassembler, en quelque sorte, dans sa tête, lorsqu'à son tour, le monde entier reste impuissant à le concevoir ; pour qu'il puisse comprendre Dieu lui-même et rendre à ses attributs le conscient hommage de son cœur et de sa raison, il faut nécessairement qu'il y ait dans sa nature quelque chose de divin.

Mais cette prééminence qui est la synthèse des droits et privilèges de l’homme, suppose des devoirs proportionnels. Puisqu'il est admis, entre nous, que noblesse oblige, on ne saurait nier que le diadème accumule, lui aussi, sur la tête qui le porte, les responsabilités en même temps que les gloires,

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En donnant à l’homme une compagne, le créateur lui donnait implicitement une famille, Cette famille devait, à son tour, en constituer une autre et ainsi de suite; jusqu'à ce que l’on vit surgir et s’ébattre sur la terre cet être plus complexe: la société, c'est-à-dire la grande famille humaine.

Le pacte social n'avait pas d'autre fin que la protection mutuelle de ses sujets. Il n'aurait donc pu se réaliser sans une délimitation des droits et des devoirs de chacun par une autorité revêtue du pouvoir de les définir et de les faire respecter. Or, l'autorité, c’est la volonté divine exercée sur l'humanité par l'entremise de l'homme, c'est la sentinelle qui veille à l’observance de certains principes posés par Dieu pour le maintien de l'harmonie universelle,

L'autorité ! Ah! messieurs, que de tortures les passions n'ont-elles pas fait subir à la signification de ce mot parmi les hommes ! Dans les siècles civilisés, comme dans les siècles barbares, on a trop souvent

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semblé croire que l'autorité, c'était le droit du plus fort de violenter le plus faible, d’atrophier son cœur, sa raison, sa liberté, de lui ravir ses biens, de le charger de chaînes, de lui ôter la vie, sur les simples conseils d’un instinct brutal. Que dis-je!

il n'y a pas encore si longtemps que Bismarck a osé proclamer devant l'Europe la préséance de la force sur le droit !

Mais non! pour peu qu'on la juge à la lumière de l’éternelle vérité, jamais la force n'a primé le droit. Partout, toujours, pour les grands et les petits, pour les nations comme pour les individus, c'est la justice qui prime et doit primer la force.

Je résume ma pensée dans cette formule : l'on n’est réellement fort que lorsqu'on est juste et il faut s’efforcer d’être le plus juste, même quand on est devenu le plus fort. Autrement, le droit public et le droit privé, le sanctuaire où ils s’élaborent et celui ou ils s'appliquent, auraient perdu toute leur raison d’être. Or, si cher que la justice nous vende quelquefois ses faveurs, le jour où, bannie de la terre, elle reprendrait la route des cieux, devrait être signalé,

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comme un commencement de retour universel vers les âges de ténèbres dont l'histoire fait mention.

Je viens d'affirmer que l’homme est roi de la création. J'entends par là qu'il est supérieur aux êtres animés et inanimés, et que chaque homme est égal à tous les autres pour une raison bien péremptoire :

c'est que l'autorité ne réside qu’en Dieu et vient de lui seul. Donc, ceux qui l’exercent ici-bas n’en sont que les humbles dépositaires. (Ce n'est pas devant leur personne qu'on s'incline, mais devant le pouvoir d'en haut que leur personne représente, En dehors de ce cas, pourquoi ferait-on des préférences ? La naissance, la fortune, les talents, tous les avantages temporels ne constituent que des inégalités factices, puisqu'elles vont s'évanouir dans le tombeau, où tous ne se ressemblent que parce que les distinctions conven'onnelles qu'ils s'étaient faites de leur vivant, au hasard d’une capricieuse liberté, ne pèsent absolument rien dans la balance

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du plus intelligent des juges, devant qui la mort les a traduits. Celui-ci, en effet, ne | € prend pour base de ses arrêts que le bilan BA 4 1des consciences, sans regarder à l'éclat des | ‘ titres, ni au luxe des habits, ni à la pompe de l'ameublement, ni au chatoiement des

bijoux, ni au affa des équipages.

Quelque prix que ces choses puissent avoir en soi, elles ne sauraient donc aug-

menter la valeur de celui qui les possède, n ni devenir elles-mêmes plus précieuses pour être échues en partage à un grand plutôt c qu’à un petit. le Non! le mérite des hommes ne leur p vient pas des choses extérieures. Il naît u au-dedans d'eux-mêmes ; il a pour mesure p la sincérité de leurs efforts vers le bien et b ne s’épanouit que sous la rosée des sueurs q ; qu'ils versent pour cons?rver l’image sem- le blable au modèle. Idéal sublime qui résume g tous les autres et dans la poursuite duquel r | se concentrent tous les droits avec tous les d Î devoirs! fa (| | #*% Um JL De même qu’en donnant un héritage à ë

son fils, le bon père de famille entend que

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ssent augsède, pour Jutôt

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celui-ci y trouve le bonheur par le moyen d'une culture profitable, ainsi notre père commun a voulu concilier notre félicité avec le travail, c’est-à-dire avec l'exploitation des ressources renfermées en nous-mêmes ou répandues sur la terre dont il nous a gratifiés. À la seule condition de ne pas faire tourner nos privilèges à l'oubli de ses lois, non seulement il nous permet, mais même il nous commande d'en profiter.

Que le génie humain fabrique le télescope pour l'étude des infiniment grands ou le microscope pour celle des infiniment petits; qu'il emmagasine la vapeur dans une bouilloire pour accélérer nos courses par terre et par eau, ou le gaz dans un ballon pour nous transporter aux astres; qu'il confie au télégraphe et au téléphone la transmission de nos dépêches, au phonographe la reproduction de notre voix, à l'imprimerie celle de notre pensée, ou au daguerréotype celle de notre figure ; qu'il fasse éclater le salpêtre et avec lui les montagnes qui barrent le chemin du progrès, on ne peut nier que tout cela soit louable de sa nature, puisque tout cela fait

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briller à notre profit légitime et à la gloire de notre auteur l’étincelle divine qui est en nous. Mais quelles que soient les œuvres de l’homme, cette flamme n’y brillera vrai-

ment que si l'irradiation n’en est point

voilée par les nuages des principes vicieux.

Or, parmi ces derniers, celui qu’il faut le plus redouter, c'est incontestablement l'orgueil, parce que lorgeuil s’acharne plus vivement et avec plus de succès que tous les autres vices à fausser la raison, qui est la meilleure partie de notre être.

Au lieu de se considérer comme le principe et la fin de ses actes, que l’homme mette donc toute son ambition à se bannir lui-même de sa propre pensée, pour ne laisser de place qu'à l'admiration des lois de Dieu et à la volonté d'y obéir, Il n’en saisira que mieux la valeur réelle des hommes, des choses et des évènements qui occupent la scène de cette vie; il jugera plus sûrement en quoi consiste le bonheur, objet de tous ses désirs, il simplifiera d’une manière étonnante la route qui y conduit, car il aura fait dépendre le triomple de ses droits, de l’accomplissement de se levoirs.

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