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pape. Or, la Providence avait marqué, dans le débile enfant de Carpineto le tutur géant de son siècle.
‘“ Lumen in cœlo !” Ah ! c'est de lui qu’on pourra dire en toute vérité, qu'il fut la lumière parmi la lumière et que quiconque l’a suivi n'a point marché dans les ténèbres.
Loin de rabaisser la chrétienté au-dessous d'elle-même en cherchant à la conduire par la crainte des anathèmes et des gibets, il l'élève jusqu’à lui par l’onction de sa parole, la douceur de ses regards, l'incomparable charme de son accueil. Au cœur, il ne demande pas de se racornir, mais de se dilater pour mieux aimer Dieu et le prochain, a la raison, il ne prescrit point de se fermer, mais au contraire, de s'ouvrir toute grande à la rosée de l’infinie vérité, afin de mieux comprendre ce qu’elle aura cru et de mieux croire à ce qu’elle aura compris.
Elève à Viterbe, au collège romain ou à l'académie des jeunes nobles, délégué à Bénévent ou à Spolète, évêque à Pérouse, cardinal ou Pontife à Rome, Leon XIII— c'est son plus bel éloge—est toujours resté semblable. à lui-même. Philanthrope, il
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pleure sur les maux de la société humaine, il en recherche les causes et les remèdes, diplomate, il fait tomber les armes des mains de la protestante Allemagne, règle la question agraire en Irlande et efface du coup les haines jurées par l'Angleterre au Saint-Siège depuis les jours de Palmerston. À sa prière, la Suisse révoque l'exil des évêques et ses lois anticatholiques touchant les écoles primaires, pendant que la Russie accorde à la Pologne la réouverture de ses temples avec la réhabilitation de ses prêtres, puis, dans un suprême effort, son génie achève de grouper les sympathies des puissances temporelles autour du trône de St-Pierre, par la consécration officielle du gouvernement de la France.
Oui! c'est ce prince dépouillé de ses états, sans armée, sans suite, c'est ce modeste vieillard, c’est ce serviteur des serviteurs, c'est lui qui réunit sous son sceptre mystique les rois de toute la terre, avec Yinnombrable multitude de leurs sujets.
#*# | Mais ce qu'il faut admirer, ce n’est pas tant le dépositaire, que le souverain généra-
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‘ teur de cette force: Celui qui, pour le maintien de l'équilibre universel, suscite, quand il lui plaît, des guerriers aux noirs cortéges ou des pacificateurs de peuples, des ouragans ou des zéphyrs, des ténèbres ou de la lumière, de l'esclavage ou de la liberté.
De la liberté ! ah ! Léon XIII en a semé à pleines mains, sans, pour cela, oublier les droits sacrés du “on lice” et du “zron possumus ” ; j'en atteste ses protestations de noble et ferme allure au Président Grévy, à l’Autriche-Hongrie contre le mariage
Théologien et publiciste, philosophe et
ù poète, il n’a pas moins chanté les refrains te
Ait de la liberté dans sa lettre sur Christophe fc
à: } Colomb, que dans les immortelles encycli- d
he à ques : “ Arcanum,” “ Diuturnum,” “ Huma- ;
| HARAS num Genus,” “ Immortale Dei,” “ Libertas,” à LU “Paterni Patris,” “Rerum Novarum,” “Sanc- p le ta Dei Civitas.” Du Brésil à l'Afrique, de gi! l'Afrique aux divers pays de l’'Extrême- ”
Orient, partout sa sollicitude a réclamé la double . émancipation de l’esclave et de l'ouvrier, l'avènement de la justice égale,
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Jour le suscite, : noirs euples, nèbres de la
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phe et efrains stophe cycliumaertas,” ‘Sance, de rêmemé la et de égale,
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des droits égaux pour tous les membres de la grande famille humaine.
En ce jour où tout nous rappelle si éloquemment les beautés de notre culte, certes, il convenait d’avoir une pensée pour Léon XIIT, notre pasteur à tous et le bienfaiteur si particulier de notre cher Canada.
Hélas ! faut-il se l'avouer, cet astre aura bientôt fourni sa carrière! ce père aura dit l'éternel adieu à sa famille éplorée, sa forme même, sous laquelle il apparaissait aux regards des foules si avides de le contempler, se sera évanouie jusqu’à se confondre avec les atômes que le vent emporte dans sa course, mais il revivra dans la mémoire des civilisations, sous des traits encore plus augustes que ceux qui composent les figures périssables de ce monde, si ornées qu'elles soient des dons de la nature.
Pareil à l'arbre des Saints Livres et par l'effet de ses grandes œuvres, il renaîtra, pour ainsi dire, de sa cendre avec plus de
sève et de vigueur que jamais, “ car cet arbre n’est point sans espérance ; quoiqu'on le rase, il ne laisse pas de reverdir et ses branches poussent de nouveau. Quand sa racine serait vieillie dans la terre, quand son tronc serait mort dans la poussière, il se recouvrira de feuilles comme aux jours de sa première jeunesse,” pour continuer d’abriter sous son bienfaisant ombrage les voyageurs qui passent par ce monde pour se rendre dans les mystérieuses régions de l'éternité.
Je porte donc ce toast à Léon XIII, la plus noble illustration du siècle le plus fécond en grands hommes et en grandes choses.
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IT, la économique d’une nation passe aux us fé- mains des sujets étrangers, il est né- -andes
cessaire qu’elle attire peu à peu la vie politique, jusqu’à l’absorber entièrement. Le caractère national s’efface, le citoyen disparaît, la race étrangère envahit les institutions, les mœurs, prend à l’ancien ennemi jusqu’à son nom et règne à sa place sur son sol, sur sa patrie.
Ce qui nous est arrivé depuis 1763 démontre bien la vérité de ces paroles. Nous ne fûmes jamais plus français que le jour où le drapeau blanc, messager de nos derniers adieux, s’en retourna chez nous, «
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à-dire en France; nous ne connûmes pas de douleur plus vive qu'en ce même jour où, plus français que jamais, force nous fut de nous proclamer anglais, de nous inféoder à l'Angleterre et de jurer de mourir pour elle, devant l'image, devant 11 tombe à peine refroidie des braves qui venaient de tomber en lui faisant la guerre.
Sevrés de tout rapport avec la mère patrie, réduits à ne faire de la vie française que par le souvenir et pour ainsi dire, en cachette, ne pouvant plus aimer ouvertement la France sans commettre le crime d'indisposer l'Angleterre, envahis par l'immigration, le commerce et les institutions de celle-ci, forcés de prendre, chaque jour, un peu de ses méthodes, de ses mœurs, de son langage et de ses traits, nous avons bien gardé, par l'influence des traditions, le culte mystique de celle-là, mais il est évident que dans la pratique, nous avons fini par ne plus prouver parfaitement ce que veut dire être français. En perdant la liberté d’être, sous les autres rapports, ce
que nous sommes par le sang, nous avons
perdu le meilleur stimulant du patriotisme,
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de la solidarité et de la fierté nationales, et à ces belles choses, nous avons vu se substituer graduellement l’apathie, la somnolence, l’hermaphrodisme psychique, peutêtre plus convenables, après tout, à des gens cédés à l'Angleterre et recédés par elle à ses propres sujets.
Pourtant, les puissances qu'on a vu surpir et se développer ici depuis le traité de Paris, pour avoir jeté beaucoup d’eau froide sur le feu du sentiment français, n'ont pas tout à fait réussi à l’éteindre. Il a l'avantage de pouvoir si bien se conserver, même sous la cendre, qu'il s’'avive encore au contact de ce qui, d'après sa nature, doit lui servir d’aliment, C'est surtout dans un voyage en France et en particulier à Paris, qu'un Canadien-français peut s’en convaincre,. À ce point de vue, puisse ce qui précède, comme certaine partie de ce qui va suivre, ne pas manquer d’être utile.