‹ Variétés canadiennes [microforme]Chapitre 83 sur 96 · LL LLILIR LEVEL ILILIL LL LIEGE LL LIL LILI SR · texte numérisé non relu

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peut coûter, on l'ajoute comme un exéra à votre loyer. On vous éclaire à la bougie, on vous réchauffe au feu de grille ; il se fait avec des petits fagots et des tablettes de coke,

Dans les hôtels, pas de pension regulière ;

vous mangez au restaurant, vous buvez au café.

Avec cela, il y a pour tout le monde l’en-

nui de certains règlements, de la taxe et du fatal pourboire. Taxe pour débarquer en France, taxe pour en repartir, déclaration de séjour et identification de votre per- | sonne à la préfecture de police dans la TR quinzaine de votre arrivée, taxe pour dé- Libé poser votre argent à la banque, taxe pour l'en retirer, taxe pour votre livret de chèques, pourboires à la femme de chambre, à l'ouvreuse qui vous désigne votre place au théâtre, à la petite blanchisseuse qui vient chercher votre linge, à l’autre petite qui vient le rapporter, au cocher qui vous mène, au barbier qui vous rase, au garçon qui vous enveloppe une marchandise, à l'autre garçon qui la rend chez vous, à celui-ci qui a servi les consommations de-

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mandées, à celui-là, parce qu'il a mis de quoi manger sur la table, Décidément,c'est à n'en plus finir.

Inconnus ici et tout au rebours des nôtres, ces divers us et coutumes vous donnent tellement sur les nerfs pendant les premiers Jours, que vous restez, pour le moins, insensible aux attraits de la vie parisienne et que, repassant dans votre mémoire les récits merveilleux qu’on vous en avait faits, vous vous croyez tout simplement victime d’une mystification.

Mais cet enchevêtrement d’habitudes et de pratiques ayant sa raison d’être, uès que vous l'avez saisie, force vous est de trouver même des charmes à ce qui, tout d’abord, avait le don de vous déplaire. Le diable bleu avec son cortège de nuages a disparu, l'acclimatation s’est faite, la gaieté a repris son empire, et tout pleins de la lumière qui se dégage de Paris comme d’un soleil, vos yeux s'oublient dans la contemplation de cette incomparable cité.

Si en temps ordinaire, Paris ne manque pas d’enchanter et de séduire, imaginez quelle puissance de fascination il peut dé-

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velopper dans une fête où il a mis tout son cœur et tout son génie. C'est ce que j'ai pu voir l'automne dernier, à l’occasion de la visite du Tsar et de la Tsarine de Russie,

Quand le couple impérial est arrivé de Cherbourg, où 35 navires de la marine française avait salué son retour d’Anpgleterre, Paris avait l’air d’une ruche frémissante, acclamant la reine qui porte sur sa tête les destins de la république ailée. Les rues avaient été envahies par la multitude, comme par un torrent qui a rompu ses digues, les arbres des boulevards s'étaient transformés en bouquets de fleurs, les édifices disparaissaient sous les inscriptions et les drapeaux, les spahis algériens, les chasseurs d'Afrique, les dragons de l’armée française, la musique de la garde républicaine, tout cela faisait figure dans la mise en scène de la réceptiun nationale.

Le soir, la cité entière s’illuminait; ce n'était plus qu'un océan de flamme à la lueur de laquelle le peuple dansait sur les

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