‹ Variétés chirurgicalesChapitre 35 sur 51 · LA PIERRE ET LES HERMES · texte numérisé non relu

LA PIERRE ET LES HERMES

Les cliirur{]iens ambulants du quatorzième siècle. — Le franc archer de Meudon. — La j)remière opération de la taille, suivant Jean de Troyes. — Ce n’est pas de la taille qu’il s’agissait. — Le grand, le petit et le haut appareil. — Les inciseurs soumis aux chirurgiens. — La famille Colot et la cystotomie. — Les lithotomistes du roi. — Comment on supportait la lithotomie au dix-septième siècle. — A. Ruftin, Jacques Beaulieu, frère Jacques et frère Côme, Maréchal, F. 'l'olet, Claude Lecat. — Spéciliques contre la gravelle et la pierre. — Jeanne Stejîhens. — Elle découvre un admirable spécifique. — Le Parlement anglais lui en achète le secret. Il cesse de guérir. — La réduction des hernies. — Doit-on dire hargne, lierjne ou hernie? — Les faiseurs de brayers. — Le rcmèile du prieur de Cabrières. — Les cxj)erts herniaires, examen qu’ils doivent subir.

Dans un précédent voltiine j’ai mentionné déjà les inciseurs ou opérateurs, clnrur(|iens ambulants qui, au début, n’ont aucune notion d’anatomie, ne savent pas même lire. Dès le quatorzième siècle, on les renconlre parcourant les provinces, cheminant un bâton à la main par monts et par vaux, narguant les

‘ Voy. Les chirurgiens.

chirui'(>ieiis qu’ils qualifient d’i^uiorants et, non sans raison, de poltrons. l{!ux, les vrais précurseurs de nos chirurgiens actuels, rien ne les ellraye, rien ne les étonne, rien ne les arrête. Le sac au dos, sac qui contient leur léger bagage et quelques grossiers instruments, ils vont de village en village, tendant une main secourahle à tous ceux qui soulfrent. Le besoin de vivre est leur seul mobile et la hardiesse leur seul guide. Ils réduisent les hernies, abaissent les cataractes, extrayent les pierres de la vessie, châtrent les animaux et les hommes, appliquent le trépan, incisent les fistules. Ils osent tout, et le succès vient souvent couronner leur audace.

L’opération à laquelle fut soumis en 1474 un fianc archer* de Aleudon, et ipii est restée si célèbre, dut être faite par un inciseur.

tlean de Troyes raconte" qu un franc archer de Meudon, condamné à mort pour avoir

‘ La création des francs archers fut la première tentative destinée a constituer une arince réjjulière et permanente. L’ordonnancedu28 avril 1748 (dans les

t. XI\ , p. 1) veut (juc dans cliaipic jiaroissc il y ait « un archer ipii sera et se tiendra continuellement en hahillement suffisant, et armé de salade, da(jue,épéc, arc, trousse, etc. » Ces hommes, choisis parmi les meilleurs tireurs d’arc étaient exempts (francs) d’impôts. ’

- Chroitif/uc, édit. .Michaud, t. IV, p. 311.

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