‹ Variétés littéraires (volume 2)Chapitre 21 sur 48 · juillet · texte numérisé non relu

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« J'ai lo cœur saisi d*effroi sur la levée de boucliers que le clergé a faite contre cet ouvrage. Ces gens-là ont le nez fin. Assurément ils connaissent l'auteur, ou ils s'en doutent; ils l'indiqueront, on le sacrifiera. » Et, comme Mme d'Épinay le provoque par des questions vives et pressantes, il lui répond nettement : « Que voulez-vous de moi en m'écrivant et en réchauffant mon imagination et ma verve sur des matières qu'il est périlleux de consit^ner aux hasards du papier? Vous êtes femme, et vous écrivez de Paris. Je suis homme, abbé, conseiller, et j'écris de Naples. » Gest toujours avec ce sous-entendu de prudence qu'il faut interpréter la pensée de Galiani dans cet ordre de questions. Cependant il n'est pas douleux qu'hypothèse pour hypothèse, il n'accepte plus volontiers celle qui place une intention, un plan à l'origine des choses de préférence à celle qui y installe une nature aveugle ou le hasard.

Il ne faut pas s'attendre avec lui à des raisonnements bien serrés et longtemps sérieux. Mais,- à travers ses boutades, il y a du bon sens assaisonné d'esprit. Dans une lettre à l'abbé Mayeul, il démontre plaisamment que c'est une maladresse des athées de soutenir que le monde est incréé parce qu'il est imparfait. Ils disent : « Si un Dieu l'avait fait, il serait sans doute le meilleur de tous : or il ne l'est pas, à beaucoup près ; donc il n'y a pas de Dieu. » Pitoyable raisonnement! S'il était vrai que ce monde fût le meilleur possible, par cela même il serait évident qu'il serait incréé, et il n'y aurait pas de Dieu. « Son imperfection est la plus convaincante preuve de sa création et de sa subordination à un être plus parfait que lui^ » Et ici la verve du métaphysicien improvisé se donne libre carrière et se déploie avec une fantaisie qui aurait étonné

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