‹ Variétés littérairesChapitre 22 sur 47 · décembre · texte numérisé non relu

décembre

du pelit traité sur les Principes du droit de nature et des ffens, qu'il devait écrire, en opposant son maître Horace au déraisonneur Grotius. Les principes du droit de nature se réduisent à des instincts, la faim, l'amour, la jalousie, la vengeance, la pudeur, la crédulité, la frayeur, Tamour paternel, l'amour filial. Le droit des gens se réduit à des habitudes, et toutes les lois primitives devaient en découler*. Tout cela n'aurait eu, je le pense, qu'un médiocre succès après Ilobbes et Bentham, et n'en aurait plus du tout, à l'heure où j'écris, après Stuart Mill et Spencer.

Mais quand c'est à quelque idée isolée que se prend Galiani en dehors de tout système, il a parfois des prises dialectiques sur cette idée et une force d'étreinte qui étonnent. J'en voudrais donner une preuve à propos du problème du libre arbitre, cette vexata quœstio des philosophes de tous les temps. Un M. de Valmire, oublié aujourd'hui, mais qui cul, vers illi^ un moment de célébrité (grâce à un malentendu qui fit croire que c'était là un des innombrables pseudonymes de Voltaire), venait de publier un livre intitulé Dieu et V Homme ^ et qui contenait un système de fatalisme complet.

Galiani, apprenant à Naples que l'on dispute encore à Paris sur la liberté de l'homme, se jette à corps perdu dans la controverse. La théorie qu'il propose est originale et présente une singulière analogie avec certaines théories de notre temps. Je la résume en me tenant autant que possible près du texte de Galiani : Sans doute, s'il y avait un seul être libre daus l'univers, il n'y aurait plus de Dieu, il n'y aurait plus de liaisons entre les êtres ; l'univers se détraquerait. — C'est la thèse même, on le voit, du déterminisme contemporain, d'après lequel un

Page 1