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58 YAUIETES LITTERAIRES.
seul acte libiv, uno seule cause prenant en soi l'initiative d'un phénomène, romprait la chaîne entière des mondes, déferait la trame universelle, deviendrait la négation même de la vraie causalité, de Tordre et de la science. « Mais, d'autre part, ajoute Galiani, il faut de la liberté pour la morale. Si Thommc n'était pas intimement, essentiellement convaincu toujours d'être libre, le moral humain n'irait plus comme il va. v Voilà bien l'antinomie posée. Voici maintenant comment notre auteur la résout : 11 est très difficile d'admettre que la liberté exisie en réalité; mais cela importe peu. L'essentiel, c'est que l'homme est persuadé qu'elle existe, ce qui équivaut à la réalilé même. « La persuasion de la liberté, dit-il, constitue l'essence de l'homme. On pourrait même définir l'homme un animal qui se croit libre, M. de Valmire luimême, lorsqu'il dit qu'on n'est pas libre, pourquoi le (lit-il? Pour qu'on l'en croie. Il croit donc les autres hommes libres et capables de se déterminer à le croire. Or, être persuadé que l'on est libre est-il la même chose qu'être libre en effet? Je réponds : ce n'est pas la même chose, mais cela produit les mêmes effets en morale. L'homme est donc libre, puisqu'il est persuadé de l'être et que cela vaut tout autant que la liberté. Cela suffit pour établir una conscience, un remords, une justice, des ré compenses et des peines*.
Galiani suppose bien que la société philosophique de Mme d'Épinay ne trouvera pas cette réponse suffisante. Ils pressent l'objection : « Comment peut-on, me deman- (lerez-vous, être intimement convaincu d'une chose pendant que le contraire est démontré? » 11 y répond par une observation très fine, c'est que les idées ne sont pas le plus souvent des suites du raisonnement, mais qu'elles