N. de Lyra postilloe. Romæ , 1471 , le
j.er vol. in-fol 275
Idem opus. Romæ, 1472, le 3.e vol. in-fol. 27 5 Idem opus. Romæ, 1472, le 4*e vol. in fol. 2j5
Idem opus. Romæ , 1472, le 5.e vol. in-fol. 275
C’est dans ce dernier volume que se trouve la requête datée du i3 mais 1472 dont nous avons extrait la nomenclature précédente. Le second volume des poslilles , ou Bible de Nie. de Lyra, n’ayant été terminé que le 26 mai suivant, n’a pas été compris dans cette nomenclature. ( V. le Dictionn. biblde M. La Sema Santander, tom. I, pp. 129-135.)
conjecturales, il faut ajouter celles que de nouveaux éditeurs des memes ouvrages ont hasardées dans les éditions subséquentes ; puis sont survenues les fautes typographiques qui ne manquent jamais d’être réimprimées très exactement, et souvent augmentées d’éditions en éditions. Qu’est-il résulté de toutes ces prétendues améliorations que l’ignorance ou la négligence des typographes ont encore rendues plus saillantes ? Il en est résulté qu’en définitif la plupart des textes anciens entièrement dénaturés, sont souvent devenus inintelligibles , ont causé et causent encore des maux infinis à l’homme de goût qui fait tous ses efforts pour découvrir le vrai sens de l'auteur ancien sous ces replâtrages modernes. Pour parvenir de la manière la plus sûre et la plus courte à cette découverte si désirée et si nécessaire , il n’est qu’un seul moyen , c’est de recourir aux premières éditions, à celles qui ont été imprimées conformément aux manuscrits, et qui sont d’une telle fidélité qu’on y retrouve jusqu’aux fautes qui pouvoient exister dans ces manuscrits , car ces fautes même peuvent quelquefois aider à rétablir des passages embarrassans , surtout quand on a le bonheur de trouver d’autres manuscrits avec lesquels on peut les conférer. Oui , les premières éditions , les véritables éditions princeps , celles qui n’ont éprouvé aucun changement, aucune altération de la part des premiers éditeurs, sont les plus précieuses et celles qui seront toujours çonsultées avec le plus d’avantages par nos vrais savans, par ceux qui, aussi érudits que nos com-
tnentateurs des trois derniers siècles , mais ayant plus de goût, mettent tous leurs soins à dépouiller l’or pur des anciens, de l’alliage des temps modernes. Aussi les premières éditions données à Rome par les Sweynheym et les Pannartz, et qui ont passé par la coupelle de l’évêque d’Aleria, sont beaucoup moins estimées des savans, malgré leur extrême rareté et leur prix très élevé , que la plupart de celles qui sont sorties des presses de Jean et Vindelin de Spire ( à Venise ), de Jenson ( à Venise ) , d’Ulric Han ( à Rome ) , de Jean de Cologne ( à Venise ) , et d’autres dont les éditions , à l’exception d’un petit nombre, paroissent intactes, et semblent ne s’être jamais écartées des manuscrits dont elles ont fidellement suivi le texte.
Si nous avions besoin d’un témoignage irrécusable pour confirmer ce que nous venons d’avancer, nous ne pourrions en trouver un plus propice que celui de M. de la Grange, le traducteur de Sénèque : « Je sais, dit-il, que l’on regarde assez généralement les premières éditions ( des classiques ) comme une affaire de luxe $ on prétend même que la rareté en fait tout le mérite ; c’est une erreur dont ceux qui les examinent seront aisément désabusés et puis-
que l’occasion s’en présente , je dirai ici que ceux qui étudient les auteurs anciens , soit pour en donner des éditions correctes , soit pour les traduire dans une autre langue, doivent sans cesse avoir sous les yeux les premières éditions de ces auteurs. Elles peuvent dans une infinité ' d’occasions , tenir lieu de manus-
crits, et sont utiles lors même qu’elles ne lèvent pas entièrement la difficulté : en effet , comme dans les passages les plus désespérés , elles diffèrent presque toujours des éditions postérieures, elles mettent alors sur la voie de la vérité, en donnant lieu à des conjectures qui ne se seroient jamais présentées à l’esprit , si on n’eût pas consulté ces anciens textes. Combien ne reste-t-il pas encore , même dans les meilleures éditions connues des auteurs grecs et latins , de passages obscurs , difficiles , inintelligibles même, qui sont très clairs dans les editio princeps ? Combien 1^ collation exacte des variantes de ces éditions n’auroit^elle pas épargné de temps , de peine et d’ennui aux gens de goût qui étudient les anciens , et de fausses conjectures aux savans critiques qui les commentent ? Pour moi , j’avoue que je n’ai ja-
mais consulté V edit 10 princeps de Sénèque (imprimée à Naples en , in- fol. ) sans y trouver la solution des difficultés qui m’arrêtoient , etc. »
Nous ajouterons encore à ce témoignage de M. de Lagrange, l’opinion d’un savant qui réunissoit l’érudition à des cohnoissances bibliographiques très étendues, de M. de laSerna Santander. Après avoir exposé que son Dictionnaire bibliographique choisi du quinzième siècle a pour objet de faire connoître par des notes particulières, les premières productions de l’art typographique, morceaux précieux, recherchés à juste titre par les curieux et les savans, il ajoute en note : « Malgré les remarques sévères de quelques critiques, sur la grande importance que les
curieux et les hommes de lettres ont toujours attachée à ces anciennes éditions , et sur le prix, à la vérité quelquefois excessif, qu’ils y mettent j malgré les efforts que ces critiques ont faits pour les faire passer comme des curiosités inutiles, il sera toujours vrai de dire qu’un grand nombre de ces anciennes et premières éditions doivent être regardées , par les savans même , comme infiniment précieuses ; car indépendamment de l’utilité qu’on en tire pour parvenir à connoître d’une manière particulière l’histoire de l’art de l’imprimerie, ces éditions ont très souvent indiqué aux critiques, de bonnes variantes qui ont servi à redresser divers passages tronqués ou défigurés par les imprimeurs , dans les éditions postérieures 5 ce qui ne doit pas nous étonner , si l’on considère que ces premières éditions n’ont pu être faites que sur plusieurs manuscrits, souvent très anciens , examinés et collationnés ensemble. M. de Sallengre a reconnu dans la première édition de Pline , faite à Venise par Jean de Spire, en 1469 , gr. in-fol. y plusieurs endroits beaucoup plus exacts que dans l’édition tant vantée du père Hardouin ( Parisiis , 168 5, 5 vol . in- 4*°)* M* Mercier, abbé de Saint-Léger, a démontré , dans les Mémoires de Trévoux ( juin 1765 ) , que l’édition du 4*e livre de Doctrinâ chris tianâ de Saint-Augustin , faite à Mayence par Jean Fust , vers l’an 1465 ou 66, in-fol. , est infiniment plus exacte que celle des Bénédictins de Saint-Maur. ( OEuvres de St. -Augustin , Parisiis, 7
1 1 tom. en 8 vol. in-fol . ) »
Après avoir cherché à prouver que les éditions princeps sont d’une utilité incontestable, que seules elles peuvent contribuer à rétablir et à conserver le texte pur des auteurs anciens , il faut maintenant examiner si ce que l’on entend par édition princeps est bien toujours la première , s’il est facile de dé-* terminer celle qui mérite cette qualification , et si l’on n’a pas donné le nom de princeps à plusieurs éditions d’un même auteur.
Le mot princeps , d’après son étymologie , mum caput, ou peut-être prae incipiens , signifie bien premier en chef, ou qui commence et va devant , mais il ne se borne pas seulement à indiquer le rang , car ce qu’on appelle premier étant ordinairement leplus en évidence et le plus remarquable, 011 peut, et même nous pensons que l’on doit, surtout dans l’acception du mot qui nous occupe, ajouter à l’idée de premier , celle de notable , recommandable. En effet , les premiers imprimeurs mettoient sans doute le soin le plus scrupuleux à rendre mot pour mot, et d’une manière pour ainsi dire identique , le manuscrit qui leur servoit de modèle : ainsi, quand citant leurs premiers essais, on dit édition princeps, on n’entend pas seulement parler d’une édition première , mais d’une édition notable , recommandable et recherchée moins sous le rapport de son ancienneté et de sa rareté , que sous celui de sa valeur intrinsèque , c’est-à-dire , de son exactitude, de sa' fidélité par sa ressemblance au manuscrit. C’est ce qui fait que parmi tant d’éditions du quinzième siècle, nous voyons des bibliographes et
«les commentateurs très instruits , faisant moins d’attention à la priorité typographique, qu’à ce qui constitue le vrai mérite littéraire, qualifier telle édition de princeps , quoiqu’elle ne soit pas la première qui ait paru ; nous en citerons quelques exemples par la suite.
En outre il est quelquefois très difficile, pour ne pas dire impossible, de fixer l’année de l’impression de certaines éditions sans date, ou de déterminer la priorité entre celles qui portent la même année sans aucune autre marque distinctive : c’est ce qui rend très arbitraire la dénomination d’édition princeps pour certains ouvrages, surtout pour ceux qui ont été imprimés avant 1480 ; et il n’est pas rare de trouver trois ou quatre éditions du même auteur , ainsi qualifiées suivant les conjectures particulières des différens bibliographes qui les ont examinées. Par exemple , il est impossible de décider quelle est l’édition princeps de Térence : M. Brunet a connu jusqu’à dix-sept éditions de cet auteur, publiées sans date et sans lieu d’impression , avant 1480* Quelle est la première? Quelle est la meilleure ? M. Westerhow ( dans sa belle édition de Térence , Hagae com. 1726 , 2 vol. ) , prétend que l’édition
princeps est celle qu’il appelle de 1469, dont il s’est servi; ( cette date n’est nullement certaine , car, suivant M. Hare , elle n’étoit marquée qu’à la plume). D’autres regardent comme la première édition, celle de Milan , imprimée par Zarot, à laquelle ou donne la date de j 470 , mais, qui est reconnue pour être de
1481 , parce qu’un faussaire dans le millésime m. cccc. ixxxij a gratté les deux derniers chiffres xi. M. Ernesti donne la préférence à deux éditions sans date , dont une est en lettres gothiques. Enfin M. Harvood penche pour l’édition de 1 474 sair,s date de lieu; ( on la croit de Valdarfer). Voilà donc cinq éditions de Térence qualifiées de prin ceps.
Il en est de même à"1 Horace. L’édition sans date , in- 4.0, connue par le quatrain hoc quicumque dédit etc. , à la fin des odes , passe généralement pour la première; cependant Gessner, qui l’a très bien connue 5 puisqu’il en parle dans son édition, ne donne pas moins la qualification d’édition prin ceps à celle de Florence y 1482, in- fol. (1); et M. Bentley nomme ainsi celle de Venise , 1477, que je soupçonne bien être de 1478, in-fol. Mais parmi ces trois éditions dites princeps , il n’y a pas de doute que la véritable ne soit la première que nous avons citée et qui est sans date. Vtilère- Maxime a deux éditions de 1 47 1 ? qu’on appelle indistinctement prin ceps 9 l’une imprimée à Mayence par Schoyffer , in-fol. y et l’autre imprimée ( à Venise) par Vindelin de Spire, aussi in-fol. Quelle est la première? C’est ce qu’il
(1) Il s’est fondé sans doute sur ce que cette édition est la première avec commentaire; en effet, elle a les commentaires de Christophe Landin. C’est sans doute aussi ce qui a fait donner la même qualification au Virgile > avec les scolies de Servius, Romœ , Jac. Rubeus gallicus , 14 75, in-fol., et au Martial , avec le commentaire de Domitius Calderinus , Romœ, 1474 , in- 4.0
est difficile de déterminer, parce qu’on n'v a point ajouté , comme dans la plupart des éditions de ce temps , le mois et le jour où ces deux éditions ont été achevées. On pourroit peut-être s’accorder sur ce point, en mettant l’une et l’autre de côté , et en donnant la préférence à l’édition sans date, in-fol. goth.y que l’on regarde comme imprimée vers 1469 avec des caractères attribués à J. Mentel. Quant au Quintilien qui a paru en 1470 à Home et à Venise en même temps, il n’y a pas de doute, car l’édition de Home , donnée par Campanus , est la première, puisque dans celle de Venise, publiée par l’évêque d’Aleria , on trouve la préface de Campanus imprimée à la suite de l’épître de cet évêque à Paul II.
Nous remarquerons encore que certains bibliographes appellent p "r in ceps toutes les éditions d’un même auteur, antérieures à 1480, et qu’ils les différencient par prima princeps , secunda princeps y tertia , etc . Nous pensons qu’on ne peut employer cette dénomination que pour les diverses éditions d’un même auteur qui auroient été faites presqu’en même temps sur des manuscrits différens, sans que les imprimeurs qui les ont publiées, souvent dans des endroits fort éloignés les uns des autres ( comme celles du Valère- Maxime de Mayence et de Venise, citées plus haut), aient eu connoissance de l’impression du même ouvrage , que l’on exécutoit ailleurs. En effet, on voit assez souvent dans les préfaces et souscriptions de certains livres d’alors , que l’imprimeur s’y annonce comme premier éditeur d’un ou-
vrage , qui cependant étoit déjà sorti on sortoit en même temps d’une autre presse. Alors il est certain que chacune de ces éditions est vraiment princeps , et qu’on ne peut les différencier qu’en les désignant par prima, secunda , etc. .Nous dirons de plus que rien n’est plus précieux pour la collation des textes que la réunion de ces djverses éditions.
Il arrive aussi quelquefois que l’on donne le nom de prix ceps à la première édition completle d’un auteur, quoiqu’il soit déjà connu par la voie de la presse , mais seulement pour une partie de ses ouvrages j alors on nomme cette édition complette princi pum p ri n ceps, ou inter principes princeps . C’est ainsi , par exemple, que l’on désigne le Tacite de Philippe Beroald , édition de Rome , i5i5 , in-fol. , parce qu’elle est la première qui renferme tout ce qui reste de cet auteur, c’est-à-dire, les cinq livres des Annales qui manquent dans toutes les précédentes. De même l’ Ausone de Thadée Ugolet , Venise , j5oi , pet . in- 4-°, qui renferme Opéra nuper reper ta, est qualifié par J. Aug. Ernesti ( dans sa préface de Fabricius , p. xxut ) d’édition inter principes p ri y ceps , parce que l’on y trouve presque le double des œuvres de cet auteur, contenues dans les éditions précédentes. Voy. la Bibliothèque lat. de Fabricius d’Ernesti, tom. III, p. 146. M. Brunet n’a pas parlé de cette édition d’ Ausone dans son excellent Manuel, M. le comte de Rewisky la mentionne honorablement dans son beau- catalogue de 1 784 , p» 127.
On voit, d’après ce que nous venons d’exposer
combien il est difficile de déterminer au juste quelle est la véritable édition prix ceps de certains auteurs; mais en même temps combien ces sortes d’éditions sont dignes de la considération des savans, et du haut prix auquel on les porte , quand elles réunissent tous les caractères qui en font les monumens les plus précieux de la littérature classique , et les types pour ainsi dire sacrés de nos meilleures éditions modernes.
Il est encore une chose assez intéressante qui tient au sujet que nous traitons et qui ne sera point déplacée dans cette notice. Ce sont les signes auxquels on reconnoît ordinairement les éditions du xv.e siècle, lorsqu’elles sont sans date. Jungendres les a donnés dans sa Disquisîtio in notas characteristicas libro rum à typograpliiae incunabulo ad annum M. D» zmpressorum , etc., *74°} 4*° > et Struve lésa
répétés dans sa Bibliotheca historiae litteraricie se lecta y Jenæ , iy54-63, in- 8.°, pp. 2i38-2i4o. Voici ces signes avec quelques additions : i.° l’absence des titres imprimés sur un feuillet séparé (i); 2.0 celle des lettres capitales au commencement des divisions (2); 3.° la rareté de ces mêmes divisions 5 4*°
(1) C’est vers 1476 ou 1478 qu’on a commencé à imprimer les titres de livres sur un feuillet séparé ; et les titres des chapitres se voient déjàdans les Épîtres de Cicéron, de 1470.
(2) Cela n’est pas général, car on trouve des capitales imprimées dans je Psautier de 14^9, dans une Bible de Bâle y donnée par Richelius et Rodt, qui avoient été associés de Gutenberg, et dans beaucoup d’autres livres du xv.e siècle.
non-emploi des virgules et des points-virgules (1)5 5.° l’inégalité et la grossièreté des types (2); 6.° le manque de chiffres au haut des feuillets ou des pages et celui des signatures et des réclames au bas (3) $
(1) Joseph Scaliger prétend qu’Alde Manuce est le premier quia introduit dans le latin la virgule , le point-virgule et l’accent grave , et qu’avant lui , personne n’en avoit fait usage. Cette assertion demande une explication; car elle donneroit à entendre qu’avant Aide il n’existoit ni virgule , ni accent, ce qui seroit faux. La virgule a été inventée dans le vin. e siècle , et le point-virgule dans le ix.e; les autres marques de repos le furent ensuite ( V. les Horœ biblicœ de Ch. Butler). Ainsi l’on voit que les signes de ponctuation sont plus anciens que la découverte de l’imprimerie ; mais l’usage de les désigner tels que nous nous en servons aujourd’hui , c’est-à-dire la valeur que nous leur donnons est assez moderne. D’ailleurs ils étoient fort rares anciennement ; c’est pourquoi l’on n’en trouve point dans les premières éditions du xv.e siècle. ( Voyez sur la ponctuation ancienne, la Diplomatique des Bénédictins, 6 vol. in- 4.0, tome III, pp. 459- 5 y 1. )
(2) On se tromperoit fort si l’on considéroit toujours l’inégalité et la grossièreté des types comme une marque , soit d’éditions du xv.e siècle, soit d’antériorité parmi ces éditions; car les caractères de Schoyffer, employés dans ses Psautiers de 1457 et 59, ainsi que ceux de plusieurs autres imprimeurs des premiers temps sont très beaux, tandis que l’on en trouve dans des éditions de 1480 , 90, et même passé i5oo , qui sont détestables.
(3) Les chiffres de pagination ( qui alors n’étoient qu’au recto des feuillets ),ne datent, selon M. LaSerna Santander, que de 1471 , puisqu’ils se voient pour la première fois dans le Liber de remediis utriusque jortunœ ( non pas celui de
7*° la solidité et l’épaisseur du papier; 8.° l’absence des noms de l’imprimeur , du lieu et de l’année ( cependant ils se rencontrent dans beaucoup d’éditions )rf et 9.0 la grande quantité d’abréviations (1); on peut
Pétrarque , mais celui d’Adrien le Chartreux), Coloniœ , Arn. Therhoernen , 1471 ? m- 4 °
Il est reconnu que les signatures ont paru pour la première fois dans 1 cJohan. Nyder prœceptorium divinœ legis. Coloniæ, per Jolian. Koelhof de Lubeck , 1472, in-fol.
Et les réclames, selon Rive, n’ont d’abord paru que dans Je Confessionale sancti Antonini . Bononiae ( sans nom d’imprimeur , 1472, in- 40. Marolles en avoit vu dans le Tacite de Vindelin de Spire , qu'il croyoit de 1468 ou 1469 ; mais Rive prouve que ce livre ne peut avoir été imprimé que vers la fin de 1472.
(1) Elles étoient très fréquentes au xv.e siècle. On en trouve un exemple saillant dans la Logique d’Ockam , imprimée k Paris , au Clos Bruneau, en 1488, in-fol Presque tous les mots sont en abréviation; voici deux lignes copiées au verso du feuillet 121 :
« Sic liic e fal sm qd ad simplr a e pducibile a Deo g a e et silr liic a n e g a n e pducibile a Do. »
Ce vrai grimoire signifie :
a Sicut hic est fallacia secundùm quid ad simpliciter. A est producibile à Deo , ergo A est. Et similiter hic : A non est , ergo A non est producibile à Deo. »
Il faut convenir que cet argument écrit tout au long n’est guère plus intelligible que le texte abrégé. Les abréviations furent tellement multipliées dans les manuscrits et dans les imprimés , qu’on fut obligé de faire des livres pour enseigner à les lire ; 011 en connoît un ayant pour titre : Modus legendi abreviaturas in utroque jure. Parisiis , i49^» in-8.° On peut encore consulter sur les abréviations latines, Sertorius-Ursatus, Val-Probus, Mango, Manutius, etc., etc.
encore indiquer d’autres signes qui nous paroissenfi n’appartenir qu’aux éditions du xv.e siècle , tels que des points quarrés , des traits obliques en place de points sur les i , des signes particuliers d’abréviation, comme z pour et ; neq3 et quib3 pour neque et qui bus ; oopacone pour comparatione ,* des q avec un petit trait horizontal formant croix au bas de la branche perpendiculaire de cette lettre , pour exprimer quant ou quodj etc. etc. j mais en général ces signes sont quelquefois fautifs ou au moins incertains , et il faut être versé dans la connoissance des abréviations pour en faire une application toujours juste. Ne pourroit-on pas aussi parler du format assez généralement adopté surtout dans les éditions antérieures à 1480 ? C’étoit X in-folio et l’zVz-4*°? les formats inférieurs étoient excessivement rares (1).
Ajoutons à ces petits détails sur les éditions du xv. e siècle ce que l’abbé Rive dit de leur mérite intrinsèque 5 cela confirmera ce que nous avons exposé ci-dessus sur les éditions princeps. ce Ce n’est pas
(1) Ils étoient si rares que des bibliographes ont prétendu qu’on ne voyoit point d’i/z-8 0 ni de formats au-dessous avant- 1480; mais ils se trompent: on connoit le Diurnale seu liber precum, Venetiis , 1478, in- 24 sur vélin; un Psalterium Davidis , imprimé par Jean de Westphalie, vers 1480, in-i 8, etc. ( V. notre Dictionn. de biblinlogie ,tom. ni , p. i3i. Nous donnons dans ce même article les moyens de connoître les formats de quelques éditions du xv.e siècle , d’autant plus difficiles à déterminer que le papier sur lequel elles sont imprimées est sans pontuseaux, et les vergeures à peine apparentes le rendent presque semblable à du papier vélin. )
toujours l’ancienneté des éditions du xv.e siècle, dit Rive, qui en fait la valeur^ elle n’augmente celle qu’elles ont déjà par elles-mêmes , que dans le cas où elles représentent fideliement et exactement un texte très ancien , sûr et bien correct. Les anciennes éditions des classiques ne sont recherchées que parce qu’elles sont exécutées sur de pareils manuscrits. Les copies que ces impressions en fournissent sont ordinairement d’une grande valeur, parce qu’elles font remonter les leçons qu’elles contiennent à des temps voisins de ceux de l’original ; mais si les manuscrits d’après lesquels elles sont copiées n’ont pas beaucoup d’ancienneté , elles n’ont qu’une valeur très médiocre, et cette valeur baisse en raison de l’ignorance des copistes par les mains desquels elles ont passé , et de l’ignorance des compositeurs qui les ont dirigées sous la presse. Ce n’est pas par le prix des ventes qu’il faut apprécier les anciennes éditions (i), mais seulement d’après la confrontation que des savans du premier ordre ont
(i) Il est certain que dans les ventes de bibliothèques renommées , on voit certains livres anciens très médiocres mon-
ter à 20, 3o et 40 fr., et , d’après ces prix , on seroit tenté de
croire que ce sont des ouvrages recherchés; mais si l’on fait attention qu’ils ont été reliés avec magnificence, et qu’en y mettant ces prix , on ne paie guère que la reliure, on recon-
noitra que l’ouvrage est peu de chose et qu’il équivaut à peu
près à un morceau de bois revêtu de maroquin ; Rive a donc lfien raison de dire que ce n’est pas par le prix des ventes qu’il
faut apprécier les livres anciens.
faite de leurs leçons avec celles des manuscrits les plus anciens et les plus corrects. Il y a souvent une distinction à faire entre les divers tirages d’une même édition ancienne. Comme les corrections typographiques ne se faisoient pas, au berceau de l’imprimerie, ainsi qu’elles se sont faites vingt ans après et qu’elles continuent de se faire aujourd’hui, de là sont venus les divers tirages d’une même ancienne édition sortie de la même forme ; c’étoit à divers savans que les premiers imprimeurs remettoient des exemplaires de leurs impressions avant d’en finir totalement le tirage , et ce n’étoit qu’après la diversité de leurs corrections qu’ils l’achevoient (1). Ces corrections ne leur arrivant que successivement, il sortoit donc de la même forme des exemplaires beaucoup plus corrects
(1) Nous en voyons un exemple dans le Codex psalmorum de 14^7, mentionné ci-dessus p. 33 ; on n’en connoit que sept à huit exemplaires qui tous diffèrent les uns des autres , soit pour l’orthographe des mots, soitpourle nombre de feuillets, soit même pour le contenu et pour la souscription -, cela prouveroit que Schoyffer gardoit les pages composées et les corrigeoit , les changeoit ou y ajoutoit selon les avis de ceux auxquels il communiquoit les premiers exemplaires à mesure qu’il faisoit des corrections ou additions ; mais comme la date est la même dans les divers exemplaires , malgré la variété des souscriptions, il paroît que tous ces changemena ont été opérés dans la même année.
Cette belle édition du Psautier, décorée de belles lettres initiales, est la première'impression connue avec le nom du lieu, celui des imprimeurs et la date de son exécution ( 14 août 1457); elle est en grosses lettres et a eu depuis trois
les uns que les autres. » ( V. Rive, chasse aux ht • bliographes , pp. 41 43* ) On voit d’après cela combien il est important de conférer non seulement les différentes éditions , mais même les différens exemplaires d’une même édition ppin ceps$ et si on ajoute à cela la collation des manuscrits encore existans , comme le font la plupart des éditeurs modernes , il est difficile qu’avec du goût et de l’instruction on ne
éditions , toujours avec le même caractère, savoir : celle de 14.59; celle de 1490, donnée par P. Schoyffer seul, car Fust étoit mort à Paris depuis 1466 ou au commencement de 1467 au plus tard; enfin l’édition de i5c2; et ce qu’il y a de remarquable , c’est que Fust et Schoyffer ne se sont jamais servi de ces gros caractères pour l’impression d’aucun autre ouvrage, sans doute parce qu’ils étoient propres aux livres d’église dont on faisoit usage dans le chœur.
C’est avec un caractère de plus petite dimension et fondu dans des matrices nouvellement frappées par l’ingénieux Schoyffer, que cet habile typographe publia avec Fust, à Mayence , le Durandi ralionale divin, offic. achevé le 6 octobre 1459; puis les Constitutiones Clementis V, de 1460, finies le 2 5 juin ; et la célèbre Bible latine de 1462. On peut donc regarder ces trois ouvrages et les deux premières éditions du Psautier de 1457 et 14^9, comme les cinq premières impressions du Monde, connues jusqu’à présent , où la date, le nom des imprimeurs et le lieu de leur exécution se trouvent distinctement indiqués. On pourroît y ajouter le Catholicon Johannis de Janua ou de Battis , de 1460, imprimé également à Mayence ; mais le nom de l’imprimeur 11’y est pas , et on l’attribue généralement à Jean Gutemberg. Un exemplaire a été vendu 2620 fr. chez M. de Mac-Carthy.
Il existe deux .petites pièces ayant des dates et que î’oa
parvienne pas à rendre aux textes classiques leur pureté primitive , ou au moins à diminuer considérablement ce fatras de notes qui surchargent les anciennes éditions variorum , et qui annoncent souvent une érudition fort étendue , mais aussi minutieuse qu’inutile , et quelquefois aussi bizarre qu’elle paroît profonde aux esprits superficiels.
Il est temps, mon cher confrère , de terminer cette
regarde comme imprimées antérieurement au Psautier de 1457 ; l’une révélée depuis 1766 par Schelhorn , intitulée: NicolaiV. Pont. max. Litterœ indulgentiarum pro regno Cypri. Vatum Erffurdie anno Domini m. cccc. hiii ^et non pas lv comme je l’ai lu quelque part ). Die vero xv nov. in fol. Le tout consiste en une feuille de parchemin , contenant 3i lignes ; la date de ij54 y est bien certainement; mais est-ce bien celle de l’impression ou celle de la délivrance des indulgences? Les bibliographes ne sont point d’accord à ce sujet. Lord Spencer possède deux exemplaires de ce morceau précieux. M. Dibdin a cherché, en décrivant l’un de ces exemplaires, à prouver que l’impression est bien de 1454*, a-t-il persuadé tout le monde? j’en doute.
L’autre pièce est un Almanach ou Annnuaire de 1 4-^7 > imprimé à Mayence, in fol. oblongo patente , que M. Fischer a découvert parmi des papiers mis au rebut dans les archives de Mayence. La date de 14^7, dans un almanach, fait présumer qu’il a été imprimé sur la fin de l’année précédente ; ainsi , l’impression de cette pièce seroit antérieure d’une année à. celle du Psautier de 14^7.
Dans tous les ouvrages cités dans cette note, et qui tiennent au berceau de l’imprimerie , ou trouve , ainsi que nous l’avons dit pour le Psautier , quelques différences entre les exemplaires d’une même édition ; nous en exceptons les deux dernières petites pièces à raison de leur brièveté.
( Bo )
notice sur les éditions princeps , qui m’a entrain© beaucoup plus loin que je ne pensois; cela m’empêchera d’y ajouter la bibliographie de ces sortes d’ouvrages, ainsi que je me le proposois , car alors le postscriptum de ma lettre formeroit un volume.
Jterùrn vale ,