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GUU L0CN6 ET LES FRANÇAIS EN COCHINGHINE

avec joie et le garda, ainsi que sa femme, son fils, sa sœur et Tex-reine, jusqu'au moment où, les Tai-sœn s'étant retirés à Saï-gon, il put reparaître au grand jour. Encouragé par les habiles conseils de celui dont la généreuse hospitalité lui avait sauvé la vie , Ngouyen-an se forma une armée et se fit proclamer en 1775, en même temps que le fameux rebelle Sak se faisait déclarer Souverain- Empereur sous le titre de Taî-duk.

Toutefois, Ghia-loung ne devait pas jouir longtemps de la dignité dont il venait d'être investi. Poursuivi par l'empereur des rebelles, il alla chercher un refuge dans une des îles du golfe de Siam , où il fut accompagné par le P. Pigneau, qui ne cessa de lui servir d'ami et de conseiller intime dans tout le cours de sa vie agitée.

Cependant les Gochinchinois se fatiguaient chaque jour davantage du gouvernement des rebelles, et un certain nombre de ceux qui se trouvaient en état de prendre les armes étaient venus rejoindre Ghia-loung dans sa retraite. Lorsqu'ils furent réunis au nombre de 1,000 à 1,200, ce prince songea au moyen d'assurer son rétablissement. L'intervention du P. Pigneau le décida néanmoins à différer son projet de restauration et à envoyer d'abord une ambassade à Louis XYI, dans le but d'obtenir de la France les -secours dont il avait besoin pour remonter sur le trône. Il offrit en échange la cession du promontoire et de la baie deTourane, de l'île Hoï-nan et de Poulo-Gondor, sur la côte de Cochinchine, et, en cas de besoin, 60,000 soldats tout équipés pour la défense de ces territoires.

[1787] L'ambassade une fois organisée, Pigneau se

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rendit en France , accompagné du jeune fils de Ghialoung, et alla faire part à la cour de la mission dont il était chargé. Un traité d'alliance offensive et défensive fut alors signé à Versailles par les comtes de Montmorin et de Vergennes pour le roi de France, et par le fils de Gbia-loung pour son père. L'importance de ce document nous fait un devoir de le reproduire ici " :

Ngouyén-anh, roi de Cochinchine, ayant été dépouillé de ses États, et se trouvant dans la nécessité d'employer la force des armes pour les recouvrer, a envoyé en France le sieur P.-J.-G. Pigneau de Behaine, évêque d'Adran, dans la vue de réclamer le secours et l'assistance de Sa Majesté le Roi très-chrétien; et Sadite Majesté, convaincue de la justice de la cause de ce prince, et voulant lui donner une marque signalée de son amitié comme de son amour pour la justice, s'est déterminée à accueillir favorablement la demande faite en son nom. £n conséquence, elle a autorisé le sieur Montmorin à discuter et arrêter avec ledit sieur évoque d'Adran, la nature, l'étendue et les conditions des secours à fournir, et les deux plénipotentiaires, après s'être légitimés, savoir : le comte de Montmorin en communiquant son plein pouvoir, et l'évêque d'Adran en produisant le grand sceau du royaume de Cochinchine, ainsi qu'une délibération du grand Conseil dudit royaume, sont convenus des points et articles suivants :

' Ce traité parait ici pour la première fois. Barrow en a donné un résumé dans ses Voyages à la Cochinchine, l. Il , p. 207, mais d'une façon fort inexacte et qui ne saurait donner une idée juste de Voriginal.

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