‹ Variétés orientales historiques, géographiques, scientifiquesChapitre 60 sur 86 · DE M. ARIEL, DE PONDIGHERT · texte numérisé non relu

DE M. ARIEL, DE PONDIGHERT

et un essai de classification des écritures usitées dans la presqu'île en-deçà du Gange.

On sait qu'il faut entendre sous le nom de langues dravidiennes plusieurs groupes linguistiques de l'Inde anarienne, et principalement les idiomes encore en usage dans la partie méridionale de l'Hindoustan. Le premier groupe de ces langues, appelé également vindhyennes, du nom de la région montagneuse où elles paraissent avoir pris naissance, comprend le maie ou radjmahaliy où les racines monosyllabiques primitives se sont déjà compliquées d'affixes propres à déterminer les catégories grammaticales; le kôte, formé d'éléments gangétiques superposés sur un fonds dravidien ; le gonde, remarquable par l'archaïsme de ses formes; Vuraon, le toda^le ko, etc.*. — Le second groupe, de beaucoup le plus important par la culture de plusieurs idiomes qui le composent , et à la tête duquel se place le iamaul ou tamil, renferme aussi le télougou ou télinga, le malayala ou malayajma, le toulava et le canara ou carnaiaca. Tous ces idiomes paraissent dériver du tamoul*, dont l'antiquité est incontestable*. Quelques savants ont cru reconnaître certaines analogies entre le groupe linguistique dravidien et d'autres groupes liguistiques encore imparfaitement connus. Ces analogies ont paru surtout frappantes lorsqu'on s'est oc-

* Cf. Maury, la Terre et V Homme, p. 430. Voy. cependant Vinson, dans la Revue orientale de la Société d'Etbn., t. IX, p. 95. > Ellis, dans l'Introduction à la Telugu Grammar de Campbell. 3 Voy. la remarquable étude de M. Yinson, toc. citât.

a^ LA BIBLIOTfiÈOtB TAMOtLE

cupé de la grammaire comparée du tamotil et des langues transgangétiques. Il est fort à regretter que le travail de M. Ariel n'ait pu être achevé. Malgré la publication du précieux ouvrage de Galdwell ', l'œuvre du savant archiviste de Pondichéry aurait sans doute projeté de nouvelles lumières sur cette importante question.

Je dois mentionner aussi trois liasses consacrées à répigraphie dravidienne, dans laquelle on trouve l'interprétation de nombreuses inscriptions tamoules. Quelques autres liasses sont consacrées à l'étude des sciences indiennes. On y voit un Dictionnaire de botanique avec synonymies linnéennes des mots tamouls et télingas, et un Catalogne des médicaments employés par les médecins indigènes de la côte de Malabar et autres parties de THindoustan. — Des dossiers de moindre importance ont trait à la Numismatique indienne, et sont enrichis de dessins de monnaies anciennes et modernes.

Enfin je citerai, pour mémoire, une quantité considérable de notes bibliographiques que M. Ariel avait recueillies patiemment depuis son arrivée dans l'Inde jusqu'à sa mort. On y trouve non-seulement la mention d'une foule de livres rares ou peu connus sur la région qui l'occupait spécialement, mais encore de nombreuses indications relatives aux manuscrits tamouls et autres dont il avait pu prendre connaissance.

« A Comparative Grammar of thc Dravidian or SùuthrTndian Family oflanguages, London, 1856, in•8^

DE M. ARlEL^ HE PONDIGHERY. 223

II avait également recherché sur les plus célèbres bibliothèques de rinde des renseignements du genre de ceux-ci :

Il y a 4 librairies renommées pour les langues asiatiiiue»^ dont une est chez le radja de Taojaour ; les deux autres sont à Coumbacounan et à Sîringam, chez les grands prêtres sango' râsariarsy recteuts des corps de rUniversité, composée dé plusieurs savauts et doctes (sic); et la quatrième est chez ud autre grand prêtre pour la secte des Madouva, à Oudepi; Vesserajamatou, à Sirangam; Soumatchandramatam , à Pona^Outtamadématams à Holeya; Harasiogapouram , à Mysore. On y trouve des savants et doctes qui sont très-versés dans les laogues du pays, sanscrit, grantham, canara, telougou, dévanagaram, nagari, marate^ maléalam, malabar. — En outre, les collèges du fort Sain^George et du fort William ont des colfeetions de livres en plusieurs langues. (Note de Nida Mamillà Radiapa Rayallaya, interprète du gouvernement, à Pondichéry.)

Je ne serais pas éloigné de demander la publication des notes bibliographiques de M. Ariel avant celle des autres documents renfermés dans sa collection; car je suis persuadé qu'elles contribueraient puissamment au progrès des études tamoules, et provoqueraietit des tra» vaux pour lesquels les orientalistes ne sauraient guère trouver de sources. La partie relative atit manuscrits en langues dravidiennes fournirait aussi un excellent canevas pour une histoire de la littérature taoDoale et telougou.

ni. — Les OBJETS d'art.

La 3® série de la Collection de M. Âriel comprend : i*" quarante-sept statuettes de divinités indiennes^ d^i^

2i4 LÀ BIBUOTHÈQUE TAMOULE

douze en bois peint et doré, et trente-deux en bronze; 2* vingt-deux statuettes en bronze représentant divers personnages, des animaux, etc.; 3" vingt et une statuettes en bois peint figurant des types des castes de rCnde; A" deux statuettes bouddhiques en albâtre; 5* un bouddha en bois recouvert d'une feuiUe d'argent et surmonté d'un arbuste; 6« deux éléphants en ébène; 7» dix cachets en cuivre; 8<* un ivoire sculpté; 9« un bracelet indien en argent et deux périscélides en pierre dure; 10» un flacon en coco sculpté; il* deux chapelets bouddhiques en bois de sandal; 12** des grelots à jongler, etc.

Ce Rapport, malgré son étendue, est loin d'énumé* rer les richesses de tout genre que renferme la précieuse collection qui vient aujourd'hui se ranger sur les rayons de votre bibliothèque. H vous appartient. Messieurs, de prendre les mesures nécessaires pour que ces matériaux immenses concourent à la grande œuvre historique que vous poursuivez; Un tel legs impose à ceux qui le reçoivent des devoirs envers la science que vous serez heureux d'accomplir. M. Ariel, par son testament, avait d'abord légué tous ses trésors à son maître vénéré Eugène Burnouf; mais, lorsqu'il eut appris que ce savant n'existait plus, il choisit votre Société pour en être dépositaire, et c'est avec la confiance que , sous vos auspices , ils serviraient aux progrès de ses études'favorites, qu'il vous a libéralement dotés du vaste ensemble de documents pour la réunion desquels il a sacrifié sa jeunesse, sa santé et sa vie.

UN

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