EMPEREUR MANDCHOU
Rien-loung ', empereur de Chine, le quatrième de la dynastie mandchoue actuellement régnante, dite des Taï'tsing (Très-pure), naquit en 1709. Il était l'aîné des trois fils de Tempereur Young-tching , auquel il succéda en 1735. Instruit dans la littérature plutôt que dans les affaires publiques, ce prince éprouva d'abord quelque embarras à tenir en mains les rênes du gouver-» nement; et il profita des quatre premières années de son règne, époque de deuil durant laquelle il avait nommé quatre régents, pour s'initier aux ressorts multipliés et délicats de la politique chinoise. Rien-loung débuta par des actes de clémence qui le popularisèrent
■ Kien-Loung signifie en chinois Bienfait céleste. L'équivalent mandchou de celle expression est Àikaï-VekMyekhe,
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d'une part et lui valurent de l'autre le respect des princes et des grands. Plusieurs membres de la famille impériale, et notamment des fils et des petits-fils deTempereur Rang-hi que des motifs politiques ou des intrigues avaient fait éloigner de la cour, furent rappelés de Texil et rétablis dans des charges dignes de leur rang.
Un des principaux événements de cette époque fut la reprise des hostilités contre les CEleutes, dont les guerres avaient occupé une grande partie du règne de Kang-hi. Malgré l'opinion des mandarins de la cour, qui jugeaient dangereuse et inutile toute nouvelle expédition contre les tribus tartares de l'ouest, Rienloung résolut de les attaquer; et, dans ce but, il envoya un corps d'armée contre les CEleutes, qui furent défaits et contraints de livrer un de leurs chefs , nommé Dawadzi. Celui-ci fut conduit à Pé-king; mais, au lieu de le faire mettre à mort, l'empereur lui donna un palais et une cour dans la capitale, afin de pouvoir, aubesoin, l'opposer comme concurrent à Amoursanariy auquel avait été conférée la dignité de khan ou chef àts CEleutes. En effet , à peine Dawadzi fut-il mort, que ce chef résolut de s'affranchir du joug pesant de la suzeraineté chinoise. Il appela aux armes les populations œleutes et mongoles, auxquelles il dépeignît Kien-Ioung comme un prince ambitieux et jaloux de ravir leur liberté afin de les soumettre à son sceptre. Cet appel fut écouté, et bientôt une armée considérable, ayant Amoursanan à sa tête, parcourait les territoires situés sur les bords de l'Ili , renversait tous les obstacles qui