‹ Variétés orientales historiques, géographiques, scientifiquesChapitre 73 sur 86 · EIEN-LOUNG, EMPEREUR MANDCHOU · texte numérisé non relu

EIEN-LOUNG, EMPEREUR MANDCHOU

se trouvaient sur son passage, et, après avoir signalé sa marche par le pillage et le massacre, allait camper devant Palikoun, ville importante des CEleutes, où résidait alors une forte garnison chinoise.

A cette nouvelle, Kien-loung expédia un nouveau corps d'armée pour réduire les rebelles; les troupes œleutes, à l'arrivée de ce renfort inattendu, se débandèrent et laissèrent le champ libre aux troupes impériales. Toutefois, grâce à une maladresse des généraux chinois, Amoursanan parvint à s'échapper et à se rendre sur le territoire des Russes , qui depuis longtemps lu^ accordaient secrètement des secours et favorisaient ses entreprises. A peine Kien-loung eut-il appris 1^ nouvelle de Tévasion du chef œleute, qu'il donna ordre à ses généraux de se rendre à la cour : il les jugea en personne, et les fit mourir publiquement. Quelque temps après (1757), on apprit qu' Amoursanan s'était enfui en Sibérie et y était mort de la petite vérole. Cette nouvelle ne satisfit point Kien-loung ; et, bien que les Russes eussent montré aux envoyés chinois les dépouilles mortelles de leur ennemi, ce prince voulut que le cadavre lui fût livré, afin de procéder aux cérémonies ignominieuses qui se pratiquaient sur les ossements des ennemis qui n'avaient pu être saisis vivants. Les autorités russes ayant refusé d'accéder à la volonté du Fils du Ciel , on dut renoncer à venger les crimes qu' Amoursanan avait commis durant sa vie contre l'autorité impériale, et l'affaire en resta là.

Toutefois Kien-loung n'en poursuivit pas moins ses conquêtes dans les contrées tartares de l'ouest qui pas-

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sèrent successivement sous sa domination ; et, de cette façon, il devint suzerain de la presque totalité des pays de l'Asie centrale. En 1768, il eut une guerre à soutenir contre le royaume d'Ava. En 4770, des tribus de Tourgout quittèrent les bords du Volga, et se rendirent sur les bords de rilî, où elles demandèrent à se placer sous le protectorat de la Chine. Kien-loung les reçut avec joie, et les combla de faveurs; ce qui attira bientôt après plusieurs autres tribus tartares et le reste de la nation tourgout qui vinrent se soumettre à la domination mandchoue.

Un autre événement important illustra, en 4775, le règne de Rien-loung; ce fut la réduction des Miao-4sze, bordes à demi sauvages, qui habitaient les montagnes du Sse-tchouen, dans les gorges desquelles ils avaient pu échapper aux poursuites des troupes chinoises et conserver leur indépendance. A cette époque ces hordes de Miao-tsze occupaient deux contrées désignées par les noms de Grand-Ruisseau-d'Or (rai-A»»-^cAoî^«) et de Petit-Ruisseau-d'Or {Siao-Hn-tchouen). Jugeant que les troupes impériales ne les atteindraient point dans les défilés de leurs montagnes, ils entreprirent de nouveau de reconquérir leur indépendance ; et lorsque des ambassadeurs de Kien-loung vinrent réclamer leur soumission, il les maltraitèrent et mirent en pièces les ordres impériaux dont ils étaient porteurs. Rien-loung, irrité de ce procédé, résolut de réduire ces tribus insoumises ; et, dans ce but, il envoya contre elles le général mandchou Akoui à la tête d'un corps d'armée. En moins d'un mois les Miao-tsze , poursuivis jusque

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