‹ Variétes philosophiques [microform]Chapitre 1 sur 41 · DE LA DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA DEUXIÈME ÉDITION

Ceci est une réédition, sous un nouveau titre et avec certaines additions, d'un volume intitulé Ontologie et Psycholoijie physiologique, qui parut en 1871.

Quel est Tobjet de ce travail ? — Creuser la question métaphysique afin de donner aux sciences particulières — principalement à la Physiologie et à la Médecine, à la Psychologie et à la Morale, et enfin et par dessus tout à la Sociologie — leur indispensable fondement, un fondement sans lequel elles ne peuvent élever que des constructions provisoires et précaires, des châteaux de cartes.

Ce livre n'est pas une exposition systématique déroulant régulièrement ses propositions du commencement à la fin en un enchaînement logique continu. C'est une collection de petits traités distincts et indépendants qui tous, à la vérité, envisagent plus ou moins le même sujet, mais chacun d'un point de vue à lui propre. Ainsi, le plus souvent ce sont les mêmes questions qui reviennent dans tous ces divers essais ; toutefois, elles y sont considérées sous un aspect particulier à chacun d'eux, d'où il résulte qu'ils ne se répètent point avec monotonie et se complètent mutuellement.

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Malgré loul, cette forme morcelée de l'ouvrage ne manquera pas de lui attirer les reproches que le même fait a valus à ma récente publication, Nouvelles recherches sur t Esthétique et la Morale, Pourtant une telle critique sera aussi mal fondée que si elle s'adressait à une galerie de tableaux pour manque d'unité d'ensemble. De même qu'ici chaque toile est un tout séparé et doit être jugée isolément et en elle-même sans aucun égard à celles qui l'accompagnent et à Tordre factice de leur association, pareillement le jugement à porter sur ce livre ne doit s'appliquer qu'à ses différents morceaux pris individuellement.

Il faut s'attendre encore à ce que Touvrage soit blâmé pour un autre tort plus ou moins réel : le tort de présenter l'exposé doctrinal, non pas avec l'impersonnalité et l'impassibilité froide d'un traité classique, mais plutôt comme un assaut dirigé contre des adversaires de doctrine.

Je confesse humblement mon humeur combaltive, toutefois en faisant observer que je ne m'attaque qua l'erreur ou à ce qui m'apparaît tel. Ce qui peut encore me servir d'excuse, c'est que, pour défendre les vérités présumées dont j'épouse la cause, ma plume, lourde et paresseuse, ne retrouve un peu de vivacité et de vigueur qu'en s'échauffan t au feu de la polémique. D'ailleurs il m'est avis que pour cultiver le vrai avec fruit il faut extirper le faux et nettoyer à fond le sol de ce chiendent.

Certains critiques, suivant leur coutume, jugeront

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répréhensible que je me sois acharné à déboulonner la statue de plusieurs de nos gloires scientifiques et philosophiques. Il faudrait, à ce qu'ils assurent, respecter « les situations acquises ». C'est ce que me disait autrefois le bon D' Lélut, et c'est ce que beaucoup d'autres in'ont répété depuis. Je ne saurais admettre un tel principe. Je m obstine à croire que plus est entouré d'éclat le pseudo-savantet le pseudo-philosophe,plus la science et la philosophie ont à y perdre, et plus il est du devoir de la critique de détrôner ces usurpateurs de la renommée.

Il est effrayant de voir avec quelle facilité des faux prophètes qui ont semé autour d'eux à pleines mains l'erreur et toute sorte d'ivraie ont réussi à s'imposer à l'admiration publique au point de se faire honorer et adorer comme des oracles de vérité ! J'avoue que je nourris « des haines vigoureuses » contre ces glorieux imposteurs.

L'auteur doit encore se préoccuper de l'accueil que fera le lecteur à son dessein de s'attaquer, lui chétif, à des problèmes de l'ordre le plus abstrait et le plus abstrus, qui ont défié jusqu'ici la sagacité de tous les penseurs en renom dans l'histoire de la philosophie. L'entreprise paraîtra évidemment plus que téméraire.

Si je n'écoutais que mon souci de gloire personnelle, je ne prendrais peut-être pas la peine de faire revenir le lecteur de cette prévention, qui est capable de l'arrêter sur le seuil de mon livre et de le détourner d'y pénétrer ; car, tous ceux qu: me connaissent le sa-

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venl, la vanité esl le moindre de mes défauts. Maïs il s'agît de bien autre chose. 11 s'agit d'idées neuves que j'estime fécondes et salutaires, et dont en bon père je fais tous mes efforts, depuis nombre d'années, pour assurer l'avenir. Ces idées, je désire, et je désire ardemment qu'on les étudie, qu'on les connaisse, qu'on les apprécie. J'ai frémi à la pensée qu'elles seraient ensevelies avec moi, ou qu'elles ne me survivraient que pour être gâtées et déshonorées par des plagiaires aussi maladroils que malhonnêles.

C'est à la seule fin de décider le très petit public compétent à me lire avec attention et impartialité que j'ai eu la pensée de mettre ici sous ses yeux un choix de jugements que quelques critiques intègres et incontestablement autorisés ont portés sur mes travaux. Ces témoignages isolés, mais qui ont certainement du poids, feront ressortir Fodieux de l'œuvre d'étouffemenl accomplie jadis contre moi parles grands maîtres de l'opinion, dispensateurs souverains de la renommée. H m'a fallu enterrer mes contemporains pour trouver dans la jeune génération des juges moins hostiles, et pour obtenir une réparation relative.

Toutefois, pour ne pas m'exposer à'être injuste à mon tour, je puis admettre que le déni de justice dont je fus si longtemps victime n'est pas seulement imputable à une malveillance jalouse ; sans doute la myopie intellectuelle y a eu sa bonne part. Il est en effet minime, ridiculement restreint, le nombre des esprits capables de s'ouvrir d'emblée à la démonstration de vérités nouvelles, principalement quand cesnouveau-

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tés sont en grande avance sur leur époque et qu'elles n'ont pas eu la chance de se présenter sous les auspices de quelque haute autorité officielle au prestige olympien.

Le groupe de témoignages réunis ci-après n'a pas seulement pour but de disposer favorablement le lecteur envers l'auteur et de le porter h lire son livre avec confiance. C'est en outre comme un monument de ma reconnaissance élevé aux hommes intelligents, courageux et généreux qui ont voulu sauver mon oîuvre et mon nom de l'oubli éternel où de plus puissants s'efforçaient de les noyer.

Louis Peisse, membre de l'Académie de ^Médecine et membre de rinslitul, dans un compte rendu de mon livre EleclrO'ih/nanlsme vilaL sous le pseudonyme de Philips (Paris, 1855), s'exprimait ainsi : « L'ouvrage et » l'auteur sont également et hautement respectables ) au point de vue de la science et à celui de lamora- » lité. » [Gazette médicale de Paris du 23 février 1856.)

Le même ouvrage fut encore très favorablement et très savamment apprécié par Bûchez, dans un Rapport à la Société médico-psychologique (séance du 24 décembre 1860), et par M. Alaux, dans un article de la Revue contemporaine^ numéro du 15 avril 1863.

Le D^ Cerise présenta mes Essais de Physiologie philosophique (Paris, 1866) à l'Académie de Médecine dans les termes sni vn n Is :

FBÉPACE

PRÉFACE

a 11 est impos:$ible de donner une idée exacte de ce » livre en restant dans les limites d'une simple présen- » tation ; je me bornerai à dire que les problèmes géné- » raux de la physiologie, ceux qui la constiluenl dans M son intégrité comme science d'application à la méde- >' cine, à la morale et à la psychologie, y sont nette- » ment posés, clairement discutés, et en partie brave- » menl résolus. Je connais peu d'ouvrages consacrés à » un si imposant sujet, qui témoignent d'une aussi » ferme intelligence... Je recommande ce remarquable » travail, fortement médité, élégamment écrit, à lac- » cueil de FAcadémie. » (Séance du 12 juin 1866.)

Le même livre fut présenté comme il suit à TAcadémie des sciences morales par le D' Lélut :

a Le livre se compose d'essais très savants, très ap- » profondis... Le livre de M. Durand (de Gros) est l'œuï» vre remarquable d*un homme de talent très versé » dans toutes les questions de physiologie psychologi- » que, très capable lui-même d'en soulever de nouvelles u et de les résoudre. » (Séance du 13 juillet 1867.)

L'ouvrage fut bien adressé à l'Académie des sciences, mais Claude Bernard en empêcha la présentation. Mon ennemi étant mort, ainsi que la plupart de ses acolytes, j'eus un jour l'idée de me porter candidat pour le prix Lallemand, que l'Académie avait à décerner en 1892, et, volens rwlem, elle me l'attribua pour moitié. Voici un extrait du très médiocre Rapport fait à ce'sujet par Brown-Séquard :

« M. Durand (de Gros) est un penseur et un écrivain o de grand mérite qui, depuis plus de trente ans, tra- » vaille à perfectionner quelques-unes des théories gé- » nérales relatives aux fonctions du système nerveux... » 11 a trouvé des arguments nouveaux à l'appui de la » notion que le centre cérébro-spinal est un composé » de centres distincts formant une chaîne dans la »^ moelle épinière et le cerveau. Dans son livre sur les >. Origines animales de Fhomme, l'auteur rapporte des n exemples nouveaux pour établir que le polyzoïsme » des Artic^ilés et des Vertébrés inférieurs se retrouve » chez les animaux supérieurs et chez l'homme.

» Pour préciser le mode d'adaptation des différents » centres et des organes qu'ils animent à leurs fonc- » lions particulières, l'auteur a poursuivi dans l'Anato- » mie comparative, et même dans la Paléontologie, les » modifications des membres et montré leurs transfor- >» mations graduelles liées au passage des animaux de » la vie aquatique à la vie terrestre.

» Dans son ouvrage sur la Physiologie philosophique » l'auteur a rapporté, en 1865, des faits qui l'ont con- » duit, longtemps avant Helmholtz (1869), à la théorie » trichromatique du nerf optique*. »>

Le D' J.-M. GuARDiA, bibliothécaire de l'Académie de Médecine, me consacra, dans la Gazette médicale de Paris du 6 février 1869, un article apologétique où il

1. Ces faits avaient été déjà longuement exposés dans mon Électrodyna»msme Vital (1 vol. in-8«, Paris, 1855, pp. 155 et sqq.). Voir encore sur ce sujet ma brochure Vidée et le Fait en biologie (Paris, 1896), au chapitre intitulé : Les origines de la théorie trichromatique du nerf optique.

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prenait ma défense — hélas ! trop chaudement — contre un pamphlet venimeux du D' Chauffard, présenté sous couleur d'un Rapport à l'Académie sur un mépioire de moi. L'article du D' Guardia préludait par cette citation d'Horace (Ep. 1.9): Foriem crede ùonumque. Dans cetle philippîque, j'étais traité si bien, et mon censeur si mal, que l'Académie n'y tint pas : clic prononça illko et ab iraio la révocation de son trop peu soumis et respectueux bibliothécaire. Ce malheureux événement me causa un grand chagrin.

M.Edmond Perrîer, professeur de zoologie au Muséum d'Histoire naturelle, parla longuement de mes travaux dans la séance du 4 mars 1895 de l'Académie des sciences. Il avait pris la parole à la suite de la présentation démon livre Le Merveilleux scientifique, faite par M. Marey, à qui je dois une reconnaissance exceptionnelle pour son appui généreux, non moins que précieux, dans mon struggle contre la conspiration du

silence. Voici quelques extraits du discours de M. Per-

« Puisque le nom de M. Durand (de Gros) est pro- »> noncédevant l'Académie, je suis heureux de rendre »> à ce penseur distingué un hommage que je n'ai pu lui M rendre lors de la publication de mon livre Les coloï» nies animales et la formation des organismes^ n'ayant » connu que trop tard ses publications. M. Durand (de » Gros) est l'un des premiers qui aient cherché à établir >' t%ii%fmfo^i{\on: Les vertébrés ne S07it pas des animaux >» simples, mais bien des animaux composés résultant de

I) r association d'un certain nombre d individualités dont )» les vertèbres, qui se répètent régulièrement dune extrén mité à l'autre du corps, sont les indications les plus nettes » (Biaielin de la Société d'Anthropologie, i 867). Au mo- » ment où elle fut énoncée,cette proposition était le conn tre-pied formel de ce qu'enseignaient en France les » naturalistes les plus éminenls ; elle se présentait » sous une forme imprévue qui s'opposait à ce qu'elle » fut bien comprise et soulevait l'incrédulité.... Lors- » qu'on suit en détail le développement de cetle idée » fondamentale, on arrive, quant au mode deconstitu- » lion du corps des vertébrés, précisément aux con- ,) clusions de M. Durand (ae Gros), et la méthode em- » ployée donne ce qu'on ne trouve ni dans la doctrine » de Darwin ni dans celle de Haeckel, une explication « absolument scientifique du processus de complica- » lion graduelle qui a présidé àFévolutiondesorganes...

» En fait, tout l'effort de l'Embryogénie et del'Anato- « mie comparée (voir surtout les recherches de Semper, )) Balfour, Dohrn, Houssay, etc.) s'est porté, dans ces » dernières années, vers la démonstration de ce grand )> fait, que les Vertébrés ne sont que le couronnement ^ d'une série organique dont les Vers annçlés étaient » les premiers termes. Tout ce qui a été fait dans cetle » direction nous ramène à la proposition de M. Durand n (de Gros). M. Durand (de Gros) peut donc être consi- )> déré comme un précursCiir des doctrines qui tendent n à s'établir aujourd'hui, et il n'est que juste de lui at- )) Iribuer la part d'honneur qui lui revient dans le mou- . i> vement qui s'opère en faveur d'idées qui lui sont

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Pk^FACË

PRÉFACÉ

xV,

n chères, qu'il a pu croire morles, et à la renaissance » desquelles il lui aura élé donné d'assister. »

La Mevue Anthropologique [Anthropologïcal Review) de Londres, numéro d'avril 1869, p. 197 :

« Polyzoume, lel est le titre d'une communication ») des plus intéressantes de M, Durand (de Gros). Si » l'auteur de ce travail réussit à établir sa théorie, nul » doute qu'elle ne produise dans la science une révolu- » tion d*une importance immense, car elle renverse )» ce qui, depuis longtemps, était passé à peu près à «l'élal de dogme'. »

LeD* Auguste Forel, le célèbre alîénîste et naturaliste suisse, professeur à l'Université de Zurich, m'a rendu le témoignage suivant dans un grand article de V Année psychologique de MM. Beaunis et Binet pour 1895, p. 22:

« Qu'il me soit permis de faire réparation à qui de » droit, c'est un saint devoir de la science. J'ai été jus- » qu'à ces derniers jours dans l'ignorance à peu près » complète des travaux admirables de M. Durand (de w Gros) . . . i Avec le courage et la perspicacité du génie, » M. Durand a vu clair là où tout le monde vovait trou- M ble, et cela déjà en grande partie en 1855, dans son » Elecimdynamisme vitale quoique ce livre d'un jeune

1. 41 Polyzoism » is (he Utleof a most interesting paper by M. Darand (de Gros). If the aathor of the contribution ean establish bis theory it WiU undoubtedly be a révolution in acience of immense importance { for it would reverse what bas been eonsidered almost as a dogma for a long period.

» homme de vingt-cinq ans renferme encore diverses » opinions mal mûres. . . . M. Durand a subi le sort de » trop de génies provinciaux. Paris a étouffé ses œu- » vres par le silence, quoique plus d'un l'ait copié sans M le citer... ^^otre digression nous ramène en plein à » notre sujet en dévoilant un fait fondamental de psy- » chologie comparée dont la priorité de découverte re- » vient à M. Durand. . . En ce sens, je ne fais que con- » firmerFopinion qui, émise par M. Durand (de Gros), » dans son Electrodynamisme vital, en 1855, avant que

» Darwin eût parlé, était un trait de génie En ré-

î) sumé, je constate que les idées deWundt, qui admet » une causalité continue dans la série psychique, sont » absolument insoutenables, et je me rallie, avecquel- >' ques réserves de détail, aux conceptions de Leibniz, » de Durand (de Gros), etc., c'est-à-dire à un monisme >» qui est à la fois un pampsychisme, un panatomisme » et un panthéisme, et qui est aussi peu < matériaw liste > que « spiritualiste >. »

M. G. DE LAPoaoE, dans son Wvvq Les Sélections socia^ les\ s'exprime ainsi à propos de mes travaux d'anthropologie:

c( Parmi les élèves de Broca, les adeptes delanthro- >* pologie métrique, le découragement avait saisi quel- » ques-uns des meilleurs. . .seul Durand (de Gros) avait » soupçonné la cause de ces contradictions apparentes^ » mais il avait reçu Taccueil de Cassandre. » (P. 29.) Ailleurs Tauteur fait la constatation qui suit :

li 1 vol. in-8<». Paria, 1896, Librairie Thorin et fils.

PBÊFACB

« La différence morphologique des ruraux et des ur- »i baios paraît avoir été signalée pour la première fois » par Durand (de Gros) en 1868, ati cours de ses relen- »> tissantes polémiques avec Broca sur Finfluenee des » milieux. C'est ce qui résulte d'un passag e du petit li- » vre qui résume ces discussions (Duband,/)^ Finfluenee » des milieux sur les caractères de race chez l'homme et chez yyles animaux, V^s, 1868)... Durand, très malmené » par la Société d'Anthropologie, revient à la charge » l'année suivante dans son mémoire intitulé : Une ex- » cnrsion anthropologique dans FAmyron (Bulletin de la » Société d'Anthropologie, 1869, p. 193). A l'appui de » ses théories, et en particulier de celle de u Tinfluence » dolichocéphalisante du milieu urbain », il apporte des I) chiffres. Le tableau qui les résume est le premier do- » cument publié sur l'An thropo-Sociologie. » (P. 301.)

u €e tableau », poursuit l'auteur, « ne prouve pas la » différence des populations silicîcoles et calcicoles, un » point qui tenait fort à cœur à Durand (de Gros), mais w celle des urbains et des ruraux, des lettrés et des ilw lettrés, s'y lit delà manière la plus claire.

» Durand venaitde faire une grande découverte. Elle » lui proGta aussi peu que celle de l'hypnotisme*. Char- » cot s'est taillé une célébrité dans les dépouilles de » Durand; le reste de »es découvertes ne fut utilisé par

1. Je n*ai point inventé l'hypnotisme, mais je Tai, le premier, importé d'Angleterre sur le contioenl vers la fin de l'année 1852 ; et ©d J855. dans mon livre Electro'dynami$im VUal, puis, en 1860, dans mon Cours de Braidisme ou Hypnotisme nervetix^ j'en ai exposé une théorie absolument originale, qui a été généralement adoptée dans ces derniers temps, bien que toutefois on n'ait pas eu toujours Ift loyauté de m'en faire hon<* neur.

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PftÊF'ACF:

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» personne en ce qui concernait l'anthropologie, IV ») nalomie comparée, la mécanique biologique. Pour la « théorie de la différence morphologique des classes, » elle devait faire un stage de vingt ans avant d'être » acceptée. C'est ainsi que fut perdu pour la science un »> des plus puissants cerveaux de ce siècle, et que tom- » bèrent dans l'oubli une foule d'observations remar- » quables dont on constate aujourd'hui toute l'impor- » tance. » (P. 394.)

De Broca : « M. Durand (de Gros), par une élude plus w complète delà disposition de l'humérus chez les ver- » tébrés inférieurs, et de son adaptation aux divers » genres de vie, a apporté à la doctrine transformiste » Tappui de (iiits très précis et enchaînés avec beau- » coup de sagacité. » {lievue d'Anthropologie, 2« série, t. IV.)

Du D^Manouvrikh, surle même sujet : «Lacorrespon-

Ȕ dance homotypique des membres est principale-

» ment masquée par ce fait que la flexion de l'articu-

>J lation du genou se fait d'avant en arrière, tandis

^) que celle du coude se fait d'arrière en avant. Char-

» les Marlins tenta d'expliquer cette opposition des

»> deux membres locomoteurs par le double effet d'une

» torsion humérale et d'une demi-révolution du cubi-

» tus. Mais c'est dans le beau mémoire de Durand

» (de Gros), Création et Transformalion (Bulletin de la

» Société d'Anthropologie), qu'il faut suivre l'histoire

» de cette transformation. » [Dictionnaire des sciences

anfhropologiçuesrdviideMFMnnEs.)

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PRÉFACE

L'émînént zoologiste îlalien Carlo Emery, professeur à rUoivcrsité de Bologne, a donné une longue analyse de mes travaux dans ÏAmiiomiseker Anzeiyer (XHI. Band, Nr. i und 2, 1897). J'en extrais ces deux courts passages :

« Je signale ici un chercheur devenu vieux, mais en- M core vivant et vigoureux, dont les écrits sont, hélas, »» peu connus dans la France, sa patrie, et le sontcer* » lainement h peine en Allemagne, quoique l'on y i> trouve, en ce qui concerne la compréhension des w organismes supérieurs, des considcralions qui, bien » qu'imprimées depuis de longues années, paraissent M aujourd'hui loules fraîches et comme neuves. Elles » sont dignes, après un oubli immérité, d'êlre portées M à la connaissance générale. Puissent-elles provoquer » à ravenir, dans le domaine de l'Anatomie. des ré- >i flexions et des recherches ! Le mérite de Durand est >» d'abord d'avoir, et cela depuis plus de quarante ans, » conçu ridée de l'organe primaire el d'avoir ouvert » ainsi de nouvelles voies à l'analomie elàla physiologie M générales. J'ai cru utile de faire connaître ses idées «dans des cercles scientifiques plus étendus, et j*ai » essayé d'en donner ici l'essentiel ». >»

1. Icli gedeilke hier eiiiea ait geworJoaoïi, abcr nocli lebenden und rusligon ForjchoM, desseti Schriften in seiricm Valerland Frankreicli kider wdiiig, in Deutâchland gewiss kaiim bekannt sind, obschon sie bosigflich der Auffassuiig hœlieror Organisme» Anschauungen enthalten, welche, troUdem vieto Jahro vcrflosscn sind, soildem si6 gedruckt wurden, noch heule ganx friscli imd wio nou erâcheinen ; sie sind es wert, nadi iin?erdieuler Vergessenbeit endlichzu allgeineiner Kenntniss EU gelangen. Sie moegen auf anatomisehem Gebict zu weiterem Fors^ ebcn und Dcnken anregen !... Durand*» Verdiensl ist es, zuersl, und zwar Yor mcbr aïs 4') laUren, den BagrifT de^i Primserorgans ausgedacUt

PBÉFACE

M. D. Pauodi, dans la Beime Philosophique de février 1897 :

« Les travaux de M. Durand (de Gros) sont nombreux » et variés : ils ont porté tour à tour sur la philologie )) et sur l'anthropologie, sur l'évolution des formes » vivantes et sur la physiologie du système nerveux. '• Le transformisme hii doit une théorie des plussédui- " santés et peut-être un critérium précis enfin de l'ordre » de succession des espèces animales. En zoologie, il a ') émis une des hypothèses les plus hardies cl les plus » grandioses du siècle et que les savants de nos jours » adoptent de plus en plus, celle de la multiplicité des » vivants élémentaires dans tout vivant organisé. 1) L'hypnotisme, àla fois sous sa forme expérimentale » et sous sa forme théorique, est presque entièrement >^ dérivé de lui. Des rapports du physique et du moral, » c'est-ii-dire de la vie même, il a tenté une explication » originale, qui reste peut-être son idée maîtresse... (( De toutes les qualifications auxquelles il peut pix»- » tendre, c'est à celle de philosophe que M. Dui\ind » semble tenir le plus, et à bon droit, ses reclieiThes » techniques elles-mêmes s'orientant toujours vers » cette fin commune : montrer, dans l'union de la » métaphysique et de la science, le nécessaire et légi- » timc instrument de la connaissance; établir l'origî- »> nalité, la réalité substantielle, 1 infinie puissance de » la force psychique, ou âme ; retrouver, dans là théorie

und dadurcli der allgeaieinen Analoniie und Pliys^iologie neue Wege erœffnet zu haben. Ich hieit es fur bhnend, seine Ideen in weileren wissenscliafliiclieu Kreiaeu bekannt zu macben, und habe hier das Wesent^ Uehste davon wiedcrzcigeben versucht.

PnEtJF ACâE

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