‹ Variétes philosophiques [microform]Chapitre 2 sur 41 · XX · texte numérisé non relu

XX

n de Fâme et de la vie, par une sorte de leibnîzianisme » renouvelé, Texplicalion de Tunivers entier, comme le » secret de la nalure et la clef de la science... »

Mon livre intitulé Aperçus de Taxinomie générale ^ que j'ai publié en 1899, a raitTobjet de nombreux articles critiques dans les revues spéciales. En voici quelques extraits :

La Bévue Scientifique (n^ ài\ 11 février 1899, p. 179) s'exprime ainsi : « ... M. Durand (de Gros) s'est oc- >: cupé toute sa vie de biologie : là est Tunité de son >» œuvre. C'est encore à la biologie que se rapporte *» principalement le livre qu'il vient de publier sous ce M litre : Aperem de Taxinomie Générale . Il y déploie les » qualités habituelles de son esprit inventif et inilia- » leur. Dans un sujet qu'on pouvait croire épuisé, il a n révélé une lacune énorme et il a indiqué les moyens I» de la combler. On peut dire sans exagération qu'il a w fondé la science ffénérale des classifications : il a fait M pour la méthode taxinomique Féquivalent de ce n qu'Aristole a fait pour la méthode déductive. Son w livre sera VOrtjanum de la Taxinomie. »

M. Fr, Paulhan commence ainsi une longue analyse du même livre dans la Revue Philosophique^ num 5ro d\'ivril 1899:

« Voici un beau livre de logique scientifique sur » la science générale des Classifications. L'auteur y M aborde une question à peu près intacte encore, et il « a su nous donner une synthèse bien liée d opinions.

» La portée de sa théorie est grande, l'exposition est » claire et bien ordonnée, les idées abondantes, les » raisonnements rigoureux, la pensée forte, compré- )^ hensive et logique. H n'en faut pas tant pour faire ») une œuvre de haute valeur, m

M. Georges Lechalas termine ainsi un compte rendu du même livre, qu'il a publié dans la Revue des Ques^ fions scientifiques, numéro du 20 juillet 1899 :

« Nous serions très heureux que, dans un nouveau >» travail, consacré spécialement à la classification des » sciences, M. Durand (de Gros) voulût bien mettre le ^> côté critique au second plan et s'appliquer à établir, » selon ses principes, cette classification rationnelle .) des sciences qu'on cherche encore et que ses médi- » tations sur les principes généraux de la taxinomie, » soutenues d\ine culture scientifique de premier ordre, » le rendent plus apte que tout autre à établir enfin

•) sur des bases vraiment philosophiques Puisse

» ce résumé bien sec avoir fait entrevoir la haute »> portée de l'œuvre de M. Durand (de Gros). Nous » avons déjà dit combien nous serions heureux qu'il » (It l'application complète de ses théories taxinomi- » ques au moins à la classification des sciences : ce Il vœu est la meilleure expression de l'intérêt qui nous » paraît devoir s'attachera l'ouvrage que nous venons )) d'étudier et que l'un de nos philosophes les plus » distingués, M. Boirac, n'hésite pas à qualifier d'O;-- » ganwn de la taxinomie, »

M, BouTRoux, présentant J'ouvrage à J'Académie de§

Wfll

tÈwénfurv

XXUI

sciences morales el politiques, a prononcé ces paroles : « J'ai llionneur de présenler à TAcadémie, au nom de » Fanleur, M« Durand (de Gros), un ouvrage intitulé: w Aperçus de Taxinomie générale, 11 serait supcrllu de ^ dire rinlérét qui s'attache h une publication de ce » savant, à la fois biologiste et métaphysicien... La 1) caracléristique de ce libre esprit, c'est l'alliance M constante de l'observation du naluralisteet de la » réflexion du philosophe.. . »

M. Gasc-Desfossés, dans les Annales de philosophie chrétienne : « L'immense mérite de M. Durand (de Gros) » est, selon moi, d'avoir montré, avec une netteté el n une sagacité auxquelles nous ne sommes guère habi- » tués en pareille matière , les caractères distinctifs » des diverses catégories laxinomîques, etconséquem- » meni des divers ordres iaxînomiques correspon- >» danls. n

M. Lucien AnnÉAT, dans The Monisiàe Chicago (numéro d'avril 1899) : « Au cours de cette pénétrante ana- » lyse, illustrée de tableaux dans lesquels l'argu- » mcntalion revêt une forme concrète, M. Durand (de »> Gros) discute l'œuvre desclassificalcursqui Tout prét» cédé, et signale dans leurs productions mainte erreur » saillante. Telle est, par exemple, l'erreur qu'il dé- » nonce depuis quarante ans avec sa grande autorité » de physiologiste, erreur qui consiste, comme il l'éla- »» blit, à consacrer à l'histologie la dénomination d'anaw tomie générale par la raison que la cellule appartient

» à tous les tissus. Cela équivaudrait, dit-il, à identifier n la pathologie générale avec la pathologie des maladies » occupant le corps tout entier, et à confondre la chi- » mie générale avec la chimie des corps simples... '. »>

Le professeur Bernard BosANQUET,dXJx(ord, a consacré au même ouvrage une étude très approfondie, dans la revue anglaise The Mind, numéro d'octobre 1899. 11 conclut ainsi :

« L'ouvrage de M. Durand est plein d'idées sugges- » tives et remarquablement clair ^ »

Le professeur Vailati, mathématicien philosophe renommé, a publié de son côté un long et très remarquable compte rendu du même livre dans la liivisla di Scienze Biolof/iche^ numéro de janvier-février 1900. Il commence ainsi :

« Ce n'est pas seulement une exposition des princi- » pales règles nécessaires ou utiles à suivre pour de » bonnes classifications, que l'auteur s'est proposé » d'ofTrir dans son intéressant travail bourré d'idées » originales el d'observations suggestives... Le sujet

1. In Ihe course of his acute analysis, illuslrated by diagrammalic tables, in which the reasoning lakes a concrète form, M. Durand (de Gros) discusses thc work of prier classiRcators, and signalises in their productions inany salient errors ; such, for example, is the error which he has pilloried for forty years now, wilh ail his great aiithority of a physiologist, the orror which, as he states it, consists in reserving for Instology the tille of gênerai anatomy on Ihe ground Ihat the cell is foiind in ail tissues. ïhis would bo équivalent, he says, to identifying gênera! pathology with the spécial science of discascs the seat of which is the whole body ; or gênerai chcmistry with the science of the « simple .bodies ». ,

2, M. Dnrand's work is fiiU of sMg„^ostions and remarkahly lucid.

i3|hii*% I w

PRlSFAC'iS

pnÉPACiâ

» rentre dans celle calégorietlequeslîonsqiiî sont rcgarw clces comme appartenant à la logique, celle-ci étant » prise dans son sens le («lus général, c'est-à-dire comme i> Félude des méthodes scientifiques et des procédés de »> recherche et de démonstration. Pour traiter cette M branche de la logique d'une manière complète et » fructueuse il faut posséder une culture scientifique Il s'étendanlau delà des bornes de Thorizon mental » dans lequel se renferment ordinairement les spécia- » listes de chaque ordre particulier de recherches. Il » est en outre nécessaire d'avoir une connaissance .. approfondie de l'hisloire de ces différentes sciences w et des phases de leur évolution. M faut savoir aussi à I» quels divers points de vue se sont placés ceux qui ont » cultivé ces connaissances pour élaborer et ordonner » le matériel de faits et de conceptions formant la base ») de chacune d'elles.

» Que ces deux conditions se trouvent réunies,et à un » degré éminent, chez Durand (de Gros) est un fait qui. » en supposant que le lecteur ne le connût pas déjà »> par ailleurs, lui serait surabondamment démontré » parle seul examen de ce volume et la façon vraiment M magistrale dont l'auteur traite son sujet*. »

1. Non è solo iiii>8posizione dallo prtncipali norme, neeessarie o utile a segiiire nel constriirre délie buone classificazioni, che TA. si è proposto diofTrire in questo suo intéressante lavorOf densodi ideeonginali e di osservazioni suggestive... U soggetio rienlra in quella categoria di questioni che sono considerate corne di pertinenza di la « logica », intesa quesla nel suo senso più générale, corne lo studio dei metodi scientiflci c dei processi di rieerca e di dimostrazione, ed ha cio di comune cogli altri soi;getti di cui la logica si occupa, o si dovrebbe occupare, di fsipere, pe|- la s\]fi tratlafione compléta e proficua, una ciUuftt scient^

Ma dernière pMkaWon, Nouvelles rechercfies sur tEsthétique et la Morale, a été présentée à TAcadémie des sciences morales (séance du 17 mars 1900) par M.Bou- TROUx ; son Rapport se termine par ces mots:

« Tel est le livre d^in honnête homme, cherchant la » vérité avec science et avec conscience, combinant, » suivant une méthode remarquable, l'analyse du »> savant avec le sens des réalités métaphysiques et » morales, exposant avec fran^chise et sans ménage- » ments les résultats de sa libre réflexion, toujours » guidée par l'inspiration la plus droite, la plus géné- »» reuse et la plus élevée. »

La Revue de Métaphysique et de Morale (numéro de novembre 1899) sur le môme livre :

« C'est une véritable philosophie, une conception » totale de la nature, de la connaissance et de la »> vie que constituent dans leur ensemble les écrits de » M. Durand (de Gros).Maisau système une pièce essen- » tielle manquait encore, que nous apporte ce dernier » livre: l'étude des phénomènes actifs, esthétiques et

fica che si estenda al di là dei limili entre ai quali è racchiuso d'ordinario Porizzonte mentale degli specialisti di ciascun singolo ramo di indagine, e di richledere inoltre anche una conoscenz.i non siiperficiale délie vicende storiche e délie varie fasi di sviluppo délie scienze stesse e dei successivi punti di vista ai quali i loro cullori si sono coliocali nell'elaborare e nell'ordinare il materiale di falti e di concetl'i che sla a base di ciascunadi esse.

Che nel Durand (de Gros) si trovino riunite, e in grade eminenfe, ambedue le suddetle condizioni é cosa che, dafo anche non fosse già nota al leUore per altra parle, gli risulterebbe provata ad esuberanza dal solo esame di questo volume e dei modo veramente magistrale col qualç 1'^ procecjo ;n esso ^W» ^ratla?ionç dei suo soggellg^ ^

fRÉFACE

PRÉFACE

» moraux, Oo y trouvera les qualités des autres ouvra-

»» ges de Fauteur, qui lui assurent une place des plus

.» larges dans Fhistoire de la philosopliiedu siècle : Tori-

») ginalité et la vigueur spéculative, la netteté, la sim-

» plicité, la précision incomparable de la méthode, tout

.M ce qui, après lui avoir fait découvrir, il y a un demi-

» siècle, toute une branche de la psychologie pnlho-

» logique, l'amenait, Tannée dernière encore, à cons-

.» tituer en une théorie presqu'enlièrement neuve la

» logique de la classification. »

M. Théodore Ruyssen conclut ainsi un long article sur le même livre, dans Le Relèvement .social du \ *' avril 1900:

c* Nous arriverions à citer encore. Mais nous crain- » drîons de laisser croire aux lecteurs de ce journal » qu'ils ont trouvé dans ce compte rendu Tessence du » livre si suggestif et, par endroits, si éloquent de I» M. Durand. C'est Fouvrage tout entier qu'il faut M lire, relire et faire lire. »

Le D"" Paul Farrz, licencié en philosophie, fit, au mois de janvier dernier, au siège de la Société d'hypnologie et de psychologie de Paris, une conférence sur ce thème : Vhijpnotlsme et la psychologie dans r œuvre de Durand [de Gros), Un résumé de cette conférence a paru en italien dans la Mmsia distudipslchid de M. César BAum de Vesme. Voici la traduction d'un passage de ce discours:

• <« Jusqu'à ce jour, Durand (de Gros) n'a pas cessé de

» produire des œuvres scientifiques relatives aux sujets » les plus divers : anthropologie, anatomie comparée, » paléontologie, linguistique, économie politique, agrin culture, histoire des religions, biologie, psychologie, )) métaphysique ; et tout cela a été traité avec une sur- » prenante compréhension encyclopédique. Il n'y a » que quelques semaines, il publiait encore un livre » sur l'esthétique et la morale. Durand (de Gros) est » surtout, et cela dans toutes les branches auxquelles » s'est appliquée son activité, un précurseur et un ini- » tiateur. »

M. F. PiLLON a rendu compte de plusieurs de mes écrits dans son Année philosophique, et aussi dans le Grand Dictionnaire de Larousse, notamment aux mots

CARACTÈRE, ANCÊTRE, PHILOSOPHIE. De pluS, il m'a COU-

sacré une longue et bienveillante notice biographique dans le 2" Supplément du même Dictionnaire.

Je termine cette préface par un appel chaleureux à tous ceux qui ont quelque souci de notre crise sociale ; à tous ceux qui souhaitent que l'ordre nouveau, en gestation dans le sein de la société, vienne au jour vivant et viable et non point mort-né ; et par des couches naturelles,et non parunavortementauquelpourraitbien ne pas survivre la mère !

Toutes les croyances dont vit notre société, croyances religieuses, croyances morales, croyances touchant les droi-ts de l'homme, et autres, ne sont au fond que

UVIU

riirACE

PRÉFACE

■ vH

des préjugés, aulrement dit des opinions Iradilionnelles et toutes faites, c'est-à-dire faites sans preuve et sans réflexion .

Tout empiriques qu'elles sont, ces croyances ont Béannfioins assuré Texislence sociale tant qu'elles n'ont pas été ruinées dans lesprit des niasses.

Aujourd'hui le rationalisme scientifique vient les réduire toutes à néant en les atteignant, non plus seulement, comme la philosophie du XVlll* siècle, dans quelques consciences d'intellectuels, mais cette fois dans la conscience populaire tout entière, grâce à la iiilgarisation de l'instruction et à la puissance de la presse périodique.

On peut dire sans exagération que noire charpente sociale est vermoulue déjà aux trois quarts par les termites de la critique positiviste, et qu'il faut s'attendre à ce que d'un moment à l'autre l'édifice s'écrase.

Notre socialisme français s'évertue d'ailleurs à précipiter cet effondrement. Ce parti, fait des souffrances des prolétaires et de leurs aspirations ardentes mais confuses vers un régime social plus fiivorable, encore indéterminé, n'a que des idées de renversement ; il est dépourvu de toute doctrine positive et organique ; il ne possède aucun plan précis et pratique de reconstruction. Des politiciens ambitieux et creux le guident et l'égarent, moins jaloux de le servir que de s'en servir (j'admets d'honorables exceptions). L'étude aride des problèmes sociaux n'est pas de leur goût, ils la dédaignent. Visant avant tout — et ils ne s'en cachent pas ,^^ ^'emparer deslponvoirs publics,^ ils font dégénérer

la question sociale en une question purement politique, dans laquelle les véritables intéressés, ce ne sont plus leurs clients, mais eux-mêmes.

« D'un cœur léger », ils poussent à une destruction de fond en comble de ce qui est, c'est-à-dire d'un mécanisme incomparablement compliqué, et ne semblent s'inquiéter aucunement de préparer ceçui sera, c'est-àdire un mécanisme d'une complexité plus grande encore, puisqu'il doit être plus parfait ! Et ils paraissent ne pas se douter que, le vieux svstème mis à bas du matin au soir par un coup de force révolutionnaire, c'est le lendemain au plus tard que le système nouveau devrait être inaugure de toutes pièces, pour qu^I ne fût pas coupé court à la vie de la nation, pour qu'il fût pourvu surle champ aux premiers besoins de son existence I

Et ce n'est pas seulement l'organisation sociale future, qu'ils oublient de préparer, c'est aussi l'homme futur appelé à y vivre, à y fonctionner. Leur esprit ne s'ouvre même pas jusqu'à comprendre que l'indigène de la société « capitaliste », c'est-Mire individualiste et antagonislique, s'étant moulé alaviquement, dang une suite innombrable de générations, sur cette vieille forme sociale, il faut nécessairement lui donner un pli tout autre, le modifier, le transformer par l éducation pour le rendre capable de s'adapter tant soit peu à la société nouvelle, à un régime d'association et de solidarité, de concorde et d'harmonie! Et non seulement ils ne se mettent pas en peine de transformer intellectuellement et moralement le vieil homme, afin

FRÉfACB

Il •

d'approprîerle mieux possible cet organe faussé à l'organisme nouveau, ils ne lémoignent que froideur aux gens de bonne volonté qui, en dehors d'eux, se donnent cette ingrate mission. Les voit-on s'affilieraux «ligues » d'assainissement moral de la nation, constituées pour combattre les progrès de lalcoolisme, de la pornographie et de la prostitution, de la passion du jeu, et de ce goût féroce, legs de la décadence romaine, pour les spectacles sanglants du cirque, que les Espagnols s appliquent à nous inoculer, et non sans succès, comme pour nous faire partager leur abaissement lamentable? Ëh bien ! non, les « leaders >i de notre socialisme, non seulement ne s'associent pas à ces œuvres régénératrices, mais ils les regardent même d'assez mauvais œil ; ils s'y montrent indifférents, quand ils ne s'y montrent pas positivement hostiles*.

1. Je mo fuis un devoir cl iin plaisir de recoimailre que le socialisme belge, que J'ai étudié de près, est animé d'un tout autre esprit et suit une toute antre méthode. J'ai pour ses CBUvres et ses hommes respect, sympathie et admiration.

Je crois devoir, à ce propos, citer ici les deux passages suivants d'un article signé SonouE, qu*on lit dans /-e Soir, journal de Paris, du 7 juin 1900. C'est une élude sur le socialisme belge :

€ Nos camarades Belges possèdent plusieurs journaux à fort tirage. Les principaux sont : le YaoruH, de Gand ; le Werker, d'Anvers, et le Peuple, de Bruxelles. Dans ces journaux, qui sont sous le contrôle direct du parti, on met en pratique, en tout et pour tout,1es doctrines socialistes. Vous ne trouverez jamais dans leurs colonnes des réclames en faveur dès entreprises capitalistes, la plupart des pièges à gogos ; pas davantage mJannoncent-elles les spectacles pornographiques des Scalas et des Moulins-Rouges, ces malsons de prostitution marronne

t Parmi les intellectuels qui s'occupent le plus activement et spécialement de la propagande moralisante, il faut citer Emile Vandervelde. Le prestigieux orateur socialiste s'e»t donné pour mission supérieure d'inculquer dans les masses cette grande vérité : Ceux-là seuls seroni dignes de

Pour jeter le pont indispensable sur labîme qui s'ouvre entre le monde ancien et le monde de Favenir, pour que le progrès humain ne s arrête pas court , pour qu'au lieu de continuer sa marche en avant, il n'éprouve pas un recul profond dans les ténèbres et dans la servitude, ce qu'il faut, ainsi que je ne cesse de le crier depuis un demi-siècle — damans in deserto—^ c'est de remplacer par des solutions scientifiques les croyances qui nous avaient régis jusqu'ici, et qui tombent maintenant en poussière.

Ces solutions scientifiques des problèmes fondamentaux et primordiaux, destinées à être notre arche desalut, je les cherche depuis de nombreuses années, et je me permets de croire que mes recherches n'ont pas été tout à fait stériles.

gouverner le monde, qui auront appris à se gouverner eux-mêmes. Emile Vandervelde, qui a fondé la Ligue ajili-alcooUque, ci qui a tant contribué à la prohibition de l'alcool dans les cafés des coopératives, a prononcé, à maintes reprises, de virulents réquisitoires contre Talcoolisme, le jeu, les orgies du carnaval, et les sports cruels. Rappelons à ce propos que le nouveau député de Bruxelles, lorsqu'il était l'élu des Carlorégiens (Charleroi), avait le courage de flétrir, en réunion publique, la déplorable passion de ses électeurs pour les combats de coqs. Et dire que certains de nos députés socialistes du Midi se font, eux, les champions de la hideuse tauromachie I »

Paroles de bon augure ! elles montrent que le sens moral s'éveille dans le socialisme français.

Finissons par un court extrait d'un article du Relèvement Social du l»"" juin 1900 sur la loi Heinze (projet de loi contre la pornographie en discussion au parlement allemand et violemment combattu, nous dit-on, par le parti socialiste), qui fait voir que les socialistes allemands n'ont pas moins besoin que les nôtres d'aller à l'école des Belges :

« Qui veut obtenir un grand succès n'a rien de mieux à faire que de flatter les passions ignobles de 1 homme : la férocité, l'envie et l'incontinence. Le roman populaire est fait avec ces trois bas ingrédients. Les socialistes allemands avaient été fortement accusés de flatter le goût populaire pour la force brutale : les voilà qui se mettent à la tête d'une ligue contre les mœurs I C'est complet. »

PhÊFACÉ

Que les philosophes daigaent enfin me lire sans prévenfion aveuglante, oubliant mon grand tort aux yeux d'un public imbécile : le tort de n'être le titulaire d'aucune chaire, de n'émarger sous aucune forme et à aucun degré quelconque au budget de l'Instruction publique (non plus d'ailleurs qu'à aucun autre budget ministériel); de n'être enfin qu'un amateur dans la partie, et, pour comble, qu'un simple paysan aveyronnais !

Ce que je demande, c'est qu'on juge l'ouvrier à l'œuvre, et pas aulrement. Sur ce terrain-là, j'attends tranquillement mes compétiteurs.

Page 1