‹ VariolisationChapitre 3 sur 7 · PRÉSENTATIONS D'OUVRAGES MANUSCRITS ET IMPRIMÉS · texte numérisé non relu

PRÉSENTATIONS D'OUVRAGES MANUSCRITS ET IMPRIMÉS

apparent comme actuellement en France, la loi prescrive d'attendre plusieurs jours avant de procéder à l'enterrement.

Conséquemment, pour éviter le séjour prolongé des cadavres dans les familles n'ayant souvent que des logements fort exigus, l'auteur croit indispensable de construire des chambres mortuaires publiques, où seraient provisoirement déposés les corps des décédés. Il en est ainsi dans plusieurs des Etats de l'Europe et d'Amérique, en particulier en Bavière, en Belgique, en Angleterre, en Italie. Aussi, M. Gaubert donne-t-il de très nombreux plans de ces chambres mortuaires.

Sans admettre, ainsi que l'auteur, une aussi grande fréquence des inhumations trop précipitées, il est inconlcstable que les chambres mortuaires peuvent être utiles, ne serait-ce que pour pouvoir éloigner promptenient de familles nombreuses les cadavres de diphtériques, de varioleux, que j'ai vus quelquefois séjourner dans d'étroiles chambres d'ouvriers.

Aussi, doit-on savoir gré au Conseil municipal, à la suite des propositions ou rapports de MM. Du Mesnil, Lamouroux, Chassaing, d'avoir fait construire à Paris des maisons mortuaires aux cimetières de Montmartre et du Père-Lachaise, bien que, jusqu'à présent, elles ne rendent peut-èlre pas encore autant de services qu'elles seraient à même d'en rendre.

M. Mathias Duval : J'ai l'honneur de faire hommage à l'Académie, de la paît de MM. Poirier et Charpy, du 2'' fascicule du tome IIP du Traité d'anatomie humaine. Ce fascicule, qui a pour objet l'Encéphale, nous présente un exposé' complet des travaux récents sur celte parlie de l'analomie, qui a été, dans ces dernières années, l'objet île tant de recherches. Par son exposé lucide, par ses figures démonstratives, ce fascicule est à la hauteur de ceux qui l'ont précédé', et que j'ai eu l'honneur de présenter à l'Académie, avec les éloges qu'ils méritent.

III. M. Dlhuet : J'ai l'honneur de présenter à l'Académie un travail du D r Poulain, de la Ferté-Macé, intitulé : Etudes sur les propriétés physiologiques et thérapeutiques des eaux minérales de Baynoles de l'Orne. Leur efficacité dans la cure des phlébites.

Ce travail repose sur des observations personnelles et aussi sur une analyse nouvelle de l'eau de la Grande Source, qui est seule ulilisée pour alimenter les appareils balnéaloires.

Celle analyse, pratiquée sur l'eau prise au grillon même de la source, démontre l'existence d'une quantité de silicate d'alumine et de fer beaucoup plus grande que celles qu'on a signalées jusqu'à ce jour. Il s'en trouve jusqu'à 0,19 centigrammes par litre, ce qui fait, pour un bain de 300 litres, 60 grammes environ.

M. Poulain croit pouvoir atlribuer l'action curative remarquable

des eaux Je Bagnoles de l'Orne, en grande partie à la présence de ce silicate double d'alumine et de fer. Pour lui, l'action astringente de ce sel, dans des bains prolongés, avec une therraalité élevée et soutenue, est le facteur principal dans la guérison des phlébites, dans la cicatrisation des ulcères variqueux, dans la disparition des œdèmes chroniques, qu'on observe à Bagnoles de l'Orne.

L'auteur ajoute que l'eau de Bagnoles, prise en boissons, présente des propriétés diurétiques indiscutables; ses observations en font foi. Cette action interne des eaux de Bagnoles de l'Orne n'est pas à dédaigner, dans maintes circonstances, pour venir en aide à leur action périphérique.

Je demande le renvoi de ce travail à la Commission des eaux minérales. — (Commission uYs eaux minérales).

IV. M. Henri Moissan : J'ai l'honneur de présenter un mémoire de M. Ph. Lafon sur : Les modifient ions du diabète, par le traitement thermal de l'eau de la Bourboule. M. Lafon s'est livré à un travail d'analyses chimiques très intéressant et très complel, qui l'ont amené à constater généralement, sous l'action du traitement par l'eau de la Bourboule, une diminution notable du sucre diabétique, et dans quelques cas, la disparition complète du sucre. — (Commission des eaux minérales).

MM. CazEiNeuve et Duplouy, correspondants nationaux, assistent à la séance.

Élection

d'un correspondant national dans la 1II' : division (Médecine vétérinaire).

L'Académie procède à l'élection d'un correspondant national dans la III' division (Médecine vétérinaire), d'après la liste suivante de présentation, dressée par la section :

En première ligne . . M. Cornevin (de Lyon).

En deuxième ligne. . . M. Laulanié (de Toulouse).

En troisième ligne M. Neumann (de Toulouse).

iNombre de votants : 60.

Majorité : 31.

Ont obtenu :

MM. Cornevin 33 voix

Laulanié 24 —

Neumann .... 1 — Plus 2 bulletins blancs.

En conséquence, M. Cornevin (de Lyon), ayant obtenu la majorité des suffrages exprimés, est proclamé correspondant national dans la III division (Médecine vétérinaire),

ANËVRISMES 509

H apports

I. Sur un mémoire de M. Quénu concernant deux cas d'anévrisme, l'un de l'artère iliaque externe, Vautre de la fémorale commune existant sur le même sujet, traités par M. Quénu au moyen de l'extirpation,

par M. Le Dentu, rapporteur.

Au mois de novembre 1893, M. Quénu présentait à la Société de chirurgie un malade atteint de deux anévrismes. C'était un homme de trente-six ans, à la face blafarde et même un peu bouffie; il portait à droite une tumeur qui remontait jusqu'à quatre travers de doigt au-dessus de l'ombilic et empiétait païen bas sur la cuisse, tumeur pulsatile, soufflante, qui ne pouvait être qu'un anévrisme de l'iliaque externe ayant gagné un peu l'origine de la fémorale. Un commencement d'adhérence de la peau indiquait qu'un travail inflammatoire menaçant allait bientôt compliquer la situation. A gauche, une tumeur de la môme nature occupait la base du triangle de Scarpa, dépassant un peu l'arcade de Fallope par en haut, descendant à cinq travers de doigt au-dessous d'elle.

Au dire du malade, les deux tumeurs avaient apparu à peu près en même temps, au commencement de l'année 1891, presque trois ans avant sa présentation à la Société de chirurgie. Un bruit de souffle râpeux au premier temps s'entendait au cœur, ainsi qu'un claquement vasculaire intense au second temps. Comme cet homme avait eu la syphilis et qu'il avait en plus des habitudes d'intempérance, syphilis et alcoolisme avaient bien pu s'associer pour déterminer l'artériosclérose, et finalement l'apparition d'un double anévrisme. Un traitement spécifique au sirop de Gibert fut administré, mais il ne pouvait naturellement épargner au patient une intervention chirurgicale quelconque.

Donc, le jour où M. Quénu demanda aux membres de la Société de chirurgie leur avis sur le cas de son malade, une minorité, dont je faisais partie, conseilla l'intervention la plus radicale, à savoir l'extirpation des deux tumeurs anévrismales. M. Quénu ayant à l'avance son opinion faite, ou peu s'en fallait, se sentit fortifié dans sa conviction par l'avis de la minorité et entreprit la cure par la méthode qui s'est taillé une large place

dans la thérapeutique des anévrisnies depuis quelques années. D'ailleurs s'il avait le choix, du côté de l'anévrisme inguinocrural siégeant à gauche, entre la ligature de l'iliaque externe et l'extirpation, à droite, là où la tumeur était nettement et presque exclusivement iliaque, en regard de l'extirpation il n'y avait que l'incision du sac, méthode bien périlleuse, bien incertaine, ouvrant la porte à tous les périls et ne se recommandant en réalité que par des résultats médiocres, et la ligature de l'artère iliaque primitive. On sait, par le mémoire de Pierre Ddlx't [Kev. de chirurgie, 1888, p. 333), que neuf cas d'incision d'anévrismes inguinaux ou iliaques ont donné trois morts, soit un tiers, mais il s'agissait en réalité surtout d'anévrismes développés sur l'artère fémorale. La proportion des résultats négatifs serait plus élevée, sans conteste, si l'artère iliaque externe avait été toujours en cause.

Quant à la ligature de l'iliaque primitive, voici ce qu'elle a donné. Si l'on supprime du tableau de M. Delbet deux cas à siège douteux, il reste dix anévrisnies iliaques traités par la ligature de l'iliaque primitive avec les résultais suivants : 2 morts rapides ou assez, lentes, 3 gangrènes ayant nécessité l'amputation, 3 guérisons.

A coup sûr pour une opération aussi sérieuse, 50 p. 100 de guérisons ne représentent pas une proportion à dédaigner; mais rien ne prouve que l'extirpation ne puisse donner mieux. Les considérations et les statistiques sur lesquelles M. Delbet s'est appuyé pour préconiser l'extirpation de préférence à la ligature pour les anévrisnies des autres artères peuvent tout aussi bien trouver leur application au cas qui nous occupe. D'une part, pour la ligature de l'iliaque externe, 16,90 p. 100 de mortalité d'après M. Delbet; d'autre part, pour les extirpations de grands anévrisnies, 12,50 p. 100, voilà la situation en ce qui concerne la comparaison des deux méthodes. Malheureusement ces chiffres s'appliquent surtout aux anévrisnies inguinaux et non aux iliaques. Or, ceux-ci nécessitent la ligature de l'iliaque externe très haut ou de l'iliaque primitive, au milieu d'énormes difficultés capables de rendre l'opération absolument inexécutable, tandis que la dissection préalable du sac en son entier ou dans certaines de ses parties peut mettre le chirurgien plus à l'aise pour découvrir et lier le bout artériel supérieur.

Cette considération, jointe à d'autres, donnera sans doute dans l'avenir l'avantage à l'extirpation sur la ligature. Elle a

Page 1