MISSIONS D'AFRIQUE
'. DIOCÈSE D'aLGEB.
L$Urê de Mgr, Dupuch, évéqtie d'Alger, à Messteurt les Membres du Conseil central de Lyon.
BonC; 22 aTril 1839.
« Messieurs,
« Jarrive à Bone ce matin , et je profite avec empressement d'un instant de trêve pour vous donner les détails que ▼ous désirez : vous me permettrez d'y ajouter le récit abrégé de l'intéressante visite pastorale que je poursuis en ce moment par terre et par mer , accablé de fatigues, mais comblé des plus douces consola lions.
« J'ai dans la seule ville d'Algei- environ dix mille catholiques, sans y comprendre les troupes de la garnison. L'effectif de l'armée entière d'occupation sVlève à près de cinquante mille hommes , presque tous catholiques.
a Je ne sais pus encore d'une manière précise le nombre de catholiques dispersés dans le ttu/ssifd'Wger depuis Le Foudouck jusqu'à Belida, aux célèbi'es bosquets d'orangers et dans tout ce vaste territoire. Ce que je sais , c'est qu'il faudrait au moins quatre églises ou chapelles pour administrer décemment les secours de la Religion soit aux colons , soit aux vingt-cinq mille soldais répandus dans les divers
camps du massif, soit aux douze cents condamnes militaires appli<]U('S aux iravau\ df^s routes ; cl pourtant c'est à peine si l'on peut eelebier les saints Mystères au village de DiHiy- Ibraliim , dans ime espèce de cabane qui s(;rl à la fois d'église callioli(iue et de temple luthérien ou calviniste ; car les prédiexilems diireients s'y païUigent parfois l'exercice de lem- ministère. J'ai vainement essayé jusqu'ici de remédier 3k celte situation déploiable ; il me faudrait non-seulement des églises provisoires , mais encore et surtout dts fonds pour enti-etenir trois ou quatre Missionnaires. Une excellenle famille établie à Elbiar , à deux lieues d'Alger, m'a donné une chambre assez grande pour contenir une soixantaine de personnes, et l'a convertie elle-même en chapelle. Autel, ornements, tout a été ofléri et préparc : c'est beai>coup pour nous qui sommes si pauvres.
« A Alger même , indépendamment de la petite cathédrale de Saini-Piiilippe, qui deviendra une très-jolie église sî les promesses qui m'ont été faites à Paris se réalisent, j'aïu-ai bientôt dans la moscjuce extérieure de la Casbah, que je consacrerai le 3 mai prochain à la Ste-Croix , une succursale fort utile et presque indispensable aux habitants de ce quartier , ainsi qu'aux habitants du fort de l'Empereur et. des deux communes environnantes. Les Sœurs de St-Joseph, mes chères et infatigables auxiliaires , font bâtir une chapelle dans leur principal établissement d'Alger; on me promet d'en construire une au nouvel hôpital civil et au collège; ou va même jusqu'à me faire espérer qu'avant ht. fin de l'année je pourrai bénir une seconde succursal» vers la porte Bab-el-Oued , où se trouve une mosquée qui sert encore de magasin militaire. Déjà j'ai une école de fille» très - florissante , une salle d'asile de cent petits enfants, nn ouvroir , une société de charité composée de cent dam» divisées en sept sections de bonnes œuvres, qui se partageront les plus pressantes misères d'une population à la-
4iS quelle nulle aulre ne saurait (iire comparée. — Mais pour ces églises naissantes, pour les prisons où sont entassés des millieis d'iiifoitiinés, et pour d'iinmcnscs liôpitiHix , je n'ai que deux. Piêlrcs qui rcçoivcul chacun dix-luiit cciils francs par an. Il f.iut avec le traitement de trois Chanoines pourvoir à la cure de la calhédrale , aux succursales, au secrétariat de révéché, au personnel de me* Grands-Vicaii es oi do mon Chapitre, en tout cinq personnes pour un travail aussi considéi'ablo !
« Je n'ai pas non plus encore de petit séminaire : j'essaye d'une maîtrise qui en formera conmie le noyau. Avec mon traitement de 12,000 fr. , sans aucun secours de plus, je dois aider à celle fondation et entretenir, soit à Alger, soit dans le diocèse, quelques Prêtres de plus : car !o gouvernement ne reconnaît et ne paye pour toute l'Algérie, le Chapitre et les Grands - Vicaires compris , que onze Ecclcsiasiiqncs , nombre évidemment insulTisant. Mais comment donner aux pauvres , aux pauvres indigènes surtout dont nous sommes sans cesse entourés, avec une somme aussi modique et dans un pays où tout est hors de prix?
« Je n'ai sur Oran , Mostaganem et toute cette province que des renseignements incomplets : dans quelques semaines, jaurai loul vu par moi-même. Les lettres de deux Prêtres , que j'y ai déjà envoyés , me déchiient le cœur : ils n'onl pas d'église ; une chambre ou du moins une pièce qui n'est pas plus grande qu'un apparlement ord naire, voilà tout ce qu'ils possèdent jusqu'à présent dans la première de ces villes, qui compte environ cinq mille habitants caihûiiqiies , sans parler d'une garnison nombreuse. — A Mostaganem , à Arzevv,et tout auprès d'Oran,àMers-el-Kébir, il n'y a pas même de chapelle. Ils demandent à grands cris des Sœurs, des écoles, un confrère de plus, des ornements, et des
ViWCS. .. Messis qiiiclern muUa, operavii aufetn paucit Plus de cont Ecclésiasliqucs ont sollicité , dans ce dernier mois, la sainte faveur de cet apostolat; j'ai été forcé de refuser, jus(|irà ce que j'aie au moins la nourriture et le vêlement, aVunetitael quihus tegerentur, à leur offrir.
« QuaiU aux provinces do Bone, de Constanline, au territoire de Bougie , je peux m'expliiiuor plus longuement. Plus Un-d , je vous entretiendrai des autres contrées dont se compose mon inmiense diocèse, et du désert (jui en forme la ceinture, depuis les faubourgs de Maroc jusqu'à Tunis, à environ 350 lieues de distance.
« Bougie, petite ville coniposée de ruines romaines, mauresques , espagnoles et génoises, et située dans la plus riche et la plus admirable position , n'est encore qu im commenccincnt de possession fran<;aise, et a besoin, plus que tout le reste de l'Algérie peut-être , des lumières de la Foi et des bienfaits d'une colonisation cliréticnnc. 11 n'y a guère encore que cinq cents honimes de garnison et trois cents colons. Dix. -huit cents maisons entourées de délicieux vergers formaient cette petite ville, fort originale et célèbre auli-efois sur les côtes qui ont subi tant de dcniinaiions diverses. Au moment du siège et depuis la piise, plusdedou/e cents ont été ruinées; quelques-unes se relèvent maintenant. Le gouvernement finançais ne reconnaît encore aucua Pi-être pour desservir cette pf'lite église ; seulement les autorités locales, qui, à Bougie comme partout, sont admirables de zèle et de dévouement religieux , ont assuré une chapelle et un humble presbytère. La chapelle, qui n'est au fond qu'une cabane blanchie avec soin , servait
il y a quelques mois de salle de spectacle ! Fy ai placé
un excellent Ecclésiastique alsacien, qui est une vraie providence pour les soldats de la légion étrangère et pour l'enfance : il est tout à la fois curé et maître d'école. Je lui ai
donné le plus nécessaire , en ailendant que la Providence me pcrn)îl do lui envoyer ce qui est de rigueur dans notre France, et dans la plus pauvre , la plus dénuée paroisse. Cette nwternelle Providence ne nous manquera pas. Je me propose de venir passer une semaine au moins en cette Yillc après mon retour dOran : ce ne sera qu'un voyage dô quatre-vingts lieues, aller et retour; et dans Télé la Méditerranée n'«st pas aussi capricieuse que dans la saison qui finit.
« A trente ou quarante lieues de Bougie et toujours sur la côte, au fond de la baie deStora (Sinus ISuniidicus), se trouve le berceau dune ville qui sY'lcve comme par enchantement. Au mois d'octobre dernier, c'élaienl les immenses ruines de Russicada, avec ses quais, ses théâtres, ses aqueducs et ses citernes de construction i-omainc : aujourd'hui c'est Philippeville avec son Foildc France, son Bastion d'Orléans , et ses mille colons campés à la hâte sous leur» tentes de bois , tous actifs, empressés, impatients d'un avenir qui peut être vraiment extraordinaire, si la France garde Constaniine : et, désormais, l'abandon de Constiintinp c'^st l'abandon d'Alger.
« Là il faudrait , et la garnison et les habitants le demandent à grands cris, un Prêtre, un instituteur, et par conséquent une église et une école. J'ai eu la pensée de faire construire , à la fin de mai prochain , surtout si vous veniez à notre secours, une grande baraque en planches ( excusez une expression qu'il m'est impossible de ne pas employer ) qui servirait à la fois de presbytère , et , au moyen d'une double division en planche» ou en toile, de chapelle et d'école, le Cui'é éumt encore instituteur primaire, ce qui est inappréciable dans ce pays nouveau. Avec l'hôpital militaire, 1rs soins que réclameraient les soldais qui partout en Afrique nous donnent
cTinoxprim.'tbîfis consolations, ios enfntils ot uno popiilaiVon qui croit à cli:ique instant, un bon Piôire trouvera de «juoî remplir une sainte et laborieuse vie. D ailleurs il visiterait de temps en temps les deux camps les plus voisins , qui assurent la première partie de la rouie de Constantine.
« Que d'avenir pour la France et pour la Religion dans cette province, où je croyais r-êvei" en i-et rouvanl la ti'ace do tant d'anciennes gloires, en me voyant environné de tant do témoignages de respect, d'adection, de confiance, de la part des Ar'abes et de leurs chefs et marabouts !
« Constantine compte à peu pi'ès trente mille habitîtnts; les vingt lieues de désert qui I.i séparent de Slor-a et de Philippeville, sont peuplées d'une foule de tribus qui seraient bientôt chrétiennes si elles ressemblaient aux indigènes do la capitale et à ceux du gr-and désert (jui m'oiri été présentés par leCheick-el-Arabr. M. l'abbé Suchel, qui a généreusement sollicité et adnn'rabicmcnl rempli les fonctions do Missionnaire de Constantine, y a dt'jà parfaitement approprié une belle église, un presbytèi'e, un établissement pour les Sœur's que j'y ai condurles et inslallécs. Le gouverneur de la province le seconde de toute son iirnuence,.qui est incroyable sur toutes ces populations. J'y ai été reçu et fêté comme un ami, un père, un véritable Evêque. Les indigènes formaient une partie de ma garde et d ■ mon escoi'tc; leurs chefs se pressinent autour de moi, m'apportaient des présents, du lait , du beurre , des Heurs, m'envoyaient des repas tout pr-épar-és, m'otlVaicnl un burnous d'honneur , assistaient à toiries les cérémonies religieuses , où Aial)es et Chr'étiens étaient confondus. J'y ai bénit li'ès-«olcnnelleinent Féglise , le cimetière, un autel por-taiif ; j'y ai célébré une Messe d'actions de gr-âces pour la conquête , et un servico pour- les br-aves morts sous les «enrparts de Constantine ; puis j'ai donné la première communiou à cinq enfants que j'ai
4o2 confirmés. Entre autres prcsenls je n'oublicvni pris le cron cPiine mngnifique chaire, tramée de la mosquée à l'église clirélienne par soixante Musulmans, lis désirent qu'on leur fasse connaître lEvangile et les anciens Pères de leur pays : et moi je désire leur donner de dignes disciples de ces Porcs illustres; je désire que Milève, Calame , Hippone , voient relever leurs églises. Oh ! que je désire seconder de si étonnantes dispositions, répondre à de si prodigieux desseins de Dieu ! Venez, venez à notre secours. Trois saints Prêtres seraient immédiatement nécessaires dans cette seule portion de l'Algérie.
« J'oubliais de vous dire qu'à Philippeville j'avais bénit an cimetière et la ville elle-même à la fin d'une magnifique cérémonie, au milieu du camp , entouré d'une foule d'Arabes , au bi'uit des fanfares et du canon. Après avoir célébré la sainte Messe sur un autel de fleurs, de gazon et de trophées d'armes , j'adressai quelques mots expressifs à nos soldats ivres de joie et à leurs dignes chefs , et je donnai la bénédiction pontificale qui fut reçue avec un pieux respect.
« Oh ! pourquoi ne puis-je pas cette fois vous décrire mon pèlerinage à Hippone , aux ruines du tombeau de saint Augustin? J'y suis allé accompagné des Sœurs que je coîiduisais à Constanlinc, et je leur ai donné la communion là , sur les débris encore étonnants de 1 hôpital élevé, il y a quinze siècles, par la charité d'Augustin. J'avais dit la Messe sous une des arcades, assez bien conservée pour nous abriter ; des fleurs nous servaient de bouquets d'autel et de lapis; j'avais placé sur cet autel, si gracieux et si magnifique aux yeux de la foi, un ossement du saint Pontife, celui que m'a donné le Saint Père, le premier revenu sur celte terre chérie après 1410 ans. Après la Messe je bénis le peuple pressé, avec celte relique sacrée à tant de titres; ensuite nous récitâmes l'admirable prière que le Saint adresse
à Dieu à la iin de ses Confessions , oii il se rrp:»ncl en les plus londics et les plus vives actions de grâces. Nous ne pouvions nous arracher de ces ruines. J'ai un piojet dont je vous ferai pu't,ct ([uc j'cxcculcrai dèscpTon pourra m'aider. Ce joui-là, au moment de la consécration, je m'arrêtai... j'étais saisi ; une pensée m'était descendue du ciel : je priai du pins profond de mon âme pour la Société de la Propagatio!! do la Foi, que je me sentis irrésistiblement entraîné à recommander à saint \uguslin. — Mais il faut finir.
« A Boîie , j'ai eu cinq cents connnunions pascales ; j'y ai confirme environ sois-anlc personnes ; j'y ai baptisé la première cloclie du diocèse. Tous étaient transportés , les indigènes eux-mêmes ; ils avaient illuminé et ils formaient des chœurs de musivque le soir : nous nous fussions crus en France. Il est vrai que l'incomparable Prêtre que la Providence donna, il y a six. ans, à cette Eglise ressuscitée, m'avait préparé les voies. J'y ai des Sœurs, une école, un hôpital de 1,590 malades : 20,000 soldats ont péri à Bone depuis neuf ans. Mais c'est à peine si un seul Prêtre reçoit un traitemeni, et il en faut au moins deux, sans compter celui que La Calle réclame avec instance dans cette saison pour ses quinze cents corailleurs.
« Vous avez maintenant un aperçu de l'état du diocèse et de ses besoins. Ce que me donne le gouvernement est de beaucoup insuîTisant. Depuis trois mois néanmoins nous avons commencé à faire courageusement l'œuvre de Dieu : quinze abjurations , des baptêmes , des abjurations nouvelles préparées , des enfants trouvés recueillis , près de trois mille communions dans le temps de Pâques , deux ordinations , la bénédiction de plusieurs églises, les vœux de quatorze Sœurs reçus , plusieurs baptêmes d'adultes , un Prêtre arabe en voie de revenir à la Foi catholique, etc.
« Mais que ne ferons-nous pas si vous nous aidez de vos prières, et si vous y joignez les aumônes que votre charité
vous inspirera ! La France, Home, toute la chrétienté applaudira à cette œuyrc digne de vous J'ni deux millions
d'JnfîdMcsdans mon diocèse ; et si Dieu bénit mit niissior , je peux m'étendre bien plus loin. De votre côté , comptez sur réUiblissement de voiie cclesie Association ù Bone, à Constaniine , à Oran , à Alger suilout.
« f Antoine-Adolphe , évéque d'Alger, *
IIANDEAIENTS DES ÉVÊQUES.
Nous achevons de publier aujourd'hui les approbations épiscopales que le dernier Numéro des Annales n'avait pu contenir.
« Nous ne laisserons pas échapper , écrit Mgr. l'Evéque « de Tortone, la favorable occasion de vous exhortera une « Œuvie sainte, féconde pour la gloire de Dieu comme « pour le bien de nos fières, et que depuis quelque temps
« nous avions 1 inteniion de proposera voire chaiité Il
« s'agit de soutenir par prièi'es et par un léger subside la « grar.de entreprise de la Propagation de la Foi chez les
« nations infidèles Si les bénédictions qui déjà des-
« cendirent sur elle se renouvellent et se conservent; « dans un heuieux avenir , elle auia la consolation et la « gloire d'avoir fait disparaître du monde , avec les fausses « religions, la barbarie et les coutumes impies, atroces, abo- « minables qui en sont ordinairement les conséquences. ■ (r' février 1839.)
Mgr. lEvêque de P/^wero? acquitte envers ses diocésains «ne dette bien douce pour son cœur en les remerciant de b foi avec laquelle ils ont répondu à ses sollicitations de
l'année dernière, en faveur de l'Association pour I x Propa • galion âc la Foi. II on expose de nouveau le pieux dcssoin , cl s'îillnclie à réfuter les objections des liouiines de mauvaise volonté. Il montre enfin coml)ien est digne de ladmiralion de tous ceux qui ont gardai dans leur cœur un reste d'amour pour l'humanité, l'Œuvre qui seule iravailio sérieusement à réaliser ces grandes choses si souvent et si inutilement vantées par les discoureurs de nos jours : « la m réhabilitation des femmes, l'abolition de l'homicide rcli- « gieux, la destruction de l'esclavage , parmi des centaines « de millions d hommes qui ne jouissent encore d'aucun des « droits de frateinité et de sainte égalité que l'Evangile a € établis parmi les chrétiens. »
Mgr. rEvê(]ue de Pohhio , récemment promu à l'cpiscopnt, sf* pioposait, parn)i les premiers soins de son administration , d adresser à son clergé une Lettre pastorale ca faveur de l'Œuvre. Mais devant s'adresser lui-même au peuple dans la chaire de sa cathédrale, le jour de lEpiphanie, il a saisi celle occasion d(; faire connaître TAssocialion de la Piopagalion de la Foi, par une Homélie solcanelle dont il a disdibuc ensuite de nombreux exemplaires. Nous en citerons quelques lignes : « Les titres de celle « Œuvre à la conHance publitine sont tels, qu'à peine « connue des gens de bien, elle fut aussitôt par eux ac- « cueillie , embrassée , soutenue. Elle natuiit à Lyon , s'ca tendit par tonte la France, se répandit en Suisse, ea Flandre, en Allemagne, en Angleterre, jusqu'à Smyrne et à Coiislanlinople. Et, bien que notre Italie n'ait pas été « des premirres à la recevoir , elle ne sera pas des moins « ardentes à l'encourager , à l'enrichir. Déjà (juatre Souo vcrains Pontifes l'ont conibl'e de précieuses indulgences; • et maintenant presque tous les Evéques, Archevêques « el Piimals, ont concouru à la dilater el à l'enraciner duHS
« leurs Jiocrsos.... Pour nous, mes enfauts, nous som- « mes un pauvre peuple , et les montagnes stériles qui « nous entourent ne me permettent pas de conc^evoir de « vastes espérances ; et toutefois nous ne devons p is nous « livrer à de vaines appréliensions. Les deux oboles de la a veuve de l'Evangile suffisent pour nous rendre sûrs de a pouvoir plaire à Dieu, et attirer sur nos ollrantles cette « bénédiction céleste (jui vaut tous les trésors. Cette bco nédiction descendra sur vous , elle sera féconde , elle « donnera le succès à vos affaires, la fertilité à vos cam- « pagnes , la paix à vos familles , la santé à vos corps, le a contentement à vos consciences, la vertu, la sainteté, le « salut élcrnel à vos âmes : Jnitnam sahmsti^ avîmam a fi4ain prœdestlnasti. »
La Circulaire adressée parMgr.TEvéque d'/tvv'e au clergé de son diocèse renferme de trop nombreux avertissements pour qu'il ait été possible d'y développer les diverses considérations qui se présentent en faveur de l'Œuvre. Mais le Prélat ne veut pas laisser ignorer le vif intérêt qu'il lui a voué , et le désir qu'il éprouve de la voir s'étendre dans toutes les paroisses soumises à sa juridiction. (22 janvier 1839,)
Les mêmes recommandations se rencontrent dans le Mandement de M. le Vicaire général capilulnire du diocèse de Suse (le siège vacant), en date du 30 janvier 1839. Déjà l'année dernière lEveque de cette ville avait bien voulu signaler la Propagation de la Foi comme le but le plus magnifique où puissent concourir les pieuses libéralités de so» peuple.
A l'époque où, pour la première fois, l'Œuvre fut connue à Parme (novembre 1837), l'Evoque de ce diocèse s'était empressé de lui donner une complète approbation. Depuis lors il n'a cessé de la recommander à ses ouailles , et cette année encore il l'a rappelée ù leur mémoire en publiaot
induit quadrngésimal. « Sans doute, a-t-il dit, parmi nous il est dos pauvres qui ont droit à noire compassion. Mars I il en est aussi qui, séparés de nous par de vastes distances, « iniploient à chaudes larmes nos secours. Et dans quel * but? dans le désir d'abandonner leurs erreurs, pour e devenir membres de Jésus-Christ, fils de son Eglise et a disciples de sa Foi. »
Mgr. TEvêque de Guaslalla, qui déjà avait voulu consacrer 3ar une éloquente homélie (F. N" LVIII) l'établissement de l'Association dans son diocèse , vient d'élever encore sa voix Dîiternelle : « 0 mes enfimts, s'écrie-t-il, s'il est une œuvre « plus agréée de Dieu , plus capable d'obtenir auprès de i son infinie miséricorde le pardon des fautes passées, et « les grâces nécessaires pour les besoins de l'avenir ; sans « hésiter , je le déclare , c'est la Propagation de la Foi î « C'est par elle en effet que les ombres du paganisme se « dissipent, que se reculent les limites du royaume de Jea sus-Christ, et que des peuples innombrables, naguère ao- « coutumes à brûler l'encens ou les entrailles des victimes o devant de mensongères divinités , embrassent avec joie « la véritable Religion. »
« Qui ne connaît l'Œuvre de la Propagation de la Foi ! « s'écrie Mgr. l'Evêque de Massa, cette Œuvre fondée à a Lyon en 1822 , sous le patronage de l'Apôtre des Indes , « saint François Xavier , celte Œuvre qui a pom* but de soutt tenir, par un heureux concours d'aumônes et de prières, « la prédication universelle de l'Evangile... institution vral- « ment admirable ! Déjà l'accompagne la bénédiction de « celui qui est le vicaire de Dieu en terre; déjà lui rend té- « moignage la voix unanime de l'Episcopat catholique. Il « n'est donc plus temps de tarder encore , retenus par le « sentiment de notre obscurité ; et , si faible que soit notre « voix , il faut s'unir au concert de tant de nos illustres o collègues , pour rendre gloire à Dieu et recommander
« pai liailièrcjrjent à nos irès-chers enfants cl;ms le Seigneur ,«,■ celle belle Association ! — Nous prions donc les fidèles «confiés à nos soins de saisir une occiision si favorable , un t^f moyen si facile d elcndre au dehors le royaume de notre « Père céleste et en même temps de rétablir plus solide- « Dient en acus , selon la demande que tout cluéiieu adresse « à Dieu dans la prière de chaque jour : Que voire règne ^%<arrive, » (7 avril 1839.)
Rome,
Cne proclamation de S. E. le cardinal délia Porta-Rodiani, vicaire général de Sa Sainteté, est venue renouveler avec de pressantes instances les recommandations que le cardinal Odescalchi , dans l'exercice de la môme charge, adressait il y a quelques mois au peuple de la ville éternelle.
« Dieu très-sage et très-clément a fait poindre au milieit «c des obscurités qui troublent Thorizon de nos jours, une « lumière plus vive pour éclairer les mallieureux qui loin « de nous et sur les plus lointaines plages demeuraient en- « sevelis dans Terreur et dans la mort. Son admirable « Providence s'est servie dans ce dessein de lu grande « Œuvre connue sous le titre de h Propagation de la Foi ; « elle a voulu en même temps que plusieurs d'entre las «, peuples qui jouissent déjà du bienfait de celte Foi divine, c-ramenés de la sorte à mieux en connaître le prix , se ré- « veillassent de lu honteuse et coupable indifférence à la- « quelle les artifices perfides d'une philosophie irréligieuse
< les ont conduits Rome, centre de l'unité catholique,
« siège principal de la doctrine , ne devait pas demeurer
« en arrière l'Œuvre y a jeté de profondes racines; et
« cette terre sacrée contribuera pour sa part à nourrir ■ ^v,le grand arbre mystique , qui, sorti d'un humble grain de « séaevé, couvrira de son ombre la foule des nations arra-
* chocs h VidolAcrie, 5 h b.u-baric, h h plus monstrueuse
• brutalilé. — Afin donc de réaliser de si chères espéran- « ces , afin de voir s'accomplir ces vœux iiiie doit former « toute âme croyante , il faut concourir au soutien de Tinsm titution nouvelle, il la faut développer et affermir, il en « faut surtout faire connaître le véritable esprit. » — Suivent plusieuis di5p-)siiions qui témoignent toutes de la persévérante alTection du souverain Pontife pour l'Association dZ-jà 81 souvent enrichie de ses bienfaits. (24 janvier 1839.)
Bref qui institue la fête du saint martyr Exupère dans la métropole de Lijon , et accorde diverses induhjences en son honneurj, en faveur de l'Œuvre d* la Propagation de la Foi» -
GnÉGoraE , Pape , xvi* du nom.
Pour mémoireperpéluelle.
La sollicitude que nous ressentons si vivement, selon le devoir de notre charge apostolique , pour faccroissement du troupeau du Seigneur , nous porte à accorder volontiers tout ce que nous jugeons profitable à ceux qui se distinguent par leur zèle à contribuer à la propagation de la Foi catholique.Déjà,voulantdonner un gage de notre bienveillance àçeltebelleSociété,qui, sous
Gregorius pp. XVI ,
Ad perpetuam rei mcmoriam,
Dominici gregis augendi solliciludo quâ pro apostolatusnostrimunere tantopere afficimur,adilludomnelibeater nos convertit, quod prodesse illis intclligimus qui de calliolica Fide propaganda bene meriti existant. Hujus!^ porro benevoleuliae nostrae pignus exhibere volentes , praîclarîB illi Societati quœ Lugduni primum pro missio»
nibus ad exteros populos jur vandis sub Propagaiioois 30»
le titre de Propagation de la Foi , a été établie d'abord à Lyon, pour le soutien des missions étrangères ; nous avons eu soin d'envoyer en celte cité le corps du bienheureux martyr Exupère , trouvé récemment dans le cimetière de Calixte. Mais, désirant combler de bienfaits spirituels cette œuvre de piété j et accroître davantage le culte de ce saint Martyr ; par nos présentes lettres valables à perpétuité , nous accordons , selon les prières qui nous en ont été faites , la faculté de célébrer sa fête à volonté, sous le rit douhleniajeur, dans la métropole de Lyon , dédiée à S. Jean- Baptiste , tous les ans le 5 des calendes de mai ( 27 avril) , jour de l'invention de ses saintes reliques. De plus , nous concédons trois cents jours d'indulgences aux fidèles agrégés à la susdite Société , chaque fois qu'ils prieront près le corps du saint Martyr selon les instructions ordinaires. En outre, le jour où se célébrera la fête de saint Exupère , et
Fidei titulo fuit iostituta, beati martyris Exuperii corpus, quod luiper in cœmeterio Calixti rcperium fuerat, illuc mittcndum curavimus.t Quoniam vero pium illud opus spiritualibus beneficiis cumulare et ipsius sancti Martyris cullum promovere impensius optamus ; prsesentibus nostris litteris in perpetuum valituris annuimus precibus ad nos allatis ut quinto kalendas maias , quo die sacrae ejus reliquiœ simt inventae, in Ecclesia metropolitanaLugdunensiS. Joanni Baptistae sacra, festum ipsius sub ritu duplici majori celebrari, ad libitum, quotanm'svaleat. Fidelibus insuper qui in prœfatam Societatem cooplaii ad beati Martyris corpus preces juxta consuetos fines fuderint, pro qualibet vice tercentum dies de vera indulgentia concedimus. ; Quo vero die sancti Exuperii festum celebrabitur , et singulis primis dominicis cujuscumque mensis , si iidem in Societatem cooptati Pœnitenliœ et Eucharistiœ sacramentum acceperint, et
le pi'cmicr dimanche do chaque mois, si Icsdits fidMcs associés reçoivent les sacremcnls de Pénitence et d'Eucharistie , et visitent aussi ladite église, et y prient comme il a été dit plus haut , ils gagneront une indulgence plénière. Eniin , nous déclarons que ces deux indulgences, soit la plénière , soit la partielle, sont applicables aux âmes du purgatoire. Par tout ce que nous venons de décerner pour le salut des âmes , nous avons la confiance que la susdite Société , laquelle a déjà si bien mérité des missions , enrichie de tant de témoignages de la prédilection du Siège apostohque, va prendre encore une plus grande extension à l'avantage de l'Eglise catholique. Les présentes vaudront, nonobstant tout ce qui y serait contraire.
Donné à Rome , à Saint- Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 22* jour de mars 1839 , le neuvième de notre pontificat.
Pour S. E. le Cardinal de Gregorio ;
A. PiccHiONi, substitut.
practorea prnofatam errîesiam adeuntcs ibi ut supra oraverint; plenariam indulgontinm consequanlur, Utramfjue démuni indulgcntiam , tam plenariam quam partialem animabus in purgatorio degenlibus applicabilem dcclaramus. Dum hœc omnia pro animarum sainte decernimus, futurum confidimus ut pra*fata Societas quae jam de missionibus optime mérita est , ab apostohca Sede tôt prsedilectionis significalionibus aucta, ad catholicseEcclesise bonum latius amplifîcetur. In contrarium facientibus non obstantibus quibuscumque.
Datum Romse, apud S. Petrum, sub annulo Piscaioris ,' die XXII martii mdcccxxxix, pontificatusnostri annonono.
Sign. pro Dom. Gard, db Gregorio ;
A. PiGGHlONi, subslilutiB.
Certifié conforme h Toriginal. Que lebref apostolique d-dessiis soit pnbllii et exécuté suivaut sa teoeur* -
Lyon, 22 avril 1839.
f Jean-Paul Gaston de Pl\s, Jrcli e véque d'Jmas te , Advtmistrateur aposio^ lîque du diocèsedeLyon,
Concordat cum suo origlnali. Publicctur suprascriptum brève apostolicum, ac juxta ipsius tenorem execulioni mandetur.
Lugduni,22 aprilis 1839.
f J.-P. Gaston DE Pins, Àrchiepiscopus Anwisiensis , Administrator apostolicus lugdimentis.