‹ Vases grecs et italo-grecs du Musée Archéologique de MadridChapitre 21 sur 34 · I.K nviiiii II \SMl \s IK STYI.K DIT DF i'4l-»»T|îM · texte numérisé non relu

I.K nviiiii II \SMl \s IK STYI.K DIT DF i'4l-»»T|îM

L ^ I ^ par les deux peintres Asslëas el Python

forment, punni lo!» produits de la fabrique italiote, un groupe à 4)art et peut-ôtre le plus intéressant de tous. Leurs dimen sions anormales, les signatures d'artistes, le soin et la qualité de rexécution, les sujets qui les décorent, les désignent comme de véritables œuvres d*art. Le Musée de Madrid possède dans le grand cratère d'Asstéas, représentant la folie d'Ilcraklès, le plus beau spécimen de ce style.

Certains archéologues, soucieux peut-être à l'excès de préciser les lieux d'origine, considèrent ces vases comme les produits d*une fabrique établie à Paestum. Ils opposent même un style de Paestum aux trois grands styles décoratifs qu'on distingue à l'ordinaire dans 1» céramique ilaliote, et qu'on est convenu d'appeler campanien, lucanien, apulien. Sur six ▼ases signés par Asstéas et par Python, trois, en effet, ont été trouvés à Paestum. C'est un fait qui n'est pas négligeable, mais dont il faut se garder de tirer des conclusions hâtives. Le style d'.\sstéas n*a sans doute nul rapport avec celui des vases lucaniens et apuliens, mais on ne voit pas qu'il s'oppose nettement à celui des poteries campaniennes. Si les œuvres de ce peintre méritent d'être étudiées à part, c'est pour la qualité, le caractère personnel du dessin et de la composition ; ce n'est pas qu'elles nous montrent des procédés techniques, ni des motifs décoratifs étrangers au style campanien. Nous voyons par elles ce que peut donner ce style ornemental entre les mains de véritables artistes. Aussi bien les mots « fabrique campanienne o ou « fabrique apulienne » doivent-ils toujours être pris dans le sens le plus large. Ils ne désignent pas un atelier ou un groupe d'ateliers travaillant d'après des modèles fixes, très strictement définis. Les peintures que l'on englobe sous une seule de ces appellations présentent, avec quelques

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caractères communs, beaucoup de traits variables, et se répartissent sans doute entre un grand nombre de fabriques distinctes. Parmi ces fabriques était celle où travaillaient les deux peintres Asstéas et Python. Je ferais de leur manière une subdivision du style campanien, plutôt qu'un style indépendant, irréductible à ceux des trois grandes écoles italiotes. Beaucoup des caractères et des motifs particuliers aux produits campaniens se retrouvent dans les œuvres de nos deux maîtres; on les notera surtout dans les tableaux des revers, compositions plus lâchées où le peintre se montre beaucoup moins personnel et se fait peut-être remplacer par un élève.

« Nier le style de Paestum, dit M. Patroni, n'est pas moins absurde que de nier l'art étrusque. » Sans discuter l'appellation style de Paestum, que ce savant emprunte à Winnefeld et qui repose sur une conjecture, on peut contester que la manière d' Asstéas soit franchement originale. Ni le soin ni le talent personnel de l'exécution n'empêchent d'apercevoir que ces peintures s'inspirent directement des modèles grecs. A vrai dire, je ne vois de nettement italiote, dans l'admirable tableau de la folie d'Héraklès, que le casque à double panache, cher aux guerriers campaniens. Dans tout le reste il n'y a rien qu'on ne puisse supposer très fidèlement copié d'après une peinture attique. Asstéas parait avoir vécu vers la fin du V" siècle et le début du iv*. Il subit l'influence du beau style libre attique, du temps de la guerre du Péloponnèse, et aussi celle du style raffiné qu'on rattache à l'œuvre du peintre Meidias. Sa manière personnelle se définit surtout parles traits suivants. Le haut du tableau est souvent occupé par des personnages secondaires, dont on n'aperçoit que le buste. Les têtes sont grosses, avec de lourdes masses de cheveux. Les corps ont de fortes carrures. Dans la technique et les ornements accessoires, quelques détails semblent trahir une influence des modèles apuliens ou lucaniens. Les larges retouches blanches, rehaussées de jaune, sur des objets tels que des corbeilles, des armes, des vases, rappellent les grandes amphores apuliennes. Par contre, la guirlande blanche au> dessous du tableau d'Héraklès, avec ses rinceaux dentelés,

a son pendant »ur les vase^ lucanienn. Mais toun les autres traita : pn^fërence donnée à la forme du crati'^re, emploi des reiouche» rougen et blanches, cliausAurcH et parures des perr !ionnages, rangs de perles pasm^s autour des Jamlies ou des l>oilrtnes (ce détail surtout dans les si^ets des revers), nous ramènent aux vases campaniens. Si c'est bien à Paestum qu'il Tuut situer Tatelier d'Asstéas, ces caractères de non style s'expliquent, d'ailleurs, aisément. Paestum est encore situé sur le territoire lucanien, mais à In frontière de la Campanie.

•Il>9 (Inv. 11094V Grand cratère, |>eint par Asstéas. Haut., o"55. (PI. \LV.)

Panse largement évasée, avec deux ressauts sur le col; anses basses, redressées; pied haut, à tranche conveie, avec (llct en creux à Tari^te et bourrelet saillant à rattache de la base.

Terre rouge pâle, surface de tons très divers, allant du rouge sombre au bbtre et au violet pâle. Fond noir assez brillant sur le pied, terni et décoloré dans les tableaux. Dessin au trait noir brillant, terni dans le tableau principal. .Nombreuses et larges retouches blanches, retouchées elles-mêmes au brun jaunâtre délayé. Les ombres des objets peints en blanc indiquées par des touches brunes fondues. Traces de l'esquisse. Brisé en trois morceaux et réparé avec des repeints sur les cassures.

Un sujet sur chaque face de la panse.

A. La folie d^Héraklès. Au centre, Héraklès, marchant vers la gauche, la tête et le corps vus de trois quarts, portant dans ses bras un enfant qui, de sa main droite, lui touche le menton. Au-dessus, l'inscription incisée :

\' /V PAKAHi

(Casque à triple aigrette, surmonté de deux grandes plumes verticales et orné de points; tous ces ornements en blanc. Barbe et cheveux noirs; le blanc des yeux marqué par des retouches blanches. Chiton court à franges, semé de points noirs, passant sur l'épaule gauche, et recouvrant presque entièrement la poitrine velue. Courte chlamyde bordée de noir, semée d'étoiles, agrafée au cou par une large agrafe jaune, et flottant en arrière. Bracelet de perles au bras gauche; cordons blancs tombant de la ceinture. Cnémides blanches ornées de rinceaux bruns. L'enfant est nu avec une draperie légère sur les jambes, des bracelets et un rang de perles en sautoir.) Devant llcraklès.

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à gauche, jetés pêle-mêle et brûlant : une chaise, un siège sans dossier, deux tables, un corFret ouvert, un grand calalhos orné d'oves et de damiers, deux situles, deux canlliares, deux coupes et deux vases ovoïdes sans anses; tous ces objets, sauf le calalhos, rehaussés de blanc, de jaune et de brun ; les flammes sont indiquées en brun. A terre, entre les jambes d'Héraklès, une hydrie renversée.

A droite, une femme s'enfuyant vers une porte enlr'ouverte, la main gauche posée sur la poitrine, l'autre sur la tête, les cheveux dénoués (chiton à manches, bordé de postes; himation bordé de damiers; colliers, bracelets et ceinture jaunes).

Au-dessus, l'inscription incisée :

La porte, à deux vantaux ornés de clous jaunes, est protégée par un ativent que soutient une poutre oblique. Dans le fond du tableau, un portique à deux étages : en bas, une seule colonnette ionique, supportant un épistyle orné d'une grecque; au-dessus, quatre colonnettes doriques, divisant cet étage en quatre compartiments. De chaque côté, occupant toute la hauteur du tableau, deux hautes colonnettes ioniques, ornées de palmettes à leurs extrémités. Au-dessus de la galerie supérieure du portique, les chevrons obliques d'un auvent. Tous ces motifs d'architecture, rehaussés de blanc, de jaune et de brun.

li^ritre les colonnettes de la galerie, à partir de la gauche, le buste d'une femme, tournée vers la droite, tenant un fouet (jaune) dans les mains (vêtement semé d'étoiles et bordé de postes). Au-dessus d'elle, l'inscription incisée :

Mavîa

Le buste d'un homme imberbe et nu, tourné dans le même sens, la main gauche levée (baudrier, himation sur le bras gauche). Au-dessus, l'inscription incisée :

Dans le dernier compartiment à droite, tourné vers la gauche, le buste d'une femme, les deux mains ramenées sur la poitrine (cheveux blancs, rehaussés de brun, chiton à manches, himation bordé de noir). Au-dessus, l'inscription incisée :

A A K M H N H 'A*Ax;Ar,vr|

Au-dettoos du Ubieau, l'inicriplion incitée :

AiiT Al irPAtB

l*liM bcs, une palnieltr Jatinc. accotlée de deuv lonirf riiicoaui fleuri». Sur le sol, une gtiirlmidr de liern% avec lleun jeunet.

W. Dionysos et ton thiase. Au centre, le dieu, demi-nu, ett atftis sur une panthère qui marche vers la droite. Il tient de la main droite un thyrte, de l'autre une phiale et un Icmnitque (dant ht cheveux, lemnisquc orné de perler, bracelets, rangs de peries en sautoir, hioMtion tiordé de noir, souliers bas; tous ces accessoires rehaussés de jaune; la langue, les griflfes, le col de la panthère indiqués de la même couleur). Devant lui, à droite, un Silène nu, tenant de la main gauche une couronne, brandisiMint de l'autre un ilamkieau ^couronne, pardalide nouée autour du cou et flottant dans le dos, rang de perles h la cuisse, queue de cheval). A gauche, une Ménade dansant, face à droite, un Iemnis4{ne dans la main gauche, dans l'autre une clochette (couronne, chilon sans manches, bordé de noir, nébride. collier, bracelets, ceinture). Au-dessus, quatre personnages dont le haut du buste est seul visible ; à partir de la gauche, une Ménade tenant un thyrse et un tympanon ^méme costume); un Silène tenant une couronne et trois boules; une Ménade tenant une clochette et un flambeau; une autre, face à la précédente, tenant une clochette et un thyrse (même costume; même technique pour les accessoires).

.\u -dessous du sujet, une grecque, avec damier au centre. Sur le col, une branche de laurier sans Truits.

GoU. Salamanca. Trouvé à Paestum.

ilonamenli delt ItIUuto, vol. Mil, pi. \; Annali delC ht., 18Ô4, p. 3s3; Wiener VorlegeblâUer, B. 1; Baumeisler, Oenkmâl., I, p. 665; Kôrte, P«r«oAnifieaUonen, p. 18; Winnefeld, Bonner Sludien, 1890, p. ^; kleln, Meutersignat., p. ao6, I ; Vogel, Scenen earipid. Tragôdien, p. i43; Roscbcr, Lex., I, p. a543; Beinacb, Répart., I, 168; Patron). Ceram. Anl.. p Sg, Og 3o; VValters, Ane, Poit.. I, p i78etsuiv. ; Ossorio Vasos grieifot, pi. XU: Hauser-Rrichhold, m, p. Oa, flg. 39; sur la construction à colonnettes qui encadre les figures du second plan et qui représente la scène d'un théi\tre grec, cf. Bethe, Areh, Jahrb., XV, 1900, p. 69 et suiv.; /6id., XVI, 1901, p. sa.

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