‹ Vastes champs offerts à la colonisation et à l'industrieChapitre 3 sur 12 · STATISTIQUE DE LA POPULATION · texte numérisé non relu

STATISTIQUE DE LA POPULATION

Matane et Matapedia^)

Paroisses

Sainte-Angèle-de-Mérici . . . 1081 Saint-Joseph-die-Lepage .... 348

Sainte-Flavie 1097

Mont-Joli (Sainte-Flavie Station) . 53 Sainte-Octave de Métis .... 1884 L'Assomption de McNider (Sandy

Bay) 1542

Saint-Damase 664

Saint-Ulric (Tessierville) . . . 1547

Saint-Léandre^de-Matane

Saint-Jérôme-de-Matane .... 1464

Saint-Luc 429

Sainte-Félicité 1709

Grosses-Roches 183

Méchins (Saint-Edouard) . . . 351 Capucins (Saint-Paul) .... 170

Saint-Moïse 432

Sayabec (Sainte-Marie) . . . 248 Cedar-Hall (Saint-Pierre-du-Lac) . 575

Sainte- Agricole

Amqui ( Saint-Benoit- Joseph-Labre) 677

Saint-Léon-le-Grand

Samt-Edouard-du-Lac-au-Saumon

Causapscal (Saint-Jacques) . . . 152

Beaurivage (Sainte-Florence)

Mill-Stream 30

Assémetquagfhan 42

Saint-Laurent-de-Matapédia . . . 130 Saint- Alexis-de-Matapédia, . . . 1000

Saint-André-de-Restigouche

Saint-François-d'Assise

Années

Totaux 15,278 19,764 24,30128,092

■N.-B. — Il y a, dans la région Matane et Matapédia, unepopulation protestante d'environ 7,000 habitants.

(1) Ces statistiques ont été soumises au Congrès de Colonisation de Saint-Jérôme par M. l'abbé J.-E. Pelletier, ancien curé de Saint-Alexis de Matapédia.

Vallée de la Matapedia(i)

Paroisses

Saint-Alexis-de-Matapédia .

Saint-Erançois-d'Assise .

Saint-Edouard-du-Lac-au-Saumon Saint-André-de-Restigouche .

Saint-Jacques-de-Causiapscal

Saint-Damase

Amqui ( Saint-Benoît- Joseph-Labre Saint-Léon-le-Grand Saint-Zénon-du-lac-Amqui .

Saint-Laurent-de-Malapédia .

Saint-Robert d' Assémetquaghan .

Saint-Ambroise-dc-Mill-Stream . .

Saint-Moïse

Sainte-'Marie-de-Savabec

Cedar Hall (Saint-Pierre-du-Lac)

Sainte-Agricole

Sainte-Florence-de-Beaurivage .

Saint-Antoine - de - Padoue (C]

Kempt)

Saint-Léaaidre

Pop. Fam. Ecoles Elèves

Ecole

privée

rr\

Totaux 16,143 2,884 87 2,8?9

N.-B. — D'après M. l'abbé J.-E. Pelletier, l'augmentation <\u nombre des familles a été comme suit, de 1890 à 1905: 1890, 644; 1895, 1113; 1900, 1590: 1905, 2197. Soit une augmentation de 230.87 pour cent en 15 ans.

Statistiques électorales

Bureaux

Electeurs

de votation

inscrits

Comté de Matane .

ec ce ce

ce ce ec

ce ce ee

(1) Ces statistiques nous ont été fournies par M. l'abbé Jean- P.-L. Forest, secrétaire-archiviste de l'évêché de Rimouski. Elle» sont de 1909.

Fondation des Paroisses. C1)

Nom de la paroisse Date de la

fondation

Sainte-Flavie 1829

Saint-Octave-de-Métis 1855

Saint- Jérôme-d-e-Matane 1861

Sainte-Angèle-de-Mérici 1868

Saint-Ulric-d'e-Tessier 1869

Sainte-Félicité 1869

U Assomption (Sandy-Bay) . . . . 1869

Saint-Alexis-dje-Matapédia 1870

Saint-Moïse 1873

Saint-Joseph-de-Lepage 1873

Saint-Damase 188é

Saint-Laurent-de-Matapédia .... 1888

Sainte-Marie-de-Saya,bec 1889

Saint-Pierre-du-Lae 1889

Mont- Joli 1889

Saint- Joseph-Benoît-Lâbre (Amqui) . . 1889

Saint- Jacques-de-Cansapscal 1896

Assémetqnaghan 1896

Sainte-Florence-de-Beaurivage .... 1897

Saint-Léandre-de-Matane 1900

Sainte- Agricole 1900

< Saint-Fidèle 1901

Saint-Edmond 1901

Saint-Léon-le-Grand ...... r.: . 1903

Saint- André-de-Bestigonche ..... 1908

Saint-Bémi-de-Priceville 1909

Saint-Antoine-de-Padone 1910

(1) Ces dates sont prises du "Canada Ecclésiastique*', éditio» de 1911.

Aperçu Histcrique.

Les premières concessions de terre de la région Mi' ne- Matapédia datent de la fin du XVIIe siècle. En 1677, la seigneurie de Matane est concédée au sieur Mathieu d'Amours. Donald Mackennon Tacheta en 1781 des descendants de la famille d'Amours pour la revendre, en 1793. à Simon Fraser.

La seigneurie de Métis comprenait les fiefs Métis et îles Saint-Barnabée, concédés à J.-B. de Fieras en 1675 et devenus au commencement du XTXème siècle la propriété de la famille McNider, puis en 1821, de James Sheppard; celui du lac Métis,. d'abord concédé, en 1693, à Augustin Rouer, sieur de la Cordonnière; enfin le fief de la rivière Métis, dont le premier conees-

Le pont Mercier à Saint-Lanrent-de-Matapédia.

sionnaire fut François Pachot et qui appartient aujourd'hui à>. lord Mount Stéphen. M. W. Furgusson, de Métis, possède maintenant presque tous les droits de la seigneurie de Métis.

En 1694, la seigneurie du lac Matapédia fut concédée à Louis-Nicolas-Joseph d'Amours. Patrick Langan en acheta les deux tiers, en 1797, à une vente faite par autorité de justice, et l'autre tiers devint la propriété de John MacKindlay. Une nouvelle vente du shérif de Québec la vit passer entre les mains d'un nommé Bartholomew, et, depuis 1881, elle est la propriété? des MM. King, marchands de bois.

On remarquera que les concessionnaires de ces fiefs et seigneuries semblent avoir fait peu de cas de ces propriétés et que quelques-unes furent abandonnées et vendues par le shérif. La raison en est que le mouvement colonisateur ne se porta guère vers cette région éloignée, isi l'en en excepte quelques rares établissements sut le littoral du Saint-Laurent, où Ton se livrait surtout à l'industrie morutière. Dans sa "Topographie du Bas- Canada'', publiée en 1815, Joseph Bouchette me fait aucune mention des établissements qui auraient pu s'y développer ; maia il mentionne la vallée de la Matapédia comme une terre fertile et appelée à devenir un important centre agricole.

En 1818, James McNider, seigneur de Métis, dit, devant un comité de la Chambre d'Assemblée du Bas-Cnaada, qu'une quarantaine de familles, surtout des Ecossais, se sont établis dans sa seigneurie. Il fournissait aux colons les provisions, les "grosses hardes" et se faisait payer en travail. Les deux premières années, les colons ne payaient rien en argent, et ensuite, une rente annuelle de douze shellings et demi. Parlant des récoltes, il dit : "Le blé d'automne pesait 78 livres le miinot; le seigle d'automne, 62 livres; l'avoine, 46 livres; l'orge mondé, 60 livres; l'orge barbue, 45 livres; les navets avaient 35 pouces de tour et les carottes, l'oignon, les choux et les patates étaient d'une qualité excellente et d'une belle grosseur." (1)

Vers la même époque, un certain nombre de loyalistes de3 Etats-Unis s'étaient fixés à Bestigouche. On trouve d'intéressants renseignements sur cette colonie et les conditions d'établissement dans le témoignage de M. Isaac Man, devant le susdit comité:

"Un homme qui s'établit doit avoir les moyens de se fournir avec sa famille de provisions pendant au moins une année après être arrivé sur sa terre. Je regarde comme absolument nécessaires les ustensiles, les hardes, les lits et couvertures et quelques articles pour son logement, tels que des vitres, des clous et des pentures. J'ai toujours considéré £20 à £25 pour ■chaque individu d'une famille comme la moindre somme qoi'un homme dût avoir en argent en partant 'de Québec pour se mettre sur sa terre.

' 'Dans les établissements, on paye rarement le travail en argent. Des provisions, des animaux, des effets sont les moyens

(1) Andrew McNider s'était auparavant ruiné dans une tentative de colonisation et son successeur ne fut guère plus heureux.

les plus ordinaires de rémunération; ou bien, Ton rend le travail; mais je suis d'opinion qu'une personne placée sur une terre ne réussira jamais à moins qu'elle ne donne tout son travail et sou attention à son propre lot, car l'expérience a prouvé que t'est un mauvais système que de gagner die (quoi vivre en travaillant de temps à autre pour les autres.

"Pour avoir un billet de location, le colon doit avoir le moyen de se rendre sur son lot et les moyens d'y subsistetr pendant une année. Dès que le choix du lot est fait on ne permet aucun échange. Un homme, une fois placé sur sa terre, il ne

Le confluent des rivières Matapédia et Ristigouche.

lui était plus permis, sous -aucun prétexte, de s'absenter sans l'approbation du Département, et s'il le faisait, son lot était donné à ■quelque autre. S'il avait fait quelques améliorations sur la terre, on les faisait estimer par cbeux personnes désintéressées, et celui à qui le lot de terre était donné était obligé 'd'en payer le montant au premier possesseur dans le cas où il retournerait à son établissement. Le temps fixé pour la résidence avant qu'un homme soit mis en possession de son titre est die trois années, si durant ce teimlps, il a continué à accomplir les conditions d'établissement, on devait le lui donner immédiatement."

Ces colonies des seigneuries de Métis, Matane et du canton Reâtigouche se développèrent tant bien que mal. Dans son grand ouvrage, "The British Dominions in North America^ (Londres 1831), Joseph Bouchette écrit qu'il y avait dans la seigneurie de Métis une population de 110 habitants, un moulin à farine, une scierie et un magasin; dans elle de Matane, 245 habitants, un moulin à farine, une scierie, une chapelle ,etc. ; Restigouche avait une population de 319 âmmes, dont quelques Acaldiens, trois magasins, etc.

€e fut en 1830 que le chemin Kempt fut ouvert entre Métis et la rivière Restigouche. Malheureusement, ce travail

avait été fait à la diable et ne fut jamais terminé. Il ne rendit donc pas les services qu'on était en droit d'en attendre, mais il n'avait pas moins attiré l'attention du public sur cette contrée

éloignée, et, en 1842, la population du canton Matapédia était

assez nombreuse pour justifier son érection en municipalité.

James Richardson, du Service Géologique, fit, en 1859, une exploration de la vallée de la Matapédia, et dans son rapport, il signale les habitations suivantes: 1. Pierre Boucher a une grande terre défrichée à la tête du lac Matapédia, et son fils à la décharge du même lac; 2. A l'embouchure de la rivière Causapscal, M. Noble a environ 50 acres de terre en culture. "J'ai rarement vu, remarque M. Richardson, une plus belle récolte que celle qui recouvrait sa terre à l'époque de ma visite. Elle s*» composait d'avoine, orge, pois, pomme de terre, navets et foin. Les fortes tiges de l'avoine, ses longs épis fortement chargés, et la manière touffue dont les tiges recouvraient le terrain, la faisait ressembler à ce que l'on rencontre en Angleterre plutôt qu'à ce que l'on voit en Cianada." 3. A environ quatre milles en remontant la Matapédia, de son confluent avec la Restigouche, se trouve la ferme de David Fr-aser, qui élève de 70 à 100 têtes de bétail et 150 à 200 moutons.

Quelques années plus tard, M. Stanislas Drapeau faisait le recensement die la région avec la résultat suivant:

La population de Sainte-Anne-de-Restigouche s'élevait à 521 habitants, 47 seulement d'origine française, lesquels possédaient 18,551 acres de terre, dont 3,104 en culture, ayant produit 16,279 minots de grain et 22,091 minots de patates et 1,242 tonnes de foin. La mission de Matapédia renfermait une popu-

lation de 32 familles ou 310 habitants, dont un seul est d'origine française. Ces familles possèdent 6,200 acres de terre dont 1,330 défrichées, ayant produit 5,324 minots de grain, 11,768 minots de patates et navets et 379 tonnes de foin.

Un petit noyau de colonisation s'était aussi formé sur les bords du lac Matapédia. Il dépendait de la paroisse de Saint- Octave-de-Métis. Il y avait, au commencement de 1862, environ 6 ou 8 familles formant une population totale d'e 26 personnes, lesquelles possédaient une étendue défrichée de 215 acres et 90 en abatis. Dans le printemps de 1861, il fut ensemencé 192 acres qui produisirent 1,080 minots de grain et 705 minots de

Un pont sur la Matapédia, à la gare de Saint-Alexis.

patates et navets, formant en tout 1,785 minots et environ 64 tonntaux die foin, le tout évalué à $1,317.70. Ces quelques familles possédaient en outre 99 têtes de bétail et paraissaient, dit M. Drapeau, être très encouragées de ces premiers succès.

L'année 1860 avait vu la première tentative sérieuse de colonisation canadienne française par la venue de M. l'abbé Belcourt et de 12 AcaJdiens de Eustico, Ile du Prince-Edouard. Ce fut le noyau de la belle paroisse de Saint-Alexis-de-Matapédia.

Dans la partie nord de Matane, ce sont les habitants de Sainte-Flavie qui essaiment dans leur voisinage, et on voit naître

les paroisses de Saint-Octave-de-Métis (1855), (1) Sainte- Angèle-de-Mérici (1861). Saint-TJlric, Sainte-Félicité et Saint-Jérôme devaient entrer bientôt dans ce mouvement d'expansion de la colonisation canadienne française.

M. T.-H. Legendre, arpenteur, donne, dans un rapport du 20 mars 1868, le résultat des récoltes des colons acadiens pour l'année 1866:

•'1.800 barils de pommes de terre .... à $0.80— $1,410

1,400 minots d'orge à 0.80 — 1,120

T00 " d'avoine à 0.50— 350

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