‹ Vastes champs offerts à la colonisation et à l'industrieChapitre 4 sur 12 · barils de navets à · texte numérisé non relu

barils de navets à

80 tonnes de foin à 10.00 — 800

$6,150 "Outre les produits mentionnés ci-dessus, il y a ceux des jardins, tels que choux, betteraves, carottes, que l'on doit classer piopcrdonnellement aux autres. Ensuite, viennent les viandes, encore des produits de la ferme, en sorte que la récolte de 1866 a -dû rapporter aux colons acadiens pour un montant égal au moins à sept mille piastres, et pour preuve de l'augmentation rapide des produits, je dois cidre que du mois d'avril au mois de juillet 1867, les Acadiens à eux seuls ont engraissé et tué dixsept mille livres de lard. Il possèdent en sus des cheviaux, des boeufs de travail, vaches et moutons. Leurs améliorations s'a croissent très rapidement, vu qu'ils ne s'occupent généralement pas d'autre chose que des travaux de la terre."

(1) "On lit ce passage dans la Topographie qu'a publiée Bou-

chette en 1815: " la surface de cette seigneurie (de Peiras

ou Métis) est généralement montagneuse et hérissée le long du front, et offre peu de terrain propre à V agriculture". Si le célèbre arpenteur était encore de ce monde, je lui conseillerais de payer une visite à la paroisse de Saint-Octave de Métis, que la seigneurie de ce nom enclave toute entière. Je voudrais que cette visite eut lieu un beau dimanche du mois d'août ou de septembre, par exemple. A la porte de l'églies catholique ou de ses deux temples protestants, il verrait à la sortie des services religieuy la presque totalité d'une population dépassant de quelques centaines ses deux mille âmes, respirant par tous les pores, la santé et le contentement ; grands et petits, mis avec recherche, prendre place dans de jolies voitures traînées par des vigoureux chevaux luxueusement enharnachés. Dans les rangs, partout, il verrait de coquettes habitations, de superbes jardins, de gras pâturages, des champs poussant à pleines clôtures les diverses semences qu'on leur a confiées.

"Comme parfois l'on se trompe dans ses appréciations ! "

(J.-W. M., dans le "Bulletin des Recherches Historiques," décembre 1911.)

Comme on le voit, la colonisation française accomplissait son oeuvre aux deux extrémités de la contrée: les Acadiens suala Restigouche ot la Matapédia et les Canadiens-français dans les anciennes seigeuries et les cantons voisins. Par la construction du chemin Matapédia, les deux courants sont venus lun à l'autre, et en peu d'années se formèrent des groupements sur tout «on parcours. De ces groupements, devaient sortir Saint-Octave, Sayabec, Cedar-Hall, Amqui, Causapscal et Beaurivage. Le travail du défrichement fut facilité, dans beaucoup de ces localités, surtout à Causa.pscal, par les grands feux de forets de 1862, 63, et 64.

Une ferme à Saint-Alexis-de-Matar>éclia.

En 1861 survint l'affaire du "Trent'*. Le capitaine Wilkes aborda le "Pacquet-Trent*' de la malle anglaise, ayant à son bord MM. Mason et Sildell, commissaires confédérés. I> gouvernement anglais demanda la soulmission de Mason et Sildell. La demande fut accordée ,par le gouvernement américain et la guerre fut évitée. Mais la construction diu chemin Matapédia fut décidée, afin de mettre Québec et Halifax en communication au moyen d'une bonne route militaire.

'Ce fut donc une cause bien éloignée qui devait donner la prendre impulsion sérieuse à l'établissement de la Matapédia. Et ce chemin est resté un modèle du genre. Aujourd'hui encore,

il rend d'inappréciables services aux colons et facilite l'ouverture die certains cantons.

En 1857, on aviait commencé ce chemin, sur un tracé £ait par M. F.-C. Baillargé; le point de départ était à Sainte-Flavie et le «terminus à la Pointe-à-la-Croix. On adopta oe tracé, ainsi que les premiers travaux ; niais ce grand travail ne fut terminé qu'une dizaine d'années plus tard.

Le chemin Kempt avait une longueur de 97^4 milles, comptait 6 ponts et avait coûté $29,064. La longueur du chemin Matapédia était de 110^ ; il comptait 51 ponts et le coût fut de $187,870,85.

On peut se faire une idée de l'importance des travaux qu'il avait fallu exécuter, par rénumération de- ces quelques ponts et viaducs, lesquels avaient été construits assez solides pour permettre le passage de la grosse artillerie:

Ponts Longueurs

: Rivière Métis 271 pieds

Rivière Saint-Pierre ...... 184 "

Rivière Matapédia 200 "

Rivière Causa pseal 264 "

Ruisseau Clark 277 "

Ruisseau No man's Gulch .... 18Ô il

Rivière Assémetquaghan 115 "

Petite Rivière 1,833 "

Pans un rapport un Ministre des Travaux Publics, en date du 24 juillet 1867, M. Joseph Rosa, contrôleur du chemin, écrivait :

" Après l'ouverture du chemin Kempt, comme il y avait 75 à 80 milles sur ce chemin sans aucune habitation, le gouvernement a payé et rpaie encore annuellement à quatre personnes différentes $100 par année, en tout $400, pour résid?r sur le chemin et assister les voyageurs.

"A présent que la colonisation commence à se porter sur le chemin Matapédia, ces fonds pourraient servir à son entretien, tant en hiver qu'en été.

"Dans mon humble opinion, après que le chemin aura été terminé et que les réparations auront été faites, c^tfe somme serait suffisante pour tenir le chemin en bon ébat de répaiatioa, si elle est judicieusement employée.

"Voici de quelle manière je proposerais d'employer ces $400 •pour le plus grand avantage du chemin : Donner $60 par année à une personne qui voudrait s'établir à la place nommée "le rocher de Louis Lachance", sur la division sud, à la condition qu'il entretiendrait pendant l'hiver quatre milles de chaque côté du rocher, en tout huit milles. L'entretien de ces huit milles consisterait à aplanir et jeter hors de la voie les avalanches de neige qui partent du haut des montagnes, tombent sur le chemin et l'obstruent. De plus, il devrait être obligé de tenir une bonne maison pour recevoir les voyageurs.

La campagne vue de l'église de Saint-Alexis.

"La balance des $340 pourrait être donnée à une autre •personne avec la condition qu'elle passerait deux ou trois fois par année avec deux hommes et une voiture, sur tout le parcours du chemin, ^depuis Sainte- FI avie jusqu'à Pointe^à-la- Croix, dans les mois de juin et septembre; dans le mois de juin pour jeter en dehors du chemin les éboulis, souches, arbres, pierres, etc., enfin tout ce qui pourrait l'obstruer; nettoyer les fossés et réparer tous autres dommages; dans le mois de septembre, pour remplir avec du bon gravier les ornières et les "ravages" qui pourraient se faire dans le cours de l'été, et tous autres réparations ordinaires."

Le même rapport constate que cette année-là, le chemin Matapédia était habité depuis Sainte-Flavie jusqu'au 14ème mille, et que sur les 77 milles suivants, il n'y avait que 12 habitations. Les derniers 9 milles étaient aussi hiabités.

Une des conditions de l'entrée des provinces (maritimes dans la Confédération de 1867 avait été la promesse de la construction dhi chemin de fer Intercolonial qui les mettrait en communications avec Ottawa, la nouvelle capitale fédérale.

Le chemin de fer fut construit, et il traversa la vallée de la Matapédia dans toute sa longueur, coupant ou longeant une dizaine de cantons. Les premiers trains circulèrent en 1874, et un vaste et fertile pays ne se trouva plus qu'à quelques heures de Québec et de Montréal.

Cependant, sa conquête fut lente, et la colonisation y -marcha à pas de tortue. Les voyageurs qui le traversaient en chemin de fer étaient rebutés par les escarpements des gorges de la Matapédia, et disaient qu'il n'annonçait rien qui vaille. Et personne, nli gouvernement, ni particulier ne se donnait la peine de détruire cette impression fâcheuse et injuste. Une vague mention de la région était faite dans une brochure incolore que lé gouvernement publiait de temps à autre, mais c'était tout.

En 1875, une épidémie de petite vérole éclate au sein de la colonie acadienne de Matapédia. Le Dr. J.-M. Turcotte est dépêché sur les lieux et il est accueilli par ce petit discours qu'on trouve dans son rapport: "C'est avec plaisir que la colonie ftcadienne de Saint-Alexis-de-Matapédia souhaite en votre personne la bievenue à un envoyé du gouvernement. Nous somn: es très (sensibles à cette démarche die l'honorable Commissaire del'Agriculture et des Travaux publics qui prend un si grand soin de nos personnes et de nous préserver du fléau de la variole. Nous remercions bien sincèrement l'honorable M. Garneau, en vous priant, monsieur le Docteur, de lui exprimer nos sentiments de gratitude. Veuillez lui dire aussi que notre colonie souffre d'une maladie bien dangereuse : la maladie du "pont" , et qu'il est le docteur par excellence."

L'interprète des colons acadiens aurait pu ajouter la maladie du "chemin" et celle de "l'isolement", faute de colons et d'une campagne de propagande.

Pendant que les Labelle, les Paradis, les Brossard et l^s Hébert faisaient la conquête du Nord-Ouest de Montréa1, du Témiscamingue, de la Mattavinie et du Lac Saint- Jean, la région Matane-Matapédia restait dans l'abandon, souffrant toujours des mêmes maladies.

Le Ministre de l'Agriculture d'Ottawa publie, en 1886, unebrochure de propagande colonisatrice sur la Gaspésie — Rimouski, Bonaventure et Gaspé. Au lieu de consacrer un cha-

pitre au moins à la Matapédia, on y trouve cette simple mention:

"Au sud de cette chaîne, (il s'agit des monts Notre-Dame), il y a une grande vallée intérieure dont la surface est en plusieurs endroits accidentés par les hauteurs ou rétrécie par les terrains montueux qui la bordent de chaque côité, au nord et au sud. Sa largeur varie de dix à trente milles, et elle offre généralement tous les caractères d'un plateau élevé. Le sol de cette grande vallée est pauvre et léger en certains endroits, pierreux en d'autres, mais il est généralement arable et fertile."

Et c'est tout.

Vue du village de Saint-Alexis-de-Matapédia.

L'année 1890 se signale par un beau geste de Mercier: un collège électoral est créé soûls le nom de Matane, embrassant la vallée de la Matapédia, moins les quatre cantons du sud' qui restent dans Bonaventure. La môme année, M. Arthur Buies y fait une exploration et son rapport est déposé sur la table de l'Assemblée Législative.

Ce fut la grande révélation!

Cinq ans plus tard, M. Buies consacrait une solide et enthousiaste brochure à la vallée de la Matapédia. Ce fut le commencement de la propagande par la publicité. MM. Eugène Rouillard et L.-E. iCarufel devaient suivre sa voie, de même que des journalistes ^autorisés comme l'honorable M. ■Charles Langelier et M. J.-P. Tardive!.

Après 1890, Matane eût donc son député à la Législature ée Quéec et son avocat et solliciteur aujprès des ministères pu-

blics, au lieu de rester confondue dans l'immense comité de- Kimouski.

Durant la dernière décade, le Ministère de la Colonisation. a dépensé les sommes suivantes en travaux de colonisation:

Total .... $74,451.63

Durant Tannée fiscale 1909-1910, c'est dans le comté de Matane qu'il a été vendu le plus grand nombre de lots die terre ; exception faite pour la région Labelle, qui est trois ou quatre fois plus vaste.

Aussi, est-il intéressant de s'arrêter au résultat obtenu : En 1890, il y avait dans la vallée de la Matapédia (proprement dite, 64 familles; dix ans plus tard, 1,590, et en 1910, 2,848. C'est-à-dire que la population a presque doublé durant chacune des deux dernières décades!

A la dernière session de la Législature, la région de Matane-Matapédia proclamait encore sa rapide et vigoureuse croissance en demandant d'être divisée en deux comtés pour les fins municipales et d^enregistrement. Cette demande fut sanctionnée par une loi.

Bientôt, on peut le prédire, sans être un bien grand prophète, cette division des pouvoirs administratifs s'étendra aux affaires politiques, et on aura alors le "comté de Matapé:]ia'\

Réserve des Indiens.

Sur les confins de la vallée de la Matapédia se trouve une réserve indienne. Or, comme la vie des Indiens est un peu mêlée à celle des colons des cantons voisins, nous croyons deyoir donner les [renseignements suivants qui émanent de source officielle :

Réserve. — La réserve est située sur la rive nord de la jolie rivière Restigouehe, dans le township de Mann, comté de Bonaventure, province de Québec, vis-à-vis la ville de Oampbellton, N.-B.

Tribu. — Ces sauvages sont tous de la bande des Micmacs.

Population. — La population est actuellement de 506, soit une augmentation de 8 depuis Tannée dernière. Il y a eu 20 naissances et 12 décès au cours du dernier exercice.

Santé et hygiène. — Aucune maladie contagieuse n'a sévi durant l'année dernière. Les précautions sanitaires ont été bien observées. Les maisons ainsi que les alentours des propriétés sont proprement tenus.

Ferme et pa\rsag'e à Saint-Alexis-de-Matapédia..

Occupations. — Les ressources de ces sauvages sont diverses : ils cultivent, exploitent le bois, chargent les vaisseaux, conduisent le flottage du bois et servent de guides aux touristes. Sur la réserve se trouve un moulin excellent, lequel tout en leur procurant de l'emploi les fournit convenablement de bois de chauffage.

Bâtiments. — En général, les bâtiments sont assez bons. Les sauvages ont de bonnes maisons, bien meublées, bien tenues. Ils ont également de bonnes granges et des étabks.

Bétail. — Leur bétail est en très bon état. Ils ont des vaches et des chevaux excellents et d'autre bétail.

Instruments aratoires. — Les sauvages qui possèdent assez de terrain pour cultiver sont bien 'munis d'instiuments aratoires. Ils connaissent la façon pratique de s'en servir, et les entretiennent en bon état.

Religion. — Tous ces sauvages sont catholiques. Des Pères Capucins les desservent et prennent grand soin -die leur bienêtre spirituel et temporel. (1)

Traits caractéristiques et progrès. — Ces sauvages sont de bons travailleurs et obtiennent de bons salaires, mais quelquesuns sont encore très imprévoyants. 'Cependant, je suis heureux de constater, à ce sujet, une légère amélioration.

L'agent de la réserve est M. Pitre.

Noms Géographiques, i»)

Alléganys. Dans la langue des Delawares, "(montagne continue".

Awantjish. (Canton). En langues micmaque, "petit portage".

Cours d'eau qu'on a soudain en face de soi, après une

courbe, lorsqu'on remonte en canot la rivière dans

laquelle il se jette. Les mots soulignés composent le

nom. Amqui. (Canton). En langue micmaque, "Là où l'on s'amuse"'. Baie des Chaleurs. Ainsi nommée par Jacques .Cartier qui y

avait souffert de la chaleur dans son voyage de 1534. Biais. (Canton). Mgr. André-Albert Biais, deuxième évoque de

Iiimouski.

Bonaventure. (Ile et comté). Nom d'un navire qui portait le

sieur Court-Pré Ravillon dans une expédition à la

haie des Chaleurs.

•Cabot. ('Canton). Jean Cabot qui découvrit l'Ile de Terreneuve

en 1497.

Capucins. (Paroisse). Ainsi nommé à cause de la présence dans

le voisinage d'un rocher qui affectait la forme d'un

moine capucin, vêtu de sa cagoule et coiffé de son

capuchon.

Cascault. (Canton). Mgr. Caseault, fondateur die l'Université

Laval.

CausapscJal. (Eivière et canton). En langue micmaque, "Pointe

rocheuse", ou "Fond pierreux et brillant". Cedar-Hall. (Paroisse). Nom donné à la première maison

construite à cet endroit par un nommé Garant. €herhourg. (Canton). Port de mer et ville fortifiée de France.

(1) Cette mission des P.K. P.P. Capucins fut détruite par le feu au mois de janvier 1912.

)2) Voir les ouvrages de MM. P.-O. Roy et Eug. Rouilîard.

Dalibaire. (Canton). Un des directeurs généraux de la Compagnie des Indes Occidentales.

Fleuriault. (Canton). Le comte de Fleuriault, aide 'de camp de Napoléon, ambassadeur de France en Angleterre et allié au marquis de Lansdowne, gouverneur du Canada.

Ga&pé. (Comté, etc.) En langue micmaque, '"'Bout, extrémité".

Jette. (Canton). Sir L.-A. Jette, ancien lieutenant gouverneur de la province de Québec.

Kempt. (Chemin). En l'honneur de Sir James Keimpt, administrateur du Canada (Dalhousie étant gouverneur), de 1821 à 1830.

Une ferme à Saint-Alexis-de-Matapédia.

Lepage. (Canton). Germain Lepage, premier seigneur de Ri-

monski.

Massé. (Canton). Le R. P. Emmanuel Massé, missionnaire

jésuite.

Matalik. (Canton). En langue micmaque3 "Cours d'eau sautillant".

Matane. (.Comté et paroisse). En langue micmaque, "Vivier

de castor".

Matapédi-a, (Rivière, etc.) En langue micmaque, "Rivière qui

fait fourche." Méchins. ('Paroisse). Les méchims sont de grosses roches que

l'on voit au loki dans la mer. On croit que c'est la

corruption du mot "méchant".

McNider. (Canton). Mathew 'McNider acheta le fief de Métis

en 1802,

^Nemtayé. (Canton). En langue micmaque, ce mot désigne une région accidentée.

Métis. (Fief, village, etc.). En langue micmaque, "Bouleau1'.

Milnikek. (Canton). "Terre où il y a beaucoup de baies."

Patapédia. (Canton et rivière). En langue micmaque, "Courant impétueux, capricieux, etc."

Pinault. (Canton). Le colonel Félix Pinault, ancien député de Matane.

Rimonski. (Ville, comté et diocèse). D'après Mgr. Laf lèche, ce mot, en langue micmaque, signifie "Demeure du chien".

Rcs-tigouche. (Rivière et canton). En langue micmaque, "Rivière aux cinq branches'7, à cause des îles qui se trouvent près de son embouchure.

Sainte-Flavie. (Paroisse). En l'honneur de Flavie Drapeau qui donna le terrain de la fabrique en 1850.

Saint-Jérôme-de-Matane. (Paroisse). En l'honneur du. célèbre abbé Jérôme Demers.

Saint-Pierre-du-Lac. (Paroisse). En l'honneur de son fondateur, l'abbé Pierre Brillant.

Sandy-Bay. (Paroisse). Vient de l'Anse aux Sables des Français. Les premiers colons de cette localité furent des Ecossais.

Sayabec. (Rivière et paroisse). En langue micmaque, "Rivière , remplie".

TVssier. (Canton, -etc.) L'honorable juge TJIric Tessier.

Instruction Publique.

Sons le rapport de l'instruction publique la région Màtaae- M;^tapédia ne le cède guère aux contré s les mieux favorisées de la Province.

Il y a, à Rimonski, un collège classique, une école normale pour 1rs filles, un couvent et une académie commerciale pour les garçons.

La fondation de l'Ecole Normal \ en 1906, a été un bienfait pour la région. Le nombre des institutrices non diplômées s'est abaissé considérablement, et les traitements ont augmenté d'une façon encourageante.

Des académies pour 1 s 2-arçons, dirigées par les Frères existent à Mont-Joli, Matane et Sayabec. Les paroisses suivantes ont d'excellents couvents pour les filles: Saint.-Alexis-de-Matapédia, Saint-Benoit-Joseph-Lâbre-d'Amqui- Sainte-Marie - de - Sayabec,

Saint-Pierre-du-Lac, Sandy-Bay, Saint-Ulric, Mont-Joli et Mata ne.

Si l'on veut se faire une idée des progrès réalisés, depuis dix ans, on n'a qu'à interroger les rapports annuels du Surintendant de l'Instruction Publique :

Valeur de la propriété imposable Valeur diu mobilier des écoles .

Nombre des élèves des écoles Nombre des religieuses .

Nombre d s religieux (1)

Résidence d'un particulier à Saint-Laiireiit-de-Matapédia.

En 1897, la contribution du gouvernement au fonds des écoles élémentaires du comté de Miatane était de $2,163.13 ; elle s'élevait à $4,245.85 en 1910.

En 1908, M. l'inspecteur Chabot énumère les travaux suivants dans son rapport :

Lac^au-Saumon : construction d'une école, $3,000; achat d'un mobilier, $175; laugnicnibation des traitements, $50.

Sayabec : agrandissement d'une école, $1,480 ; achat de mobiliers, $110; augmentation des traitements, $65.

Causapscal : construction d'une école, $425.

(1) L'académie de Matane n'existait pas encore.

Saint-Laurent-de-Matapédia : construction d'une école, $300; achat d'un mobilier, $62.50; réparations aux écoles, $163;. augmentation des salaires, $20.

Sainte-Florence-de-Beaurivage : construction d une école, $557; achat; d'un ameublement non approuvé, $37.

Saint- Al exis : réparation aux écoles, $60; achat d'un mobilier $67.

Aimqui: réparations aux écoles, $60; sa/chat d'un mobi'ier, $67; augmentation des traitements, $15.

Oedar-Hall: réparations aux écoles $70; augmentation, des traitements, $20.

Saint-Léon-le-Grand : réparations aux écoles, $28; augmenfation des traitements, $20.

Eesitigouche : réparations aux écoles, $72.

Saint-François-d' Assise : achat d'un bureau d'institutrice, $10; augmentation des traitements, $10.

Deux amis plus tard, il dit encore:

"M ont- joli, depuis un an. possède une académie commerciale, dirigée par les Eévérends Frères de la Croix de Jésus. Cette belle et grande maison d'éducation, qui est appelée à faire beaucoup de bien, est un vrai monument pour cette petite ville naissante; elle est pourvue de toutes les améliorations modernes. Enfin les classes, qui sont assez spacieuses, sont très b'en aménagées. Deux seulement ont été ouvertes ; elles figurent comme étant sous contrôle.

"Le promoteur de cette belle oeuvre, le zélé et infatigable M. J.-A. Verreau, curé de l'endroit, mérite certainement de gramd's éloges et surtout les remerciements sincères de la population de Mont-Joli. Ce même endroit compte aussi comme maison d'éducation un couvent; les classes, au nombre de 4, en sont confiées aux Dames du Saint-Eosaire; elles sont fréquentées par des filles de tous âges et par les petits garçons audessous de 12 ans.

"Mataine, village, possède aussi un magnifique couvent; il est très bien situé, grande cour, bien ombragée, etc. Les Dames du Bon-Pasteur en sont les propriétaires. Les 5 class es, dont 3 sous contrôle, sont bien meublées et bien tenues. I/éccle de garçons comprenant 3 départements est dirigée par des institutrices laïques; cette maison est une des belles habitations de la petite ville."

De son côté, M. G.-E .Marquis dit dans ison rapport de 1910:

"A l'automne de 1909, j'ai été appelé à aller recevoir six écoles construites au cours des vacances. Cinq l'ont été d'après des plans et devis approuvés par votre département. Il n'y a qu'à Saint-Léon-le-Grand où les commissaires ont agi en marge des règlements scolaires, à ce sujet.

"'Ces maisons ont coûté $8,505.00. Je crois devoir faire ici une mention toute spéciale de celle qui a été construite à Sayabec, dans le comté de Matane. M. le curé J.-C. Saindon, président de la commission scolaire, dont le dévouement^ l'abnéga-

Une ferme à Saint-Alexis-de-Matapêdia.

tion et la générosité sont au-dessus de tout éloge, a fait bâtir cette école de ses propres deniers et l'a ensuite donnée à la municipalité. 'Cette académie a coûté plus de $5,000.00. Voilà un exemple qui mérite d'être signalé à la province tout entière."

Et dans celui de 1911 :

"Les traitements continuent lentement leur marche ascensionnelle : clii va sano va lentano, dit un provei'be italien.

"En 1905, la moyenne était de $109, et de $147, pour les écoles élémentaires et modèles respectivement. Aujourd'hui, elle est de $124,50 et de $1G5. Soit une augmentation de $14.50 dans le premier cas,, et de $18, dans le second.

"A cette date, pas moins de S municipalités ne payaient pasencore une moyenne de $100. Voyez le chemin parcouru depuis :

Cedar-Hall donnait alors $ 97. Aujourd'hui $ 114.

Sayabec " " 91. " 122.

Causapseal " " 93. " 150.

Saint-Bénoit-Lâbre-d'Amqui 94. " 110.

"Cette -année, il a été payé au-delà de $1,000 de plus que Tannée dernière pour les traitements seulement. La moyenne, pour Jes institutrices clés écoles élémentaires, a été rehaussée de $3.56."

Agriculture et Industrie Laitière.

L'agriculture est et restera toujours la principale ressource de la région Matane-Matapédia. Certes, l'industrie y a aussi un vaste champs d'action à cause du voisinage de forêts pour ainsi dire inépuisables et la présence d'importantes chutes d'eau. Il y a d'ailleurs un bon pas de fait dans cette direction. Mais c'est vers l'agriculture que le colon doit diriger son esprit et son activité. Nous comprenons, cependant, que dans les débuts d'un établissement, le colon, sans capital, doive recourir au "chantier" pour subvenir aux premiers frais de son installation et se nourrir avec sa famille. Le défricheur qui est dans cette nécessité est du reste assuré de trouver de ce côté des gages variant de $25 à $35 par mois. Mais le colon qui veut fonder un foyer durable doit bien se mettre dans l'idée que c'eït à son lot qu'il doit donner le meilleur de ses pensées et de son travail.

Il nous fait plaisir de constater que si le colon de la région Matane-Matapédia a trop souffert dans le passé de la maladie du "chantier", il y a maintenant une louable émulation pour tirer du sol tout ce qu'il produit si généreusement.

Un colon de Saint-Léon-le-Grand écrivait récemment à "La Presse": "Notre population est travailleuse et aime à ne pas rester en arrière. Elle se donne à l'agriculture avec une ardeur sans pareille." Et M. le Curé de Saint-Damase nous écrivait, il n'y a pas longtemps: "A Saint-Damalse, la colonisation va d'une manière encourageante depuis quelque temps. L s denrées et les produits de la ferme se vendent bien ainsi que le bois. Les colons ont renoncé, semble-t-il, à faire la navette entre la paroisse et les Etats-Unis. C'est là la raison qui avait retardé la paroisse."*

L'initiative des colons s'est très heureusement portée vers la coopération. Il y a dans le comté de Matane une société d'agriculture et quinze cercles agricoles. Neuf comtés seulement dans la province en ont un plus grand nombre.

Ces quinze cercles comptent 1,287 membres, et ce chiffre n'est dépassé (pie par onze comtés. Les membres ont contribué $3,640, et <de ce chef, Matane arrive le cinquième comté dans la Province.

A même le montant versé par les membres et l'allocation du gouvernement de la Province, laquelle a été de $618.50, il a été acheté pour $220.25 d'instruments aratoires, $336.11 d'animaux et $3,501.67 de graines de semence.

La ferme de M. Aquilas Heppelle de Causapscal.

Les proportions sont à peu près les mêmes pour la sociétés d'agriculture, d'après le dernier bilan:

Nombre de membres . . ... 433

Souscription des membres . . . $557 Allocation du Gouvernement . . $670

Autres recettes $1,076

Achat et entretien d'animaux . $1,117 Achat de graines de semence . . $557 Comme on le voit la coopération est entrée dans l'esprit et les moeurs des colons. Voyons maintenant les résultats :

Cercle de Saint-Léon-le-Grand. "Malgré que ce cercle n'ait été érigé que tout récemment, les résultats qu'apportent toujours ces sortes d'associations ont déjà eu leurs effets à Saint-

Léon-le-Grancl comme partout où existent des cercles agricoles. Le choix dans les graines de semence et l'usage d'une pi as grande quantité de graines fouragères ont obtenu des résultats qui ont suscité un encouragement qui ne pourra que s'étendre à tous les cultivateurs qui aiment leur profession. Les perspectives sont belles."

(Signé) Z.-O. Gendron, ptre., S. T.

* >fi *

Cercle de Sainte-Marie-de-Sayabec. "Les membres de ce cercle constatent avec plaisir les heureux résultats que leur institution a obtenu dans leur région agricole depuis l'existence de ce cercle et les progrès considérables que l'agriculture a fait. L'achat de grains de semence de premier choix a amené de bien meilleurs rendements et les soins apportés à l'amélioration des animaux de la ïerme, par leur croisement avec des reproducteurs enregistrés, ont produit des résultats plus que satisfaisants."

(Signé) Alphonse Rioux, S. T.

, Cercle d& Sainte-Florcncc-de-Beaurivage. "Le cercle agricole de cette paroisse rend beaucoup de services à l'agriculture en facilitant et en encourageant les cultivateurs dans l'emploi de bonnes graines de semence. L'animal de race que le cercle s'est procuré pour La reproduction a rendu de grands services. Les troupeaux de vaches laitières se sont donc beaucoup améliorés, ainsi que les prairies et les pâturages."

(Signé) J.-P. Cyr, ptre, S. T.

Cercle des cantons unis Romicu-Dalibaire. "Le cercle a bien fonctionné cette année et à la satisfaction des membres. Ses résultats ont été très satisfaisants, surtout au point de vue de l'achat des grains de semence de première qualité.

"La récolte en général a été excellente, les patates exceptées ont rendu un peu moins que la moyenne, mais la qualité en a été. bonne."

(Signé) G. A. Verreault, S. T.

Voici d'autre part ce que nous lisons dans la "Presse" du 10 juin dernier : "A Saint-Fidèle, les produits laitiers, bien que nous n'avions encore de beurrerie, s'élèvent cette année à une

douzaine de cents piastres, au bas mot. Nos produits se vendent bien; Cinq de nos colons on)t des centrifuges dont ils tirent parti très avantageusement. On porte, en général, une attention spéciale aux vaches laitières qui sont de la meilleure race.77

Au sujet de l'industrie laitière à Odusapseal, nous lisons dans le même journal, à la date du 24 Juin 1911 : "Nous avons deux fromageries qui font de bonnes affaires. Le nombre des vaches laitières est de 400, et le chiffre des revenus peut se •chiffrer, au bas mot à $3,000."

De Saint-Léon-le-Grand, "La Presse'7, du 22 juillet 1911, dit: "L'industrie laitière est payante. Nous avons une fromagerie alimentée par 200 vaches à lait. La valeur de nos produits laitiers est de $8,000 pour cette année, et nous avons un marché rémunérateur pour tous nos produits."

La ferme de M. Joseph Heppelle de Causapscal.

Sous ce titre "Heureuse Initiative" voici ce que nous trouvons dans un récent numéro du "Progrès du Golfe", de Rimouski :

"Nous sommes un peu en retard pour venir annoncer à nos cultivateurs des districts de Matane et de Rimouski, une nouvelle qui ne manquera pas de les réjouir.

"Après bien des difficultés à surmonter, de? obstacles de tous genres à vaincre, de nombreux préjugés à faire tomber^ les champions de l'industrie laitière des paroisses de Rimouski, St- Octave, St-Gabriel, Ste-Angèle, iSte-Flavie, Mont-joli et St- Jbseph-de-Lepage? ont réussi à former un syndicat ayant pour but la vente plus facile et plus équitable du produit de leurs fabriques de beurre ou de fromage.

"C'est une organisation fondée, non à prix d'argent; un* organisation qui ne se maintiendra pas à prix d'argent; une organisation dont le fonctionnement ne se fera pas moyennant finances à M. un Tel ou à M. un Tel. Non, non; fondé* sur le dévouement cle ses membres, c'est sur le dévouement et la bonne volonté de tons les intéressés qu'elle doit se maintenir et progresser.

"Voici comment fonctionne la dite organisation.

"Tous les vendredis, à 4 hrs, p. m., des agents représentant quelques exportateurs de Montréal, se rendant à Sainte-Flavie- S ration, se réunissent dans une salle, dite salle de vente, à 1 "hôtel de M. L.-P. Pelletier; puis, là, en présence des représentants de toutes les fabriques intéressées, achètent à 1 enchère la quantité de beurre et de fromage mise sur le marché. Actuellement la quantité mise en vente est d'environ 600 boites de fromage, et 300 de beurre par semaine.

"Cette organisation offre de précieux avantages. Entr'autrès celui de ne pas voir les patrons exposés à sacrifier leurs produits à l'arbitraire d'un seul acheteur, comme cela a pu se pratiquer dans le passé. Puis, un second avantage fort appréciable, c'est que la maison qui achète, doit avoir un crédit ouvert à la Banque Molson où le payement se fait au co'mrptant."

Espérons que ce mouvement finira par s'étendre à toute la

vallée de. la Matapédia.

A l'agriculture proprement dite se rattachent d'autres industries qu'il serait trop long de considérer ici, même brièvement; cependant nous consacrerons quelques lignes à la culture fruitière et à l'aviculture.

Dans son dernier rapport à l'honorable Ministre de l'Agriculture, M. Auguste Dupuis, directeur de la station d'arboriculture fruitière de Vil lage-des- Au Inaies, dit que les sols légersde la région de Rimouski conviennent aux pruniers de la meilleure espèce. Le froid y est aussi grand que dans les cantons de l'Est, cependant il n'affecte pas les pruniers, car la température est modifiée par le Saint-Laurent qui ne gèle pas. ta neige qui protège les pruniers de novembre à avril est une protection assurée contre les dégels trop fréquents à l'ouest de Québec.

Une station d'arboriculture fruitière a été organisée, à Rimouski, par les soins du gouvernement de la province de Québec, sous la direction des RR. FF. de la €roix. Les colons peuvent s'y procurer des pommiers élevés en pépinière, au prix de 25 et 30 cents la pièce.

Les pommes se peuvent parfaitement cultiver dans toutela vallée de la Matapédia, de même que le? prunes et les cerises* Les expériences qui ont été faites, dans la région de Ténis- •ouata. et les succès obtenus devraient engager de sérieuses tentatives dans la Matapédia.

A la station de Rimouski, on se livre aussi à l'apiculture, et on peut 'toujours s'y procurer des essaims d'abeilles.

"L'exploitation de la volaille est une industrie qui peut être développée avec avantage en cette partie de la province de Québec, appelée "'Région du Golfe Saint-Laurent", comme partout ailleurs, pourvu que l'on se serve des méthodes scientifiques d'élevage, de bon logement, d'un choix intelligent de bonnes poules, que Ton ait à sa disposition l'espace de terrain

La ferme de M. J.-Bte Hippelle de Causapscal.

suffisant, une connaissance approfondie de cette science, et que Ton soit arnié de patience, d'énergie et de courage^ pour faire face aux contre-temps et aux tmauvaisas saisons qui accompagnent cette industrie comme toute autre."

Et nous serions tentés d'ajouter: "Pour réunir toutes ces conditions, il sera suffisant de lire, méditer et mettre en pratique la belle brochure de M. le notaire Louis de Conzagne Belzile, de Rimouski, "Le Poulailler de Rapport". Dans cette brochure, M. Belzile raconte les succès qu'il -a obtenus avec la poule de la race Wyandotte. C'est celle de l'avenir de la région.

Ces trop courts extraits du beau et solide travail de M.

Belzile donneront une idée des avantages et des profits qui découlent de cette industrie

"C'est l'une des branches les plus avantageuses de l'agriculture, car ce sont les volailles, bien tenues qui rapportent le plus sur la ferme, du moins actuellement, le coût de l'installation pris en considération. En effet les chiffres officiels du recensement de 1901 indiquent que la poule rapporte 239 pour cent de profit, la vache à lait, 85 pour cent et le blé 31 pour cent. Une poule avec un soin ordinaire donne un produit d'au, moins $2.00 par année, c'est-à-dire au moins huit douzaines d'oeufs à 25 cents la douzaine. Déduisons de ce revenu brut, $1.00 pour le coût de son alimentation, (chiffre reconnu) il reste donc un revenu net de $1.00, et la poule valant environ 75 cents, c'est donc un profit net de 133 pour cent du capital, et ceci sans tenir compte des poulets.

"L'élevage est également payant. La poule engraissée coûte environ 8 centins la livre, et le prix de vente sur le marché est de 12 à 18 centins la livre, donnant un profit net de 125 pour cent."

Et ce notaire-philosophe conclut :

"Rien n'est plus profitable et en même temps plus agréable que l'élevage des volailles."

Des réponses au questionnaire de 1895, nous citerons les suivantes :

"Les céréales et les légitimes cultivés comprennent le blé, le seigle, le sarrasin, l'avoine, l'orge, les patates, les navets, les choux, les pois, etc. -

"Le rendement varie quelque peu suivant les localités, mais se maintient toujours à un chiffre remarquable, relativement aux autres régions agricoles. Ainsi le rendement moyen du blé, par arpent, est de 20 à 25 minots; celui de l'avoine et de l'orge, 40 à 45 minots; celui du seigle, 25 à 30 imonots; celui du sarrasin 60 minots. Les pois donnent de 30 à 35 minots par arpent, et les autres légumes rapportent dans la même proportion à peu près.

"La valeur relative des biens des colons dépend, bien entend{u, du degré et de l'étendue de la culture. En général, ils isuivent une progression allant de cinq cents à trois mille dollars. Les terres de cent acres, habitées depuis huit à dix ans et cultivées en partie, valent de 1,000 à 2,000 dollars. En certains endroits, dans le canton Causapscal, ipar exemple, on

trouve des propriétés, comme celle de M. Biais, qui va1 eut $5,000; celle de M. Valois, $4,500; de M. Lepage et de M. Heppel, chacune $4,000.

"Il s'agit ici d'une moyenne pour toute la région." Il nous semble qu'une contrée susceptible d'un tel développement, donnant en si peu d'années de semblables résultats devrait être mieux connue et plus peuplée.

Le gouvernement de la province de Québec a fait sa large part. Ce sont croyons-nous les colons eux-mêmes qui devraient faire davantage, publier leurs succès par tous les moyens pos-

Un coin du villag'e de Causapscal.

is'ble. Le Ministère de l'Agriculture offre, outre les sociétés d'agriculture et les cercles agricoles, l'union expérimentale, lesconcours des produits laitiers, les sociétés d'horticulture, les concours du mérite agricole, etc.

Nous ne connaissons pas de meilleure réclame que les monographies de fermes qui accompagnent les rapports des juges du mérite agricole. Eh bien! nous avons parcouru ces rapports depuis vingt ans et nous n'avons trouvé que deux colons de la région Miatane-Màtapédia qui aient pris part à l'un de ces concours — celui de 1903.

A propos d'un récent concours die poulains, M. L.-N. Desrosiers, de Sandy-Bay, écrivait >au Ministère de l'Agriculture : "Les sujets exposés étaient très beaux; malheureusement, il est très regrettable qu'il n'y ait eu un plus grand nombre d'exposants. Les directeurs espèrent qu'une autre année la chose sera mieux comprise et qu'il y aura un plus grand nombre d'inscriptions. Un M. Romain LeBel a vendu un poulain de 4 ans $90 et une pouliche $75, sur le terrain même de l'exposition. Avec ses primes, ce monsieur est retourné chez lui avec la jolie somme de $179."

Les colons de la M&tapédia ne devraient pas se tenir à l'écart du mouvement fait en faveur de l'avancement de l'agriculture, de l'industrie laitière, de l'élevage, etc., surtout étant donné qu'ils pourraient prendre une place fort enviable parmi les comtés les plus avancés de la Province. Et dans toutes les branches de l'activité agricole!

Lauréats de Mérite Agricole

(Concours de 1903)

Joseph Valois. (Causapse-al).

La ferme de M. Valois, d'une superficie de 200 acres, n'est pas encore toute défrichée. 100 acres sont en rapport dont 70 labourables, en bon état de culture, épierrés, clôturés de plusieurs manières: en fil de fer, en zigzags, en piquets et perches de tremble, faute de eèdre sur la propriété.

Cette ferme est située sur la rive est de la rivière Matapédia, à 2 milles de la station de rintercolonial. Le bas de la terre est un excellent sol d'alluvion, le versant de la côte est un peu rocheux par endroits et le haut sur le plateau est en bonne terre jaune profonde, planche et point ou peu rocheuse, comme partout, dit-on, sur les hauteurs dans cette intéressante vallée. i »

M. Valois tire maintenant de sa ferme des revenus suffisants pour lui assurer une existence aisée, mais non sans travail. Il n'y a que huit ans qu'il a quitté, avec son père et un ou plusieurs frères, la paroisse de Saint-Cyrille-de-Wendover, pour venir s'établir à Causapseal. Il n'y avait alors sur son lot que trois acres d'abattus et brûlés, mais repoussés en taillis. Aujourd'hui M. Valois possède une installation agricole supérieure à bien d'autres, dans les vieilles paroisses, sous le rapport des bâtisses, des améliorations et de la culture, et même du confort général.

La maison, de 26' x 30', est finie, peinturée, pourvue d'une .cuisine extérieure ou d'été y attenant et faisant partie du corps d'une bonne grande dépendance de 24' x 60', renfermant, outre la cuisine sus-nommée — 20' x 24'— une laiterie, une boutique, un 'hangar à bois et à voitures.

Un aqueduc d'une forte pression, prenant l'eau dune source abondante à 14 arpents, alimente la maison et la ferme, et un puissant jet d'un pouce de diamètre coule constamment dans la cour pour abreuver les animaux, laver les voitures, etc.

La grange-étable, 'mesurant 126' x 40' x 15' de poteau, élevée sur solage et piliers en pierre, pour donner à un bout ■où le terrain baisse, la hauteur suffisante pour une remise sous

La ferme de M. Louis Plante de Causapscal.

la tasserie et une cave à fumier sous l'étable. Celle-ci et récurie sont économiquement et commodément disposées et relativement assez éclairées. Cette grange, au point de vue économique de l'ensemble, est une des plus avantageuses que nous avions visitées cette année, mais malheureusement la charpente en est un peu défectueuse sous le rapport de la solidité. Cette construction est l'annonce d'un progrès rapide opéré en huit

ans.

L'outillage est suffisant, l'ordre général est bon.

La pierre ramassée des champs est en partie utilisée en deux arpents de clôture et en remblais devant la grange.

Les troupeaux comprennent 1 étalon canadien, 2 chevaux de travail, 1 taureau Ayrshire, 10 vaches canadiennes croisées, 7 taures, 3 veaux, 40 moutons jeunes et vieux, 8 porcs Chester

"blancs. Ce bétail qui peut suffire pour le présent aura besoin d'être aJmélioré en nombre et en qualité, avec le temps .

lia récolte est bonne— environ 90 à 95 pour cent— niais peu avancée à Pépoque de la visite, G septembre, à cause des semailles tardives et de la froideur de la saison. Nous avons noté 1 arpent de blé, 24 arpents d'avoine, y2 arp. de patates, 25 arpents de foin, 6 arpents de fourrage vert, et 40 arpents de pâturages, partie en souches.

*™ J,'a1lmée dernière, M. Valois aurait vendu pour $50 d'avoine, $20 de beurre, $145 de fromage, $135 d animaux— $350.

'Tous les ans, il fait plusieurs arpents de terre neuve et agrandit sa surface labourable. Ainsi, Tannée dernière il a laboure pour la première fois 20 arpents de terre nouvelle.

^ La famille Valois se distingue par l'activité et le savoirfaire avec lesquels elle transforme la foret en vastes champs de grain et de foin. r

Rodolpho-A. Biais. (Causapseal).

M. Biais est un concurrent d'une classe particulière- il est agent de la station du chemin de fer I. C. R. à Causapscal, et a acquis de son père, M. Alfred Biais, un lot de 120 acres où il n'y a encore que 40 arpents de labourable. Il s'occupe de défrichement et de culture par goût et par aptitude, mais il fait exécuter tous ses travaux par contrat et par main-d'oeuvre salariée, de sorte qu'il ne tient pas d'animaux de travail ni d'instruments de ferme.

En fait de bâtisses, il n'a qu'une grange-étable bonne et commode— de 60' x 32' x 15' de poteau, renfermant une batterie, une étable et écurie— 15' x 32'— de 4 places de vaches et de 2 places de chevaux avec une stalle ou box— à part deux autres petits compartiments pour volailles, etc.

Le grain est logé temporairement sur le grenier de la cuisine d'été.

La maison — 48' x 32' — est suffisamment grande pour deux logements et n'est pas encore entièrement finie, mais est destinée à faire une excellente demeure pourvue d'un système de chauffage à air chaud, d'un aqueduc et des accommodations modernes.

lia ferme située dans le voisinage de la station est formée d un plateau intermédiaire en pente douce vers la rivière et vers •un cours d'eau qui s'y jette, dont le sol est une excellente terre jaune, peu rocheuse, profonde et d'apparence marneuse et très fertile.

La récolte est belle partout et consiste en blé, 10 arpents, .avoine 3% arpents, pois %lA arpents, patates Y\ arpent, prairie de trèfle 20 arpents,-^coupé à la 1ère fleur et repoussé jusqu'à la seconde floraison le 6 sept., très 'beau— -pâturage : 25 arpents en souches mais très fourni de trèfle blanc. L'état de ces dernières cultures annonce un excellent pays pour les herbages.

, N0te. — M. Biais nous a déclaré avoir labouré, à titre d'essai, une planche de son champs de blé le 18 avril et l'avoir ensemencée en même temps que le reste du champ fraîchement labouré, entre le 5 et le 10 de (mai. Or, le blé sur cette planche est sensiblement plus beau qu'ailleurs.

Sans avoir cherché la cause certaine de ce phénomène local, nous savons qu'en général les labours de printemps sont meil-

La ferme de Paul Dubé de Caùsapscal.

leurs ou moins mauvais quand ils sont faits le plis tôt possible. Le sol a le temps de se raffermir un peu et d'absorber plus d'air et de calorique, qui y (provoquent l'élaboration plus hâtive et plus abondante des éléments de la nourriture des plantes.

En fait d'animaux, M. Biais n'a que six bêtes à cornes, dont 3 vaches, et 2 porcs. Il vend ses produits en nature. Son système n'est pas recommandable en principe pour le maintien de la fertilité du sol, mais sa terre neuve, avec le trèfle et l'abondance des éléments de fertilité accumulés dans ce sol par les

ÙZ

cendres de l'épaisse forêt primitive incendiée dans le passé, ieut le supporter quelques années.

M. Biais conduit ses travaux avec art, ordre et oaleul, et les fait exécuter avec perfection, d'après ses plans étudiés et tracés d'avance. Jl prend la peine de mesurer ses champs et en connaît la superficie exacte.

Il a déjà fait des améliorations foncières assez considérables sur son lot, entre autres: un chemin de ferme remblayé en pierre, de ïa bonne clôture, l'épierrage complet de 7 à 8 arpents, l'utilisation de la pierre en ponts ,re'mb!ai de côte, etc., 000 pieds de fossé neuf pour conduire l'eau d'un champ dan9 un cours d'eau naturel, nettoyage d'un ruisseau sur une longueur de 2016 pieds. On a aussi remarqué 25 à 30 arbres forestiers bordant le chemin de front.

En 1901, M. Biais a nettoyé et ensemencé 25 arpents d'abattis — le pâturage ci-dessus mentionné — et fait 20 arpent3 de prairie neuve, le beau champ de trèfle que nous voyons maintenant. Cette -année, il a labouré et semé, en grains et graines fourragères, 15 arpents. Lors de notre passage, des bûcherons étaient à faire de l'abatis, et le printemps prochain, après l'enlèvement du bois utile et le brûlage des branches, le sol sera nettoyé et ensemencé en graines de toril et trèfle, pour former un nouveau pâturage ; celui de cette année doit être débarrassé des souches et semé en grains et graines de foin, et ainsi s'effectue sans arrêt et à coup sûr la "noble conquête du sol.

Le bois est dense mais jeune et petit; les souches de sapin, épinette et tremble, pourrissent et s'enlèvent prompt ement et facilement.

Le père de M. R. Biais est le premier ou l'un des premiers colons de Causapscal, où il possède et cultive une jolie grande ferme bien établie. Son fils a hérité de ses goûts et de ses aptitudes pour la colonisation pratique. Il a donc le mérite de donner un bon exemple en améliorant le sol de sa paroisse et en agrandissant l'étendue productive de la province.

Chasse et Pêche.

La vallée de la Matapédia est un pays de chasse et de pêche. C'est le royaume par excellence de l'orignal. I] est si bien dans son domaine qu'on n'en saurait trouver ailleurs de plus beaux spécimens et en aussi grand nombre. Cela tient sans doute à la conformation du pays et à l'existence de nombreuses (prairies où il trouve une nourriture saine et abondante. On y rencontre aussi le caribou, et le chevreuil est abondant-

Signalons encore: l'aura, la marte, le vison et le castor; mais ce dernier est plus rare, à cause de la chasse effrénée qu'on lui a faite dans le passé.

Les rivières et lacs regorgeait de truite, et ou trouve le saumon dians les rivières Métis, Amqui, Causapseal, Matapédia et llestigouche. Ces deux dernières jouissent d'une grand > renommée. Malheureusement, ce poisson royal tend à diminuer: au temps du frai, la loutre e-t le vison mangent de grandes quantités d'oeufs.

•La plage de Matanc offre, en même temps que la p'elie de mer, toutes les variétés d'oiseaux aquatiques, surtout les canards qui sont en quantités innombrables.

Pont et fromagerie dans le rang des Heppelle.

Les principales fosses des rivières à saumon sont affermées à des clubs ou à des particuliers, et un système .de protection efficace est mis en vigueur. Le club Kes'tigouehe a. dépensé, l'an dernier, la jolie somme de $2,500 en salaires de gardes-pêche, pour la seule rivière Bestigouehe.

D'un autre côté, le gouvernement fédéral a établi à Flatland, près de Campbellton, N.B., une piscifactuie qui étend ses opérations dans la Matapédia et le voisinage. M. Alexandre Mo f fat a la direction de cet établissement.

Durant Tété de 1910, plus de 2,000,000 d'alevins de saumon ont été distribués, et la Matapédia a eu, comme du rester les années précédentes, sa bonne part.

lOn a fait des expériences concluantes de la possibilité d;acclimjater le saumon dans les lacs. Il s'y développe en moyenne à raison d'une livre par 'année.

Les gardes-pêche du gouvernement" fédéral pour cette partie de la province sont: Louis Verreault, Petit-Méchins, pour le comté de Matane et Georges Forest, de Bonaventuie, pour le comté du même noan.

Sur les lacs et dans les forêts, le braconnage s'est longtemps pratiqué avec une désinvolture qui ne connaissait aucun frein. M. C.-Sam. Lepage, arpenteur-géomètre, dit dans un de ses rapports (1903) : "Il est regrettable que les lois de chasse ne soient pas mieux observées qu'elles le sont. Ainsi, il m'est arrivé de, trouver vers la fin de mars dernier (1902), dans le canton Jette, la viande die plusieurs orignaux qui avaient été abattus peu de jours auparavant à en juger par les pistes toutes fraîches sur la neige des chasseurs et des animaux. D'ailleurs, c'est un fait connu que plusieurs personnes., chasseurs, gens de chantiers* de bois et amateurs de sport, ne se gênent nullement d'aller en tout temps de l'année faire un tour de chasse dans la vallée de la Matapédia et dren rapporter fréquemment beaucoup de venaison, fort variée, que l'on vend assez ouvertement et assezfacilement aux consommateurs."

Quelques années plus tard, le même arpenteur revient encore à la charge:

"Il est de mon devoir d'informer le 'gouvernement que les lois de chasse sont outrageusement violées. JT'ai fréquemment rencontré dans le cours du mois de mars dernier (1906) des partis de chasseurs avec des petits traîneaux à bras bien chargés de viande et de peaux de caribous, orignaux et chevreuils. J'en ai aussi rencontré d'autres qui étaient à la poursuite du gibier; je les ai menacés de les traduire devant un magistrat, s'ils ne s'en retournaient tout de suite chez eux. Comme je n'étais pas là pour faire de la police je ne m'en suis pas autrement 'occupé. Il s'est fait un massacre sans merci de tous les animaux de la forêt pendant tout l'hiver jusqu'aux premiers jours d'avril, et c'est bien mon opinion que si un pareil massacre se répète l'hiver prochain, il ne restera plus de •ces animaux pour en perpétuer l'espèce dans ces parages.

"Je sais qu'on pratique ce carnage tout aussi librement pendant l'été comme pendant l'hiver, et cela ouvertement; tout le monde semble se protéger et il est bien difficile de se procurer les noms des 'délinquants."

Heureusement que depuis quelques années, la situation s'est considérablement améliorée, grâce à une surveillance plus active de la part des officiers dm gouvernement et à certains amendements apportés à la loi, surtout quant à ce qui regarde la poursuite des délits commis par des non-résidents.

La surveillance générale du district de Matapédia est confiée à M. L.-N. Desrosiers, de Sandy-Bay, comité de Ma/tane.

Les gardes-chasse et gardes-pêche pour cette contrée sont : Edouard Boudrault, Causapscal; Léon Vander Burdell, Amqui;

La fromagerie du village de Causapscal.

Ignace Lavoie, Amqui; Arthur-J. Kioux ,Causapscal; Dugal Myles, Restigouche ; Fabien Marin, Sainte-Félicité; Percy Baker, Alfred Dawns, John-J. G illies, Dan. Lawler et Dan. Prentice, Matapédia; John Porter Pratt, Flat-Lands; David Fergmsson, Seigneurie de Métis.

Il est difficile de préciser quels sont les meilleurs endroits de chasse et de ipêche, car dans tout l'intérieur de la vallée de la 'Matapédia, on trouve du gibier et du poisson en abondanceet à peu de distance du chemin de fer.

L'arpenteur Legendre dit du canton Matapédia:

"A part la fertilité du sol, j'ai admiré trois beaux petitslacs où la branche est du ruisseau Cleaden prend sa source. Ces petits lacs sont remplis de truite. Leur pourtour est recouvert d'un foin naturel fort long, que sillonnent les foulées d'orignaux et de caribous qui, paraît-il, y paecagent pendant la nuit."

Ceci peut donner une bonne idée des autres lacs de la contrée.

De la région de Gausapseal, M. C.-Sam. Lepage dit:

"J'ai constaté, au cours de mes opérations d'arpentage et dans mes voyages à travers la forêt, que le gros gibier abonde dans ces parages, ayant plusieurs fois rencontré des orignaux, des caribous, des chevreuils et souvent plusieurs ensemble.

"J'ai vu au lac McKinnon, sur la petite branche nord et la grande branche nord de la McKinnon, de ;très nombreuses pistes de loutres, et aussi partout ici et là des pistes de loups- ©erviers, de pékans, de martes, de visons et de caribous, orignaux et chevreuils.

"J'ai aussi constaté qu'il y a dans la rivière McKinnon et dans ses affluents de la truite, mais en petite quantité, et elle n'est pas bien grosse; j'ai même vu un saumon .d'eau salée qui a dû hiverner dans la rivière McKinnon."

Le même, du canton Amqui:

"Les lacs rencontrés dans cette, région sont la plupart très poissonneux. La truite rouge est le seul poisson qu'on prend en quantité, autant qu'il (m'a été possible de le constater. Cependant, nous avons vu sauter du saumon dans le grand lac de la branche est de la Patapédia; dans le grand lac Amqui. on pêche le poisson blanc, la carpe et la touladi; l'autre petit lac, à l'intérieur, est peuplé de belles grosses truites. Il y a aussi de la touladi dans le lac à Côté, une des sources de la rivière Sifrois; et dans les eaux mortes de la Mistigouèche, il y a beaucoup de truite.

A ceux qui seraient tentés de faire une longue excursion de chasse et de pêche, M. Lepage donne ces renseignemnts :

"Depuis quelques années, de nombreux "sportsmen", favorisés de la fortune, venant des Etats-Unis, se transportent à cheval, à leurs camps de chasse, soit sur les bords du lac Métis, ■soit dans le canton Patapédia, par le chemin Moffat, lequel a son point de départ à un mille de la gare d'Atmqui et est d'une longueur de cinquante milles. On m'a même dit que quelquesuns de ces nababs se rendent ainsi, chaque année, avec leurs amazones, jusqu'aux lacs Mistigougèches et Kedjouiks, toujours en suivant le chemin Moffat.

"Tout le territoire que j'ai arpenté et celui qui l'environne est abondamment pourvu de gibiers. Citons : l'orignal, le caribou, le chevreuil, l'ours et beaucoup d'autres animaux recherchés pour leur fourrure."

Il existe plusieurs clubs dans la région Matane- Ma tapé lia. Mentionnons ceux de Matane, Montagnais, Chamberlain s Shoah, Matamajaiv et Restigouche. Ces deux derniers sont les plus importants et les plus renommés. Le premier est installé à Causapscal, dans l'ancienne propriété de lord Mount Stephen et le second à Matapédia, dans celle de lord Strathcona. Ces clubs sont 'très "fermés," et leurs membres sont des Américains. M. Percy Baker est le secrétaire des deux clubs.

La ferme de Jos. Valois de Causapscal.

La plus grande partie des eaux et forêts de cette région est ouverte à tous ceux qui veulent y faire la chasse et la pêche.

Cependant, la rivière Restigouche est affermée aux clubs Chamberlain's Shoals et Restigouche; les Matapédia, Causapscal et Amqui au club Matamajaw; la Matane au club Matane, pour la partie soumise à l'influence de la marée; M. René Dupont est le locataire de la partie supérieure.

Les lacs sous bail sont : Grand et Petit-Causapscal et Huit- Milles, à John Champoux; lac Quinze-Milles, dans Cabot, à Lévite Moreau ; quelques petits lacs dans Massé à John-J. Ross ; lac Matalick à J.-B. Bourassa. M. Wm. Cahagan a affermé 11 milles de territoire de chasse dans Matalik; J.-B. Michaud. 14 milles dans le canton Matane et le club de chasse et de pêche Montagnais, 64 milles dans Massé.

Nous terminons ce chapitre par ces quelques extraits qui donneront une bonne idée de la -valeur ichtyologique de la rivière Restigouche et de la Matapédia et ses affluents.

En 1872, M. S. Wilmet a écrit en parlant de la rivière Restigouche: •

"Personne ne regretterait un voyage dans le haut de la Restigouche, au point de vue de la nature ou die l'admiration de ce qui est réellement beau. Ses eaux claires, transparentes, limpides et bien aérées sont aussi fraîches et aussi agréables au palais, au milieu de l'été, que l'eau de source elle-même. L'aspect sauvage et les scènes grandioses qui s'offrent à la vue sont presque indescriptibles. A plusieurs des détours que fait la rivière, un vaste panorama se déroule, nous fait penser à l'existence d'un vaste afphithéâtre dans ces lieux agrestes, charme les regards et remplit l'âme dv,émotion. Ajoutez à cela le son harmonieux des rapides écumants, étincelant au soleil et à travers lesquels vous passez constamment et vous verrez que tout est combiné pour faire de la fameuse Restigouche une des rivières de ce continent les plus agréables à visiter, pour les touristes ou pour les amateurs. La Restigouche, avec ses nombreuses ramifications, est une des principales sources auxquelles les pêcheries die la baie des Chaleurs s'alimentent de saumon."

En 1873, il a été pris dans cette rivière environ 500,000 de saumon; en 1874, il en a été pris à la mouche 1,500, dans la rivière môme et ses affluents. Le poids moyen du saumon est de 16 livres; mais on en prend souvent de 35 à 60 livres. (Description des Cantons Arpentés; 1889.)

Il faut croire, que la situation a quelque peu changé depuis cette date, car les derniers rapports n'indiquent que les quantités suivantes :

Quantités Poids

Club Restigouche 122 1,893

Club Chamberlain s Shoals ... 43 785

Club Matamajaw ...... 75 1,301

Voici maintenant ce que M. Rowand dit de la Matapédia :

"Dans cette rivière, le poisson est presque aussi gros, sinon plus gros que dans la Cascapédia, à laquelle elle ressemble sous tous 'les rapports. Le saumon pèse en moyenne 20 livres. Dans toutes les rivières de la baie des Chaleurs, il est digne de remarque que le saumon est d'autant plus gros que le courant est plus fort. La partie de cette rivière propre à la pêche a environ quarante milles de longueur. Le meilleur endroit se trouve aux

Fourches, à 35 milles de son embouchure. Le chemin de fer Intercolonial suit, sur un parcours de 30 à 40 milles, les bovds mêmes de la Matapédia, qui est peut-être la plus accessible des Tivière du Canada."

Le même, de la rivière Causapscal, affluent de la Matapédia :

"C'est une rivière au cours tourmenté et rapide, fréquentée par les plus gros poissons de la Matapédia." Après avoir dit que le poids moyen du saumon est de 25 livres, il ajoute:

La ferme de M. Elie Dufour de Causapscal.

"La pêche s'y fait très rarement, à raison de? grandes difficultés qu'on rencontre pour la remonter et y pêcher. Une fois, je Fai remontée dix milles, avec beaucoup de misère. Le lit de la rivière est si accidenté et si rocheux, le courant si fort, que c'est une tâche herculéenne que d'y conduire un canot; et les berges forment de tels précipices, qu'il est impossible d'y marcher. A un endroit, j'ai trouvé une longue gorge, dans laquelle l'eau se précipite en écumait, uasisant par dessus des bancs de roc à la suite desquels se forment des bassin®. Dans ces bassins, il y a du saumon en abondance; mais il m'a été presque impossible dV pêcher. Le canot ne pouvait p3s tenir en place, les berges n'étaient que des précipices et dans le cas même où j'aurais pu jeter ma ligne et piquer un saumon, je n'aurais pas pu, une fois sur dix, le tirer de l'eau."

La rivière Amqui, un autre tributaire de la Matapédia, est aussi fréquentée par le saumon, et elle renferme plusieurs magnifiques endroits de pêche. L'Assémetquaghan, qui débouche du côté gauche dans la Matapédia, est une îivière fameuse pour la truite.

La réserve de Gaspé se trouvant immédiatement à l'est de la vallée de la Matapédia, nous en donnons ci-après la description, telle que nous la trouvons dans la loi qui Ta crcéa:

"Commençant à la ligne de division entre le comté de Matane et le comté de Bonaventure, à l'intersection du 67e méridien de longitude est avec la ligne de profondeur .du comté de Bonaventure; de là, le long de la dite ligne de (profondeur du comté de Bonaventure et son prolongement, dans la même direction, atteignant le 05e méridien de longitude e;t, au lac Edouard, dans le comté de Gaspé; de là, au nord, le long du dit 65e méridien jusqu'au 49e parallèle de latitude nord; de là, à l'ouest, le long du dit 49e parallèle jusqu'à son intersection avecla ligne de profondeur du canton de Cap Ohat; de là, suivait les lignes de profondeur ides cantons de Eomieu. Dalibaire et de Cherbourg, dans le comté de Matane, jusqu'au 67e méridien, susdit; de là, au sud, le long du dit 67e méridien, au point de départ, le tout comprenant une superficie d'environ deux mille cinq cents milles carrés, plus ou moins.''

Ce territoire a été mis à part, dit le Statut 6, Edouard Vil, chapitre 17, comme réserve forestière, endroit de chasse et de pêche, parc public et lieu de délassement, sous le contrôle du ministre des Terres et Forêts, pour les citoyens de la province de Québec.

Un ordre en conseil du 7 avril 1905 dit que le territoire cidessus décrit est éminemment propre aux fins pour lesquelles il a été érigé en réserve, vu qu'il est tout à fait impropre à la colonisation, que plusieurs grandes et importantes rivières y prennent leur source, qu'il est riche en poisson et en gibier, toutes choses qu'il est dans l'intérêt public de protéger.

Exquisse géologique et ressources mineurs.

La péninsule gaspésienne, bornée au nord par le. fleuve haie des Chaleurs et à l'ouest tpar les derniers établissements de

(1) Communiqué par M. J.-H. Valiquette, du Service des IVîhies. On remarquera que cette étude embrasse toute la Gaspésie.

Saint-Laurent, à l'est par le golfe Saint-Laurent, au sud par la la vallée de la Matapédia, contient retendue énorme de 13,330 milles carrés en superficie.

Cet immense territoire, au point de vue géologique, conformément à la carte du Ur R.-W. Elis, puliée par le Service Géologique du Canada, en 188-1. est couvert pour la plus grande partie par les formations devonicnnes, carbonifères inférieures, siluriennes, cambro-silurienncs et précambii mues, avec de nombreuses intrusions de dolerite, de granit et d'olivine souvent totalement transformé en serpentina comme au mont Albert.

Le carbonifère inféiieur, avec ses schistes gras et 1 itumieux. se trouve presque partout sur la côte sud de la péninsule, formant une bande de deux ou trois milles de largeur en s'étendant depuis la Malhaie jusqu'au milieu du canton Nouvelle, avec quelques intervalles, comme dans le canton Newpoit et à certains autres endroits où celte formation manque ci mpLte- Baent.

La ferme de Auguste Bellavance de Cansapscal.

La formation devonienne occupe le plateau central de la péninsule et s'étend en bandes sensiblement parallèles depuis les cantons Causapscal et Lepage, à l'ouest, jusqu'au golfe Saint- Laurent à Test, couvrant ainsi, avec des intervalles de silarisn, près de la 'moitié de la superficie totale de la péninsule. Ce système est surtout représenté par des grès et des schistes rouge s et gris, parfois dur et sableux, et dans la partie inféieure associés à des lits considérables de calcaire. De nombreuses intrusions de roches éruptives ont été remarquées sur la rivière Cau-

sapscal, an lac Sainte- Anne. En plusieurs antres endroits, elles sont surtout composées de granit et de roches trappéennes et doléritiques. Le sol gisant sur ces assises de pierre sableuse, et en subissant les conséquences., est plus ou moins stérile.

Le système suivant est le silurien qui occupa aussi une immense superficie. Il est surtout représenté par les cal:a!res et les grés et s'étend, en forme irrégulière, depuis les cantons Assômetquaglian et Restigouehe, jusqu'à l'extrémité e;t de la péninsule. Ces roches étant généalement plus tendres que celles demi-cristallines de la chaîne des Shickshocks ne se trouvent qu'en montagne ne s'élevant guère plus de 500 pieds audessus de la région environnante, laquelle s 3 trouve à une hauteur moyenne de 1,000 pieds .au-dessus de la mer. L3 sol couvrant ces roches étant chargé de matières calcaires par suite de l'érosion est très favorable à la végétation, et on y voit de belLsforêts. Plusieurs intrusions semblables à celles citées plus haut ont aussi été remarquées.

Le cambro-silurien, bien que présentant des développements, n'occupe qu'une superficie limitée. D'abord, sur le c3té ncrl, où il se trouve sur une bande large de trois ou quatre milles, qui longe le fleuve à partir du cap Marsouin, dans le canton Duchesnay, jusqu'au cap Rester. Ensuite, il a été remarqué aux alentours des rivières Pabos et East, o^ il s'étend depuis 1-a côte jusqu'à une douzaine de milles dans linté ieur des terres. Cette formation est caractérisée par des grès sableux ressemblant à ceux de Sillery. Ils sont souvent associés à des ardoises plus ou moins calcaires et de couleur rouge, verte et noire.

La formation ealmbrienne présente un immense développement sur la côté nord. A partir du lac Matapédia et du cant n McNider elle s'étend assez régulièrement jusqu'à la baie de Gaspé, à l'est. Les roches qui la caractérisent sont les sehi tes gris et noirs, le calcaire et les conglomérats calcaires de la formation de Lévis. Le sol couvrant cette série de roches est favorable à la végétation et de belles forêts y croissent. Les mo atagnes ont une allure arrondie et le plateau de cette formation a environ 1,500 pieds au-dessus du niveau de la mer, mais certaines montagnes à l'est de la Tab-e Top s'élèvent jusqu'à 3,000 pieds.

La plus vieille série de la région est le préeambrien qui obtient son principal développement sur le bord sud <\p la 1— --1de eambrien plus haut décrite. Cette formation contient la fameuse chaîne des Shickshocks dont certains sommets s'élèv nt jusqu'à 3,700 pieds, ce qui est considéré comme la plus grande hauteur de montagne dans la province de Québec. Le^ roches

•de cette région sont généralement foitement cristallisé s et représentées par de grandes étendues d'épidosite, de gneis grenatifère, d'amphibode, de schiste et de micaschistes, avec des noassifs de serpentine souvent bien stratifiés.

En considérant Pîmmensa étendue de terrain qui fait l'objet de cette étude ainsi que la variété de formation géologique qu'on y touve et des roches que les représentent, il est permis de supposer la présence de minerais économiques. En effet, malgré les explorations sommaires et peu fréquentes, un bon nombre de minerais ont été reconnus comme étant des indices pleins de promesses quant au développement futur de ce district. Il serait trop long d'en donner une description complète, celle-ci

Vue de la ferme de M. Charette de Saint-Léon-le-Grand.

ayant d'ailleurs été publiée dans les rapports du Senv:c3 Géologique du Canada et dans ceux de notre Service des Mines de Québec. Nous nous contenterons donc d'en donner une énu/mération sommaire avec indication des localités. Du reste cette énumération, quelque complète qu'elle puisse être faite avec les connaissances acquises sur le terrain, jusqu'à ce jour, ne peut donner qu'une idée incomplète des ressources 'minières, car comme il est dit plus haut, les explorations n'ont été que des reconnaissances sommaires, les géologues ou explorateurs devant couvrir de grandes étendues de terrain en un temps relativement limité. Le produit minéral qui a le plus attiré l'atten'ion du prospecteur a été le pétrole des environs de la 'haie de Gaspé, et c'est certainement la localité qui a été la plus explorée, bien que les résultats aient été peu satisfaisants. De la (galène a au-si été trouvée à Indian Cove et à d'autres endroits de la haie de Gaspé.

Bans les cantons Saint-Denis et Tesder, comté de Mataner des travaux importants ont été faits sur une bande considéra le de calacire cuprifère. Le cuivre qui s'y trouve sous la forme chalcopyrite et le bronite est distribué dans toute la mtSBe, et à certains endroits, les analyses ont montré que ces su fures contenaient de For en quantités appréciables. Encouragés par de belles indications certains prospecteurs ont aussi cherchés de l'or dans la vallée de la Matapédia. Des échantillons de chrome et d'amiante ont été rapportés de la chaîne des Shickshocks, et des espérances fondées sont entretenues sur la posa bilité d'y trouver, dans les immenses développements de serpentine, d * minerais en quantités exploitables.

Les lits du devonien de ce district pourraient fournir une excellente pierre à bâtir et des pierres à dalles assez grandes et de toute épaisseur. Des ardoises s'y trouvent en grand quantité ainsi que les calcaires. Signalons surtout des gisement- de pierre à dalles sur la rivière Métis et à l'embouchure de li Mata;:élia; de la pierre meulière sur les bords du lac Mata; édia et de la pierre de construction sur l'espace compris entre les lacs Métis et Matapédia; enfin une riche carrière de ciim nt ex'ste to t près de la gare du chemin de fer de la rivière Blanche.

Il est donc permis, en tenant compte des indxa'ions découvertes jusqu'à ce jour dans l'intérieur de ce district, d'eSpéier que l'industrie minière s'y développera à mesure que le col n travailleur et intelligent ouvrira ses terres encore presqu3 inconnues. (1)

Le gouvernement de la province de Québec se rend bien compte que le développement minier d'un pays dép.nd presque entièrement du prospecteur. C'est le travail ardu et acharné de ce hardi explorateur, ne craignant ni les fatigues, ni les p "ivations, ni les dangers, qui met en lumières les re:isources minérales cachées des régions vierges et inexplorées. Aussi la loi des mines de notre Province a-t-elle été conçue de faqon à p o-

(1) "Il est très probable que la bande magnésienne où se trouvent les veines d'asbeste affleure dans l'axe des montagnes Notre- Dame et même des Shickshocks. Par conséquent nous devons nous attendre à de nouvelles découvertes, en d'autres points de cette chaîne, depuis Québec jusqu'à la Gaspésie. Les Shickshocks sont encore très peu connus au point de vue minier. Les explorationssérieuses et suivies sont encore à faire, et, à l'heure présente, il est impossible de prévoir ce qu'elles représentent de surprises aux courageux et intelligents prospecteurs." (Mgr. J.-C. Laflamme.)

téger le prospecteur, et les dispositions qui y s;nt formuléss lui permettant de récolter en entier le fruit de ses laibeu:s.

Pour se mettre en règle vis-à-vis du Service des Mines, le prospecteur, avant de se mettre en campagne devra se procurer un Certificat de Mineur {coût $10.00) qu'il peut obtenir à Québec, ou d'un des agents du Bureau des Mines à Montréal. Ce certificat lui donne droit de piqueter des "daims"' miniers jusqu'à concurrence de,. 200 acres sur tous les terrains dont les droits- de mines n'ont pas été aliénés au préalable. Aussitôt piqueté, le prospecteur devra faire enregistrer son "claitn" au Service des Mines qui fournit gratis des formules à cet effet. Pendant les six mois qui suivent la date du piquetage, le prospecteur n'a aucune redevance à payer, mais il devra faire dos travaux de recherches ei développement équivalant au moins à 25 journées d'ouvrage.

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Vue de la ferme de M. Coidombe de Saint-Léon-le-Grand.

A l'expiration des six mois, le pro peteur, pmr cors rver ses droits, devra prendre un Permis d'Exploitation, à raicon de 50c. l'acre, et $10.00 d'honoraire, valable pour un an, et durant c î temps, il devra faire des travaux équivalant à 25 journées d'ouvrage par chaque clairn de quarante ace? ?om permis. Ce permis est renouvelable indéfiniment aux mêmes condition?.

Pour tous renseignements au sujet d*3 lx Lai d?s M'nes, s'adresser aux agents du Service ides Mines, ou directement au Ministre de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries, Québec.

Ressources Forestières.

Une exploitation raisonnée, scientifique de la forêt de la région Matane-Matapédia en ferait nne source pour ainsi dire inépuisable de travail et de richesse. Les pouvoirs hydrauliques, sans être très nombreux ni très puissants, si on les compare à ceux d'autres régions, comme par exemple le Lac Saint- Jean, sont suffisants pour les besoins de l'industrie.

Pour les fins de l'exploitation forestière, la région Matane- Matapédia fait partie de ce qu'on est convenu d'appeler la "région sud" de la Province, laquelle contient 15,381,890 acres. Il sera donc facile de lui assigner sa part approximative des chiffres qui vont suivre, lesquels sont extraits de la brochure de M. J.jC. LangelierLangelier, "La Richesse Forestière de la Province de Québec":

Billots de sciage Bois mous :

Bpinette blanche 12,000,000,000 pds. sup.

Pin blanc 75,000,000

Merisier 100,000-000 " "

Erable 50,000,000 " "

Orme. 20,000,000 " "

Frêne 5,000,000 " «

Hêtre 10,000,000 " "

r>ouleau 25,000,000

Peuplier 15,000,000

Bois à pulpe

Bpinette, blanche et noire 20,000,000 cordes

Sapin 10,000,000 "

Peuplier 5,000,000 "

Dormants

Cèdre, nombre 150,000,000

Hêtre " 5,000,000

Pot aux pour fils électriques

Cèdre. . . 7,500,000

Bardeau

ۏdre en billots 500,000,000

Bois carré

Cèdre, pour charpente et viaducs de chemins de fer. . 25,000,000 pds. cubes.

Parmi les essences remarquables de cette région, signalons: le cèdre, le plus beau qu'il y ait au Canada, à part celui de la Colombie Britannique: le merisier rouge, le meilleur bois dur que nous avions dans la Province pour l'ébénisiterie, et qui ne demande qu'à être mieux connu, l'érable piqué, et le gros bouleau, lequel donne un bois imitant le cerisier, devraient aussi attirer l'attention des ébénistes.

Le cède'est à l'étal de peuplement pur, en plusieus endroits, mais il -a été < rploité à outrance.

Vue de la ferme de M. Arthur Laforest de Saint-Léon-le-Grand.

Une exploitation raisonnée d'épimette a été faite un peu partout.

On peut dire qu'en général, la forêt actuelle se compose de 50 p.c. en sapin, 40 p.c en épinette et 10 p.c. en sapin.

On ne encontre de "renversis" nulle part, mais de petits "brûlés", ici et là. Puis les traces d'un grand feu qui a dévasté, il y a une cinquantaine d'années, une vaste étendue die pays, de chaque côté de la rivière Matapédia, sur un parcours de 40 à 50 milles. Antérieurement, un autre feu a aussi dévasté plusieurs milles carrés dans le canton Assémetquaghan.

Dans les régions jadis dévastées par le feu et où le sol est arable, il est recouvert d'un peuplement pur de sapin dans le centre des vallées, et dans les escarpements, d'un peuplement chétif de bouleau. Dans le canton Assémetquaghan, le feu a donnénaissance à des pousses de buisson et de bluet.

Les lots sous billet de location, surtout ceux pris depuis quelques années, peuvent fournir de bonnes récoltes de bois de commerce, grâce à l'observance plus rigoureuse de La loi et des règlements.

Les limites affermées sont exploitées assez 'méthodiquement et n'ont pas trop perdu de leur valeur première, là où elles n'ont pas eues à souffrir de l'incendie.

Plus des trois quarts des limites affermées se trouvent em arrière des cantons arpentées, et plus de la moitié des terres arpentées et livrées à la colonisation est sous billet de location, indice certain de l'activité colonisatrice.

Les principaux concessionnaires de limites à bois sont : Priée Bros & Co., J. & P. Coates Co., Ltd., James Richardison & Co., Shives Luniber Co., E-aton & Purves, Dalhousie Lumber Co., Chaleur Bay Mills Co., Fenderson Luniber Co., F.-X. St-Laurent, Matapédia Lumber Co., Pratt Bros.' etc.

11 se coupe par année plusieurs millions de pieds de bois, tant sur les terrains affermés que sur les lots de colons.

Le bois de pulpe et les dormants de chemin de fer sont amenés aux gares et les billotts sont flottés aux grandes scieries «Le Saint-Moïse, Sayabec, Cedar-Hall, Amqui, Lac-au-Saumon, Priée vil le, Matane, etc.

A part les grandes scieries que Ton rencontre aux endroit* susdits, il y a encore environ 80 petites scieries qui alimentent le marché local et font un peu d'exportation.

Toutes les grandes scieries exportent leurs produits aux Etats-Unis. Il se fait aussi un commerce assez considérable e* Elu-ope et dans l'Amérique du Sud par les voies du Saiat- Laurent et de la baie des Chaleurs.

Voici maintenant un état officiel indiquant: 1. La quamtité rie bois coupé chaque année, depuis 1897 jusqu'à 1910: (a) Sur les terrains bordant la rivière Kestigouche et ses tributaires; (b) Sur les terrains bordant la rivière Matapédia et ses tributaires. 2. Les montants d'argent perçus, chaque année, depuis 1897 jusqu'à 1910: (a) Pour le bois coupé sur les terraias bordant la rivière Restigouche et ses tributaires; (b) Sur les -terrains bordant la rivière Matapédia et ses tributaires :

1. a. En 1897-98, 28,280,36 pieds, 7731 mille bardeaux, 27,208 traverses, 2467 piquets, 70j/2 cordes de bois à lattes.

En 1898-99, 17,823,644 pieds, 8487% mille bardeaux, 5ê,- 092 traverses.

En 1899-00, 17,197,211 pieds, 10,552 inille bardeaux. 23,322 "traverses, 3G cordes do bois à lattes.

1900-01, 20,454,257 pieds, 3,695 mille bardeaux. 3.2,861 traverses, 32J/ cordes de bois à lattes.

1901-02, 16.741,019 pieds, 4-856 mille bardeaux, 23,074 traverses, 4,037 piquets.

1902-03, 17,566,928 pieds, 350 mille bardeaux, 37,688 traverses, 4clOl/2 cordes de bois de chauffage.

1903-01, 18,348,790 pieds, 28,329 traverses, 1,061 piquets, 173 cordes de bois à pulpe.

La ferme d'un colon de troisième année, à Saint-Léon-le-Grand.

1904-05, 20,177,047 pieds, 45,731 traverses. 38 piquets, 20§ cordes de 'bois à bobines, 516 cordes de bois à pulpe.

1905-06, 20,086,801 pieds, 750 mille bardeaux. 64,576 trav. rses, 308 cordes de bois à bobines.

1906-07, 25,999,590 pieds, 7,340 traverse,, 1,031 cordes de bois à bobines.

1907-08, 28,601,796 pieds, 12,271 traverses.

1908-09, 32,221,642 pieds, 8,528 traverses, 2,673 cordes de bois à pulpe.

1909-10, 36,129,661 pieds, 21,015 traverses, 423 cordes de bois à pulpe.

1. b. En 1897-98, 24,094,979 pieds, 7,731^ mille bardeaux, 27,208 traverses, 2,367 piquets, 70y2 cordes de bois à lattes.

En 1898-1899, 17,-137 pieds, 8,487)4 mille bardeaux, 55,292 traverses.

1899-00, 15.035,919 pieds, 10,552 mille bardeaux, 23,322 traverses, 36 cordes de bois à lattes.

1900-01, 17,985,129 pieds, 3,695 mille bardeaux, 32,861 traverses, 32 y2 cordes de bois à lattes.

1901-02, 16,615,268 pieds, 4,856 mille bardeaux, 23,074 traverses, 4,037 piquets.

1902-03, 16,974,039 pieds, 350 mille bardeaux, 37,688 traverses, 4.10^ cordes bois de chauffage.

1903-04, 18,348,790 pieds, 28,829 traverses, 1,061 piquets, 173 cordes de bois à pulpe.

1904-05, 20,177,047 pieds, 45,731 traverses, 38-000 piquets, 200 cordes de bois à pulpe.

1905-06, 20,086,801 pieds, 750 mille bardeaux, 64,576 traverses,, 308 cordes de bois à lattes.

1906-07, 23,746,882 pieds, 7,340 traverses, 1931 cordes de bois à lattes.

1907-08, 25.451,208 pieds, 12,271 traverses.

1908-09, 28,489,097 pieds, 8,528 traverses, 2,673 cordes de bois à pulpe.

1909-10, 32,010,438 pieds, 21,015 traverses, 423 cordes de bois à pulpe.

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