b. Année fiscale. Droits de coupe perçus
Ces statistiques sont extraites des "Procès- Verbaux de l'Assemblée Législative de la Province cte Québec", pp. 355-50 et 57, session 1911.
Vue du village de Lac-au-Saumon.
Le chef du Service forestier de la région est M. L.- Joseph Marquis. 'Cet officier a la charge de tout le travail extérieur du Ministère des Terres et Forêts, sauf ce qui concerne la protection contre le feu. 11 doit contrôler les travaux d'exploitation forestière et voir à l'application de la loi et des règlements; il est aussi cx-officio garde-chasse et garde-pêche.
Les agents des Terres de la Couronne de Saint-Laurent, Amqui et Matane sont aussi agents des bois et forêts.
Gardes-forestiers.-— Rimouski-est ; J.-A. Deroy et A -A Dugas; Matapédia: A. Benoit, L.-ÎSf. Bernatchez, Ed. Bolduc, H.-G Boudreau, N. Dufour, J.-E. Gagnon, James Hamilton, A. Harvey, A. Lavoie, H. Poitvin et A. Légaré; Bonaventure-Ouest : James Campbell.
M. J.-A. Lizotte est l'inspecteur pour la protection des forêts contra Je feu. Il habite Saint-Eloi, comté de Témiscouata.
Notes sur les Cantons
Pour servir de Guide aux Colons
Restigouche
Situé à 1 extrême sud de la vallée de la Matapédia, ce beau, vaste et fertile canton est borné au sud et à l'ouest par les rivières Restigouche et Matapédia. Il con'ient cnz3 raigs d'une moyenne de cinquante lots chacun. Le sol e t (ompos? en général, d'argile sablonneux et très propre à la culture, 'surtout celle des céréales. Les bois francs, érables et merisiers sont les essences dominantes; mais il n'en faut pas conclure que le terrain soit rocheux, en particulier dans les premiers"rangs. En arrière, le terrain est plus accidenté.
Les -chemins de fer Intercoloniil et Baie des Chaleurs longeant les frontières ouest et sud du canton, tes les lofs >e trouvent relativement peu éloignés clés communïcati m extérieures. Sur la première voie ferrée se trouant le; garas de Mill-Straatm, Saint- Alexis et Matap'dh, tan i; que sur la s conde, on trouve cel'ei de Broarcllanls et Pomte-è-la-Cro x (Cross Point).
^ Le canton est enclavé clans trois paroisses : Saint-Laurent, Saint-Fidèle et Saint-André. Cette dernière, dont l'église est située sur le lot 14, rang VII, a un curé résidant et est destinée a former une des plus belles municipalités d? li contrée, ayant rétendue et la qualité du sol. Le développement de tout le ca:i~ ton se fait rapidement, et le gouvernement y prolonge les c emms suivant les besoins de la colonisation, dépensant, tous les ans, de fortes sommes d'argent. La moitié envircn du cantm est encore disponible. Les concessions actuelles sont situées sur les rivières Matapédia et Restigouche et sur la partie sud des rangs IV, V, VI, VII et VIII; ceux de la partie nord sont à
peu près tous disponibles. La population de Saint-André est de 352 habitants, et il y a trois écoles fréquentées par un? soixantaine d'élèves.
Au sujet de Saint-Fidèle, voici ce -que nous trouvons dans la 'Tresse" du 10 juin 1911:
"Comme le vent souffle à la colonisation depuis quelques temps et que les travaux de construction du chemin de fer qui reliera bientôt Matapédia au Bassin de Gaspé, attirent tous les jours de nouveaux colons, je ne veux pas laisser passer cette aubaine sans essayer défaire un peu de réclame en laveur de Saint- Fidèle, colonie qui date -déjà d'une huitaine d'années, mais
Vue du "village des Priée" au Lac-au-Saumon.
dont le progrès aurait pu être plus apparent ou plus sensible. Quoiqu'il en soit, Saint-Fidèle, n'est pas sans avoir progressée durant ces dernières années.
"En 1906, nous comptions à peine une vingtaine de familles et (aujourd'hui, il y en a 53. Nous avons uue église desservie par les KR. PP. de Sainte- Anne-de-EestigoucEe; puis, nous sommes érigés en municipalité rurale et scolaire. Nous avons une école fréquentée par un bon nombre d'enfants, détendue du terrain à l'état de culture rpeut être évaluée à 340 et quelques acres. Les revenus généraux de la ferme dans notre colonie atteignent facilement le chiffre annuel de 5 à 6000 piastres.
"Les produits laitiers, bien que nous n'ayons pas encore de beurrerie, s'élèvent cette année, au bas mot, à urne douzaine de cents piastres. Nos prodhiits se vendent très bien.
"Cinq de nos colons ont des centrifuges 'dont ils tirent trèsavantageusement partie. On porte en général une attention spéciale aux vaches laitières qui sont de la meilleure race. Il en. est ainsi du porc et du mouton dont le nombre s'accroît constamment. Notre marché le plus rapproché est Campbellton, qui est d'accès facile et ouvert tout le long de Tannée.
"Il n'y a pas de chômage ici pour le colon. Quand les travaux des champs sont finis, celui-ci trouve facilement du travail dans les chantiers. Deux grandes compagnies, la "Shayves" et la '''Chaleurs Bay Mills" font ici de l'exploitation forestière pour laquelle elles emploient une centaine d'hommes.
"Le salaire que l'on paie est de $25 à $35 piastres par mois.
"Un colon qui n'a pas besoin pour vivre, du travail des chantiers, a tout intérêt à s'occuper de mettre si terre en valeur, car le sol est remarquablement fertile. 11 est arrosa par la Petite Rivière dont les eaux profondes se prêtent à l'installation de scieries ou d'industries requérant des forces motrices importantes. Le site de Saint-Fidèle est eplerdide. Il occupe le bord d'un immense plateau de bonnes terres qui s'étend jusqu'à Assémetquahan et que traverse l'ancien chemin Kempt, qui avait son point de départ à Petit-Métis. Notre colonie est sise dans le canton Eestigouche et n'est qu'à 7 milles du chenr'n de fer de la Baie des Chaleurs, et le nom de la station est Broadland.
"La paroisse de Saint-Fidèle, dont l'église est située sur le lot 17, rang II, chemin Kempt, devra, en se développant du côté de l'Ouest aboutir à Saint-André-de-Restigoucne, pour atteindre l'Interoolonial à la station Saint-Alexis, ce qui assurera une autre porte de sortie à ses produits. Je ne voudrais pas vanter outre mesure les avantages qu'offre Saint-Fidèle à la colonisation, mais, je n'hésite pas à faire un ch-aleureux appel à ceux qui ont besoin de se déplacer pour se créer un meilleur avenir. Ils peuvent être certains de trouver chez nous toutes les chances de succès désirables."
Les premiers colons (de langue anglaise) se f.'xèient dans Kestigouche vers 1847, mais leur nombre est encore très restreint..
Matapedia.
Les débuts de Rétablissement de ce canton tinnmt un peu du roman. En 18G0, l'abbé Belcourt, missionnaire de Kustieo, lie du Prince-Edouard, y débarqua, avec une poignée de colons aeadiens, qui montaient une simple barque. L'année suivante, on fit le dénombrement de la colonie; elle comptait 155 âmes. IVndant plusieurs années, jusqu'à la construction du chemin de fer, devons-nous dire, ces braves gens furent exposés à toute; les privations; mais ils persévérèrent et formèrent le noyau de la belle paroisse de Saint Alexis, dont la fondation remonte à 1870 et qui compte aujourd'hui une population de 1320 habitants, 6 écoles et 210 enfants qui les fréquentent
Les noms de ces premiers défricheurs de la foret étaient MM. Hubert Doiron, Sylvain Pitre, Gilbert Gallant, Josepr Gallant, Basile Gallant, Veuve François Pitre, Maxime Pitre, Léon Oallant, Sévère Pitre, Jean Blaquière, Gracien Pineau, Léon Pitre, Etienne Pitre, Mme. Daniel Pitre.
Une scierie an Lac-au-Saumon.
En 1898, 150 colons des Iles de la Madeleine se fixèrent dans Saint-Alexis.
La paroisse de Saint-Alexis doit beaucoup à M. l'abbé J.- E. Pelletier, qui fut un colonisateur suivant le coeur et l'esprit du grand curé Labelle. Pendant 20 ans, il a non seulement
transformé sa paroisse, mais il a fondé autour de lui des oolonL* qui sont autant de fleurons qui couronnent sa belle et fructueuse carrière.
Il y a, à Saint-Alexis, un couvent pour les filles, dirigé par des religieuses de Notre-Dame du Saint-liosaire.
En outre de Saint-Alexis, il y a une nouvelle mission qui sera bientôt une ]:>aroisse. Elle est désignée sors le vocable de tiaint-François-d'Assisi1. Située à l'extrémité est de la ligne de division des rangs VI et VII, cette colonie p:ut donner asileà une centaine de colons sur des lots tout-à-iait propres à la culture. La population est de 235 habitants, et l'unique é.ole est fréquentée par 27 enfants.
La paroisse de Saint-Laurent, fondée en 1888, et située au confluent des rivières Matapédia et Kestigouche et à la jonction des chemins de fer Intercolonial et Baie des Chaleurs. Elle compte 302 habitants et deux écoles fréquentées par 50 enfants. Son site est très pittoresque et très beau. Le club Restigouchie, un des plus fameux clubs de pêche au saumon de tout le Canada y ia son principal établissement. Il se fait aussi, en œt endroit, un commerce assez considérable; mais comme paro'«* agricole, Saint-Laurent ne peut guère se développer, à cause die Texiguité de son territoire.
On compte, dans cette localité, de même que dans R etigouche, un bon nombre d'habitants de langue anglaise.
Pour ce qui est du sol du canton Ma+apêdia, nous pourrions en faire le même éloge que celui de son voi in de Eestigouche. C'est une terre riche, sans roche, bien boisée de beîs francs, de cèdres, etc . Le développement si rapide et si complet de Saint-Alexis est du reste le meilleur témoignag3 que nous puissions invoquer.
L'agent des terres, M. Georges Gauthier, habite Saint-Laurent.
Patapedia.
Dans les notes de l'arpentage, qu'il exécuta en 1862, M. W. Maodionald dit: I
"Ce canton a une étendue extraordinaire (t 0 000 acres) et a front sur deux rivières — plus de quinze milles sur la Eesrtigouche et 16.72 sur la Patapedia. . . Les terrains, dont 35.580 acres ont été subdivisés en lots de ferme au nombre de trois centn uf, sont pour les trois quarts bien adaptés à la culture, et dans
le reste, il y a une grande étendue de très b3iles terres, d'un, accès facile, à l'est et à l'ouest de la ligne centrale. John Sharpes et Benjamin Merrill sont actuellement les deux seuls colons qu'il y a .dans ce canton; mais il y af sut le front* au des rivières de l'espace pour quarante de plus, et dans les autres rangs, il y a des parties élevées, mais qui sont cependant d'un accès facile par différentes routes, en suivant les cours d'eau, les ravins ou les plateaux."
Après 39 ans. il n'y a pour ainsi dire rien à ajouter, le mouvement colonisateur ne s'étant pas dirigé de ce côté; mais son tour Tiendra sûrement quand le canton Matapédia aaira rempli ses cadres.
Vue du village de Lac-au-Saimion.
Assemetquaghan.
Situé à l'est de la rivière Matapédia et au nord du canton Restigouche, ce canton est traverse par l'Intercolonial et leschemins Kempt et Matapédia. Ce dernier chemin a été complètement refait par le gouvernement, et cela, à la grande satisfaction des colons dont il favorise l'établissement dans les rang» I et II. Il en sera de même, dans la suite, de l'ancien cl:emin militaire Kempt. Le ministère de la Colonisation est à le refaire dans les cantons voisins de Oausapscal et Restigouche; puis ce sera le tour d'Assémetquaghan.
Le sol de ce canton, encore peu colonisé, est sablonneux, mais très propre à la culture. Il est ,en outre, coupé de ruisseaux et d'une importante rivière qui porte le même nom que celui du canton. Le poisson et le gibier y sont en abondance. Une petite partie du canton est comprise dans la paroisse de Sainte-Florence. La gare du chemin de fer d'Assêmetquaghan ;se (trouve sur le lot 23, rang A, dans le canton voisin de Milmkek. 11 y a une mission desservie par le curé de Saint-Laurent.
Milnikek.
Canton traversé par l'intercolonial et situé à Test de i* rivière Matapédia. Il est traversé par deux importants cours d'eau: les rivières Milnikek et Mill-Stream. Parlant de ce canton, l'arpenteur-géomètre, J.-A. Côté, dit dans ©on rapport, daté de 1895 :
"J'ai examiné le sol en plusieurs endroits; partout J'ai trouvé une première couche de terre Jaune de l'épaisseur de trois ou quatre pouces, puis en dessous une terre grae qoi n'est en rien inférieure à la première.
"11 y a de nombreuses années^ des incendies ont dévasté 1* forêt primitive de ce canton; aujourd'hui le sol est en partie couvert d'une seconde croissance dont les principales essences sont le bouleau et l'épinette; on y voit aussi un peu de merisier, mais ce n'est pas là l'espèce dominante; tous ces ibois sont de petite dimension.
"Dans tout le cours de mon ouvrage, je n'ai nulle part rencontré ce qu'on pourrait «désigner sous le nom de savane. Fartout la terre peut être cultivée sans trop de frais, la charrue jpeut parcourir ces terrains dès la première année du défrichement. J'attire spécialement votre attention sur les 2e et 3e rangs, où le colon pourrait, du moins je le présume, prospérer comme agricultuer. Ces rangs sont traversés par le ruisseau "Cinq-Milles", et l'on s'y rend par un ancien chemin, de chantier qui, plus tard, pourrait se transformer en une bonne route de colonisation."
Ce canton est peu colonisé, et l'exploitation forestière s'y fait encore sur une large échelle. Il y a d'importantes scieries sur la rivière Milnikek. Il y a, à Mill-Stream, une petite mission desservie par le curé de Saint-Laurent.
Les chemins de colonisation pénètrent dans les rangs A et I. Quelques établissements de la partie nord-ouest du canton sont compris dans la paroisse de Sainte-Florence^de-Beaurivage.
La gare do chemin do fer la plus rapprochée (Assémetqmiglmn) se trouve sur Je lot 23, rang A du canton Milnikek.
Matalik.
Sitniié au nord de Milnikek, ce canton est traversé par Tinteroolonial, et il longe la rivière Matapedia. 11 comprend 8rangs de 55 lots chacun; mais il n'y a pa« de concessions audelà du IVème rang. La moitié sud-ouest du canton se trouve dans la paroisse de Sainte-Florence et la moitié nord-ouest dans Saint- Jacques.
Sainte-Florence (Matalik) prend son territoire dan> les quatre cantons qui l'entourent, et elle offre tout ce qu'il faut pour en faire une riche et vaste paroisse. Fondée en 1897, sa population est de 296 habitants, et il y a trois écoles fréquentées par une cinquantaine d'enfants.
L'égiise et le presbytère d'Amqui.
Ce canton fut ouvert à la colonisation vers 1870, mais il n?y -a guère plus d'une vingtaine d'années que des colons s>mix s'y fixèrent. Lie réseau des chemins s'étend dans les quatre premiers rangs, et il est prolongé à mesure que le besoin s'en fait sentir.
Les rangs Y, VI, VII et A7III sont disponibles.
M. J.-Benson Williams a exploré ce canton. Voici ce qu'il ■dit du sol: "Une excellente terre jaune, sans roche, excepté celles de petit volume; une espèce de tuf1 facile à broyer et qui, par la culture, se désagrège et se mêle au sol proprement dit. (Test une terre fertile, riche et propre à la culture ide toutes sortes de grains et de légumes. Elle produit surtout de grosses récoltes de foin de belle qualité/' Ailleurs,, M. Benson dit que les rangs postérieurs sont les meilleurs du canton, que la nature est moins rude et que les pentes sont douces et (Tune culture facile.
La gare de Beaurivage (Sainte-Florence) est sur le lot 45, rang I, et l'église sur le lot 42 du même rang. Toutes deux sont «ur la rive ouest de la Matapédia.
Jette.
Ce canton, nouvellement arpenté, (1902-1909) est situé a l'ouest de JVLatalik. Il est presque tout disponible. Les premières concessions ont été faites dans l'arrière partie où il y a un chemin traversant Amqui et Pinault. Il y a une chapelle sur le lot 2 rang YII de Pinault. Les cinq derniers rangs de Jette font partie de cette future paroisse.
Le Bol de ce canton, qui compte onze range, est presque partout de bonne qualité et propre à la production ides céréales, des légumes, etc. L'eau y abonde grâce à de nombreux ruisseaux, et on y trouve aussi beaucoup de sources.
La forêt ayant été jadis dévastée par le feu, les bois sont de moyenne dimension; mais on en trouve de toutes les essences et en abondance. Ils sont d'une exploitation facile et avantageuse. On trouve plusieurs endroits très favorables pour la construction de moulins à farine et de scieries.
L'ancien chemin du "chantier" Moffat, qui commence u» peu au sud de la gare d" Amqui, et dont la longueur est de près de cinquante milles, a été refait par le ministère de la Colonisation jusqu'au sud du lac Amqui.
Quand ce canton sera colonisé, on y trouvera de belles paroisses, car il ne le cède en rien, bien qu'un peu accidenté, aux plus belles parties de la Matapédia.
Cai'sapscal.
Nous sommes ici au centre de la vallée de la Matapédia et dans le canton peut-être le plus attrayant par son site enchanteur et celui qui s'est le mieux et le plus rapidement colonisé.
Baigné par les rivières Matapédia, Causapseal et une infinité de ruisseaux, cette admirable contrée, d'un sol fertile, compte aujourd'hui'une -population de 1,200 habitants et 8 écoles fréquentées par 120 élèves. Le site du village de Saint- Jacques, fondé en 1896, est un véritable joyaux de pittoresque, de verdure et de constructions élégantes, annonçant l'aisance et le bonheur. C'est là que se trouvent les dépendances du fameux club de pêche au saumon Matamajaw.
La plus grande partie du canton est enclavée dans la paroisse de Saint-Jacques, et il reste peu de lots disponibles. Mais il y a un bon nombre de lots à coloniser dans les deux rangs qui longent le chemin Kem.pt et la partie sud-est du canton dont l'arpentage vient d'être complété. Le terrain est un peu rocheux dans cette dernière partie, mais il y a peu de lots qui n'aient une moyenne de 60 acres propres à la culture. Tout le canton Caasapscal a eu b aucoup à souffrir dans le passé des feux de forêts, surtout en 1845; il reste cependant du bois de chauffage et de construction pour les besoins des colons.
La ferme de M. I. Lêvesque, à Amqui.
Le canton 'Causaipscal est traversé dans toute si longueur par le Chemin de fer Intercolonial et par les chemins ds roulage Kettnpt et Matapédia.
L'église se trouve sur le lot 2. rang 1-nord et la gare du chemin de fer sur le lot B, rang de la rivière Causapseal. Toutes deux sont très rapprochées.
Un collaborateur de la "Presse", de Montréal, écrivait à ce journal à la date du 24 juin 1911 :
"Il y a ici (Saint-Jacques-de-Causapscal) cinq maisons de commerce et une dizaine d'industries et de métiers, deux hôtôels,
et notre colis- est en construction. Le nombre de lots à l'état deculture peut être évalué à une couple de cents. I/iniâustri ■ du bois et l'industrie laitière constituent la source de nos principaux revenus. Nous avons deux fromageries qui font de bonnes affaires. Le nombre de têtes de bétail de toutes espèce est d'environ 600 dont à peu près 400 vaches laitières. Le chiffre des revenus provenant de la laiterie peut être évalué au feas mot a tj>o,u00.
"A part l'industrie laitière et celle de l'agriculture, on neut encore compter au nombre de nos ressources les chantiers. Deux grandes compagnies font ici de l'exploitation forestière à laquelle elles emploient, chaque hiver, 300 hommes auxquels elles donnent des salaires variant de $30 à $35 par mois.
'-'Notre paroisse est desservie par Je chemin de fer Intercolonial et nous avons des 'bureaux de poste et de télégraphe. Je pourrais ajouter qu'il existe ici des gisements miniers connus mais >qui ne sont pas exploités.
"Il y a place dans les cadres de notre paroisse pour plusieurs faJmilles nouvelles, auxquelles nous pouvons promettre le succès car nous avons tout ce qu'il nous faut pour faire de l'ag-Lulture payante."
Lepage.
jdanton long et étroit, comprenant ein] rangs d'une moyenne de 80 lots chacun. Il est situé au nord de Causapscal et à l'est ide la Matapédia, dont l'Intercolonial longe la rive. Il est en outre, traversé, dans le rang 1, par le chemin Matapédia.
Les trois premiers rangs sont concédés, sauf vers le milieu, où il reste quelques lots disponibles. Les ran^s IV et V et les deux, cantons voisins, à l'ouest. Biais et Casault, en partie arpentés, sont en forêts. Un chemin conduit jusqu'au canton Biais, passant par le lot 48 et traversant les cinq ranos- un autre se dirige vers .Casault, passant entre les lots 21 et W.
Ce beau territoire sera comme le prolongement des magnifiques paroisses de Saint-Luc-de-Tessier et -Saint- Jérôme-de- Matane, car le ministère de la Colonisation a fait tracer un chemin qui aura son point de départ à Saint-B.noit-Joseph- Lâbie-D'Amqui et se rendra jusqu'à Matane.
Le tiers de Lepage est dans Saint- Jacques; quelques lotssont dans Saint-Edmond, et la partie nord-est dans Saint-Benoit-- Joseph-Lâbre.
La forêt de ce canton a été ravagée par le feu, lors de la construction du chemin de fer; mais il y a partout de jeunes "pousses" qui fournissent tout le bois nécessaire.
Le sol est tout ce qu'on peut désirer de mieux pour la culture des céréales et du foin. Aussi l'agriculture y est prospère. Tas de roches, des pierres schisteuses qui se désagrègent des les premières années de culture. Tout le canton est abondamment arrosé. Les lacs regorgent de poissons et les forets de gib ers a poil et à plume. Bref, "le défricheur courageux et économe trouvera, ici, en peu d'années, la réalisation de ses légitimes espérances." (J.-F, Richard, A. G. 1894). .
Biais et Casault.
Ces deux eaûtons, encore partiellement arpentés, sont situés à l'est de Lepage. Le premier comprend quatre rangs et le second un seul. . .
M Ernest Bélanger qui a fait le lotissement des premiers rangs de ces cantons dit : «Rien de plus beau au point de vue .de la colonisation future, bien entendue, que le spectacle da ces
La ferme de M. Joseph Coulombe, à Amqui. rano-s dans toute leur profondeur. On y trouve un sol dune qualité qui ne se dément pas, des bois vigoiireux et robustes tels que le merisier, l'érable, le sapin, l'epinette, le bouleau le cormier. Aussi, une uniformité de surface qui nest accidentée que par de légères ondulations propres à faciliter le drainage.
Ces deux cantons sont bien arrosés par la rivière Causapscal, et une infinité de lacs et de ruisseaux.
Un premier chemin, passant entre Ls lots 47 et 48 de Lepage se rend jusqu'au canton Biais; un autre atteindra bientôt Oasault, passant entre les lots 21 et 22 de Lepage. Ce dernier a son point de départ à Saint-Jacques ; l'autre, à Saint-B3noit- Joseph-Labre. , J [
Amqui.
Canton de huit rangs de longueur inégale. Il est si ué à l'ouest de la Matapêdia et traversé par le chemin de fer Intercolonial. Quatre paroisses se partagent le territoire d'Amqiii: Saint-Jacques, Saint-Edmond, Saint-Benoit-Joseph-baDre efr Saint-Léon-le-Gramd. Seule, Saint-Edmond a s m centre dans ce canton, rang III, lot 31, sur le bord du lac au Sauimon. L* gare du chemin de fer est au même endroit. C'est un important village, plein d'activité et où l'on trouve les scieries des MM. Priée. Fondée en 1901, la population de cette paroisse est de 1705 habitants, et il y a sept écoles fréquentées par 254 élèyes. Saint-Benoit-Joseph-Labre, (Amqui) qui prend son territoire dans Amqui et Lepage, est située sur la rive est de la Matapêdia. Fondée en 1889, c'est ]& deuxième paroisse de la région par la population, laquelle atteint le chiffre de 2,176. On y trouve 13 écoles fréquentées par 450 élèves et un couvent pour ]es filles, dirigé par les Soeurs de Xotre-Dame du Rosaire.
La gare d' Amqui est sur la rive ouest de la Maitapé lia, lot I, rang I ouest de la Seigneurie.
Les agents<-onjoints des Terres de la Couronne, pour la vallée de la Matapêdia, MM. François Saucier et George* Dionne, résidant dans cette paroisse.
■ Il y a encore beaucoup de lots disponibles dans les rangs IV à VIII inclusivement. Un bon chemin longe la r vièr3 Amqui, depuis la Matapêdia jusqu'au lac Amqui, dans le canton Pinault, et en fait le tour. Il y a des chemins de colonisation en construction dans les rangs IV, V, VI et Vil, et ils «ont prolongés tous les ans suivant les 'besoins.
Les paroisses qui se partagent ce canton sont en plein développement, et elles compteront avant longtemps parmi les pluâ avancées de la région.
Le canton Amqui parait accidenté, mais les collines sont peu élevées et les dépressions peu profondes. Il n'y a ni savane, ni bas-fonds exposés aux igelées précoces. La terre peut y être défrichée partout facilement et à peu de frais. Il y a d3 nombreux lacs et rivières aux eaux limpides, dont la plupart sont
peuplés (de poissons. La rivière Amqui est un cours d'eau considérable. (J.-B. Williams.)
Pinault.
Situé à l'ouest d'Amqui, ee canton, arpenté, il y a une dizaine d'années, compte onze rangs d'inégale longueur. Il est traversé par la rivière Amqui, laquelle déverse ses eaux dans le lac du même nom, belle nappe d'eau, très poissonneuse .
Ce canton est plus accidenté que f«es voisins, mais d'une culture relativement facile, d'un sol fertile et bien h.isé de cèdres, d'épinettes, d'érables, etc. Le défrichement est une tâche facile, car les arbres nont pas pivoté. Bref, ee canton ne le cède en rien sous le rapport de la valeur agricole aux meil'eures
L'éylise et le presbytère de Cedar-Hall.
terres de la contrée, et le colon est certain de trouver ea grandequantité, sur chaque lot, le bois de construction et de chauffage pour ses besoins. (C.-S. Lepage, A.GL)
Les quatre premiers rangs de Pinault sont enclavés dans le territoire de la paroisse de Saint-Léon-le-@rand, dont l'égliseest sise sur le lot 28 du rang I. Fondée en 1S01, cette paroisse a progressé avec une rapidité qui fait bien augurer de l'avenir du canton. La population est de 797 habitants, et les quatreécoles sont fréquentées par 165 enfants.
Une nouvelle paroisse, Savnt-Zênon-du-lac- Amqui, dont le centre est sur le lot .2 du rang VII, se développe rapidement. La population est déjà de 123 habitants, et il y a une école fréquentée par 23 enfants. Elle est desservie par le curé de Saint-Léon. Cette paroisse comprendra, quand ses cadres seront remplis, les derniers rangs de Pinault et Jette, depuis le cinquième jusqu'à la seigneurie du lac Métis.
Parlant de ces deux colonies, un correspondant de la 'Tresse" écrivait à la date du 22 juillet 1911 :
"Notre population est travailleuse et aime à ne pas rester en arrière. Elle se donne à l'agriculture avec une ardeur «aiu pareille. Ily a actuellement 350 lots en culture, et l'étendue moyenne des défrichements est de 10,500 acres. On peut facilement évaluer à $60,000 le revenu annuel de la ferme ici.
"L'industrie laitière est payante ; nous avons une fromagerie alimentée par 200 vaches à lait et le nombre de têtes de bétail, dans la paroisse est de 610. La valeur de nos produits laitiers est de $8,000, pour cette année. Ces chiffres parlent assez éloquemment en faveur de ce que j'ai précédemment avancé. Nous avons un marché rénumérateur assez rapproché pour tous nos produits. Et il ne faut pas oublier que nous ne eomanes qu'à six milles du chemin de fer Intercolonial.
"Huit grandes compagnies, dont entre autres, celle des Pi icej exploitent les riches forêts qui nous entourent. Elles emploient, chaque hiver, à la coupe du bois, grand nombre d'hommes auxquels elles paient un salaire moyen de $30 par mois. Ces compagnies constituent à peu près l'unique consommateur des produits du colon auquel elles achètent ea plus, tout le bois marchand que celui-ci peut leur fournir.
Il y a place encore, dans Saint-Léon seule, pour établir avantageusement plus de cinquante familles. Ici et dans la région du lac Amqui, nous avons une centaine de bons lots disponibles, et il reste d'immenses espaces à coloniser dans les cantons Pinault et Jette.
"Saint-Léon et sa mission du lac Amqui sont maintenant les centres les plus avantageux à cultiver de toute la vallée de la Matapédia et peut-être de tout le pays. Le sol est excellent, à proximité du chemin de fer, le bois se vend à haut prix, vu la concurrence, et le gouvernement se montre ici facile et bienveillant pour le colon. Nous avons tous les chemins désiré 5 pour le moment."
Nemtayé.
Canton situé au nord de Pinault et Amqui et à loue t de la Seigneurie. Il comprend six rangs de 50 lots chacun. Eien arrosé par plusieurs cours d'eau et une quinzaine de lacs. Le sol, de iterre noire et jaune est propre aux exploitait ns de l'agriculture.
Les premiers arpentages ont été Hait en 1869, et M. Hector LeBer dit qu'à cette date "les établi.- sements de colonisât on prospéraient.-' C'est fort possible: mai^ toujours est-il que ce n'est que depuis quelques années qu'il s'y fait de la cotisation un peu intensive, l'attention des colons s'étant toujours portée vers des endroits ayant des communications plus directes avec l'extérieur. En 1898, M. l'arpenteur Gauvreau fit u e exploration minutieuse du canton, et comme les traces dv+ premiers arpentais avaient disparu, il constata que cet état de choses avait paralysé le mouvement colonisateur.
La rue principale de Cedar-Hall.
Le tiers nord-est du canton est flans la paroisse Saint- Benoit- Joseph-Labre et Saint-Pierre-du-Lac (Cedar-Hall). 11 n'y a .pas de paroisse ayant son centre dans ce canton; il est toutefois question d'en créer une vers le lot 15 du Illème rang, où il y a, dans un ra}ron de trois ou quatre milles, assez de bonne.terre pour y établir une couple de cents familles.
Il y a plusieurs chemina dans le voisinage de la Seigneurie, et ils sont prolongés au fur et è. mesure des besoins des nouveaux arrivants.
La Seigneureriedu Lac Matapedia.
Les plus anciens établissements de la Matapedia se firent dans cette seigneurie, dont le premier concessionnaire fut Louis- Nicolas- Joseph d'Amours. Dans la suite, elle Changea de mains, à plusieurs reprises, et, en 1881, elle devint la propriété des MM. King qui, à leur tour, la cédèrent à un syndicat de capitalistes américains.
Si la colonisation a débuté dans cette seigneurie, elle n'y marcha pas à pas de géant, puisqu'aujourd'hui, la moitié en est encore en forêt. Il n'y a guère que la partie sud qui ait été livrée à l'activité colonisatrice; la partie nord est réservée pour des fins d'exploitation forestière. Tout de même, trois centras (e paroisses y sont localisés, et elles s'y sont développées: Sainte- Marie-de-Saydbec, Saint-Pierre-du-Lac (Ceidar-Hall) et Saint- Benoit-Joseph-Labre (Amqui). Ce sont des localités très avancées et faisant honneur à ceux qui en ont été les pionnier*. Elles sont localisées comme suit : Sainte-Marie, lot 7, rang B ; Saint-Pierre, lot 151, rang 1; Saint-Benoit, lot 1, rang I. Cas paroisses s'étendent dans les cantons limitrophes.
Toute cette seigneurie est une vaste plaine de terre d'aliuvion, très fertile, et où Ton rencontre surtout du cèdre.
Cedar-Hall (Saint-Pierre-du-Lac) avait toujours été un centre d'Industrie forestière, mais les scieries qu'y possédient les MM. Price ont été transportétes à Saint-Edmond, sur les bonds du lac au Saumon.
Le syndicat, propriétaire de cette seigneurie, concède tous les ans, un certain nombre de lots et le prix de vente est, en moyenne, de $1.00 l'acre.
Sainte-Marie-de-Sayabec, fondée en 1889, est la paroisse la plus populeuse de la vallée de la Matapedia. -avec ses ? 34-0 habitants, ses 9 écoles élémentaires, son couvent pour les filles, dirigée par lûs Filles de Jésus et son académie, le tout fréquenté par 450 élèves. Erigée en paroisse en 1894, Sainte-Marie resta mission jusqu'en 1896, alors que M. l'abbé J.-C. Saindon fut nonrpié curé. 11 nV avait alors que 7^> famille^; il v en a p.njourd'hui environ 400. Saint-Pierre-du-Lac, fondée en 1889, a une population de 1,745 âmes et 9 écoles, dont un couvent de^ Soeurs Notre-Dame du Rosaire, fréquentées par 355 élèves. La
population de Saint-Benoit-Labre, fonidée en 1889, est de 2,17G habitants, et ses 13 écoles sont fréquentées par 450 enfants. 11 y a là aussi un couvent des Soeurs Notre-Dame iu Rosaire.
Ces chiffres ont certes leur éloquence !
Le centre des trois paroisses dont il est ques ion plus haut se trouve sur la voie de Tinter colonial.
Awantjish.
Au noua de Nemtayé. Tl comprend hui rang"*, ayant chacun une moyenne de 60 lots. Situé à l'ouest de la Seigneurie, ce canton est à proximité des virages ice Sainte-Marie-c'te-Savafcec et Saint-Pierre- !u-Lic (Cedar-Hall). Il est aus i peu éloigné de la voie ferrée.
Le réseau des chemins de ce canton est très avm.ee. Le plus important de ces chemins commence à la gare de Sayalec et passe entre les rangs IV et V.
Une scierie à Cedar-Hall.
La future église sera placée vers le centre de cette ligne. Actuellement, il y a une mission temporaire, connue sous le vocable de Saine-Agricole. Elle comprend une population de 144 habitants. L'école est fréquentée par 26 enfant?.
Toute la partie nord du canton appartient, soit à Sainte- Marie, soit à Saint-Pierre. Le reste du canton formera une belle paroisse, car il est susceptible d'un baau déveolppement agricole.
I II y a place, dans ce canton, pour nn grand nombre d.2 familles. Des lots -vacants se trouvent dans tous les rangs.
Les premiers arpentages de es canton datent de 1869.
Le sol est de bonne qualité, bien arrosé, et on y trouve généralemet assez de bois pour les besois des colons. On peut dire que les trois quarts du canton sont propres à la culture.
Cabot.
Canton de dix rangs, situé au sud de la seigneurie de Métis et traversé en diagonale par PIntereolonial et les checmins Kempt et Matapédia.
La paroisse de SaM-Moise, située sur le lot 58 du rang sudouest .de la Matapédia comprend presque tout le territoire du canton. Fondée en 1873, elle contient aujourd'hui une population de 1,422 habitants et 8 écoles que fréquentent 220 enfants. TJue nouvelle paroisse, désignée sous le vocable de Saint-Antoine-de- Padoito (Chemin Kempt) a été fondée récemment. Située dans la partie ouest du canton, elle comprend une population de 400 habitants et 3 écoles que fréquentent 60 enfants.
Le réseau des chemins est presque complet et les lots & sponibles sont d'accès facile.
Un bon nombre de colons pourraient se fixer avantageusement dans Cabot, sur à peu près tous les lots, dans Saint-Moise, aussi bien qu'ailleurs.
Le canton Cabot se trouve sur le sommet des montagnes, où les eaux se divisent pour se diriger, soit dans le Saint-Laurent, eoii dans la baie des 'Chaleurs.
"Vu à vol d'oiseau, ce territoire laisse une impression assez peu avantageuse. Il paraît montagneux et d'un aspect pas mal abrupte. Le fait est qu'il est coupé en tons sens de ruisseaux et de ravins dont quelques-uns sont d'une profondeur s:r r nante. Mais lorsque l'on pénètre à l'intérieur, et qoi3 l'oi visite les lieux, rang par rang, et un peu en détail, l'impression première change nécessairement. Alors, on trouve les hauteurs généralement en pente douce et couvertes d'une superbe forêt; sur chaque lot, des ruisseaux fournissent une eau abondante et délicieuse; le sol. qui n'est rocheux à peu près nulle part, est partout de très bonne qualité. En sorte que ce coin de terre considéré au point de vue des avantages agricoles, ne laise rien à désirer, et est, dans son ensemble, de beaucoup préférable à ce:taines parties des paroisses environnantes." (1)
(1) J.-N. Castonguay. Rapport à Thon. Ministre de la Colonisation, 1900.
Le sol est fertile, et tout le canton y gagnera (par le déf.ichement, car les récoltes ont eu quelques foi> à souffri; ides gelées précoces. Notons encore plusieurs jolis l'da tt quant t d) ruisseaux.
McNider.
Ce magnifique canton esi situé au sud du Saint-Laurent et il s'étend jusqu'à la limite nord de la seigneurie de Matapédia. 11 comprend 12 rangs de 50 lots chacun.
Les (premiers établissements sur le littoral du Saint-Laurent datent de 1842. Deux paroisses y ont leur centre: L'Assomption (Sandy-Bay), sur le Saint-Laurent, et Saint-Damase, dans l'intérieur^ sur ie lot 25, rang VIL Cette paioisse se trouve
Le macadamisasse d'un chemin à Cedar-Hall. Le concasseur
à peu près à égale distance des deux chemins de fer: l'Intereolonial et la nouvelle ligne Matane^Sainte-Flavie. Le Xllème rang est dans Sainte-Marie^de-Sayabec.
La paroisse de Sandy-Bay, aussi désignée sous le nom de l'Assamption-de-McNider, fut fondée en 1869. La population est de 1,643 habitants. Il y a un couvent dirigé par les, Soeurs Notre-Dame fin Rosaire
La fondation de Saint-Damase remonte à 1884. On y trouve 1,020 habitants et 6 écoles que fréquentnt 254 enfan 's.
A propos ide la colcmisatian dans cette paroisse, on nous écrit:
"A Saint-Damase, la colonisation prospère d'une manière encourageante depuis quelques temps. Le; denrées et produits de la ferme se vendent bien, ainsi que le bois. Les colons ont renoncé, semble-t-il, à faire la navette entre 1-a paroisse et les Etats-Unis, C'est là la raison qui avait retardé Saint-Damase.
"Les terres cultivées rapportent (bien et le "dôfii2hé" s'agrandit chaque année. Il est vrai que les lots retenus p r les enfants de famille se font lentement, mais les je ânes gens eont nombreux et vont dans -quelques années oemper le sol à e.ix léserve."
Le réseau ides Chemins est à peu près complet, sauf (dans la partie est ides rangs IX, X, XI et XII; il est continué suivant les besoins de chaque année.
Il y a bien peu de lots disponibles. Quelques-uns ici et là. C'est idans la partie est des rangs IX, X, XI et XII qu'on en trouve le plus grand nombre.
L'aspect général du canton est quelque peu montagneux, parfois rocheux, mais le sol est généralement fertile et les récoltes sont abondante?. Les colons laborieux réussissent à s'y faire rapidement de beaux établissements.
L'augmentation de MoNider constitue une pointe qui s'étend jusqu'à la seigneurie de Matapédia. Elle comprend, trois rangs et une quarantaine de lots d'inégale longueur.
M. C.-S. Lepage, qui a arpenté ce terrain, dit dana ses notes :
"Le terrain est presque partout de qualité excellente au point de vue agricole. Il y a de la terre noire dans les c'drières et aux abords des lacs quand le 'terrain est très plat ; partout ailleurs, le sol est de terre jaune, quelquefois grise, mêlée à é* l'argile en suffisante quantité. C est nu terrain un neu a°<'ielenté, mais qui sera partout d'une explcitat'on agricole facile. Il y a de l'eau en abondance, mais nulle part en excès. Il y a ici et là, quelques endroits rocheux mais pas assez pour nuire beaucoup à la culture. 1
"Le sol fournira en abondance les fourrages, les crains et légumes que produit la partie est de la provin e de Québec. Vu la nature du sol et la conformation du terrain je crois pouvoir affirmer qu'en outre des petits fuits qu'ion récolta généralemert par ici, les pommes, les prunes et les cerises de France y pourront être cultivés avec succès et profits."
"Les essences forestières sont : le sapin, l'épinette de toutes sortes, le cèdre, le bouleau, le merisier, l'érable, le frêne, le meri-
«ier, le cormier, le cerisier à grappes, l'aulne, le saule, quelques onn?s ici et là, quelques peupliers et quelques pins.
Il y a plusieurs beaux lacs dans McNider et deux im ortantes rivières qui le traversent dans toute sa largeur: la Tartigou et la Blanche.
'Ce canton est traversé, sur le littoral du Saint-Laurent, par le chemin de fer Matane-Sainte-Flavi3. Le> stations .de l'ouest à Test sont : Petit-Métis, Plourde et Sandy-Bay.
Matane.
A l'esit de McNider et au sud du Saint-Laurent. M. J.-N. #astonguay, ingénieur et surintendant id s tray ux de colonisation, a fait, en 1899, une inspeetior complète de ce canon. Nous reproduisons son rapport presque en entier:
Le macadamisasse d'un chemin à Cedar Hall. Le rouleau à vapeur et l'arrosoir.
"Pour me (préparer à flaire la dite exploration, j'ai fai: nie *étude spéciale des différents carnets d'arpentages relatifs à la division du canton Matane, pour me faire une idée de la topographie générale de cette localité et en CDnnaîcre, d'après les •rapports des arpenteurs, la nature du sol et les avantages qu'elle 5>eut offrir à la colonisation.
"Les arpenteurs Fourni er, en 1817. Bra'lley en 1862 et Lepage en 1882, ont opéré dans le dit canton; leurs lajxp rts ainsi que leurs carnets d'ouvrage contiennent des renseignements multipliés et très intéressants snr ce territoire. Les deux premiers arpenteurs susdits font foeauco p d'éloges )du canton Matane, parlant avec enthousiasme même de l'excellé :-ce de s^n sol, de la ibeauté de ses forêts, Ide la splendeur de son cours d'eau et des avantages qu'y trouvera la colonisation. En 1882, l'arpenteur Lepage fait la division des six derniers rangs du canton et énumère d'une manière bien précise les avantages et les désavantages de cette localité.
aLe canton en question comprend quatorze rangs dont les sept premiers forment la paroisse de St-tJlrie. Presque tous 1 »• lots ,djU huitième rang sont d'assez bonne qualité, niais le terrain y est souvent très accidenté et offre des dé avantages pour la culture. La rivière Petchedetz et quelques-uns de ses affluents sillonnent plusieurs de ces lots en suivant des ravins d'une grande profondeur et apportent de sérieux obstacle^ à la localisation de bons chemins. Cependant, il y a possibilité de localiser une route qui monterait tantôt sur le lot No 16 et tantôt sur le lot No 17 d?s rangs 4e, 5e. 6e, 7e et 8e, et cette route pourrait ensuite se continuer sans difficulté jusqu'au quatorzième rang en suivant les lots 29 ou 30.
'Tes rangs 5e, 6e, 7e et 8e, aux dires de M. l'arpenteur Bradley, sont d'excellente terre et valent mieux que les premiers rangs du canton.
"Sur le 9e rang, les trois-quarts des lots, au moins, sont propres à la culture et peu accidentés; ceux surtout, à l'ouest de la ligne centrale, sont bien avantageux.
"Presque tous les lots du 10e ran? sont de bonne quai té; ceux à l'ouest de la ligne centrale donnent un terrain généralement plus bas et hutmide que ceux à Test de la même ligne, lesquels isont en général plus hauts et couverts de bois francs. Il y a possibilité 'l'ouvrir un chemin de fnmt qui suivrait la ligne entre les rangs 9e et 10e, sur presque toute sa longueur.
"La partie nord des lots du lie rang, entre la l'gne centrale et le lac Petclieletz est peu avantageuse, mais les lots à l'est de ce lac sont bien propres à la culture; c;ux de la partie ouest de ce rang sont bons et peu accidentés.
La partie ouest du 12e ram? ect de 'première qualité; la partie est offre plus d'accidents de terrain, mais elb est encore assez avantageuse. LTn chemin de front peut s'ouvrir entre les rangs lie et 12e et traverser le canton dans toute -a lorsueur.
"Sur le 13e rang, il y a environ 35 lots de propres à la culture avec terrain généralement assez plan.
"Sur le 14e rang, tous les lct* depuis le 13e jusqu'au 38e sont de bonne qualité et peu accidentés et il est facile d ouvrir un chemin sur le front de ces loits en suivant la ligne entre les rangs 13e et 14e.
4<*En supposant que la paroisse de St-TJlric doive garder le territoire quelle a aujourd'hui, le r sic du canton JVLatane peut fournir environ 250 lots propres à la culture et dont le centre géographique se trouverait approximativemenl sur le lot No 30 du' lie rang."
La ferme de Victor Sirois à Cedar-Hall.
Le canton Matane contient plusieurs lacs? dort quelquesuns sont très étendus. Signalons encore la rMère Matare et son affluent, la Petchede'.z, laquelle traverse le camton 'dans toute sa largeur, et la rivière Blanche.
Trois paroisses -se partagent le eau ton Matane, et deux y ont leur centre: Sa'nt-Ulric ('Tessierville) ,située sur le littoral du Saint-Laurent et Saint-Léandre, dont l'église est sur le lot 18 du rang VII. Saint-Ulric fut fondé en 1869 et la (population est de 1,394. (1) La fondation de Saint-Léandre re-
(1) Les Soeurs du Saint-Rosaire ont désormais la direction de l'école du villasfe.
monte à 1900 et sa population est de 412 nab'tants. On J trouve 3 écoles fréquentées par 68 enfants.
'Au sujet des débuts de Saint:Léandre, voici ce que nous trouvons dans "l'Enseignement Primaire'/ du mois de eeptemb * 1904:
"Les débuts de Saint-Léandre furent leaits, mais grâce à l'énergie, au courage de l'un de ses premiers colons, M. Alexandre Levasseur, cet endroit est maintenant en voie de prospérité. M. Levasseur mérite une mention spéciale. C tst un de ces fiers pionniers, de ces vrais patriote?, qui conquirent à la civilisation canadienne la belle vallée de li Motajpédia. Cette immese région s'é'end depuis la riv ère Métis^ 'dans le comté de Matane, jusqu'à la rivière Eestigouche^ dont le? eaux vont se mêler à celles de la Baie des Chaleurs. Né à Saint- André-de-Kamouraska, M. Levasseur connut de bonne heure les épreuves et les privations. Sa famille^ comprenant neiuf enfants, quitta Saint-André en novembre 1862, pour aVe; s'établir à la Eivière Blanche (Saint-Ulric). Rude fut la tac' e, mais la victoire resta à cette brave famille de défricheurs que jamais aucune épreuve ne découragea. Dix-sept ans plus tard, Alexandre Levasseur, devenu chef de familL, quitta Sûnt- Ulric, pour aller s'établir à trois lieues vers l'e t, pi es que aux sources de la Petite Eivière Blanche. C'était en pleine for}t. Notre héros se mit à l'oeuvre avec courage et psr é.éranee. Bientôt les limites de la forêt s'éloignèrent, pt de helles récoltes jaunirent là où naguère croissaient des bois épais. Quelque» courageux colons rejoignirent M. Levasseur. Nommons las ici, et inclinons-nous devant ces obscurs travailleurs qui composant Payant-garde de notre nationalité: Simon Pipe, Bénoni Bernier, Joseph Vaillancourt, Edouard Gharest, Xavier Charestr Bénoni Gharest, Léandre Bernier." (C.-J. Magnat) .
Les trois derniers rangs dn canton font provisoirement partie de Sainte-Marie-de-Sayabec.
Bans les cinq premiers rangs, compris dans Samt-Uli ic, il reste peu de terre à concéder, tandis qu'il y a place pmr de nombreux établissements dans les sept derniers rangs. Le miir stère de la Colonisation fait de nouv< aux chemins tous les ans, et les nouveaux colons y viennent nombreux.
Le chemin de fer Matine-Sainte-Flavb (Canada & Gulf Terminal) traverse le canton dans le se" s de sa lirgeur^ près du littoral. Les stations, de l'ouest à l'est sont: Tart:gou, Rivière-Blanche et Saint-Léandre-Station.
Tessier.
Canton de quatorze rangs, d'un3 quarantaine de lots chacun. Il est situé au sud de la Seigneurie de Matane et à l'est eu canton du même nom. Il est arrosé par les rivières Matane et Pet iii'-Matane et plusieurs ruisseaux et lacs.
Ce canton, quoique montagneux, est fertile et lb"en boisé. Les parties qui sont propres à la colonisation peuvent être comparées aux meilleurs endroits de la Matapéiia.
Le ministère de la Colonisation se propose de construire vu chemin qui aura son point de départ à Saint-Luc pour se rendre à la gare d'Amqui. L'exploration qui a été faite à ce sujet a justifié l'idée de la mise à exécution du projet.
Il n'y a guère 'de colonisation que dans les quatre premieis ransrs. ht une bo^ne partie d s habitants l'ont de la poche leur principale occupation.
La ferme de Auguste Desjardins à Cedar Hall.
Il n'y a qu'une seule paroisse dans ce cant n: Saint-Luc, située immédiatement au sud de la seigneurie de Matane, sur le lot 23, rang II. Voici quelques notes sur cette paroisse que nous reproduisons dune lettre de M. l'abbé F.-X. LeBel, premier cairé :
"La paroisse de Saint-Luc est composée d'une partie du canton Tessier, 20.035 acres; d'une partie du canton voisin de Matane (la partie est de la rivière Matane) 1,052 acres, et d'une partie de la seigneurie de Matane, 2,875 acres.
"Il n'y a que trois ran?s en culture. On dit * ue le quatrième est impropre à la culture, mais que les rangs suoérieurs sont de première qualité. La paroisse comprend six rangs d nsle canton Tessier.
"En général, le terrain est accidenté. Les ann'e; où il ne pleut pas trop, les récoltes sont bonnes, surtout dans les "baisseurs". L'année dernière, si nous avions eu un sp3-u plu> i"e chaleur, nous aurions eu une récolte extraordinaire. Un cultivate r a semé lj/2 minot d'orge dans la terre neuve, et il a coupe 115 quintaux. L'an dernier, nous avons eu une splendide récolte de foin.
"Le terrain est composé de terre jaune, grise et d'argile. Toutes les essences forestières existent dans nos forets, et le bois de construction n'est pas rare. Nous avons une scie ne et des machines à préparer le bardeau et la planche, etc.
"Il y a une bonne beurrerie. Nous avons livré au marché jusqu'à 40 à 45 boîtes de beurre par semaine.
"Il y a plus de quarante ans que le premier colon est venu s établir ici. Pendant plusieurs années, la mission n'a pas avancé bien vite. En 1878, on élisait des syndics, et l'année suivante, Mgr Langevin autorisait M. l'abbé Luc Bouleau, curé de Matane à y dire la messe; dans la maison de François' ûMartre. La mission fut tour à tour desservie par M'M. les abbés Narcisse Gagnon, Georges Gagnon, Eugène Pelletier et François- Xavier LeBel. Ce dernier devint le premier curé, le 7 octobre 1903, et la nouvelle paroisse fut rommée d'après M. l'abbé Luc Bouleau, fondateur de la mission."
"La population, en 1907, était de 633 âme?, 410 commiiiuiants, 233 non-oomxnuniants, 101 familles catholiques, 84 cultivateurs et 17 "ernplacit-aires."
D'après le dernier "Canada Ecclésiastique'', la popu'ation de Saint-Luc est de 700 habitants.
Saint-Denis, Cherbourg, Da!ibaire et Romieu.
ISTous avons atteint les limites de la C3loni ation .proprement dite, les quatre derniers cantons n'étant, pour ainsi dire, habités que sur le littoral du Saint-Laurent par une ropulatioa de pêcheurs. Ces cantons sont traversés par un assez bon chemin maritime. De ce chemin partent quelques routes qui montent deux ou trois milles dans l'intérieur, où l'on rencontre de rares colons.
La physionomie générale de ces cantons est un peu tourmentée et d'un /pittoresque rare. On rencontre partout de la bonne terre, bien arrosée et suffisamment boisée pour les besoins des futurs établissements. Ce t l'éloignem°nt des C3rtr?s d'affaires et des communications rapides avec l'extérieur qui a
jusqu'ici paralysé la colonisation. 1] est à espérer que le chemin de fer Sainte- Fia-vie- M a tane (Canada and (Juif Termiral) sera (bientôt prolongé dans c tt > direction. Ce sera alor; le r veil de cette nature qui ne demande qu'à livrer ses trésor?.
C'est du reste l'avis de M. C.-S. Lepage, arpenteur-géomètre. Dans un rapport, en date dn 1er avrl 1906, il ci que le sol est en général de terre jaune argileuse, proluisan tr's feien les céréales, les fourrage?, les lé i uni s et les fruit- que l'on cultive dans la partie est de la Province; que les gelée- ne sont pas plus à appréhender que dans la vallée de la Matapélia ; <me l'eau est partout en abondance et sans excès.; que le terrain est généralement accidenté, mais pas ascz pour nuire notablement à la culture du sol. Ht il conclu! :
La ferme de M. François Desrosiers de Cedar-Hall.
"Il y a amplement de bonnes ter: es d'ans les ranga supérieurs de Saint-Denis, comme clans ceux de Cherbourg, Dalibaire et Romieu pour y établir de grandes paroisses dont les habitants deviendraient d'année 3 en années plus prospères à mesure que progresserait Foauvre de la coloisation. Ce qui empêche les colons d'ouvrir ce vaste territoire à la colonisation, c'est le manque de comanuications faciles.'-'
Sainic-Félécitê, (fondé 3 en 1869, population, 1,645) se
Univers/^
BlBUOTHECA
-trouve sur le littoral du Saint-Laurent, à Pextiémdté est du rang I du canton Saint-Denis.
Grosses-Roches, -qui n'est qu'une desserte de Sainte-Fél'cité, se trouve aussi sur le littoral du Saint-Laurent, lot 41, rang 1 de Cherbourg.
Saint-Edouard-de-Mécliins, sur le Saint-Laurent, paroisse fondée en 1880 et ayant une population de 669 habitants, se trouve sur le lot 33, rang I de Dalibaire,
Saint-Paul-des-Capucins, sur le Saint-Laurent, lot 30, rang I de Romieu n'est qu'ime dsserte de Saint-Edouard.
Les Anciennes Seigneuries
Matane.
Il y a cinq de ces anciens domaines dans la région qU3 nors décrivons. Deux sont situées dans l'intérieur: la seigneurie du lac Matapédia, 'dont il est parlé plus haut, et la seigneurie du lac Métis, encore en réserve forestière.
Les trois seigneuries du littoral du Saint-LaureLt sont: Lepage et Thi vierge, dont une (partie est dans le comté de Rimou ski, Métis et Matane.
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La seigneurie Lepage et Thiviergà fut cmcklée en 1636 à Louis Lepage et G. Thivierge. Elle fut acquise dans la suite par les dames Drapeau, et elle tomba enfin dans la succession de fou l'honorable Juge Tcssier.
Les terres de cette seigneurie qui ne so.it pis concôiées sont impropres à la culture.
Il y a trois paroisses dans la partie qui s? trouve dans le comté de Matane: 1. Sainte-Flavic, située sur le Saint-Laurent et dont la fondation remonte à 1829. La populr.im est d'environ 700 habitants. Sainte-Flavie-Station (Mont-Joli), à trois milles dans l'intérieur, sur la ligne de l'Intercoionial, est le point de départ du nouveau chemin de fer qui sa rend à Matan :•. (Canada and Gulf Terminal). Il s'est dévdoppé^ à cet enu oit, une très beUe paroisse, sous le vocable de Notre-Damed< -Mont-Joli. Fondée en 1889, sa popula'ion dépasse 2,000 âmes, Il y a un couvent, dirigé par les Soeurs Neti e-Daue du Rosaire, et une académie commerciale sous L contrôle des Frères de la Croix de Jésus; 2. Saint-Joseph-de-Lepage, dont la fondation remonte à 1873, contient une pcipalation de 426 habitants. Elle est située entre les rangs III et IV de la sei-
gneurie; 3. Saint e-Angèle-d -Mérici est située à l'extrémité sud de la seigneurie. Fondé- en 18G8, clic renferme une population •de 1,562 habitants.
"La seigneurie do Métis, située à l'est de la précédente, dans laquelle se trouve incorporée la paroisse Saint-Octave de Métis et qui est devenue la propriété de M. W. Fergusson, de Métis, était subdivisée primitivement en ^plusieurs fiefs.
"Le fief "Métis et Ile? Saint-Parn ibé"' eut pour premier concessionnaire en 1675 Jean-Baptiste de Peiras qui le cela en 1723 à dame Elisabeth de Peinas, veuve de Nicolas Pinsruet de Targis. En 1802, MatHew M'cNilder acquit ce fief d'Antoine Jobindit Boisvert et de Madeleine Pingnet de Targis, sa femme-
La ferme de Joseph Pouliot à Cedar-Hall.
"En 1807 ce fief ayant été velu par le shérif de Québec, John McNider racheta, et, en 1821, il passa aux mains de James Shepherd.
"Le fief du lac Métis et der, terres environnan'es fut concédé tout d'abord en 1693, à Augustin Rouer, -sieur de la Cardonnière. Il passa en 1725 à Nicolas Lanouiller qui lavait acquis de Louise LeGardeur, veuve de Augustin Rcuer.
"En 1831, Jean-Baptiste René Hertel de Rouville .possédait les deux tiers de ce fief, et sa soeur Marie Aune Julie Hertel de Rouville, veuve de Phonorabl? Charles Michel Irumberry de Salaberry. Fautre tiers. Ce fief leur venait de leur grandroère, René Ovide Hertel de Rouville, qui avait épousé en 1741, Lou're Catherine André, fille de Pierre André, sieur de Leione.
"Le fief de la rivière Métis qui appartient aujourd'hui à* Lord Mount Stephens fut concédé en 1689 à Frarçois Pachot. Ce dernier le légua à sa veuve Charlotte Françoise Juchereau qui épousa en secondes noces le sieur de LaForesc, nuis en 1703, Kéné Lepage de Sainte-iClaire l'acquit de cette dernière. En 1724, ce fief devient la propriété de Pierre Lepage de Saint- Barnabe, et de ses frères et soeurs." (1)
La fondation de Saint-Octave-de-Mêtis remonte à 1855. Située sur la ligne de l'Intercolonial, c:ite paroisse est trts développée. Le commerce du bois est actif et amène une ho me circulation d'argent. Toutes les bonnes terres sont concédées La population catholique est de 2,540 habitants. Il y a en outre une trentaine de familles écossaises, établies surtout 'dans le llème rang; mais elles tendent à pr.nlre le chemin de l'Ouest.
En 1909, une nouvelle paroisse, Saint-Rémi-de-Priceville, a été détachée de Saint-Octave. La population est de 1,000 habitants. C'est dans cette paroisse, sur la rivière Métis, que l'on trouve, à peu (de distance de son embouchure, une chute d'eau de 12 Q pieds, que la "Grand Métis Lumber Co." exploite pour actionner ses vastes scieriQs
La célèbre plage de Petit-Métis est dans cette seigneurie. Elle attire, tous les ans, un grand nombre de touristes américains qui viennent jouir de ses incomparables beautés naturelles et de la salubrité de son climat. A cet endroit, le Saint-Laurent a plus de 40 milles de largeur.
La Seigneurie de Matane, située à Test du canton du même nom, fut roncHé ;i Mathieu d'Amours "n 1677. Dans la su 'te, en 1781, Donald Mckennon en faisait l'acquisition, et deux ans plus tard, Simon Fraser l'achetait aux fnchères publique-, à Québec.
La plus grande partie rie ce domaire sst occupée pa- ^sl vaste et progressive paroisse de Saint-J érôme-de-Matane. Fondée en 1861, elle compte aujourd'hui une population de 2.950 habitants. On y trouve un hôpital, un couvent et un co-lège commercial, de fondation toute récente.
Saint-Jérôme, ou simplement Matane, ou encore Matanesur-Mer, est située dans un bien joli endroit qui est, en même une belle plage et un port naturel très avantageux.
"Le voyageur qui arrive à Matane^ à la vue de ©o» port, de la rivière qui y débouche, des belles, nombreuses et vastes eons-
(1) Eugène Eouillard. La Colonisation. 1898.
tructions du village, je dirais plutôt de la petite ville, d.3 ses grandes maisons de commerce, de ses scierie5, -de l'animation qui règne dans tous les quartiers, des énormes cubes de madriers entassés sur le quai, prêts à être transportés dans des "bateaux aux navires qui attendent leur chargement au large, à la vue, dis- je, de ce spectacle dont il a été déshabitué depuis qu'il a quitté les grands centres populeux et prospères, le voyageur se demande comment il se fait qu'un pareil endroit soit encore e* dehors des communications par voie ferrée, et il reporte naturellement sa pensée vers les provinces d'Ontario, de la .Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, où. nombre û'enaroits, perclus encore il y a quelques années à peine clars 7es 'bois, mais où l'esprit d'entreprise et l'intelligence de l'avenir avaient sn
L'église et le couvent de Sayabec.
placer des espérances raisonnées et réfléchies, se voient dotés aujourd'hui d'embranchements qui les relient an^ villes principales, et leur population s'accroître au point qu'ils deviennent bientôt eux-mfêmes des villes de troisième ou de quatrième oidre. Nous sommes ici, monsieur le Premier, en présence id'une ville future importante. Jacques- Cartier, à son troisième voyage au Canada, avait remarqué et mentionné particulièrement le ^ort de Matane; plus tard, le capitaine Bayfield, qui a effectué des sondages dans toutes les parties du fleuve Saint-Laurent, et qui a dressé des cartes maritimes qui servent depuis lors à tous l°s navigateurs, déclarait qu'il n'y avait, sur touLe la rive sut du bas Saint-Laurent, que deux ports de mer, l'un à Matane, l'autre
au Bic: ce dernier, les navigateurs le redoutent, parce que le fleuve y cache, dans des profondeurs d'eau de dix à quinze brasses, d'énormes rochers qui sont autant d'éeueils pour les navires, tandis qu'il n'y a rien de semblable à redouter à Matane.. "Il y a bien encore, jusqu'à un certain point, Mont-Louis, situé beaucoup plus bas, sur la côte de la Gaspésie, nia's l'aspect seul de ce port où vient aboutir la chaîne des Chikdhak, dans un formidable entassement de mornes promontoires, suffit à détourner les plus hardis navigateurs. Keste donc le pari de Matane seul. Qu'on ouvre une carte maritime, et Ton constatera immédiatement que la course naturelle des navires qui viennent du golfe et qui se dirigent invariablement vers la Pointe-des-Monts, est de ce dernier endroit vers Matane. L? gouvernement McKenzie avait entrepris, en 1878, la construction d'une immense jetée, qui eût fait de Matane un port remarquable, un port d'abri, un port de relâche, un port de ravitaillement, un port de commerce fluvial et océanique, et un centre mis en possession de toutes les conditions nécessaires pour desservir tout le littoral du bas Saint-Laurent, et en outre l'immense péninsule de la Gaspésie. Malheureusement il re fut pas donné suite à cette entreprise, après la construction d'à pu près quatre cents pieds de jetée, la chute du gouverneme ît McKenzie entraînant, on ne sait pourquoi, la discontinuation des travaux." (1)
La citation qui précède, tableau si vivant de ce que nous voyons encore aujourû hui, est extraite d'un habile et chaleureux olaidoy r en ^aveur r1-? la construction d'une vnie ferrée, re'i:^t Matane à Sainte-Flavie et d'un quai à eau profonde.
La voie ferrée est un fait accompli et le quai est en co infraction.
L'éloquence et la dialectique du patrie ique écrivain n'auront pas été prodigué s, cette fois, au seul proiic des lettres canadiennes.
Jusqu'ici, la principale industria de Matane a été celle du bois. La "Priée Brothers & Co" y possède une scierie importante et des plus perfectionnées. On y prépare le bois de construction, tant pour l'exportation que pour les besoins locmx. Il y a encore la scierie da M. Livain Gagnon ,avee outillage-
(1) Arthur Buies. Lettre à Thon. M. Honoré Mercier. 1890.-
pour blanchir, embouveter, faire les portes et les châssis. Enfin, celle de M. Léon Mainville qui rivalise avec la précê lente et fait des travanx de même nature,
Une compagnie a été constituée, à Matane, pour développer toutes sortes d'industries dans la péninsule de Graspé. Le> leitres patentes ont été accordées à MM. Gustave-A. Côté, de Matane, médecin, William Russell, de Matane, manufacturier, Donat Caron, -membre de l'Assamblée Législative et a ent d'assurance, Herbert-Josejph Lyons» entrepreneur de chemins de fer, de la cité de Montréal, René Dupont, de la cité de Québec, agent de colonisation, Joseph-A. Bergeron, de Matane, médecin, François-J. Pelletier, de Matane, marchand, A. -T. Teddell, de
Le collège des Frères de Sayabec.
Matane, gérant, Hugh Doheny, de Hervey Junction, entrepreneur de chemins de fer, et Philippe-Auguste Choquette, avocat, de Québec, dans le but de faire, en général, les affaires d'une compagnie de téléphone, mais sujette au consentement, à cette fin, ides conseils municipaux intéressés dans le but de construire, ériger, maintenir et mettre en opération une ligne ou des lignes de téléphone le long des 'bords et à travers ou isous tous chemins publics, rues, ponts, cours d'eau ou autres endroits dans les comtés de Matane, Eimouski, Bonaventure et G-aspé;
Exploiter des pouvoirs d'eau pour la production et la vente de l'électricité;
'Creuser des puits et percer les mines et faire bâtir, construire, ériger, poser et maintenir ides réservoirs, aqueducs, citernes, digues, ponceaux, ttiyau principal et autres appareils.
Faire toutes sortes d'entreprises ,commerce, négoces, ttc~ etc., sous le nom de "The Peninsular Company Limited/' avec un capital total de quarante-neuf mille piastres, divise en mille neuf cent soixante actions de vingt-cinq piastres chacune.
La principale place d'aff aires de la corporation est à Matane.
C'est à la nouvelle compagnie de chemin de fer Canada & Gulf Terminal que noms devons le joli nom de "Matane-sur-- Mer." Voici ce que nous trouvons, à ce sujet, dans un jounal de Montréal:
"Lorsqu'on a inauguré le 29 décembre dernier le si joli chemin de fer de la Canada & Gulf Terminal, à? Sainte-Flavie à Matane, personne ne réalisait encore l'ère de progrès qui s'ouvrait pour cette belle région.
"La compagnie., qui ne veut pas perdre une s:ule occasion d'accomplir son oeuvre, a acheté quelques iours après la construction du chemin de fer k terrain de Petit-Métis à Matane et a divisé quelques centaines de magnifiques lots qu'elle offre maintenant en vente à ceux qui veulent se bâtir dos résidences d'été sur la plus belle plage du Saint-Laurent.
"What's in a nantie", dit le proverbe anglais. En efret, te succès est souvent assuré par un nom.
"La compagnie a trouvé un charma.n1 nom pour sa nouvelle plage et elle l'a baptisée "Matane-sur-Mer", qui peut rivalLer avec 01 d Orchard; et demain tout le monde voudra aller passer l'été à "Matane-sur-Mer".
"Matane-sur-Mer" sera relié à Petit-Métis par un autobus qui fera un service quotidien entre les deux plages.
"Il v a longtemus nue cette jolie otage serait envahie ^nr les touristes, mais elle était trop loin des chemins de fer. La construction de la "Canada & Gulf Terminal" a assuré son développement.
"Il y aura des trains tous les soirs entre Montréal et ''Mitane-sur-Merv et un service parfait de chars dortoirs.
"Voilà le commencement de l'oeuvre de la Canada & Giiif Terminal."
Depuis quelques mois, il se publie à Saint-Jérônie^de-Matane un excellent journal hebdomadaire, "Le Cri de rTst7\
îor
Puissent ses patriotiques appels se faire entendre par tout le pay3 et la Nouvelle-Angleterre et attirer dans la région Matane-Matapédia de nombreux colons et industriels qui participeront à la mise en valeur de ses incomparables richesses naturelles.
[/Agent des terres de la Couronne pour la division de "Rimouski-Est, M. Alexandre Fraser, réside à Saint- Jérôme-de- Matane.
Renseignements pour les Colons
Le choix d'un lot. — C'est pour le colon prévoyant, une affaire de première importance. Il y va de la réussite ou de la non-réussite de sa tentative de s'établir et d'assurer le bonheur et l'avenir de sa famille.
La rue principale de Saj'abec, nouvellement macadamisée.
Le colon devra étudier ses goûts, ses aptitudes et le genre de culture qu'il prétend adopter.
Il devra aussi consulter de préférence l'agent des terres ou le curé, personnes bien au fait de la situation des lieux et du genre d'épreuves et de labeurs que doit subir tout colon défricheur.
Visiter minutieusement le lot de terre que l'on a l'intention d'acquérir, sa situation par rapport au marché où il écoulera ses produits et aux voies de communications est aussi pour le colon une condition essentielle de succès.
Celui qui veut s'étal lir sur une terre bciséa 'doit a oirquelque argent pour pouvoir vivre pendant au moins un an. Les travaux des chantiers et de la construction des routes publiques ne peuvent faire vivre un colon; c'est une aide, voi'àtout!
On (peut dire d'une manière générale qu'un colon sobre et laborieux peut être sûr de réussir avec un capital de deux à trois cents piastres.
Il est préférable pour le colon de se rendre sur son lopin de terre le printemps et de profiter du bon marché des derniers chemins d'hiver. Plusieurs sV rendent toutefois l'automne, font quelques défrichements et construisent la maisonnette qui a ritera la famille le printemps suivant. Ces travaux préliminaires sont certes très utiles, car ils évitent à la famille les ennuis et les inconvénients du "campement provisoire".
Le prix des terres. — Dans la région Matane-Matapédia, il est purement nominal: — vingt à trente cents l'acre. Et encore, ce petit montant n'est pas immédiatement exigible, -ainsi qu'on va le voir.
Conditions de la vente. — La vente d'un lot s'effectue <uk conditions ci-après énumérées et reproduites du billet de 1; cation:
L'acquéreur pourra rpayer la 'balance du prix de vente en quatre versements égaux annuels, avec intérêt de 6 p.c. de cette date, mais il faudra qu'au moins un versement soit payé chaîne année.
L'acquéreur devra, dans les dix-huit mois de la date de la vente, bâtir une maison habitable d'au moins 16 pieds sur .20, l'occuper et y résider continuellement de ce moment jusqu'à l'émission des lettres patentes.
Dans le cours de cinq ans, il devra défricher et mettre enbonne culture (en vue de récolte profitable) une étendue d'iccl'e égale à au moins quinze acres en un seul bloc, mais il faudra que chaque année il défriche au moins trois acres, et il ne pourra défricher plus de cinq acres par année, sauf si le bois a été détruit par force (majeure, et après autorisation spéciale du Ministre des Terres: et à l'exiration des cinq années, il devra posséder sur le dit lot une grange d'au moins 20 pieds sur 25 et une étable d'au moins 15 sur 20, les deux pouvant néanmoins consister en une seule et même bâtisse. Trois acres au inoins de la partie en culture devront être labourables.
Il devra, chaque année^ cultiver le terrain qu'il aura défriché comme susdit.
Il ne sera coupé de 'bois avant l'émission des lettres patentes que pour le défrichement, le chauffage, les bât'ssss et les clôtures; et tout bois coupé contrairement à cette condition 6era considéré comme ayant été coupé sans permis sur le: teirespubliques.
Nul transport 'des droits de l'acquéreur ne sera fat pendant cinq ans de la date de la vente, excepté par donation entre vifs ou par testament, en liaTie directe ascendante ou descendante ou par succession "ab intestat1', et dans ce cas, le donataire ou l'héritier seront soumis à la même prohibition que l'acquéreur primitif.
Les lettres patentes n ■ seront émises, dans aucun cas, avant cinq ans à compter de la date de La vente, ni avant l'ao oomplisscment de toutes les conditions d'icelle.
Vue du village de Saint-Moïse.
personne qui a obtenu pour fins de colonisation, tant es lois antérieures qu'en vertu de la présente lo% la
Toute en vertu des lois antérieures qu'
quantité d'acres de terre alors permise, ne peut en obtenir p'.us, tant qu'elle n'a pas fait émettre des lettres patentes noir !ei terres qu'elle détient sous billet de location, et, tant qu'au moins la moitié des dites terres n'a pas été mise en culture. Néanmoins tout concessionnaire qui, ayant obtenu une première concession de cent acres, fait devant l'agent une déclaration attes-
tée sous serment qu'il est père d'au moins quatre enfants n'ayan t pas atteint l'âge de seize ans, a droit à une nouvelle concessio* de cent acres.
Les colons sans titre. — Les colons sans titre (squatters) sont ceux qui occupent des terres sans les avoir acquises de la Couronne. Ils ne sont pas reconnus par le Ministèie, mais ils peuvent, en certains cas, être admis à régulariser leur position, c'est-à-dire obtenir un titre de propriété qui les empêche d'être dépossédés à un moment donné des améliorations qu'ils peuvent avoir faites.
Ils s'adressent, à cet effet, à l'agent local ou au Ministre des Terres et doivent payer au moment de l'achat la rente d'occupation.
La coupe du bois. — Il n'est perçu aucun droit de coupe pour le bois coupé dans le défrichement.
Le porteur de licence de coupe de bois doit, pendant le temps qui lui reste (de la date du billet de location au 30 avril qui suit), pour prendre le bois sur la terre du colon, donner à celui-ci la préférence pour la coupe ou la préparation du bois marchand au prix payé par le susdit porteur de licence dans la localité.
Par contre, le porteur de licence a la préférence d'acheter le bois marchand provenant du défrichement d'un lot situé dans les limites de sa concession forestière, au prix qu'il paie dans la localité.
Protection contre le feu. — Pour les fins de défrichement, ii est permis de brûler les abattis entre le 15 juin et le 1er septembre et entre le 15 novembre et le 15* mars. Cependant le ministre a le pouvoir discrétionnaire de défendre ou de permettre de brûler les abattis en tout temps de l'année, après avoir déterminé les précautions nécessaires à prendre.
Privilège des colons. — Le gouvernement non seulement tempère la rigueur des lois concernant l'exécution des conditions d'établissement, mais il en a créé d'autre pour protéger le colon contre sa propre imprévoyance ou la rapacité de ses créanciers.
C'est ainsi que les terres publiques octroyées aux colons sérieux, à quelque titre que ce soit, ne peuvent être engagées et saisies, durant les cinq premières années, ou avant que les lettres patentes ne soient émises, pour aucune dette quel connue, excepté les taxes ordinaires et spéciales. Et pendant les trois mois qui suivent l'émission des lettres patentes, le colon peut se constituer un patrimoine de famille de cent acres au plus et l'exempter de saisie, de même que les bâtisses qui y sont érigées, durant ua
laps de temps ne dépassant pas quinze années, excepté s'il s'a lit de purger des charges ou hypothèques qu'il aurait oons nties avant d'avoir obtenu son titre cle propriété. Ce privilège s'applique aussi bien à sa veuve, ses enfants, ses héritiers ou donataires. (Articles 2091 et 2092 dos Statuts Hefonius 1888.)
D'autres privilèges d'exemption de saisie sont également décrétés en faveur du colon, sur certains effets de ménage, vêtements, combustibles et comestibles, animaux domestiques, instruments aratoires, matériaux de construction. Mais comme dans le premier cas, cette exemption ne couvre pas les taxes municipales et autres.
Toutefois, il va sans dire que le colon peut ioujours aliéner
Vue du village de Saint-Lêandre.
son bien, à titre gratuit ou onéreux, même sans le consentement notarié de son conjoint.
Entretien des ponts. — En vertu de la loi 56 Victoria, chap. 22, les municipalités sont tenues à l'entretien des ponts en fer ou en bois qui se . trouvent dans leurs limites. Il en est de même des chemins d'approche de ces ponts. Les municipalités doivent donc les faire peinturer régulièrement pour empêcher la rouille ou la pourriture de les détériorer. La même remarque s'aipplique aux rivets, aux clous, etc., qui doivent être remplacés quand il en est besoin.
La loi que nous avons citée plus haut décrète une sanction rigoureuse envers les municipalités qui ne feraient pas leur devoir.
Le gouvernement s'impose d'assez lourds sacrifices- pour la
-construction de ces ponts, qu'il n'est que juste que les conseils municipaux en prennent soin.
Les moyens de subsistance. — Les colons qui s'établissent dans les régions nouvelles et -qui ont certains moyens de subsistance font mieux de consacrer tout leur temps au défrichement de leurs lots; ils seront plus vite en mesure de vivre du revenu de leur terre, mais ceux qui sont obligés, pour assurer la vie de leur famille, de chercher du travail, trouveront, dans les nombreux chantiers qui se font tous les hivers, à gagner de vingt à trente piastres par mois. Pendant la saison de l'été, ils peuvent avoir de l'emploi à la confection des chemins du gouvernement. On paye pour ces travaux $1.25 par jour en moyenne.
Une autre source de revenus pour le colon, est la vente du bois de service fait dans le défrichement, aux marchands de bois qui paient de bons prix. Cette industrie est d'autant plus rénumératriee pour le propriétaire d'un lot, que ce lot est bien boisé et libre de toute redevance au gouvernement. En somme, les moyens de subsistance sont multiples dans les forêts. Chaque année il est payé aux colons par les propriétaires de limites en achat de bois, salaire et pour la coupe et le transport des billots plus de cent 'mille piastres valant.
Trois grandes ressources, l'agriculture, l'ouvrage des chantiers et la vente de son bois, en tenant compte des restrictions que la loi impose, contribuent à la prospérité du colon .
Pour les fils de cultivateur. — 11 n'est pas rare de rencontrer des cultivateurs ayant quatre ou cinq fils, alors qu'ils n'en peuvent établir qu'un seul.
Nous sommes en état d'offrir aux pères de ces jeunes gens des terres relativement faciles d'accès, aux prix ordinaires de 20 cents l'acre.
Ils pourraient prendre un de ces lots de cent acres et l'ouvrir moyennant une légère dépense annuelle, et ils y établiraient leurs enfants quand ceux-ci seraient en âge de se pourvoir.
'Combien de fils de cultivateurs, ne sachant pour ainsi dire ■que la culture, quittent le toit paternel pour se livrer à des occupations d'ans lesquelles ils végètent le plus souvent, quand ils pourraient utiliser les seules connaissances qu'ils possèdent, 6ur des terres qui coûteraient peu à leurs familles et où les s°crifices et les misères du début leur seraient pour ainsi dire épargnés. j \
Nos terres prennent de la valeur tons les jours, pourquoi les fils de nos cultivateurs ne seraient-ils pas au premier rang de ceux qui sont appelés à en bénéficier? (1)
Terres en parti' défrichées. Il n'est pas rare de rencontrer des cultivateurs qui réalisent bien l'avantage qu'il y aurait pour eux sur les terres nouvelles, niais qui se croient un peu vieux; ou encore de jeunes gens qui craignent de se livrer au rude travail du défrichement.
Aux premiers comme aux seconds, nous conseillons, s'ils ont un petit capital, l'achat de terres défrichées ou en partie défrichées.
La ferme de M. Herménégilde Coulombe, à Saint-Léandre.
Il y a toujours de ces t rres à vendre, dans la région Matane- Matapédk. Ce l'ait est peut-être de nature à impressionner défavorablement le futur colon; mais il ne faut pas perdre de vue qu'un certain nombre de gens s'étant improvisés défricheurs sans avoir les qualités requises pour mener à bon terme ce rude travail, ont dû abandonner leur ferme qu'ils ont vendue à très bas prix. Il y a en outre un certain nombre de bûcherons qui font oeuvre de défricheurs. Dès qu'un lot est dans les conditions requises pour faire vivre une famille, ils le vendent et s'en vont recommencer plus loin.
Eh bien ! ces terres s'offrent aux cultivateurs de nos vieilles paroisses qui vivent à l'étroit sur une terre de soixante ou cent arpents et ne peuvent établir les trois ou quatre garçons qui
1)111. S. Dufault. Lettre au Ministre de la Coloni.ation, etc.
bientôt prendront la route de l'usine! Il y en a pour toutes lesb#urses, depuis $500 jusque $.2,000.
Mais ici encore nous conseillons la plus extrême pruience. Que celui qui veut acquérir une ferme dans ces conditions aille la visiter avec soin avant de conclure un marché.
Les frais de douane et les entrées libres. — L'article 455 du tarif des Douanes du Canada permet l'admission en franchise de certains effets et articles d'immigrants, savoir: — "vêtements, livres, mobilier ordinaire et raisonnable et autres effets de ménage, instruments et outils de métier, occupation ou emploi, fusils, instruments de musique, machine à coudre d'usage domestique, clavigraphes, bicyclettes, charrette à deux eu quatre roues et autres véhicules de roulage, instruments arato'res et bétail vivant pour la ferme, non compris le bétail sur pied ou articles pour la vente ou pour usage comme partie d'un outillage d'entrepreneur, ni les véhicules, ni les instruments à traction mécanique, ni la machinerie à l'usage d'un établissement à l'étranger la propriété de l'immigrant pendant an moins six mois avant sa venue au Canada, et sous la réserve des règlements du ministre des Douanes; toutefois, ne peuvent être déclarés comme effets d'immigrants, les articles imposables qui n'accompagnent pas l'immigrant lors de sa première venue; et ces articles ne peuvent être vendus ni autrement aliénés sans -acquittement des droits avant qu'ils aient été douze mois en usage effectif en Canada."
Agents du Gouvernement.
Ils ont pour mission de fournir, soit verbalement, soit par écrit, tous les renseignements, brochures, cartes, etc., dont le futur colon peut avoir besoin.
Montréal, 82, rue Saint- Antoine. M. Emile Marquette, tout ce qui concerne l'immigration et les mines.
M. L.-E, Carufel, pour tout ce qui concerne la colonisation, la chasse et la pêche.
M. l'-aibbé Ivanhoë, Caron, colinisation et rapatriement.
Laurcntidcs, P.Q. Damase Gauthier, colonisation et rapatriement.
Québec. Capt. Geo. LeBel, immigration.
Ville-Marie. M. A.-O. Barette, mines.
Hull. E.-H. Laflam'me, mines.
Worcester, Mass., E.U. J.-B. Lucier, rapatriement.
Paris, 17, boulevard des Capucins, M. E. Bélanger, immigration.
« " « M. P. Foursin, immi-
gra lion.
« « " M. P. Wiallardj imimi-
gration.
Anvers, 29, rue du Soucy. M. D. Tréau de Coeli, immigration (1).
N.-B. — M. E. Marquette s'occupe tout spécialement du placement gratuit des domestiques, garçons de ferme; de rémission des certificats de mineurs, de permis d'exploitation, etc.
M. L.-E. Carufel fournit les renseignements divers sur les régions à coloniser, l'obtention des facilités de transport pour les° colons et l'émission des permis de chasse et -de fpêche.
Brochures, cartes, etc. — On peut se les procurer gratuitement, soit en ^'adressant au bureau d'Immigration et de Colonisation, 82 rue Saint- Antoine, Montréal, ou au Ministère de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries, à Québec.
La fromagerie de M. Mathias Michaud, à Saint-Léandre.
Agences des Terres.
Il y a trois 'agences des terres de la Couronne dang la région que nous décrivons, avec bureaux à Matane (Saint-
(1) MM. Gauthier, Bélanger. Foursin, Tréau de Cœli et Wiallard, relèvent du gouvernement fédéral.
Jérôme), Amqui (Saint-Benoit- Joseph-Labre) et Saint-Laurent-de-Matapédia. C'est à ces bureaux que le colon devra s'adresseT pour acheter son lopin de terre. Il pourra aussi s'adresser directement au ministère des Terres et Forets ou encore au ministère de la Colonisation, des Mines et 'des Pêcheries, s'il s'agit de lots compris dans une réserve de colonisation.
Le prix des terres varie de 20 à 30 cents l'acre. Dans la vallée de la Matapédia, il est de 20 cents l'acre.