PREFACE A VATHEK XXIX
par feu M. Wortley Montagne^ et dont les originaux se trouvent à Londres chez M. P aimer ^ régisseur du duc de Bedford. Perspicacité difficile! il doit y avoir eu, au milieu du refroidissement de chacun causé par maint délai à une publication oubliée et payée même dès longtemps, oui, mise au jour subite de ce Vathek, chez Poinçot, àl'insu du jeune auteur, qui, repassant par Paris en 1788, ne s'ouvre à personne du Conte Arabe, soit que le peu de bruit fait autour de l'apparition ne l'engageât point à se nommer, ou qu'il obéît à certaine susceptibilité de sa famille. Un exemplaire a-t-il été envoyé avec dédicace à des sommités littéraires, doutez-en au silence unanime trouvé dans les annales du temps. L'adolescent, allant à Ferney avec son précepteur, saluait dix ans plus tôt Voltaire, mort au moment qu'avait à peine hors des salons paternels brillé la future M""" de Staël, plus tard visitée par l'homme mûr
XXX PREFACE A YATHEK
à Coppet. Cent mémoires fouillés', voilà nos deux seuls littérateurs que Beckford ait abordés; et la société française qui Taccueillait au passage se restreint à des cercles de haute aristocratie. Très fièrement timide, peut-être attendait-il qu'on lui parlât d'abord de son livre de jeunesse :
' Le Mercire d'abord, six tomes de 1787, puis le Journal DES Savants; enfin à la même date I'Axxée Littéraire de Fréron : rien. Silencieux Métra l'est au long de ses Mémoires secrets pour servir à l'hvitoire de la République des Lettres en France depuis MDCCXLII Jusqu'à nos jours, ou Journal d'ux Observateur, etc. : et de Bachaumont la Correspondance Secrète politique et littéraire ou Mémoires pour servir à l'histoire des cours, des sociétés et de la littérature en France depuis la mort de Louis XV, cesse avec les derniers mois de 1786 où aucune oeuvre du titre de Vathek ne se fit d'avance annoncer. Bon à consulter, quelle mention fait de l'œuvre Barbier en son Diction'naire des ouvrages anonymes et pseudonymes, celle-ci : Caprices (les) et malheurs du Calife Valtrek, traduits de l'Arabe (par Beaufort), Londres, 1791. m-12. Si quoi que ce soit s'y montre excepté la substitution d'un nouveau titre au premier de l'édition parisienne de 1787 (toute remportée à Londres et que précéderait alors l'Avant-Propos transcrit page XXX), erreur de tout point qu'un tel renseignement : mais peut-être gros de révélations 1 L'idée ici ressort d'une confusion précieuse faite par un autre oracle de la bibliophilie (juérard entre ces dits Caprices, etc., et un tirage donné comme de Poinçot, Paris, 1786 : voyez la France