ALEXANDRE T1REL || DÉCÉDÉ EN SON DOMICILE || PUE DE L’ÉCOLE N
Autres tombes anciennes :
A LA MÉMOIRE || D’iGNACE GUILLOT, || PROPRIÉTAIRE DE CETTE COMMUNE || ET MARGUILLIER D’HONNEUR || DÉCÉDÉ LE 1 8 MAI l823. || NÉ A PARIS, AGÉ DE 70 ANS, || PAR SA VEUVE, SES ENFANTS, || QUI NE CESSENT DE LE REGRETTER. ||
THOMAS RENÉ MARIE DELAHAYE || ANCIEN COMMISSAIRE DES GUERRES, || DÉCÉDÉ A GRENELLE LE IO AVRIL l832, || A 65 ANS. ||
Voici la tombe des époux Barbier décédés à 82 et 84 ans, véribles Philémon et Baucis de Vaugirard. Peut-être, comme les protégés de Jupiter, revivent-ils dans les arbustes qui ombragent leur sépulture, lui en chêne, elle en tilleul ?
l’AMITIÉ NOUS A RÉUNIS || ET MARIÉS, || LE 20 SEPTEMBRE I 794, || LA MORT NOUS SÉPARERA || ET LA MORT NOUS RÉUNIRA. || LE 3 AOUT 1 854- ||
Dans le rond-point du cimetière est la tombe de famille de l’abbé Gaudreau, qui fut curé de Vaugirard, et qui a laissé
une bonne histoire de cette commune, écrite en 1842. L’épitaphe est malheureusement à peu près complètement illisible, et c’est à peine si l'on y peut lire le nom de Gaudreau, et les mots : Chanoine honoraire de Grenoble, dont le titre lui appartenait. Il semble aussi que l’on y remarque : Pierre Louis Gaudreau père du curé de cette paroisse?
Non loin de là, et toujours dans le rond-point, qui semble être l’endroit réservé, s’élève la tombe de l’abbé Groult. Rappelons qu’au cours de la séance de la Commission du Vieux- Paris, du 18 janvier 1900, MM. Le Vayer et Tesson signalèrent l’état de délabrement dans lequel se trouvait ce monument, élevé par la commune de Vaugirard. Dans sa lettre du 23 avril suivant, M. le Directeur des Affaires Municipales de la Préfecture de la Seine en annonçait la restauration *.
La tombe se compose d’une stèle portant inscription, et décorée d’un calice sculpté sur un fond d'ornements et de fleurs. Horizontalement, est le tombeau en pierre, recouvert d’une étole sculptée. Voici le texte de l’épitaphe :
A L’ABBÉ II M. J. DOM GROULT D’ARCY, || ANCIEN BÉNÉDICTIN || CHANOINE HONO- RAIRE O’AUTUN II ET DOCTEUR EN SORBONNE || LA VILLE DE VAUGIRARD, || RECON- NAISSANTE DE SES LIBÉRALITÉS. || DÉLIBÉRATION DU CONSEIL MUNICIPAL || DU 4 NO- VEMBRE 1 854 1 2-
1. Procès-verbaux de la Commission du Vieux-Paris, 18 janvier 1900, p. 24; 19 juillet 1900, p. 1 5 1 .
2. Nicolas-Joseph Groult naquit le 3 septembre 1763 à Montebourg (Manche). Son père, Jacques Groult, employé des Finances, lui donna le nom de la terre d’Arcy qu'il possédait près de Compiègne. Elève de la Congrégation des Bénédictins de Saint- Maur, il entra dans cet ordre après ses études, fut ordonné en 1789 et nommé professeur à Auxerre en 1790. Il devint docteur de la Société de Sorbonne et fut nommé principal du collège d’Autun en i8o3. Membre de la Société d’Agriculture de cette ville, il était nommé, en 1807, chanoine honoraire du chapitre de cet évêché. En 1809, il quittait ce principalat pour se charger de l'éducation des enfants du duc de Montesquiou. Nommé professeur à la Faculté de Sorbonne en 181 3, il en conserva le titre et les obligations jusqu'en i838. Entre temps, en 1817, il succédait à Dom Marquer dans la direction de l’Institut Royal des enfants des chevaliers de Saint-Louis, fondé par Louis XV11I à Senlis. En 1821, il ramenait cette institution à Vaugirard, où elle restait jusqu’en 1827, date de son installation à Versailles.
La maison de M. Groult, à Vaugirard, était ouverte à tous. En 1 832, lors du
L'abbé Groult mourut à Vichy le 18 août 1843, âgé de 80 ans, et fut ramené à Vaugirard. Une affluence considérable suivit sa dépouille jusqu’au cimetière, où elle ne devait, croyait-on, séjourner que peu de temps. Le conseil municipal avait promis, en effet, de déposer ses restes dans l’église nouvelle de Saint-Lambert.
Il fut placé provisoirement, dit l’abbé Gaudreau, dans le cimetière commun sans honneur, sans inscription, parce qu’on lui réservait une place dans l’église dont on le reconnaissait le fondateur.
En 1 853, rien n’était exécuté de cette promesse, et la sépulture de doin Groult était abandonnée et même ignorée de la plupart des habitants de Vaugirard. Ce qui faisait écrire à cet auteur les lignes suivantes :
Et cependant on garde aujourd’hui un silence complet sur M. Groult. Ses dépouilles mortelles sont abandonnées dans une fosse accessible aux inondations ; ses restes vénérables sont foulés aux pieds des passants, parce qu’il n’y a pas une pierre même qui indique le lieu où ils reposent.
Ne transportera-t-on pas, comme on s’y était engagé d’honneur, le corps du seul bienfaiteur avoué de la commune, dans la nouvelle église que l’on doit à ses religieuses libéralités, et qui n’existerait pas assurément sans lui ? Une tombe commémorative ne sera-t-elle pas érigée par le conseil municipal à l’un de ses membres les plus dignes, par le conseil de fabrique à son président, par la commune à celui qui fut sa providence dans les jours mauvais 1 ?
Dans une délibération du i5 novembre 1 853, le conseil municipal de Vaugirard s’exprimait ainsi :
En ce qui touche cette sépulture, le conseil et l’administration déplorent ce provisoire regrettable, et sont d’accord pour le faire cesser aussitôt qu’ils en jugeront le moment opportun.
Une autre délibération, du iômai i85q, revenait encore sur
choléra, il y recueillit de nombreux malades; il y logea les dames de Nevers, les religieuses de Picpus, les sœurs de la Croix lors des fondations qu’elles tentèrent dans cette localité.
i. Une page supplémentaire à l'histoire de Vaugirard, Dom Groult d'Arcy, par M. l’abbé Gaudreau, i853, in-8, 16 pages.
la question et demandait que les restes de l’abbé Groult fussent transportés définitivement dans la nouvelle église
On a lu dans notre chapitre relatif à Saint-Lambert, que le ministre avait refusé, en application de la loi du 2 3 prairial an XII, de laisser accomplir cette translation.
Le même rond-point dont nous venons de parler, contient aussi le monument renfermant les sépultures anonymes des religieuses de la société de Marie Réparatrice, daté de 1860. On y voit de même celui, également anonyme, des Filles de la Croix, dites sœurs de Saint-André.
Dans l’allée principale est le tombeau, en forme de calvaire, décoré de trois croix, affecté aux membres du collège des Jésuites de Vaugirard. On y lit l’inscription suivante, outre les noms et qualités des personnes qui y sont inhumées:
J. H. S. Il SEPIJLCRUM || COLLEGII || IMMACUL. CONCEPTIONIS || SOC. JESU. || CONCES- SUM IN PERPETUUM. || R.I.P. ||
En dehors de la reproduction intégrale de ces inscriptions il nous parait intéressant de signaler quelques sépultures, soit anciennes, soit appartenant à des personnages connus, se rattachant à l’histoire de Vaugirard :
Chapelle appartenant à la famille de M. Thiboumery, ancien maire. Tombe de la famille de Beccaria, auteur du Traitédes délits cl des peines. Tombe Santcrrc-Horrer, 1842. Tombe Ruffin, Marie-Jeanne, décédée dans sa propriété à Vaugirard, en 1841. Tombe du général, comte Guilleminot, i852, duquel nous parlons à la lin de ce volume, à propos de la comtesse. Cugnot, jardinier-fleuriste, décédé dans sa maison de Vaugirard, le 23 avril 1840, à 78 ans. J. B. Boyer, sculpteur, né le i3aoùt iy83 à Grandpré (Ardennes), décédé
1. Archives de la Seine. Registre n“ 4 des délibérations du Conseil Municipal de Vaugirard.
le 18 novembre 1839 (médaillon -portrait en marbre). Fontange, décédé en 1839 (médaillon -portrait en marbre). Dame Rose-Louise-Marie de Boissard, née de la Fruglaye, décédée le 4 mai 1826. Jean-Baptiste Lefébure de Saint-Maur, notaire honoraire à Paris, décédé en 1819. Sépulture Denis de Kermadec (abandonnée). Famille Lebon, jardinier-fleuriste, i83o. Famille Leboix, i8i5. Famille Guittard, 1847. Famille Francart, maître charpentier, i832. Famille Delahoche-Leboix, i832. Famille Lamarche-Bellamy, 1817. Famille Dorange-Lacaze, 1823. Famille Massié, 1826. Famille Beaumont, 1826. Famille Vaillant, 1826. Monument de style Restauration, de J. P. B. Bailly (abandonné). Famille Dauvergne, i832. Famille Lemoine, 1821. Famille Artus-Lapotère, 1847. Famille Lorieux-Osouf, 1 833. Famille Bellamy- Deschamps, 1 833 . Famille Quinette de Maurey, 1837. Famille Lebouteux, 1839. Famille Gémond et Marguerie (grand tombeau d’aspect monumental, avec des attributs maçonniques, situé dans le rond-point). Famille Ragache, 1847. Edmond-Alexandre-Louis Gressin, poète-chansonnier, 28 mai 1846-19 août 1901 (médaillon-portrait en bronze).
Nous ajouterons qu’il existe au bureau de la conservation du cimetière, un répertoire appelé le Registre cadastral , qui contient toutes les inhumations, inscrites par ordre chronologique, et remontant à l’année i8o5. On n’enterre plus, aujourd’hui, dans cette nécropole, en tranchée gratuite ni en concession temporaire
Le musée Carnavalet possède une gouache très flne, signée: Chauvet, 1878, mesurant 26x16, et représentant l’entrée du cimetière, rue Lecourbe n° 3io. On voit aussi au môme musée, une lithographie de Lacroix, 38x3o, datant de la Restauration, et représentant la tombe de Mme Derivis.