‹ VaugirardChapitre 110 sur 244 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

LE CIMETIÈRE PARISIEN DE LA PAROISSE DE SAINT-SULPICE. — SA FORMATION EN I /83. — SA CHAPELLE. — LES CORPS DES PRETRES MASSACRÉS AUX CARMES. — LA SEPULTURE DU GÉNÉRAL MALET. — LES SUPPLICIÉS. — Mlle CLAIRON DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE. — LA DÉSAFFECTATION. — LE CIMETIÈRE DES INVALIDES.

Il nous faut maintenant parler du cimetière parisien que la paroisse de Saint-Sulpice établit à Vaugirard, après la fermeture des deux nécropoles qu’elle possédait rue des Aveugles et rue de Bagneux. L’emplacement choisi était situé entre les chemins de Sèvres et de Vaugirard ; il est aujourd’hui occupé par une partie du Lycée Buffon, en bordure du boulevard Pasteur, et peut-être par le sol de la rue de Staël et l’usine électrique.

Par ses lettres patentes du mois d’août 1783, le roi autorisait la Maison Royale de l’Enfant-Jésus à céder à la fabrique de Saint-Sulpice les terrains nécessaires :

... En conséquence, autorisons les administrateurs de la Maison Royale de l’Enfant-Jésus, à céder et à abandonner à titre d’échange à la fabrique de Saint- Sulpice, un terrain contenant 1 65 perches ou 1.499 toises, 1 pied, 9 pouces de superficie y compris l’épaisseur des murs, situé sur le chemin de la Ville de Paris, à Vaugirard, pour par la dite fabrique, y établir un cimetière en remplacement de

celui de la rue des Aveugles, précédemment supprimé... Autorisons pareillement les dits sieurs curé etmarguilliers, à acquérir dans le courant d’une année, un autre terrain pour servir à remplacer le deuxième cimetière de la paroisse de Saint-Sulpice, situé rue de Bagneux, lorsque l’usage en sera supprimé... donné à Versailles au mois d’Août de l'an de grâce mil sept cent quatre-vingt-trois et de notre règne le dixième *.

En ce qui concerne l’autre terrain dont il est ici question, nous en trouvons la désignation dans un procès-verbal du Ier août 1783 adressé à :

Messire Denis-François Angran d’Alleray, chevalier, comte des Maillis, seigneur de Bazoche, Condé, Sainte-Libière et autres lieux, seigneur-patron de Vaugirard lez Paris, conseiller du Roy en ses Conseils, honoraire en sa Cour de Parlement, ancien Procureur général de Sa Majesté en son grand Conseil, lieutenant civil de la ville, Prévôté et Vicomté de Paris.

Il provenait des sieurs Laurent Roussel et Michel Roussel, jardiniers-maraîchers, et avait été estimé par Jean-Pierre Clavereau, architecte-expert, bourgeois de Paris; Pierre Taboureux, avocat en Parlement, maître général des bâtiments de Sa Majesté, et Joseph Bouillerot, greffier des bâtiments. Le contrat de vente en fût passé devant les conseillers du Roi, notaires au Châtelet, le 20 décembre 1783, au prix de i3.35o livres. Il y est ainsi désigné :

Un terrain situé sur le chemin qui va de Paris à'Vaugirard, près de la Croix, au terroir de Vaugirard, lieu dit la Voye de Paris, ou le fond de Marivault, contenant seize cent trente-cinq toises, quatre pieds, trois pouces, huit lignes, tenant, la totalité du dit terrain, par devant sur le dit chemin ou rue de Vaugirard, par derrière à la fabrique de Saint-Sulpice comme étant aux droits du sieur Troubat, à la veuve Auvray et à la rue de Sèves, d’un côté à droite au terrain de l’Enfant-Jésus que la fabrique se propose d’acquérir pour le dit cimetière, au terrain acquis par la dite fabrique au sieur Troubat et à la dite dame Auvray, et d’autre côté à gauche à un terrain vague servant de tems immémoriable de ruelle pour communiquer du chemin de Vaugirard à la rue de Sève 1 2.

Page 1