Archives de la Seine. Domaine. Carton 59, dossier
V. — Le Comité de Salut public est autorisé à prendre toutes les mesures pour la prompte exécution du présent décret, en invitant les gens de lettres et les artistes à concourir à celte décoration civique et à former les inscriptions *.
On nous excusera de rapprocher de l’hommage si justifié que la Convention rendait aux barrières de Le Doux, l’opinion qu’avait d’elles, à une époque où il était fort à la mode de les dénigrer, un auteur qui a essayé d’être leur historien :
Monuments remarquables par leur laideur, par leur architecture ampoulée, gauche et pédante, que de faux hommes de goût avaient osé comparer aux célèbres propylées de l’Acropole d’Athènes 2.
Après la suppression des droits d’entrée, et pendant plusieurs périodes de la Révolution, ces bâtiments furent loués ou concédés, tant bien que mal, à des particuliers. Par une sommation du 11 Brumaire an Vil (ier novembre 1798), prise à la requête des Régisseurs des Domaines Nationaux, tous les occupants furent mis en demeure d’avoir, dans les vingtquatre heures pour tous délais, à évacuer les locaux qu’ils occupaient. Le but était d’y établir les bureaux nécessaires à la perception des droits de l'octroi municipal de Bienfaisance, créé en vertu de la loi du 27 vendémiaire an VII (18 octobre 1798) 3.
On connaît l’enthousiasme que suscitèrent la suppression des droits d’entrée dans Paris et la fermeture des bureaux de barrières, le Ier mai 1791. Dans l’extrait de l’ordre donné par La Fayette, le 29 avril, relatif à la grande réjouissance qui devait avoir lieu le lendemain à ce sujet, et qu’il appelle la « cessation des entrées dans la capitale », on voit qu’un détachement de la musique de la Garde Nationale devait être
1 . Loi portant que les drapeaux pris à Ypres, seront suspendus à la voûte de la salle de la Liberté; et que les bâtimens connus sous le nom de barrières de Paris sont érigés en monumens publics. ( Bulletin des Lois, i" série, t. I, n° i5, p. 3.)
2. Histoire anecdotique des Barrières de Paris, par Alfred Delvau, i 865, p. io.