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enceinte de Paris, et qui faisaient précédemment partie du territoire de cette ville, seront, sauf la distance réservée des quinze toises qui forment l’isolement extérieur des murs et sur lesquelles la Municipalité de Paris continuera d’exercer sa juridiction, réunis aux Municipalités voisines ainsi qu’il suit:
Savoir :
A celle de Vaugirard, les maisons et terrains qui s’étendent depuis la rivière jusqu'à l’ancien chemin de Vanvres ;
Déclare que les propriétaires et habitants des terrains et maisons situés dans les différents points de cet arrondissement dépendent, tant pour l’exercice de leurs droits de citoyens, que pour leurs contributions aux impôts, des différentes municipalités entre lesquelles il se trouve partagé, et dont la juridiction s’étendra jusqu’à la distance réservée de quinze toises pour l'isolement des nouveaux murs.
On sait que l 'ancien chemin de Vanves est devenu aujourd’hui la rue de Vanves, après avoir été la chaussée du Maine.
Cette réserve de quinze toises, destinée à l'isolement extérieur des murs, s’appliquait à la formation du chemin de ronde, qui devait avoir quinze toises de largeur, appartenait à la Ville de Paris, et était entretenu par elle, bien que situé extramur os.
Au procès-verbal des commissaires du Roi, dont il a été question plus haut, et que l’on trouvera à nos annexes, est joint un plan infiniment intéressant, montrant la configuration des territoires rattachés à la municipalité de Vaugirard par le décret du 19-23 octobre 1790. On peut donc reconnaître, sur ce document, quelle était, avant cette date, la ligne de démarcation séparant le faubourg Saint-Germain du village de Vaugirard. A partir du bord de la Seine, une ligne fictive et hachée prenait à environ 200 toises au delà du chemin de Vaugirard à la Maison Blanche, qui est aujourd’hui la rue de Javel. Cette ligne suivait parallèlement la direction du dit chemin jusqu’en face de celui des Vaches, actuellement rue de Lourmel pour partie; à ce point, qui était toujours à environ
200 toises au delà du chemin de Vaugirard, la ligne revenait dans la direction de Paris jusqu’à ce chemin. De ce point, la ligne n’était plus fictive et suivait le chemin ou rue de Vaugirard jusqu’à ioo toises environ avant d’arriver au chemin de l’Ecole militaire, aujourd’hui rue Cambronne pour partie. De cet endroit, la ligne redevenait fictive, traversait le chemin de l’Ecole militaire et venait aboutir au chemin de Sèvres, actuellement rue Lecourbe. La ligne suivait alors le dit chemin de Sèvres, dans la direction de Paris, jusqu’à une voie non dénommée sur le plan, mais qui semble bien être la rue des Volontaires actuelle, dans sa partie comprise entre la rue Lecourbe et la rue de Vaugirard. La ligne suivait cette voie jusqu’au chemin de Vaugirard ou rue de ce nom, longeait la dite rue dans le sens opposé à Paris et arrivait à l’angle du chemin de la Procession, devenu aujourd’hui rue de la Procession. La ligne suivait ensuite cette voie jusqu’au chemin des Fourneaux, plus tard rue des Fourneaux et aujourd’hui rue Falguièrc. Elle remontait alors le dit chemin des Fourneaux en tournant le dos à Paris et arrivait à l’angle du chemin des Bœufs, actuellement partie de la rue de Vouillé, puis longeait le dit chemin jusqu’à l’ancien chemin de Vanves, devenu rue de Vanves. De ce point, elle suivait, en retournant vers Paris, le dit chemin de Vanves jusqu'à la chaussée du Maine, actuellement avenue du Maine, et descendait cette chaussée jusqu’à la nouvelle enceinte, au point où était la barrière du Maine.
Telle était la limite qui, en 1790, séparait la Ville de Paris du village de Vaugirard. Les territoires situés entre cette limite et l’enceinte des Fermiers Généraux, avaient été incorporés, comme on vient de le dire, au dit village, en vertu du décret du 19-23 octobre 1790.
Il nous faut mentionner une opération de bornage qui se fit
en l'an XIII, à la suite du procès-verbal du io frimaire (icr décembre i8o5). En vertu de ce procès-verbal, 21 bornes furent plantées pour servir à la délimitation de Vaugirard d’avec les communes de Vanves et d’Issy :
Nous, géomètre en chef, estimons qu’il est nécessaire de planter vingt-une bornes sur les limites de la commune de Vaugirard pour en fixer la démarcation d’avec les communes d’issy et de Vanves, savoir : une sur le chemin de Vanves à Paris, deux sur le chemin de la Procession ou la petite voie, une à la naissance du chemin des Périchaux, une sur le chemin près le Moulin de Vaugirard, quatre entre ce chemin et la route de Vaugirard à Issy, deux sur cette route, deux entre la dite route et le chemin de Sèvres, deux sur le dit chemin, une sur le chemin d’issy à Grenelle, quatre entre le dit chemin et la Seine, et enfin une sur le bord du chemin du hallage de ce fleuve.
Du côté de Paris, la démarcation était naturellement indiquée par les nouveaux murs K
On n’ignore pas que, au commencement delà Révolution, des ateliers de charité ou de secours avaient été ouverts sur divers points de Paris et de la banlieue, pour venir en aide aux ouvriers sans travail. Il y en eut un qu’on appela X atelier de Vaugirard , qui ne fut pas sans faire quelque peu parler de lui.
Dans un rapport du duc de La Rochefoucauld-Liancourt, lu à l’Assemblée Nationale le 16 juin 1791, on voit que ces ateliers avaient été ouverts au mois de mai 1789 :
La grande rigueur de l’hiver, la grêle désastreuse de l’année précédente, la foule de malheureux qui, ne trouvant chez eux ni travail, ni subsistance, étaient venus en chercher à Paris où ils n’en trouvaient pas plus, déterminèrent le gouvernement à établir ces ateliers.
Ce rapport constatait qu’en mai 1790 le nombre des ouvriers entretenus dans les ateliers de Paris était de 11.800, qu’en
1. Archives de la Seine. Délimitation des Communes. D. Carton i. M. 7.
octobre de la même année, il s’élevait à 19.000, et qu’en juin 1791, il se trouvait porté à 3i.ooo. La dépense en était de 960.000 livres par mois, à la charge du trésor public1.
Dans la séance de l’assemblée des représentants de la Commune de Paris, du lundi 17 août 1789, une délégation de 78 ouvriers de l’atelier de Vaugirard avait amené de force un inspecteur du dit atelier, avec mission de réclamer pour eux le paiement de cette journée, qui ne leur avait pas été comptée.
L’assemblée, dit le procès-verbal, pensant qu’il était de sa prudence et même de sa justice de faire cesser cette réclamation, en assurant à ces ouvriers les aliments de première nécessité, a arrêté : « que les ouvriers des ateliers de Vaugirard recevraient aujourd’hui leur salaire ordinaire, et que l’inspecteur serait autorisé à le leur faire payer2 ».
Il est à peu près certain que ces ateliers 11 'étaient pas autre chose que des chantiers de travaux publics, ouverts en divers endroits, et qui se centralisaient en un point déterminé de la périphérie. C’est ainsi que celui de Vaugirard exécuta, en 1790, les travaux de terrassement, de pavage et de plantation des boulevards de l’enceinte des Fermiers Généraux qui entouraient Paris vers cette région.
La sablonnièrcde Vaugirard, sur l’emplacement de laquelle il existe encore une ruelle de ce nom, entre les rues Cambronne et de l’Amiral- Roussin, était aussi exploitée par cet atelier. La Chronique de Paris, du 27 octobre 1790, y mentionne une certaine effervescence au cours de cette journée :
Le 27 octobre, à trois heures après-midi, les ouvriers employés aux travaux
1. Les Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution, par Sigismond Lacroix, i1* série, t. i, p. 192.
2. Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution, par Sigismond LacroIx, ir* série, t. I, p. 257.
publics, à la sablonnière de Vaugirard, ont arrêté plusieurs voitures chargées de huit à neuf tonneaux remplis de mitraille et de balles à fusil; ils s’en sont saisis, et, après un petit débat entre eux et la garde nationale de Vaugirard, qui leur disputait la gloire de cette prise, ils ont conduit les voitures toutes chargées à la section du Gros-Caillou.
L’affaire eut sa répercussion au corps municipal de la Ville de Paris, à la séance du 2 novembre suivant, dans un curieux incident, ainsi relaté au procès-verbal :
M. le maire ayant fait lecture d’une lettre du maire de Vaugirard *, par laquelle il rend compte d’un événement qui s’est passé à Vaugirard le 27 du mois dernier, à l’occasion de quelques tonneaux remplis de tètes de clous, et de la précipitation avec laquelle la Garde nationale du Gros-Caillou et un grand nombre d’hommes et de femmes, séparés, s’étaient portés à Vaugirard et dans la maison du sieur Hubert, marchand de vins, rue de Sève, dont le vin et l’eaude-vie ont été bus et la maison pillée. Le corps municipal a arrêté queM. le Maire voudrait bien écrire au Comité du Gros-Caillou et lui envoyer copie de la lettre du maire de Vaugirard pour avoir des éclaircissements sur cet objet2.
Ce fut vraisemblablement cette mise à sac de la maison du marchand de vin qui obligea Bailly, maire de Paris, de demander à Lafayctte de faire protéger le Palais-Bourbon et la maison de M. de Beaumarchais, également menacés par les ouvriers du même atelier. Voici, d’ailleurs, le texte de cette lettre :
Le 19 novembre 1790. Je suis informé, Monsieur, que les ouvriers employés à l’attelier de Vaugirard s’entretenant du pillage exercé dans une maison de Vaugirard, ajoutaient qu’ils en feraient bientôt autant au Palais-Bourbon et chez M. de Beaumarchais, porte St-Antoine. Je ne sais pas le degré de confiance que mérite cet avis, mais je crois cependant qu’il exige certaines précautions et qu’il conviendrait de renforcer les postes voisins des maisons menacées du pillage. Votre prudence vous suggérera les mesures que vous croirez les plus promptes pour prévenir cette violation des propriétés. J’ai l’honneur d’être,...3.
C’était l’époque de la grande fermentation populaire occa-