‹ VaugirardChapitre 16 sur 244 · Archives Nationales. S · texte numérisé non relu

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chemin des Bassemay, qui rejoignait le milieu du chemin de Vaugirard ; et enfin le chemin de la Chapelle , parallèle au chemin de Paris à Vaugirard, à gauche en sortant de Paris. Sur ce plan, sont indiqués les lieux dits, si nombreux dans la région, et sur lesquels nous reviendrons plus loin1.

Voici encore un autre plan de la seigneurie de Vaugirard daté de 1 743. Cette fois l’on n’y voit plus que la partie du village de Vaugirard appartenant à la censive de Saint-Germain. Ce document est intitulé : Plan topographique et réarpentage de la terre, seigneurie et village de Vaugirard , dépendants de Messieurs les Prieurs et religieux de l'Abbaye Royalle de Saint-Germain-des-Prés de Paris; levé et dessiné par Bernard Borde, arpenteur du Roy en la maîtrise des Eaux et Forets du Département de Paris, 1743. Sa dimension est de 1 m. 55 sur 1 m. 55.

Sur ce plan, la terre ou seigneurie est limitée par un filet bleu, et se trouve complètement entourée, ou à peu près, par les terres de la censive de Sainte-Geneviève dont nous avons parlé plus haut. Cette dernière comprenait la partie du village située du côté droit du chemin de Vaugirard en sortant de Paris, depuis l’entrée de la localité du côté de la capitale jusqu’au premier tiers environ du dit chemin de Vaugirard. Le tracé de démarcation de la terre et seigneurie de Vaugirard était le suivant pour le côté gauche de la rue de Vaugirard : A partir de la dite rue, il longeait le chemin de Paris à la justice de Vanves, puis, par une ligne fictive, il regagnait le chemin de la Procession jusqu’au lieu dit le Bisharan. Cette ligne longeait ensuite les autres lieux dits: la Fosse-Rouge, Basse-

1. Archives de la Seine. Une belle copie de ce plan a été calquée sur l’original et reproduite avec beaucoup de soin par M. Henri Vial. Dimensions : o,8o x o,56. (Salle de travail.)

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BARRIÈRE DU MAINE, de l’enceinte des Fermiers Généraux D après 1 aquarelle de Palaiseau, exécutée vers 1819

Brière, les Gaudelines, la Voied’Issy, jusqu’à la rue de Vaugirard. Franchissant cette rue et gagnant son côté droit en sortant de Paris, le tracé coupait le chemin Blomet, longeait le lieu dit les Varennes, coupait le chemin de la Croix-Nivert, suivait le lieu dit de ce nom, coupait le chemin de Paris à Sèvres, dit des Charbonniers, arrivait au chemin d’en bas de Paris à Issy, le suivait en longeant le lieu dit les Longuaines, remontait, par des lignes fictives, vers le chemin de Paris à Sèvres, suivait les lieux dits la Noue et la Pierre Recoquillière pour gagner la grande rue de Vaugirard. Le tracé prenait alors ladite rue jusqu’au point de départ, c’est-à-dire jusqu’au chemin de Paris à la justice de Vanves.

Les seules rues qui soient indiquées nominativement sur ce document sont :

Le chemin de la Procession.

La grande rue du Village de Vaugirard.

La rue des Tou nielles, partant de la grande rue, côté gauche en sortant de Paris, et longeant le clos de « Messieurs les Seigneurs ».

La rue des Vignes , située du même côté en allant vers Issy.

La rue des Prestres , aboutissant à la grande rue de Vaugirard, côté droit.

La rue Notre-Dame , se terminant au même point, c’est-àdire à l’église Saint-Lambert et toujours du côté droit.

Le chemin de Paris à Sèvres , dit chemin des Charbonniers.

Le chemin des Vieux-Morillons.

Le chemin B l omet.

Ce plan, qui montre d’une façon si exacte toutes les maisons, dépendances et jardins de la partie du village située dans

la censive de Saint-Germain-des-Prés, serait fort intéressant s’il portait les indications des héritages qui y sont figurés. Ceux-ci, malheureusement, ne sont identifiés que par des numéros dont la clef doit se trouver dans un censier absent qui permettrait, si nous le possédions, de situer la plupart des logis des habitants de Vaugirard à cette époque '.

Ainsi qu’on a pu le constater dans la description de ces plans, la localité de Vaugirard contenait un certain nombre de lieux dits, souvent qualifiés chantiers sur d’anciennes pièces d’archives. Ces groupements de terres, d’héritages, de propriétés, formaient comme le damier territorial des seigneuries de Vaugirard et de Grenelle, avec des noms aux étymologies indéfinissables, souvent donnés aux chemins et aux voies publiques et qui, souvent aussi, provenaient d’eux. Nous avons essayé de les réunir en une annexe, aussi bien pour le territoire de Vaugirard que pour celui de Grenelle, puisque les deux régions furent réunies jusqu’en i83o en une seule localité1 2.

Il nous parait intéressant de dire ici quelques mots de la Justice de la seigneurie d’Issy et Vaugirard.

On sait que l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés possédait plusieurs seigneuries absolument distinctes : celle de l’Abbaye, dans l’intérieur delà ville, et celle du Bourg-Saint-Germain, contiguë à la précédente. Elle en avait d’autres, hors de Paris, dont la principale portait le nom d’Issy et Vaugirard, et qui était la plus importante après celles citées plus haut.

Les deux terres de Vaugirard et d’Issy, réunies en une

1 . Un exemplaire de ce plan (en mauvais état) se trouve aux Archives de la Seine. Un autre exemplaire est conservé aux Archives Nationales. N. Seine 11, n° 76.

seule seigneurie, n’avaient qu’une même justice : l’auditoire et les prisons étant au village d’Issy1 2.

Elle était administrée par un prévôt, un lieutenant ou maire qui composaient, indique M. Tanon, le tribunal du premier degré. L’appel de leurs jugements était porté devant l’/lssfse, qui se tenait dans l'enclos même de l’abbaye. L’appel des jugements de l’Assise de l’abbaye à la Justice Royale, dans le ressort de la Prévôté de Paris, devait être porté au Châtelet ou au Parlement, suivant les cas. Au commencement du quinzième siècle, il fut porté directement au Parlement et cela coïncidait avec la création d’un office de Bailli à l’abbaye de Saint-Germain :

Sentence du Prévôt de Paris d’où il appert qu’on peut appeler directement du Bailli de Saint-Germain au Parlement, 1409*.

L’exécution des sentences criminelles des justices de l’abbaye était, en principe, pourvue par ses officiers et bourreaux ; mais quand les exécuteurs manquaient elle louait ceux de la Justice Royale moyennant salaire. La plupart du temps on les payait en leur concédant le produit de certains jeux de la foire Saint-Germain, comme, par exemple, les droits de quilles et de brelan, pour lesquels ils se chargeaient de toutes les exécutions.

Dans la déclaration du Temporel de IÔ22, on lit :

Pour l’exécution de la justice, y a fourches patibulaires à trois pilliers, carquans, tant au dit bourg qu’en chacun des dits villages Vaugirard, Issy, Meudon 3.

1. Histoire des Justices des anciennes églises et communautés monastiques de Paris , par L. Tanon, Paris, Larose, i883, p. 216.

2. Histoire des Justices, etc., loc. cil., par L. Tanon, p. 223.

3. Histoire des Justices, etc., loc. cit., par L. Tanon, p. 224 et 225.

L’abbé Gaudreau prétend que le poteau de justice de Vaugirard se dressait sur la place commune, derrière la sacristie de la vieille église Saint-Lambert.

On sait que l’orme était, au moyen âge, l’emblème de la justice. Vaugirard, en même temps qu’il avait ses fourches patibulaires, avait aussi son arbre symbolique, lequel, de temps à autre, on rajeunissait en l’ébranchant :

1274. — Celle année meisme, fist le prevost coper i orme, à Vauboitron, en enseigne de haute joustise.

La mention ci-dessous est plus explicite encore que la précédente :

1274. — Celle année meismes, fist le prevost Estienne coper branches seiches qui estoient en i orme assis entre Saint-Germain et Yssi, en enseigne de haute joustise, quar Saint-Germain et Yssy est tout un terrouer et a Saint-Germain toute joustise haute, partout, et en voie et hors voie.

L’orme dont il est ici question, situé entre Saint-Germain et Issy, ne pouvait être autre que celui de Vaugirard L

11 arriva que l’orme de Vaugirard, en 1 33 1 , fit l’office de morgue et que, en signe de justice , l’on déposa au pied de son tronc le cadavre d’un inconnu, trouvé mort dans la maison de messire Simon de Bucy, qui était justement l’un des premiers bienfaiteurs et des plus notables habitants de la localité. Le corps fut donc exposé sous les branches de l’arbre symbolique, pour montrer à la gent , et retiré après sa reconnaissance.

Voici la pièce dont il s’agit, extraite du Registre criminel de Saint-Germain-des-Prés :

24 mars 1 33 1 . — L’an mil CCCXXXII (sic) la veille de la feste Nostre Dame

i. Histoire des Justices, etc., loc. cit., parL.TANON, p. 425.

VAUG1RARD

en mars, fu traiz uns homs, touz mors, d’une chambrecoie qui est à Valgirart, en la meson qui fu mestre Gervese du Pont Arsys, qui a présent est mestre Symon de Bucy, procureur du Roy, lequel la vouloit curer, li et un autre, et morut soudemnement illenc, si comme il fu trové, par enqueste que le prevost de Saint-Germain en fist, par la grant corrupcion qui estoit là-dedans. Et puis, le fist porter le prevost, en signe de justice, dessouz l’orme de la dicte ville, pour montrer à la gent, et i fu jusques au soir que le fist estuier en leur pressoire jusques au lendemein qui le délivra a mestre Héron et pluseurs autres valiez de leur mestier, amis du dit mort1.

Lorsque, au mois de février 1674, Louis XI V supprima toutes les justices particulières pour les réunir au Châtelet, les religieux de Saint-Germain firent introduire une instance de protestation auprès du Roi, rédigée par le sieur Pelisson, maître des Requêtes, économe de l’abbaye. Pour montrer plus clairement les pertes qui seraient subies de ce fait, Pelisson indiqua la valeur des charges des officiers attachés à la justice de Saint-Germain. Celle du Bailli était estimée à 5o.ooo livres ; celle du Procureur fiscal, à 26.000 livres; celles des Procureurs, en nombre illimité, chacune 5oo livres ; les vingt-six Sergents, chacun 3oo livres; le greffe, 3. 000 livres; la geôle et les prisons, 1.000 livres.

Le Roi accepta les bonnes raisons de la requête et rendit l’arrêt suivant, le 21 janvier 1 6/5 :

Le Roy estant en son Conseil., en interprétant le dit Edit du mois de février 1674, a déclaré et déclare n’avoir entendu par iceluy réunir ausdits Châtelets de Paris la haute justice dans l’enclos du Couvent et Palais Abbatial de la dite Abbaye de Saint-Germain-des-Prez, etlieux occupez par les abbez ou religieux <le la dite Abbaye, et leurs domestiques, et dans l’enclos d’icelle seulement : ce faisant, Sa Majesté a maintenu et gardé, maintient et garde la dite Abbaye en la possession et jouissance de ladite haute justice dans les dits lieux, pour estre, la dite justice exercée par un Bailly,un Procureur Fiscal, un Greffier et deux Huissiers, aux mesmes honneurs, pouvoirs, prérogatives, et droits dont ils ont jouy par le passé, et sans que les officiers des Chastelets de Paris y puissent troubler

1. Histoire des Justices des anciennes églises et communautés monastiques de Paris, par L. Tanon, p. 44 1 .

les officiers de la dite Abbaye, sous quelque prétexte que ce soit. Connoistra, le dit Bailly, des appellations des jugemens et sentences qui seront rendues en matières civiles par les officiers des hautes justices des terres et seigneuries dépendantes du temporel de la dite Abbaye, situées hors la ville, Fauxbourgs et Banlieue de Paris, ainsi qu'ils ont bien et deuëment fait par le passé, et de la basse Justice foncière pour les cens, rentes et autres redevances des maisons et biens estant dans la censive des fiefs dépend ans de la dite Abbaye, situez dans la dite ville, fauxbourg et banlieue *.

Voici un cas fort intéressant, qui fut instruit par la justice d’issy et Yaugirard, concernant l’assassinat, sur le territoire de cette dernière localité, par un soldat suisse, d’un boulanger d'Arcueil. Les officiers du régiment récusèrent cette justice, prétendant qu’eux seuls possédaient le droit de juridiction sur leurs hommes.

Le document auquel nous empruntons ce qui suit a pour titre :

Extrait du procès criminel commencé en la justice d'Issv et Vaugirard à la requête du procureur fiscal de la dite justice, contre les auteurs de l’assassinat commis en la personne du nommé Gagnier, boulanger à Arcueil, sur le terroir de Vaugirard, au lieu dit le Chemin des Bœufs.

Le 18 octobre 1764, le juge d’Issy et Vaugirard, sur le réquisitoire du Procureur fiscal, se transportait dans la maison du sieur Chevalier, où il trouvait un cadavre percé de coups de sabre. C’était le corps du boulanger Gagnier. Une femme, présente, avait recueilli de la bouche du mourant la déclaration suivante : Le boulanger buvait dans un cabaret avec un soldat suisse qui, après, l’avait suivi malgré lui jusqu’au moulin de Vaugirard. Ayant frappé à la porte et demandé qu’on le débarrassât du soldat, la porte ne s’ouvrit pas et personne ne lui répondit. Le Suisse lui chercha alors querelle, le frappa à

1. Histoire de l'Abbaye Royale de Saint-Germain-des-Près, par Dom Bouillart, 1724, p. 267, et pièce justificative n' CXXXV.

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coups de sabre et lui prit son habit contenant dix ou douze sols.

Voici la déposition du meunier de Vaugirard :

Le sixième témoin déposé que, sur les dix ou onze heures du soir, étant dans son moulin, il vit un homme qui lui parut habillé de gris qui frappait à la porte de son moulin et lui demanda d’y entrer parce qu’il vouloit se débarrasser d’un suisse, qu’il vit en effet un homme habillé de rouge qu’il reconnut pour un suisse et qui lui demanda le chemin de Montrouge.

Nous trouvons dans l’enquête le curieux rapport suivant, rédigé par un chirurgien appelé en hâte auprès du moribond, et dans lequel le praticien semble plutôt songer à l’âme qu’au corps de la victime :

Rapport en chirurgie. — L’an 1754 le 18 octobre, en vertu de l’ordonnance et en présence de M. Bourgeois, lieutenant de la juridiction de Mrsde Saint-Germaindes-Prez, de M. Gênai, greffier de Vaugirard, moy, La Chapelle, maistre chirurgien receu à St-Cosme, ayant été appelé pour voir le sieur Gagnier, boulanger à Arcueil, l’ayant veu et visité, ayant trouvé seize coups de sabre, scavoir trois à l'occipital et aux pariétaux, ayant trouvé le cerveau ouvert, trois coups au corps n’ayant pas pénétré dans la poitrine, un autre coup au costé gauche ayant pénétré entre la quatrième et la cinquième des vraies costes d’un quart de pouce et deux au doigt majeur assez considérable et un à la main, toutes les marques profondes é.tant coupé, un au muscle de Laquedomoienne, le ventre ouvert, les intestins sortant gros comme le point et ouvert à deux endroits, plusieurs coups à la poitrine n'ayant pas penestré. Ayant veu le malade ne pouvant pas aller loing, je l’ai fait confessser et recevoir l’extrême-onction, la ou il est estant mort. J’ai signé le présent raport pour valoir et servir ce que de raison. Fait à Vaugirard le 18 octobre 1754, signé : De La Chapelle.

L’enquête terminée, le Procureur fiscal, J. Mille, s’empressa de solliciter, auprès du Prévôt d’Issy et Vaugirard ou de son lieutenant, l’autorisation de faire inhumer le cadavre dans le cimetière de l’église de cette dernière localité, et au besoin d’y contraindre « les sieurs curé, vicaires et autres prêtres de la dite paroisse ».

Le soldat assassin appartenait à la compagnie de Reding, du régiment des gardes suisses, en quartier à Vaugirard. Le

colonel était le baron de Zurlanban. Ce furent les officiers qui firent arrêter le coupable et qui l'enfermèrent dans la prison d’Issy, qui était celle de la seigneurie. Ils s'emparèrent en même temps des clefs, firent garder la porte de la geôle par un piquet de soldats, baïonnettes au canon, jour et nuit, et n'en permirent l'entrée à personne. Ils ne voulaient pas que la justice civile put interroger le criminel, prétendant qu'eux seuls, ainsi que nous l’avons dit plus haut, avaient juridiction sur les soldats de leur nation.

Le juge d'Issy et Vaugirard. fort embarrassé, en référa à M. d’Argenson. 11 ajoutait :

Les Suisses nous sont extrêmement à charge dans cette juridiction, ils prétendent avoir !e droit de disposer des prisons à leur gré. même de mettre dehors les prisonniers français qui y sont pour mettre leurs soldats.

Le dossier s'arrête, et c’est dommage, sur une lettre de M. d'Argenson. datée du 9 décembre 1704. adressée à M. de Joly de Fleury. Procureur général du Parlement de Paris, lui demandant des éclaircissements sur cette affaire afin qu'il puisse en rendre compte au Roi1.

Un crime analogue avait déjà été commis sous le règne de Louis XI II, par les soldats d'un régiment français, dans le grand chemin de Vaugirard. sur un nommé Antoine Catoix. habitant cette localité. Les soldats avaient été condamnés à mort par le Prévôt général des Gardes françaises et du régiment des gardes du Roi. Sur les supplications qui lui furent faites, Louis XIII, étant à Chantilly, commua la peine de mort en celle du bannissement perpétuel, avec confiscation des biens meubles et immeubles des assassins -.

t. Bibliothèque Sationile. Manuscrit français. Collection Joly de Flevbt. Registre n* 3i5. Affaire n* 3+42.

2. Bibliothèque Sationile. Manuscrit français, n" 4590, {’ 6.

Nous signalerons aussi, à l’occasion d’une affaire similaire, la coutume employée lors de la constatation officielle d’une mort violente, et qui consistait à appliquer sur le front du décédé le cachet aux armes de l’abbaye de Saint-Germain-des- Prés.

L’an i685, Jean Goret, Lieutenant de la Prévôté d’issy et Vaugirard, était requis de reconnaître le corps d'un soldat tué par un de ses camarades dans le chemin de Paris à Issy. Le corps était déposé dans un pavillon de jardin situé sur ce chemin. à Vaugirard, et appartenant à Mme du Harnois.

Le costume du militaire était le suivant :

Un juste-au-corps gris blanc, un surtout de camelot gris Minime, une camisole blanche, un chapeau noir bordé, des bas déchaussé rouges avec des guestres, une petite épée et un ceinturon. Dans ses poches, quarante six sols et un double, et une perruque de poil chastain.

Après sa constatation, le Lieutenant du Prévôt écrivit :

Avons fait mettre le cachet des armes de nos dits seigneurs religieux sur le front du dit particulier mort, et iceluy fait porter dans la geôle d’issy jusqu’à ce qu’autrement il en ait été ordonné, et laissé les hardes et choses cy-dessus déclarées en la possession de la dite dame du Harnois pour les représenter comme dépositaire de biens de justice *.

L’application de ce cachet, semble-t-il, était comme la mise sous scellés d’un cadavre placé dès lors sous la main de la juridiction de l’Abbaye.

Nous avons indiqué plus haut les différents prix des charges de la justice de Saint-Germain. Nous trouvons dans un registre manuscrit des domaines aliénés de la Généralité de Paris, que les droits d’échanges en la seigneurie de Vaugirard,

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