Archives de la Seine. Lettre de ratification nn 5386b
parue en 1622, mentionne comme le lieu de plaisir où les deux jeunes lingères s’ébaudissent avec leurs galants1.
Dans une lettre de Coulanges à Mme de Sévigné, du 4 août 1694, il est question d’une partie fine et joyeuse, faite à Vaugirard, dans un endroit non spécifié, et où se divertirent fort Mesdames de Louvois, de Créquy, de Bernières, de Coulanges et de Séchelles, en compagnie du charlatan italien Carette et de M. de Barbezieux2.
Au commencement du dix-huitième siècle, en 1702, on voit que le sieur Pelletier, commandant de la maréchaussée, estinvité par M. d’Argenson à y envoyer ses hommes les jours de fêtes et dimanches, en raison du grand concours de population qui se répand dans les débits de boissons3.
Les historiens parisiens, Piganiol de la Force, en 1742, Thiéry, en 1787, nous apprennent que Vaugirard « est l’une des principales guinguettes de Paris », et des plus fréquentées par le petit peuple4.
Mais, si ces guinguettes sont abondamment pourvues de clients, elles n’en sont pas moins soumises à des prescriptions fort sévères concernant la vente des boissons pendant la célébration des offices, et aussi pour l’estampillage des mesures servant à les débiter. Nous trouvons, dans la juridiction de la seigneurie de Sainte-Geneviève, les deux sentences suivantes dans le : « Registre des audiences civiles et de police de la Prévôté, haute, moyenne et basse justice de Grenelle- Vaugirard en partie et dépendances », rendues par René Dairon, avocat au Parlement, conseiller du Roi, lieutenant en
1. Les caquets de /’ Accouchée. Édition Édouard Fournier, 1 855, p. 1 19.
2. Lettre de Mme de Sévigné. Ed. Grands Écrivains français, t. X, p. 176.
3. Archives Nationales. O* 363, f“ 1 55. Et Bournon. Rectifications et additions à l’abbé Lebeuf.
4. Piganiol de la Force , Description de Paris, t. VIH, p. 191. — Guide des Étrangers et Voyageurs à Paris, par Thiéry, t. II, p. 636.
la Prévôté Royale de Chaillot, faubourg de la Conférence, Prévôt-juge et garde civil de police et criminel de la dite Prévôté de Grenelle-Vaugirard en partie :
Du lundy 5 avril 1745. Nous, ouï, le Procureur fiscal en ses conclusions... Faisons défense à tous cabaretiers et autres vendant vin et autres liqueurs de donner à boire à quelques personnes qui se puisse être à heures indues et pendant les offices divins sur les peines y portées, et pour par le dit Lavaux, cabaretier à Vaugirard, y être contrevenu, l’avons condamné en trois livres d’amende, lui faisons défense de récidiver sous plus grande peine...
Du mercredy 9 mars 1746. Faisons défense à tous cabaretiers ou autres personnes vendant ou faisant vendre vin, et autres personnes de quelque qualité ou conditions qu’ils soient, de refuser aux officiers de police de leur représenter leurs poids, balances et mesures pour les marquer, a peine de 5o livres d’amende, et pour par le sieur Marion et sa femme, cabaretiers à Vaugirard, avoir refusé le dimanche 19 septembre 1745 leurs pintes et autres mesures pour être mesurées et marquées aux armes de la seigneurie, les avons condamnés à trois livres d’amende, leur faisons défense de récidiver sous plus grandes peines... *.
Il nous faut ajouter, d’ailleurs, que les prescriptions édictées par la seigneurie de Sainte-Geneviève se retrouvaient dans les règlements de police de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. C’est ainsi que l’article 4 de l'ordonnance du 21 février 1747, de cette dernière seigneurie, punissait d’une amende de dix livres les cabaretiers et marchands de vins qui donnaient à boire pendant le service divin1 2.
Nous avons trace aussi, le 16 août 1758, d’une visite de police faite par la Prévôté d’Issy et Vaugirard, pour les poids et mesures :
Sur la remontrance à nous faite par les procureurs fiscaux, qu’il estoil d’usage de faire une police générale dans le ressort de cette Prévôté et châtellenie une fois au moins par an, que c’étoit pourquoy il nous requerroit de vouloir bien