Archives de la Seine. Lettre de ratification n° ii25c
4. Tableaux de la Révolution française, par Adolphe Schmidt. Leipzig, 1867, t. II, p. 199 (Situation de Paris du 8 germinal an II (28 mars 1794).
et aussi pendant les fêtes patronales ou autres, les petits marchands de vin, les bouchons, les vignerons ont, par un usage consacré, dans toutes les petites villes de France (voire même à l’entrée des grandes villes), pendant ces courts moments, disons-nous, l’on a vu placées, à l’entrée de leurs boutiques ou caveaux, quelques tables pour les ouvriers et autres personnes qui aiment à respirer l’air et qui ne le pourraient s’ils étaient enfermées dans des salles ou arrièresboutiques
L’arrêté du 23 août 1837, pris par le maire de Vaugirard, autorisa les tables sur la voie publique pendant le mois de septembre seulement, mais à la condition de n’occasionner ni troubles ni conduite inconvenante de la part des consommateurs
Voici encore une contribution imposée par le Conseil municipal de la commune aux tenanciers de guinguettes, le 22 mai 1847 : c’est une taxe de 3 francs réclamée à tous les établissements de cette nature restant ouverts après les heures fixées, et une autre de 5 francs pour chaque banquet et réunion nombreuse organisés pendant le jour2.
Un peu avant l’annexion de 1859, Vaugirard était surtout la campagne favorite des invalides et des soldats, qui allaient y déguster le petit vin à 20 centimes et revenaient en festonnant. Autour des barrières de Sèvres et de Vaugirard, les cabarets qui recevaient le plus fréquemment leur visite étaient : le Cheval Blanc , les Enfants de Bellone, l’Arcade Saint-Jean , le Bal de la Ville de Tonnerre. Proche les barrières de l’Ecole on rencontrait : le Grand Balcon , les Barreaux rouges, la Corbeille de Fleurs , le Gros Raisin, la Ville de Mâcon, la Ville de Barcelone, le Petit Bacchus, le Bon Coin, A Saint- François, A Saint-Vincent-de-Paul , le Soleil d'or*.
2. Archives de la Seine. Registre n" 3 des délibérations du Conseil municipal de
3. Histoire de Paris, ses barrières, ses faubourgs, sa banlieue, par B. R. Paris- Renault, in-12, 1857, p. 210.
Il y avait aussi le Bal Tonnellier , à la barrière du Maine, qui jouissait d’une certaine renommée.
Toutes ces maisons et cabarets de banlieue étaient régis par l’ordonnance de police du 3i mai 1 833, visant le cas d’indécence, de perturbation et d’interdiction de bâtons, cannes et armes1.
Si nous remontons un peu dans le passé des guinguettes, nous trouvons un certain nombre de ventes et mutations de plusieurs d’entre elles, dont l’intérêt réside surtout dans l’enseigne de l’établissement. En voici quelques-unes :
Adjudication en l’audience des criées de la Prévôté d’Issy et Vaugirard, du 3i décembre 1776, d’une maison sise à Vaugirard, boutique, cour avec jardin, en la grande rue, à l’enseigne de la Croix-Blanche , acquise par Julien Jourdaine, marchand de vin à Vaugirard.
Sentence de licitation du 5 juillet 1777, par laquelle Julien Jourdaine, marchand de vin à Vaugirard, achète une maison sise au même village, ci-devant à la Ville de Cherbourg , et où pendait alors pour enseigne le Grand Dauphin: plusieurs bâtiments, cour, jardin : prix 7.226 livres2.
Par contrat du 11 décembre 1779, Nicolas Gervoise achète de Pierre Colombier, marchand de vin, une maison sise à Vaugirard, en la Grande-Rue, où pendait jadis l’enseigne de la Croix d'or , et ensuite celle de l'Image Notre-Dame3.
Antoine-Denis Fondary, marchand de vin à Vaugirard, et Anne Mouy, sa femme, achètent le 16 février 1785, de Jeanne- * Jacqueline Bouchez, veuve en premières noces de Antoine Fondary, laboureur à Vaugirard, et en deuxièmes noces de
1. Les bals publics à Paris, par Victor Rozier, i 855, in-18, p. i5.
2. Archives de la Seine. Lettres de ratification nos 6199A-6867A.