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DE LA CARE

La même table comportait aussi un écusson avec couronne

1. La Reine Marie Leck^inska, par Mme la comtesse D”*, née de Ségur. Paris, Didier, 1864, p. 122 (Mme d’Armaillé).

de marquis, et soutenu par deux lions. Cette maison avait jadis appartenu au personnage mentionné, qui était : Jean- Baptiste de Johanne de la Carre, marquis de Saumery. Il avait été mousquetaire en 1692, à l’âge de 14 ans, blessé à la bataille de Ramillies en 1706, maréchal des camps des armées du Roi en 1719 et envoyé près de l’Electeur de Bavière en cette même année ; sous-gouverneur du Roi en 1722 et mort à 48 ans, le 5 mai 1726.

M. de Guilhermy eut également connaissance de la découverte d’une première pierre de maison bourgeoise, située Grande- Rue, n° 1 55, posée en 1766 par André-Alexandre Basset h

Si nous revenons encore une fois au Mémoire du curé de Langle, nous y trouvons la mention d’une grande et importante maison habitée en 1734 par le cardinal de Gesvres. Elle consistait en cinq ou six grands corps de bâtiments remontant au seizième siècle, et situés dans un enclos de 25 arpents. Elle avait été possédée par M. Richard, maître des Postes Etrangères en 1672, puis par M. de Pléneuf, et ensuite par M. Landais, trésorier de l'artillerie. Ce fut dans cette maison, alors propriété de Landais, que se passa, en 1720, le prétendu raccommodement du duc et de la duchesse du Maine, après la conspiration de Cellamare. Pour faire cesser la brouille du ménage, Madame la Princesse prit rendez-vous, en juillet de cette année, avec le duc, en ce moment à Vaugirard. Elle y arriva ayant dans son carrosse la duchesse, qu’elle lui annonça comme étant une dame « qui avoit grand’ envie de le voir ». La chose fut acceptée et le raccommodement suivit1 2.

1. Les Inscriptions de la France , par M. de Guilhermy, t. V, pp. 261 et 264.

2. Mémoires de Saint-Simon. Edition Chéruel et Régnier. Hachette, 1874, t. XVI, p. 428.

On sait que le duc du Maine avait conçu un vif ressentiment contre sa femme, qui l’avait entraîné dans cette déplorable affaire. Il la quitta, au grand dépit de la duchesse, qui fît tout son possible pour arriver à un rapprochement1.

Marie-Anne Botot, dite Dangeville, c’est-à-dire Mlle Dangeville, de la Comédie-Française, avait également un fort beau domaine à Vaugirard, lui venant de son protecteur, M. de Choiseul-Praslin. On lit dans J al, à ce sujet, les lignes suivantes :

Un acte du 11 août 1792 constate que Mlle Dangeville était co-propriétaire d’une grande maison, située rue de Vaugirard, l’autre propriétaire avait été feu Reynauld-César-Louis de Choiseul-Praslin, maréchal de camp, chevalier de Saint- Louis, ambassadeur de France auprès de leurs Majestés Siciliennes. Mlle Dangeville avait l’usufruit de cette propriété ; ses droits furent rachetés par les héritiers de Praslin, moyennant 2.000 livres de rente viagère2.

La célèbre actrice, retirée de la scène en 176.3, s’installa dans sa maison de Vaugirard où elle reçut de nombreux artistes et littérateurs. Nous rencontrons dans les Mémoires Secrets , de 1780, la relation d’une fête intime qui s’y donna en son honneur, et que nous croyons intéressant de reproduire avec toute sa virtuosité, plutôt que de l’analyser :

17 août 1768. Mlle Dangeville, cette héroïne émérite du Théâtre français, l’amour et les délices de tous les gens dégoût, a une très belle maison de plaisance à Vaugirard. C’est là qu’avant-hier, jour de fête, on lui en a donné une aussi agréable que magnifique. Elle a fait l’entretien du jour. 11 y a d’abord eu un dîner de dixneuf personnes, composé en beaux esprits, de MM. de Sainte-Foix, le Mierre, Dorât, Rochon et Duclairon, tout récemment arrivé de son consulat de Hollande : en gens de la Comédie, des Dlles La Motte, Fannier, et de Mme Drouin. Le reste étoit des anciens amis ou amans de la maîtresse de la maison. 11 ne faut pourtant pas oublier M. de Saint-Aubin, peintre, qui n’a pas le moins contribué au divertissement.

A la fin du dîner, après avoir beaucoup tosté en l’honneur de la Reine de Vau-

1. Mémoires de Mme de Staël. Collection Petitot et Monmarqué, 2* série, 1829, t. LXXV1I, p. 482.

2. Dictionnaire de biographie et d'histoire ; par Jal (au mot Dangeville), p. 469.

girard, M. de Sainte-Foix a commencé des couplets sur la fête : tous ses émules l’ont suivi, jusqu’à ce qu’une symphonie partie du jardin ait annoncé quelque chose de nouveau. On s’est transporté vers les lieux d’où elle s’annonçoit : on est entré dans un bosquet délicieux, où s’est trouvée la statue de Mlle Dangeville, sous la figure de Thalie, avec tous les attributs de son art. On lisoit un hymne au bas du piédestal, de la composition de M. de Sainte-Foix. On a procédé à l’inauguration de cette statue, et tous les beaux esprits sont venus en cadence, des guirlandes de fleurs à la main, lui rendre leurs hommages. On a encore chanté des couplets ; on a joué différentes petites parades courtes, spirituelles et délicates. Ensuite, le jour tombant, tous les bosquets se sont trouvés illuminés : on a introduit le peuple; il s’est formé des danses partout; on avoit établi des rafraichissemens pour cette populace, qui bénissoit sans cesse l’illustre Marie. Enfin un feu d’artifice très brillant a terminé le spectacle. Un grand souper a suivi, et le champagne et l’esprit ont recommencé à couler avec la même abondance l.

On peut penser que les dépendances du vaste domaine de Mlle Dangeville s’étendaient entre les rues Blomet et de Sèvres, ainsique le prouve le procès-verbal d’alignement dont extrait est ci-après, délivré à la requérante, qui y est encore dénommée « pensionnaire du Roi ».

L’an 1764, le septième jour de juin, à la requête de Gabriel-Joseph Ronsin, architecte juré demeurant à Paris, rue du Roulle, paroisse St-Eustache, stipulant pour Dlle Marie Botteau (sic) Dangeville, fille majeure, pensionnaire du Roi, propriétaire d’une maison et terrain y contigus, situés à Vaugirard, nous Jean- Baptiste-Gabriel Gênai, lieutenantjugecivil, criminel, de policées voirieen la Prévôté et châtellenie d’Issy et Vaugirard... nous sommes transportés sur le terrain contigu à la maison de la dite demoiselle Dangeville, tenant d’un côté au chemin Blomet, d’autre à l’ancien chemin de Sève, autrement dit des Charbonniers, d’un bout aux filles de l’Enfant-Jésus, d’autre à la dite maison delà dite demoiselle Dangeville à l’effet de donner l’alignement pour la clôture du dit terrain 2...

A dix-huit ans de là, la célèbre artiste est toujours fidèle à Vaugirard et, le 3 septembre 1782, on la trouve de nouveau en instance pour obtenir l’alignement du mur de clôture de son jardin donnant sur la rue Blomet 3.

1. Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la République des lettres en France. Bachaumont) à Londres, chez John Adamson, 1780, t. IV, p. 84.

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