‹ VaugirardChapitre 189 sur 244 · Bibliothèque Saint-Fargeau. Ms. n° 12671, 1 ■ I, P · texte numérisé non relu

Bibliothèque Saint-Fargeau. Ms. n° 12671, 1 ■ I, P

Cette plaquette, œuvre naïve d’un pompier nommé Bourienne — on en jugera par l’orthographe du titre — se rapporte peut-être aux bâtiments de l’ancien parc de l’Ecole militaire '.

Nous n’avons rien trouvé concernant l’organisation du service des sapeurs-pompiers à Vaugirard, avant 1818. On voit, pour cette année, le vote par le Conseil Municipal, d’une somme de 371 fr. 61 comme part contributive de la commune, dans la dépense des pompes à incendie2.

Dans sa séance du 11 mai 1825, le même conseil, afin d’éviter les dangers du feu, décide qu’à l’avenir il ne pourra être établi de couvertures en chaume des maisons, qu’à la distance de 3o mètres de la voie publique 3.

Voici, sans doute, le point de départ de la formation d’une compagnie locale. C'est une lettre de M. Gautier, maire, du 10 juin 1 83 1 , adressée au sous-préfet, lui apprenant qu’il vient de s’organiser dans sa commune une escouade de sapeurspompiers, dont les hommes veulent bien faire la dépense de leur habillement, mais qui refusent d’acquérir les casques et les fusils. Il demande, en conséquence, le don de 25 casques et autant de fusils pour organiser définitivement cette escouade4.

Au mois de juin 1840, le sieur Matte, sergent-major de la compagnie de Vaugirard, reçoit du Roi une médaille d’honneur en récompense du courageux dévouement dont il a fait

1. Détail d'un affreux incendie arrivé hier au magasin des fourrages de Vaugirard où deux pompiers ont tombé dans les fiâmes. Trait de courage des pompiers qui étaient de garde au Gros-Caillou et aux Petites Maisons avec les noms et demeures des pompiers qui ont tombé dans les fiâmes. Chez Christophe, rue Zacharie, n“6 (s. d.), in-8, 4 p. (époque révolutionnaire). ( Bibl . Nat. L K 7 n° 10101).

2. Archives de la Seine. Registre n"i des délibérations du Conseil Municipal de Vaugirard (séance du 16 juillet 1818).

preuve dans deux incendies. Il est stipulé que cette médaille devra être remise : « avec l’appareil convenable au sous-officier qui l’a méritée. » 1

Nous voyons qu’en 1841, la compagnie se compose des sapeurs-pompiers de Vaugirard. Issy et Grenelle, fonctionnant pour les trois communes. Le 5 août 1841, le Conseil Municipal de Vaugirard avait adopté un vœu, resté d’ailleurs sans succès, demandant la formation d’une compagnie pour sa commune seule2.

Cette situation, naturellement, ne dut pas s’éterniser. En août i852, la compagnie de Vaugirard comprenait un effectif de 80 hommes, commandée par un capitaine, M. Dupont3.

Parlerons-nous de la modeste fonction de garde champêtre? Pourquoi non. Ne sait-on pas que sans elle la propriété rurale passerait souvent de vilains moments.

On connaît, d’ailleurs, quelle importance avait jadis l’office de Messier , dont le titulaire, en grande cérémonie, était préposé à la garde des moissons et des fruits de la terre. On trouve dans l’ordonnance du 16 janvier 1780, de la Prévôté et châtellenie d’Issy et Vaugirard, que tous les ans, les habitants de la Prévôté devaient s’assembler à la diligence des syndics de la paroisse, à l’effet d’élire des messiers pour garder les biens du territoire. Ceux-ci devaient prêter serment d’être exacts dans leurs fonctions et fidèles dans leurs rapports ; ils portaient des hallebardes qui leur étaient remises par le procureur fiscal, et reprises après leur commission4.

Nous croyons intéressant de reproduire ici une pièce ma-

2. Archives de la Seine. Registre n° 2 des délibérations du Conseil Municipal de Vaugirard.

3. Archives de la Seine. Registre n” 4des délibérations du Conseil Municipal de Vaugirard.

4. Bibliothèque Saint-Fargeau. Manuscrit n° 12671, t. I, p. 295.

nuscrite curieuse, relative à la nomination des messiers de Vaugirard par les habitants, et à leur reconnaissance et régularisation par le Lieutenant de la Prévôté :

L’an 1787, le vendredi dixième jour de septembre, 10 heures du matin, en notre auditoire à Issy et par devant nous Jean-François-Geneviève de La Montagne, avocat en Parlement, lieutenant juge civil, criminel de police et voirie de la Prévôté et Châtellenie d’Issy et Vaugirard, accompagné du greffier ordinaire de cette Prévôté, sont comparus Pierre Roche, terrassier, et Jean-Georges-Marie Delassalle vigneron, tous deux demeurant à Vaugirard. Ce dernier faisant pour et au lieu et place du sieur Maillet, entrepreneur de bâtiment au dit lieu. Lesquels nous ont dit que par l’assemblée des habitants de la paroisse du dit lieu de Vaugirard, tenue au devant de la porte de l’églisedela dite paroisse le trois du présent mois les dits Roche et Maillet ont été nommés messiers de la dite paroisse pour garder le terroir jusqu’à la récolte des vendanges prochaines, mais qu’avant d’exercer la dite fonction, ils se présentent devant nous pour qu’il nous plaise recevoir d’eux le serment accoutumé de bien et fidèlement remplir les dites fonctions, de ne faire des rapports que conformes à la vérité contre les délinquants qu’ils pourroient rencontrer, soit dans les vignes du dit terroir, soit à cueillir l’herbe, ou à prendre d’autres fruits pendants par les racines et exposés à la vue publique, requérant acte de leurs dires et comparution, et ont, les dits Roche et Delassalle, pour et au nom du dit Maillet, signé : Roche, Delassalle.

« Desquels comparution et dires nous avons donné acte aux dits Roche et Delassallc, ensuite avons d’eux pris et reçu le serment de bien et fidèlement s’acquitter des devoirs de leur charge, et avons signé avec le greffier. Signé De la Montagne-Virton L

Le 5 ventôse an IX (24 février 1801), le citoyen Dunepart, maire, recommande au citoyen Sous-Préfet, le citoyen Périguier pour remplir les fonctions de garde champêtre à Vaugirard. «lia servi la République pendant dix ans, il est sobre et n’a aucune fréquentation avec des personnes qui pourroient le déranger de ses devoirs. Il sera ferme dans son service, ayant été sergent de canonniers1 2. »

En 1806, le garde champêtre Guittard touchait 56o livres payées par la commune.

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