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CHAPITRE III

LE FIEF DE SAINTE-GENEVIÈVE ET LA SEIGNEURIE DE VANVES. — LA SEIGNEURIE DE GRENELLE. — SA VENTE A L’ÉCOLE ROYALE MILITAIRE. — LA FERME DE GRENELLE SUR LE TERRITOIRE DE VAUGIRARD. — LE NOUVEAU TERRIER DES BIENS DE L’ÉCOLE ROYALE MILITAIRE. — LE CENSITAIRE FRÉROX. — LA MAISON BLANCHE. — LES CHASSES DU ROI ET DU PRINCE DE CONTI.

Le fief de Sainte-Geneviève et la seigneurie de Vanves, dont les territoires entouraient presque complètement la localité de Vaugirard et les dépendances de Saint-Germain-des- Prés, comprenaient, nous l’avons dit, la partie du village de Vaugirard située du côté droit de la grande rue de ce nom en sortant de Paris. Cette agglomération de maisons, et les territoires qui en relevaient, depuis la grande rue jusqu’à la Seine, faisaient plus particulièrement partie, dans le fief de Sainte-Geneviève, de la terre de Grenelle, que l’abbé Lebeuf ne craint pas de faire remonter à Clovis. 11 pense, en effet, avec le Père du Molinet, que ce fut saint Rerni qui poussa le fondateur de la monarchie française à donner le domaine à la basilique de Saint-Pierre et Saint-Paul de Paris, qui, comme on le sait, devint l’abbaye de Sainte-Geneviève1.

i. Histoire de la Ville et du diocèse de Paris, par l’abbé Lebeuf. Edition Féchoz, t. III, p. 579.

L’abbaye royale de Sainte-Geneviève possédait donc, outre sa seigneurie de Paris, composée du bourg de Sainte-Geneviève et du bourg de Saint-Médard, un certain nombre de seigneuries hors Paris dont la plus importante était sans contredit celle de Vanves, dans laquelle se plaçait une partie du village de Vaugirard*.

C’est à Vanves que se trouvaient les fourches patibulaires et permanentes de la seigneurie, non loin du grand chemin conduisant de Paris à cette localité :

1282. L’an de grâce MCCIIII** et II, ou environ, fu suivi i larron, et tua i home qui le suivoit, et puis fu pris et tué en prenant ou chemin, ès apartenances de Vanves, de les Vaugirart. Le prevost de Paris le pendi. Sainte Genevieve en fu resaisie, d’une coste, et fu la côte trainée et pendue aus fourches de Vanves. Ce sevent, le mere, Mahin Giront, etc., tous de Vaugirart1 2.

Concernant la topographie de ce fief et seigneurie, M. Tanon a reproduit la citation suivante :

Item, nous avons, en partie de la Ville de Vanves et en partie du terrouer d’icelle, toute haulte justice, moïenne et basse, voyerie, mesuraiges, foraiges, chantellaiges et toutes autres choses appartenans à haults justiciers, sortissans, sans moien, à nostre dicte église.

Item, nous avons une place appelée Gamelle où souloit avoir hostel, granche, coulombier, maisons, jardins, estables derrière et chapelle, lequel souloit estre tout fermé à murs3.

11 est certain que cette place appelée Gamelle , n’est pas autre chose que le siège de la terre de Grenelle citée plus haut, qui deviendra, à son tour, la seigneurie de Grenelle dont les

1. Les Archives Nationales possèdent deux registres terriers, pour 1608 et 1700, des possessions de l’abbaye Sainte-Geneviève, tant sur son fief de Sainte-Geneviève que sur les terroirs de Grenelle, Vanves, Vaugirard. Ils contiennent les déclarations des censitaires enregistrées très sommairement. (S’ 18 1 3 et S' 1817.)

2. Histoire des Justices des anciennes églises et communautés monastiques de Paris, par L. Tanon, p. 38o (Extrait du Registre criminel de Sainte-Geneviève).

3. Histoire des Justices des anciennes églises et communautés monastiques de Paris, par L. Tanon, p. 240 (notes).

territoires s’étendaient sur la région parisienne et sur Vaugirard.

L’abbé de Sainte-Geneviève, seigneur haut justicier de Grenelle et Vaugirard, pour partie, y avait donc un prévôt et un procureur fiscal.

Nous reproduisons ci-après une pièce intéressante, concernant la nomination du Procureur fiscal de la Prévôté dont il s’agit :

Pierre Soutaine, abbé de l’abbaye royale de Sainte-Geneviève-au-mont de Paris et Supérieur général des chanoines réguliers de l’ordre de Saint-Augustin, Congrégation de France, Salut. Nous étant bien et deuement informé des bonnes vie et moeurs, religion catholique, apostolique et romaine, capacité et expérience au fait de la pratique de Jean-Hector de Beauvoir, avocat au Parlement, à ces causes et autres a ce nous mouvantes, l’avons pourvu et le pourvoyons par ces présentes, de l’Etat et office de Procureur fiscal et de voyer dans l’étendue de la haute, moyenne et basse justice de nos Terres et Seigneurie de Grenelle et de Vaugirard, en partie, pour jouir des dits États et offices et les exercer aux honneurs, privilèges, fruits, profils, revenus et émoluemens y attachés, si mendons à notre Prévôt du dit Grenelle et Vaugirard, en partie, que du dit Mre Jean-Hector de Beauvoir, le serment préalablement pris, il le reçoive et installe dans les dits États et offices de Procureur fiscal et de voyer de notre dite Prévôté de Grenelle et Vaugirard, en partie, et le fasse jouir des honneurs, privilèges, fruits, profits revenus et émoluemens qui y sont attachés, et tant et si longtemps qu’il nous plaiera. Donné en notre Dite Abbaye sur le contreescel des armes d’icelle, le 7 mars 1737, signé : frère Soutaine1.

L’édit de 1674 supprimant toutes les justices particulières, réunit au Châtelet celles qui se trouvaient dans la Généralité de Paris. Sainte-Geneviève ne conserva que la haute justice dans son enclos, tout en étant assimilée à l’abbaye de Saint- Germain-des-Prés dans les termes, vraisemblablement, de l’arrêt du 21 janvier i6y5 déjà indiqué.

Nous relatons ci-après une affaire de contestation de voirie

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