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Archives de la Seine. Lettre de Ratification, n° 4812 c

4 Vie de M. Olier , par M. Paillon, loc.cit., t. I, p. 358.

Le petit séminaire de Saint-Sulpice, dénommé tout d’abord séminaire de Saint-Joseph, fondé en 1686 dans la rue Pérou, avait aussi sa maison de campagne à Vaugirard :

Cette maison, disait Thiéry, située vers le milieu du village à droite, n’a de remarquable que sa situation en bon air, et son jardin qui est vaste et jouit d’une superbe vue *.

On sait que la dénomination de Petit Séminaire n’avait pas été adoptée en raison du plus jeune âge des élèves, mais à cause du prix de pension plus minime consenti à des jeunes gens de familles pauvres. Ces élèves, comme ceux du grand, suivaient les cours de philosophie et de théologie.

L’identification topographique de ces bâtiments sera d’autant plus facile à faire qu’ils étaient la propriété de l’abbé Groult d’Arcy, à l’époque où celui-ci, par testament, concéda une partie de son domaine pour la construction de la nouvelle église Saint-Lambert. L’édification de l’église, la création de voies aux abords, le percement de la rue de l’ Abbé-Groult, les ont fait complètement disparaître. Une façade donnait sur la grande rue de Vaugirard, en 1841 route royale n° 189.

Nous n’avons rien trouvé sur l’origine de cette propriété de campagne. Il semble pourtant que la pièce ci-après pourrait lui être appliquée, son texte concordant à peu près exactement avec elle comme superficie et comme affectation. 11 s’agit d’une pétition adressée au Roi par le supérieur du séminaire de Saint-Sulpice, tendant à acquérir une maison et un jardin dans la grande rue de Vaugirard. Cette maison, disait le pétitionnaire, n’est pas un revenu nouveau que cherche le sémi-

1. Guide des amateurs et étrangers voyageurs à Paris, par Thiéry, 1787, t. II, p. 636.

naire, mais au contraire « une dépense qu'il ajoute à celles qu’il fait tous les ans pour suppléer au peu de fortune des bons sujets qu’il reçoit ».

Cette phrase, on en conviendra, s’applique assez bien aux jeunes gens pauvres du petit séminaire, et ne payant qu’une pension peu élevée.

Voici le texte de ce document :

Le supérieur et les prêtres du Séminaire de Saint-Sulpice de Paris supplient le Roi de leur accorder la permission d’acquérir au village de Vaugirard une maison avec les jardins et environ sept arpens de terre qui en dépendent le tout du prix de 28.000 livres outre 600 livres de pot de vin.

La maison et les jardins sont contigus et les sept arpens qui sont situez vis à vis la maison, servent à conserver le point de vue.

Le supérieur et les prêtres de Saint-Sulpice représentent qu’ils destinent la maison et le terrain qu’ils se proposent d’acquérir, à l’usage de deux communautez dans lesquelles ils élèvent près de deux cents ecclésiastiques qui étudient dans l’Université de Paris.

Et qu’une maison de campagne est absolument nécessaire à ces derniers, soit pour passer le jour de récréation qu’on leur accorde par semaine, soit pour prendre l’air durant les vacances.

Qu’ainsi l’objet du Séminaire n’est pas de se procurer une augmentation de revenu, qu’il ne s’agit pour lui que d’une dépense qu’il ajoute à celles qu’il fait tous les ans pour suppléer au peu de fortune des bons sujets qu’il reçoit.

M. le Procureur général du Parlement de Paris, à qui le projet de Lettres patentes présenté par le Séminaire a été communiqué pour avoir son avis, marque que ce projet a été examiné chez M. le Premier Président et qu’il n’a point été trouvé de difficulté à permettre l’acquisition en question.

La pièce, non signée ni datée, doit remonter au mois de juillet iySô. Sur la chemise du dossier qui la contient on lit, en effet, qu’un bon du Conseil, du 23 juillet 1 756, accorde l’autorisation demandée. Au dos se trouve la mention suivante : «Au mois de juillet 1766 lettres patentes qui permettent aux Prêtres du Séminaire de Saint-Sulpice d’acquérir une maison et un jardin situés à Vaugirard. » Un plan est joint des constructions, qui ne donne pas d’autre renseigne-

ment topographique que l’indication de la grande rue de Vaugirard '.

En ip56, au moment de cette acquisition, le supérieur du séminaire de Saint-Sulpice était Jean Couturier, en fonctions de 1731 à 1770.

Comme tous les biens des congrégations, le petit séminaire fut saisi et inventorié en vertu des décrets de l’Assemblée Nationale. Le 22 juin 1790, en présence de Augustin- Louis Douville, son supérieur, la maison fut parcourue du haut en bas par la municipalité de Vaugirard, à la tète de laquelle se trouvait Martinant de Préneuf, curé de la localité, et Procureur de la Commune.

Nous retenons de cet inventaire les détails suivants : La maison se composait d’une dépense, cuisine, réfectoire, salle d’assemblée avec grands bancs de chêne, autre salle avec billards et jeux, quatre étages de dortoirs comportantenviron cinquante petites chambres meublées, plus les chambres des directeur, supérieur et économe. Dans la chapelle se trouvaient un autel à tombeau couvert d’un napperon, une petite croix et six petits chandeliers en cuivre argenté, deux petits bras, un tableau ou retable représentant la naissance de Jésus- Christ, pe nt à l’huile. Deux autres tableaux de même, et u quatrième représentant un Ecce Homo ; une petite fontaine en cuivre. Dans la petite sacristie, une croix de bois, deux bras de cuivre, une vieille chasuble incomplète2.

La Bibliothèque Nationale possède une affiche de la vente du petit séminaire de Saint-Sulpice. Elle émane du district du bourg de l’Égalité, canton d’Issy, municipalité de Vaugirard. La vente, fixée au vendredi 3 mai 1 7ç3, était faite à la

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