SONNET I
AV ROY
Henry, de qui le nom ne se peut plus aceroistre , Que tous les plus grands Roys nommeront désormais Le foudre de la guerre et le dieu de la paix, Et leurs couronnes bas le viendront reconnoistre.
Pendant qu'auprès de vous si tost ie ne puis estre , Par mille vœux sacrez tous les iours ie promets, Quoy qu'il puisse arriuer, de vous suiure à iamais ; Me tenant assez grand d'auoir vn si grand maistre.
C'est vous dont l'on ne peut escrire dignement , C'est vous dont l'on ne peut se taire iustement , Et de qui la valeur, aux œuures qu'elle a faictes ,
N'a que ce seul défaut qu'en vous rendant parfaict Elle ne peut trouuer de louanges parfaictes ; Et faut en l'adorant celer ce qu'elle a faict.
(1) Ce sonnet est extrait, ainsi que les deux suivants, du Parnasse des plus excellents poètes de ce temps , par Despinelle , t. II, Paris, Guillemot, 1607, in-12.