POVR MADAME LA PRINCESSE DE CONTY
1e la tenois tousiours pour l'astre de la Cour, Bien plus digne des Dieux que les Roys ne sont d'elle ; Mais ie ne croyois point , ny qu'elle fust si belle , Ny qu'en voyant ses yeux on reçeut tant d'amour.
A toute heure, en mon cœur, i'adoreray le iour Où ie veis ces soleils en leur flamme nouuelle, Et gardant de leurs feux la mémoire éternelle , Mon Paradis sera dans cet heureux seiour.
le ne veis qu'vn moment l'esclat de ce visage $ Mais cela fust assez sans en veoir d'auantage ; Car, sans se démasquer elle m'a faict sçauoir,
Estant comme elle estoit debeautez si pourueue, Que l'on connoist les Dieux aysement sans les voir : Et, pour la voir si peu, ie ne l'ay que trop veue.