SONNET IV
N'approchez point de moy, gardez vous pour les Dieux Vous qui cognoissez tout, si non vostre puissance-, Ne mettez que les Roys sous vostre obeyssance ; Car de moindres subiects feroient honte à vos yeux.
Mais si vous approchez , mon esprit glorieux , Qui de tant de mérite aura la cognoissance , Aussitost agité d'vne saincte inconstance , Abandonnant la terre adorera les Cieux.
Douce chaisne des cœurs, l'ame de l'amour mesme, A qui tant de vertus seruent de diadesme, La crainte et le désir des esprits de la Cour,
Pardonneriez-vous pas à. mon ame asseruie , Puisque qui veoit vos yeux, les roys de nostre vie, Ne peut qu'il ne souspire ou d'enuie ou d'amour ?
(4 ) Ce sonnet pourrait être fait pour Mme d'Hautefort , à qui il disait un jour : « Après avoir maltraité des Roys, aimez un petit îionhoinmet comme moi. »