SONNET VII
Loing de ce bel esprit que i'ai tant recerché, le consacre à luy seul les pensers fauorables , Qui ne peuuent m'oster ces liens misérables De la Cour d'vn grand Prince, où ie suis attaché.
Jamais d'ennuys si grands vn cœur ne fust touché. le cognoy des beautez à mes yeux adorables, Et recognoy des loix que l'on tient honorables , Par qui l'heur d'en ioûyr m'est tousiours empesché.
Quand pourrons-nous, mon cœur, pleins de libres pensées, Nous vanger à loisir des contrainctes passées, Et de toute la Cour le regret bannissant,
Faire gouster sans fin à nos âmes esprises , Par de chastes désirs tant de leçons apprises, D'entretiens vertueux nos esprits nourrissant.