SCÈNE V
LA DUCHESSE à sa fille.
Mon enfant, vous avez des remercîments à
faire au général. (Elle lit sa lettre pendant une partie de la scène.)
INÈS
Des remercîments, monsieur ? Et mon père me dit que dans ie nombre de vos missions ", vous avez celle de me marier avec un seigneur Amoagos, sans tenir compte de mes inclinations.
Rassurez- vous, il se nomme ici Raoul de Frescas.
INÈS
Raoul de Frescas, lui ! Mais, alors, pourquoi son silence obstiné ?
Faut-il que le vieux soldat vous explique le cœur du jeune homme ? Il voulait de l'amour, et non de l'obéissance, il voulait...
INÈS
Ah ! général, je le punirai de sa modestie et de sa défiance. Hier, il aimait mieux dévorer une offense que de révéler le nom de son père.
Mais, mademoiselle, il ignore encore si le nom de son père est celui d'un coupable de haute trahison ou celui d'un libérateur de l'Amérique
INÈS
Ah ! ma m re, entendez-vous ?
VAUTRIN, à part.
Comme elle l'aime ! Pauvre fille, ça ne demande qu'à être abusé.
LA DUCHESSE
La lettre de mon mari vous donne, en eflEet, général, de pleins pouvoirs.
J'ai les actes authentiques et les papiers de famille...
UN VALET, entrant.
Madame la duchesse veut-elle recevoir monsieur de Frescas ?
VAUTRIN, à part.
Raoul ici !
LA DUCHESSE, au volet.
Faites entrer.
Bon î le madade vient tuer le médecin.
LA DUCHESSE
lues, vous pouvez recevoir seule monsieur de Frescas, il est agréé par votre père. (Inès baise l.i main de sa mère.)