‹ VautrinChapitre 50 sur 56 · DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

DOMESTIQUES

LE DUC, désignant Vautrin Emparez-vous de lui ! (il montre Saint-Charles) et n'obéissez qu'à monsieur.

LA DUCHESSE

Mais vous lui devez la vie de votre Albert ! il a donné l'alarme.

LE DUC

Lui!

BUTEUX, à Vautrin.

Ah ! tu nous a trahis ! pourquoi donc nous amenais-tu ?

SAINT-CHARLES, aU duC. ^

Vous les entendez, monsieur le duc ?

LAFOURAILLE, à ButeUX.

Tais-toi donc. Devons-nous le juger ?

BUTEUX

Quand il nous condamne.

VAUTRIN, au duc.

Monsieur le duc, ces deux hommes sont à moi, je les réclame,

Voilà les gens de monsieur de Frescas.

VAUTRIN, à Saint-Charles.

Intendant de la maison de Langeac, tais-toi, tais-toi ! (Il montre Lafour aille.) Voici Philippe Boulard. (LafouraiUe salue.) Monsieur le duc, faites éloigner tout le monde.

LE DUC

Quoi ! chez moi, vous osez commander ?

LA DUCHESSE

Ah ! monsieur, il est maître ici.

LE DUC

Comment ? ce misérable !

Monsieur îe duc veu<t de la compagnie, parlons donc du fils de dona Mendès...

LE DUC

Silence !

Que vous faites passer pour celui de...

LE DUC

Encore une fois, silence !

Vous voyez bien, monsieur le duc, qu'il y avait trop de monde.

Sortez tous !

VAUTRIN, au duc.

Faites garder toutes les issues de votre hôtel, et que personne n'en sorte, excep;^é ces deux hommes. (A Saint-Charles.) Restez là. (Il tire un poignard, et va couper les liens de Lafouraille et de Buteux.) Sauvez-vous par la petite porte dont voici la clef, et allez chez la mère Giroflée. (A Lafouraille.) Tu m'enverras Raoul.

LAFOURAILLE, Sortant.

Oh ! notre véritable empereur.

Vous recevrez de l'argent et des passe-ports.

BUTEUX, sortarJ.

J'aurai donc de quoi pour Adèle !

LE DUC

Maintenant, comment savez-vous ces choses ?

VAUTRIN, résidant les papiers au duc.

Voici ce que j'ai pris dans votre cabinet.

LE DUC

Ma correspondance et les lettres de madame au vicomte de Langeac.

Fusillé par les soins de Charles Blondet, à Mortagne, en octobre 1792.

Mais vous savez bien, monsieur le dac...

Lui-même m'a donné les papiers que voici, parmi lesquels vous remarquerez l'acte mortuaire du vicomte, qui prouve que madame et lui ne se sont pas vus depuis la veille du lo août, car il a passé de l'Abbaye en Vendée accompagné de Boulard.

LE DUC

Ainsi Fernand ?

L'enfant déporté en Sardaigne est bien votre fils.

LE DUC

Et madame ?...

Innocente.

LE DUC

Ah ! (Tombant dans un fauteuil.) Qu'ai-je fait ?

LA DUCHESSE

Quelle horrible preuve !... mort. Et l'assassin est là.

Monsieur le duc, j'ai été le père de Fernand, et je viens de sauver vos deux fils l'un de l'autre ; vous seul êtes l'auteur de tout, ici.

Arrêtez ! je le connais, il souffre en cet instant tout ce que j'ai souflEert en vingt ans. De grâce, mon fils ?

LE DUC

Comment, Raoul de Frescas ?...

Femand de Montsorel va venir. (A Saint- Charles.) Qu'en dis-tu ?

SAINT-CHARLES

Tu es un héros, laisse-moi être ton valet de ehambre.

Tu as de l'ambition. Et tu me suivrai ?

SAINT-CHARLES

Partout.

Je le verrai bien.

SAINT-CHARLES

Ah ! quel artiste tu trouves et quelle perte le gouvernement va faire.

Allons, va m 'attendre au bureau des passeports.

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