HAUT TUE
Il se sert de préférence de la seringue d'Higginson ou de l’irrigateur vaginal à boule en caoutchouc. « Le soulèvement et la tension du voile du palais, dit-il, sont indispensables pour que le liquide ne pénètre pas dans le pharynx inférieur et dans l’espace sus-glottique. On pouvait songer à utiliser l’occlusion de la cavité naso-pharyngienne qui se produit pendant la déglutition, comme l’a fait Politzer, pour pousser de l'air dans la trompe ; mais, outre que l’occlusion ainsi obtenue est de très courte durée, on serait fort exposé à faire pénétrer le liquide dans la trompe, dont l’orifice s’entr’ouvre au moment de l’effort de déglutition. Or, cet accident peut provoquer des douleurs très vives et même une otite moyenne suppurée, comme le démontreni les faits publiés par Roosa et comme cela s’est produit chez un de mes malades. Le mieux est donc d’éviter tout effort de déglutition ; pour cela le malade respirera par la bouche largement ouverte et produira une longue expiration en prononçant la voyelle a. On profitera de cetié expiration, pendant laquelle le voile du palais est soulevé et tendu, pour presser à deux ou trois reprises la boule de l'irrigaiteur, et le liquide reviendra par la narine du côté opposé, après avoir parcouru le cavum nasal, sans pénétrer ni dans la trompe ni dans le pharynx inférieur. »
Il faut introduire la canule horizontalement dans les fosses nasales et injecter à chaque séance 600 ou 1,000 grammes d’eau de Challes oubromure de potassium, ou bien sulfate de zinc à 2 ou 3 pour cent.
Recius préconise des injections de lait.
Cautérisation. — La cautérisation est aussi un bon procédé. Politzer a inventé son porte-caustique recourbé, de forme quadrangulaire et à rainures. On n’a qu’à plonger son extrémité dans le nitrate d’argent en fusion ou le crayon mitigé de Desmarres, et, le caustique restant adhérent par le refroidissement, on peut le porter dans la cavité naso-pharyngienne. Il faut avoir soin, à cause de ia brûlure qui se produit par l’action du caustique, d'injecter un peu d’eau salée dans la cavité pharyngienne immédiatement après l’opération.
POIDS M. Tédenat introduit un stylet recouvert de substance caustique au moyen du spéculum de Zaufal. Le traitement par cautérisation n’est pas très douloureux, mais il a l’incorvénient d’être long. Les solutions caustiques portées sur un pinceau ont l'inconvénient de ne pas pouvoir être assez bien localisées et de se diffuser; on peut cependant en retirer de bons effets dans certains cas.
Galvano-Cautère. —Voltolini et Carl Michel ont employé les premiers le galvano-cautère. Meyer s’en est servi aussi. M. le docteur Zawerthal le propose, et, dans les cas les plus tenaces, les escharifications profondes sur chaque végétation. (Congrès médical de Pise, 1878.) Solis, Cohen (de Philadelphie) ,Cardier (de Paris), Leanox (de Londres), Tauber (à anse ou à pointe), Scheffer, Lange et Krishaber : tous ces médecins l'ont préconisé. Lœvemberg, malgré sa pince spéciale, le recommande beaucoup. Son usage est facile à cause de son peu de volume, car il ne provoque pas de nausées et ne cache point le miroir avec lequel on le dirige.
Lœvwemberg se sert de galvano-cautères courbés selon l'angle bucco-pharyagien et formés au bout d’une spirale de platine large de 2 à 4 millimètres. Si la tumeur est pédiculée, on se sert avec avantage de l’anse galvano-caustique.
Ablation. — L'ablation au moyen du couteau de Meyer guidé par le doigt est un excellent procédé ; mais le manuel opératoire n’est pas très facile. Les pinces de Calti et de Lœwemberg sont aussi d'un bon usage. Calmettes a substitué à l’instrument de ce dernier une double curetie ovale; quand la pince est fermée, les deux curettes forment une olive.
La curette à bords tranchants indiquée par Justi, et mieux, la curetie à anneau du même auteur, qui est fixée sur l’index et portée ainsi derrière le voile du palais.
M. Tédenat se sert de l’ongle chirurgical de Mottais, qui donne lieu
ino ee à des douleurs assez vives, dit-il, mais peu ou pas d’hémorrhagie ; il l’indique dans les végétations peu volumineuses et diffuses.
Tous ces instruments peuvent rendre des services, suivant les cas. Bien plus, quand les végétations sont très friables, le doigt peut suffire .
Tous les genres d’écraseur ou lacet, de Zaufal, Clarke, Hartmann, Wilde, etc., sont d’un excellent usage, soit par le nez, soit par la bouche, pourvu que la tumeur soit pédiculée.
Les anesthésiques peuvent être employés chez les enfants impatients, par exemple, et enlever tout en une seule séance ; mais nous croyons qu’il vaut mieux ne pas user du chloroforme chez les enfants trop jeunes et chez les adultes.
Après l'opération, il faut tâcher de faire respirer l’enfant par le nez et l'empêcher de respirer par la bouche. Il est bon de lui mettre une mentonnière.
Si l’on a affaire à un sourd-muet, il faut se rendre compte de l’état de l’ouie et en faire l'éducation, afin de prévenir la mutité.
Traitement général.— Le traitement général ne doit pas être négligé.
Il faut, dit Politzer, surtout tenir compte des troubles de la nutrition et des affections constitutionnelles. Si la nutrition est affaiblie, il faut relever l’état des forces par un exercice. suffisant, changement d’air, séjour à la campagne, régions alpestres, offrant une riche végétation de pins.
Bains, massage, douches, etc.
S'il y a syphilis, donner des remèdes antisyphilitiques ; chez les scrofuleux, les bains salés ou iodés, l’huile de foie de morue, surtout chez les enfants, les ferrugineux, les iodés ; chez les pléthoriques et les hémorrhoïdaires, les cures de boissons de sources contenant du sel de Glauber, Mariembad, Fredrischhall sont indiquées.
S'il y a disposition aux catarrhes, modifier les muqueuses et combattre l’état général par l’endurcissement systématique de la peau, les ablutions froides, bains froids, séjour à l’air frais.
y SAS La tendance très accusée qu'ont les végétations adénoïdes à récidiver rend le traitement consécutif aussi important que l'opération elle-même.
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