‹ Végétations Adénoïdes Du Pharynx NasalChapitre 13 sur 15 · LI OR ES · texte numérisé non relu

LI OR ES

Observation II

Publiée par M. TÉDENAT (Montpelher médical, 1882)

Chez un jeune garçon scrofuleux âgé de ireize ans, j'ai constaté, par l’exploration digitale, l'existence d’une tumeur ayant le volume d’une grosse noisette et implantée sur la partie moyenne de la face dorsale du voile du palais par un pédicule long de 8 à 9 millimètres.

Il me fut facile de l’enlever au moyen de longues pinces introduites par la voie nasale.

Elle était constituée par du tissu adénoïde et contenait un kyste muqueux superficiel, du volume d’un grain de mais et ressemblant à une perle blanche. Ce jeune malade souffrait depuis plusieurs années d’un catarrhe naso-pharyngien chronique, qui fui très amélioré par des injections d’eau salée dans les fosses nasales.

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Obsérvation III

BosworTH (New-York, 1881)

Femme mariée, vingt-cinq ans. Catarrhe depuis quinze ans ; elle avait suivi un grand nombre de traitements. Mucosités abondantes. Voix : caractère nasal ; audition affaiblie.

L'examen rhinoscopique fait découvrir une hypertrophie de la muqueuse des fosses nasales, tumeur adénoïde de la voûte pharyngée, obsiruant à moitié les ouvertures postérieures des fosses nasales. La tumeur est irrégulière ; elle a l'aspect d’une grosse amygdale.

On fait des cautérisations au nitrate d'argent, sans succès et sans provoquer de modifications. Alors on applique l'électro-cautère. L’électrode se compose d’un fil de platine enroulé et porté sur un manche. Le fil de platine est coiffé d’un manchon qui évite le danger pour le voile du palais. On fait huit cautérisations à une semaine d’intervalle. La tumeur est complètement détruite. La voix redevient normale et facile : l’audition et le catarrhe sont notablement améliorés.

Observation IV

BosworTH (New-York, 1881)

Jeune fille de vingt-quatre ans. Voix de soprano qui se modifiait depuis deux ans. Il était difficile d'apprécier la eause de son altération. Catarrhe nasal modéré (elle n’en était pas incommodée). Voix parlée notablement nasale.

Gorge et larynx, caractères normaux; mais on découvrit sur la voûte du pharynx une masse présentant la forme de l’adénome. Elle était pendante et pédiculisée et obstruait en partie les fosses nasales ; elle ne comprimait pas l’ouverture des trompes, et cependant l’ouie était altérée.

On commença d’abord par faire des applications d’acide chromique, qui eurent pour résultat de réduire le volume de la tumeur.

Le docteur Bosworth fit alors usage du serre-nœud de Jawis, composé d’une anse de fil métallique dont les chefs sont passés dans une canule sur laquelle court un pas de vis destiné à serrer l’anse métallique. La tumeur fut coupée sans douleur ; il ne se produisit qu’une très petite hémorrhagie. La voix reprit presque aussitôt sa souplesse et sa beauté ; le langage était naturel, ainsi que l’audition.

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Observation VW

CRESWELL-BABER, (Brifh med. journ., 1882)

Alice B...., âgée de dix-neuf ans, se présente, le 30 janvier 1880. Souffre d’un polype de l'oreille droite. Cicatrices sur le tympan gauche. Amygdale droite hypertrophiée. Pharynx congestionné.

Après que le polype eut été enlevé, l'attention fat portée sur l’arrièregorge, et le 11 février on nota ce qui suit :

La malade peut à peine respirer par le nez ; on ne peut, cependant, lui fermer la bouche sans produire des accidents de suffocation. La prononciation est défectueuse, le nez aminci. La rhinoscopie antérieure ne montre aucune obstruction des cavités nasales. Il existe un écoulement abondant et un gonflement de la muqueuse nasale du côté droit.

La rhinoscopie postérieure ne montre rien de bien distinct, à cause dé l’obstruction de la cavité par les végétations. La palpation révèle une grande quantité de végétations adénoïdes. On essaie une injection par une des narines; le liquide ne retourne pas par l’autre. Le 21 février on eniève une grande partie des végétations avec la pince de Calti, et le 28, une partie de l’ouverture des fosses nasales était visible au rhinoscope.

Applications répétées de la pince de Calti, en tout dix-neuf fois. Emploi du galvano-cautère, huit applications. Succès tel que le 9 avril la malade pouvait parfaitement tenir la bouche fermée, et finalement un très petit nombre de végétations étaient découvertes à la palpation.

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Cbservation VI

Personnelle

Marie Lot... âgée de quarante-cinq ans, née à Clermont (Hérault, entre au n°2 de la salle Martin-Tisson, service de M. Tédenat, le 3 avril 1881. Accidents scrofuleux dans l'enfance 'glandes). Régulièrement menstruée. Surdité progressive ayant commencé depuis cinq ans ; elle est plus forte par le temps humide.

Respiration buccale, comme si le nez était obstrué ; sons nasaux, mal prononcés. Ainsi, elle dit : Bac-Baho, au lieu de Mac-Mahon.

Le doigt atteint des végétations vers la voûte pharyngienne.

La rhinoscopie postérieure laisse voir des végétations disséminées un peu partout. La trompe est obstruée.

M. Tédenat prescrit la douche naso-pharyngienne et la douche de Politzer. On continue ce traitement pendant trois semaines. et la malade prouve une grande amélioration du côté du pharynx nasal. La respiration devient plus facile, la prononciation plus régulière, moins désagréable, mais pas d'amélioration de la fonction auditive.

La malade sort de Phôpital.

Cette observation infirme l'opinion qui veut que les végétaiions disparaissent après un certain âge.

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Observation VII

Personnelle

Pierre C..., âgé de dix-neuf ans, entre, salle Lallemand, le 5 mai 1884, service de M. le professeur agrégé Tédenat.

Le malade possède un tempérament lymphatique, sans accidents scrofuleux cependant. Facies coloré, pas d’hypertrophie de la lèvre supérieure.

Depuis l'enfance, 1l respire mal et la bouche ouverte, ce qui, avec son dos voûté, ne lui donne pas l’air très intelligent. La prononciation est très défectueuse. Ildevientsourd peu à peu depuis trois ans, surtout de l'oreille droite. Il n'entend la montre à aucune distance, mais il l'entend quand on l’applique sur la pommette, la nuque ou le front. Il faut crier de toutes ses forces pour se faire entendre. Amygdales hypertrophiées, granulations sur la face antérieure du voile du palais et sur la paroi postérieure du pharynx. Le doigt, introduit derrière le voile du palais, sent des végétations sur la voûte pharyngienne. La rhinoscopie postérieure est impossible, vu le volume des amygdales.

Le spéculum de Zaufal ne peut être introduit que dans la fosse nasale droite ; il permet de voir des végétations disséminées un peu pariout,

On observe tous ies signes du catarrhe de la trompe.

Traitement général. — lodure de fer. Vin de quinquina. Bain sulfureux. Local: douches naso-pharyngiennes tous les Jours (eau salée) attouchements des amygdales avec le crayon d’alun.

Le malade part au bout de quatre semaines.

LE AE La respiration nasale est moins gênée, la prononciation moins défectueuse ; l'examen rhinoscopique postérieur, devenu possible, grâce à la diminution du volume des amygdales, permet de constater une diminution des végétations. Pas d’amélioration de l’ouie.

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