‹ Végétations Adénoïdes Du Pharynx NasalChapitre 2 sur 15 · ANATOMIE · texte numérisé non relu

ANATOMIE

Situé en arrière de l’ouverture postérieure des fosses nasales et de la cavité buccale d’une part, suspendu à la base du crâne par sa partie supérieure, se terminant dans l’œsophage après avoir franch; l'ouverture supérieure du larynx d’autre part, le pharynx forme une gouttière intermédiaire où se confondent les organes digestifs et les organes respiratoires à leur partie supérieure ; sorte de carrefour où semblent se mêler les deux fonctions essentielles à l’entretien de la vie.

Des quatre orifices qu'il présente, deux appartiennent à l’appareï] digestif, deux à l'appareil respiratoire. L’axe qui passe par le centre des deux premiers se dirige de haut en bas et d’avant en arrière;

a pour les deux autres, il se dirige de haut en bas, mais d’arrière en avant, de telle sorte qu’ils forment un X à branches très rapprochées.

Au point de vue purement anatomique, le pharynx est divisé en trois parties :

1° L'une supérieure, s'étendant jusqu’au voile du palais, que l'on désigne sous le nom de portion nasale ou arrière-cavité des fosses nasales, longue de £ centimètres et demi ou 3 centimètres environ en avant et de 5 en arrière. C’est cette partie qu'il nous est le plus important de connaître pour cette étude,

2° L'autre, moyenne, étendue des piliers postérieurs du voile du palais à l’os hyoïde : c’est la portion buccale ou arrière-cavité de la bouche de quelques auteurs ; elle mesure 4 à 5 centimètres environ.

3 Enfin, la partie inférieure ou laryngienne.

De telle sorte qu’en coordonnant ses diverses mensurations, le pharynx possède en longueur 14 à 15 centimètres à l’état de repos, dimensions qui diminuent, surtout pour la portion moyenne, soit dans la phonation, soit surtout dans la déglutition.

Le diamètre transverse du pharynx nasal atteint sa plus grande largeur au niveau de la trompe d'Eustache, 4 1/2 à 5 centimètres ; 4 centimètres seulement au-dessous. Le diamètre antéro-postérieur n’a que 2 centimètres.

La face postérieure est appliquée au-devant des vertèbres cervicales, dont elle est séparée par les muscles prévertébraux et l’aponévrose prévertébrale; de plus, entre cette aponévrose et la face postérieure de l'organe, se trouve interposée une couche celluleuse irès lâche, espèce de séreuse rudimentaire qui isole l'organe et lui permet d’oscilles dans tous les sens, fait que la pathologie confirme tous les jours; car, sous l'influence de causes très diverses, cette couche cellulaire s’enflamme, le pharyax perd sa mobilité, accident qui entraîne une dysphagie plus ou moins intense, plus ou moins génante.

Arrivons à la surface interne. Les portions latérales présentent le pavillon de la trompe d’Eustache, situé de chaque. côté de l'orifice :

HA ON postérieur des fosses nasales, qui sont elles-mêmes en avant. En bas, le voile du palais, qui prend différentes positions et tend à fermer, à certains moments, le cavum nasal; enfin, à la partie postérosupérieure, un organe formé par une agglomération de glandes dont la structure sera décrite un peu plus loin.

Muqueuse. —- La muqueuse tapisse cette cavité en se continuant jusque dans les trompes et dans les fosses nasales. Elle est pourvue d’une quantité considérable de glandes qui affectent deux types principaux : les glandes en grappe, les moins nombreuses, formées d’acini assez analogues à ceux des glandes salivaires, et enfin de follicules clos, organes lymphoïdes, analogues par leur structure à ceux de l’amygdale. Ce sont ces glandes qui sont le siège de l'affection dont nous avons à nous occuper ; qu’il nous soit permis de les étudier un peu en détail.

« Le tissu adénoïde de His, cystogène de Kolliker, dit M. Tédenat (Montpellier médical, 1882), est abondamment répandu dans la muqueuse du pharynx ; il forme presque en entier celle qui tapisse le cavum rétro-nasal. Dans toute son étendue, il se compose d’un réticulum à nœuds fertiles, à mailles remplies de cellules lymphoïdes, de nombreux capillaires sanguins et lymphatiques. En une foule de points, ce tissu se condense en follicules clos typiques, solitaires ou agminés. » Ce sont ces derniers qui, par leur agglomération, leur disposition particulière à la voûte du pharynx, prennent un aspect semblable à celui de l’amygdale, que les auteurs ont appelés la muqueuse de cette région : tonsille pharyngienne ou glande de Luschka.

La glande de Luschka est formée exclusivement de tissu adénoïde ; son aspect est rosé, irrégulier ; elle est parcourue de fissures ou lacunes analogues à celles de l’amygdale, dont les unes sont verticales et parallèles, quelques-unes plus superficielles et perpendiculaires aux premières, ce qui lui donne un aspect frangé ei irrégulier. Elle se continue sur les côtés par un grand nombre de follicules elos qui

AO s'étendent, sur les côtés, aux environs des trompes, en avant, au dessus du rebord des choanes.

En arrière de la glande de Luschka existe une dépression dont parle Meyer ; il l’appelle bourse pharyngienne. Elle se continue jusque dans le périoste de l’apophyse basilaire, où elle se termine en pointe. Revêtue du même épithélium cilié que le reste de la muqueuse, elle est souvent le siège d’inflammation chez l’adulte.

M. Tédenat explique d’une manière très claire la formation de cette bourse :

« Sur les embryons de mammifères, au moment où va commencer la flexion crânienne, dit-il, on voit le fond supérieur du pharynx en divertieule creux à travers la base du crâne. Vers le cerveau, le prolongement passe entre la partie sphéno-ethmoïdale et la partie sphénooccipitale, qui, encore peu développées et sans connexion entre elles, sont à peine marquées par un léger épaississement du tissu fibreux limitant la cavité crânienne. La notocorde est à ce point tangente à la paroi postérieure du diverticulum pharyngien, qui, un peu au-dessous de son extrémité, porte un bourgeon creux destiné à former, d’après Séessel, la tonsille pharyngienne. Un peu plus tard le sphénoethmoïdal et le sphéno-occipital se développent l’un vers l’autre et se soudent. Alors la partie supérieure du diverticulum pharyngien est incluse dans la cavité crânienne, où elle forme l’hypophyse (portion lymphoïde du corps pituitaire). la partie inférieure constitue la bourse pharyngienne. »

La bourse pharyngienne renferme d'ailleurs elle-même de ce tissu réticulé, qui abonde dans toute cette région el qui est le siège exclusif de cette affection dont nous allons parler, les végétations adénoïdes du pharynx nasal.

Œu: Uee

Page 1