‹ Végétations Adénoïdes Du Pharynx NasalChapitre 7 sur 15 · DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC

Le diagnostic des végétations adénoïdes présentera évidemment quelque difficulté, à cause du grand nombre de maladies dont cette région peut être le siège. Et d’abord, il faut savoir si l’on a affaire à un enfant ou un adulte; car, sauf quelques cas relativement rares, ce sont surtout les enfants qui y seront sujets (de un à vingtans, suivant Meyer); après cet âge, les végétations tendent à disparaître d’elles-mêmes. Pour cette raison, on peut éliminer toutes lestumeurs carcinomateuses. Les polypes muqueux sont faciles à distinguer; il en est de même des polypes fibreux, qui entraînent si souvent des déformations. Mais que d’uicérations tuberculeuses, herpétiques, syphilitiques, peuvent êtres confondues avec les végétations adénoïdes. L’hypertrophie simple des amygdales produit rarement la série symptomatique des végétations adénoïdes. Mais il faut savoir la distinguer.

Il faut bien interroger les parents ou le malade lui-même pour savoir s’il y à longtemps qu'il respire par la bouche, s’il y a ou non ronflements nocturnes, renâclements; s’il se mouche fréquemment, épistaxis, ozène. fnsister sur les symptômes auriculaires, s’il y a ou non surdité, écoulements par l'oreille, bourdonnements. Examiner à l’otoscope, si possible, car sur cela se basera le pronostic. Après

RE ra cela on procède à l’exameu direct au moyen de la rhinoscopie antérieure ou postérieure et de l'exploration digitale.

Rhinoscopie postérieure.— L'examen rhinoscopique vient fournir des données précises sur la forme, la structure, la position des tumeurs adénoïdes. Voici les préceptes que donne Edouard Fournié, médecin de l'institut des sourds-muets, après de nombreuses applications du rhinoscope. Il se fonde sur la physiologie des mouvements de l’organe dans la phonation et la respiration :

«I! faut, dit-il, que le malade respire exclusivement par la bouche, celle-ci étant ouverte autant que possible ; qu’il garde le silence absolu, c’est-à-dire qu’il ne fasse entendre aucun son. Telles sont les conditions indispensables pour obtenir l'abaissement du voile du palais aussi complet que possible. »

Il ajoute : « Quelquefois, la base de la langue, qui remplit la cavité buccale, empêche l'introduction du miroir, et le contact de celui-ci entraîne la contraction du voile du palais.

Pour y remédier, il faut appuyer sur la langue avec une spatule, ou mieux, en utilisant un mouvement fonctionnel, il faut engager le patient à faire comme s’il devait prononcer la lettre a, sans cependant faire entendre aucun son, lequel amènerai: bien l’aplatissement de la langue, mais, en même temps, déterminerait la contraction du palais qui accompagne cette prononcialion. »

Après quelques séances de rhinoscope, les patients supportent bien * l'instrument, et l’on arrive ainsi à observer facilement la cavité nasopharyngienne. Mais, malgré cela, son application n’est pas facile chez les enfants, soit à cause de la mauvaise volonté avec laquelle ils se prêtent à l'examen, soit par les nausées et les efforts de vomissement qu’il provoque, soit, enfin, à cause de l’étroitesse de l’arrière-gorge, ce qui fait qu'il faut toujours se servir d’un miroir de très petit calibre.

Rhinoscopie antérieure. — La rhinoscopie antérieure, M. Téde-

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nat la pratique au moyen du spéculum de Zaufal, qui lui a rendu de grands services dans plusieurs cas qu’il a bien voulu nous permettre de publier. Cet instrument consiste en un long spéculum de forme cylindrique. Lorsque les fosses nasales ne sont pas trop rétrécies au point d'empêcher l'introduction de l'instrument, et avec cela un éclairage suffisant, le diagnostic sur la nature de la tumeur devient facile.

Exploration digitale.— Enfin l'exploration digitale, qui est le moyen infaillible et qui peut toujours se faire. Cresweli-Baber (British medical journal. M. B., Lond., 1882) veut qu’elle soit pratiquée avec l'index gauche « parce qu’il est plus petit», dit-il, la tête du patient appuyée sur la poitrine de l’explorateur. Mais la différence n’est pas tellement grande avec l’index de la main droite que l’on puisse ériger ceci en précepte absolu. Et il nous semble qu'il vaut encore mieux se servir de celui qui paraît le plus commode. Les végéiations adénoïdes sont la plupart du temps tellement friables que souvent il reste des particules à l'extrémité du doigt introduit, particules que l’on peut examiner au microscope. La sensation de corps mou, à surface mamelonnée, irrégulière, le sang et les mucosités rendus après l'exploration, lorsque le malade se mouche, feront arriver à un diagnosiic. Le doigt percevra de même la grosseur, la forme, le point d'implantation des végétations.

Pronosüc.— Le pronostic, sans être grave, dépend beaucoup de l’âge du malade, du siège, de la forme et du volume des végétations et surtout des phénomènes pathologiques dont l'organe de laudition est le siège.

Il est évident que si la tumeur a déterminé une otite moyenne scléreuse, avec dégénérescence fibreuse du tympan et des osseleis, ‘le malade ne guérira pas de sa surdité. Mais, cependant, des malades ont vu une amélioration très grande de leur surdité et même une gué-

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