‹ Veillées d'amourChapitre 11 sur 16 · LES FILLES DE LA NUIT · texte numérisé non relu

LES FILLES DE LA NUIT

Poète, si l'amour dans ton âme asservie,

Te conduit jusqu’à moi, n’entre pas dans ma vie !

Laisse donc à la mer l’invisible beauté

Des soirs ensoleillés sur son lac argenté !

Et si tu veux m'’aimer comme on aime une Femme,

Ne mets pas dans ta voix tant de fleurs pour mon âme, Car mon cœur ne peut plus te chérir aujourd’hui,

Pour avoir trop vécu de souffrance et d’ennui !

Qu'il est doux mon ami, ton baiser sur mes tresses Et qu'il me change enfin des affreuses caresses,

Et des crocs imprimés sur mes pauvres genoux,

Des blasphèmes idiots et des clameurs de fous, Des râles impuissants d’une bouche attardée

Sur mon ventre appauvri comme une outre évidée !

Oubliant gentiment ma vie pleine de boue, Tu me dis cher poète en caressant ma joue,

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