POUR UNE REVEUSE
A qui donc souris-tu de ta bouche entr'ouverte, Belle et douce rêveuse aux lèvres satinées,
Quand la nuit rôde enfin dans ta chambre déserte, Parmi les bibelots et les roses fanées ?
Que fais-tu demi-nue sur ta couche glacée, Quand la lune caresse au hasard des parfums, Les buissons où se cache une douce vallée, Parmi deux boucliers et tes trésors divins ?
Peut-être qu’en pleurant, tu tourmentes tes seins,
Qui palpitent dans l’ombre, implorant les caresses
D'une main jeune et douce aux merveilleux dessins,
Dont les doigts longs et fins seraient pleins de promesses !
O douce confidence et pour qui les échos
Se chaussent de velours, pour s’enfuir du jardin ! Que dis-tu belle fille, et pour qui sont les mots
De tes chants incompris qui s’éveillent soudain ?
Pour ce prince charmant qui te donne une rose Au sortir du théâtre en te baisant la main,
S’offrant d’être à jamais ton amant, je suppose, Ou peut-être pour moi qui ne te connais point ?