MISÈRE
C’est une amante à l’âme d’or !
Elle est fidèle en mes loisirs,
Et pour m'aimer bien plus encor, Elle partage mes plaisirs !
Lorsque le bonheur éphémère
Joue sur mon cœur de l’olifant, Elle est pour moi plus qu’une mère Au pied du lit de son enfant !
Mais quand s’évade quelquefois, Mon seul espoir auprès des morts, Elle reprend comme autrefois
Ma main tremblante de remords !
Sitôt qu’un songe au soir m’enlève Jusqu’au parvis de l’horizon, Comme jalouse de mon rêve
Elle revient à la maison !
Elle s'étend auprès de moi,
Ses cheveux noirs sur mon épaule,
Et connaissant mon désarroi,
Me fait entendre un chat qui miaule !
Et pour faner le paradis
De mon espoir rendu moins sombre,
Elle caresse mon taudis
De ses yeux noirs qui jouent dans l’ombre !
Le soir, elle m'offre son sein, Meurtri comme une outre évidée, Et ma tête n’a de coussin
Que sa poitrine dénudée !
Ses froids baisers sont des morsures Qui se dessèchent sur mon front Ridé d’espoirs et de blessures
Que mes amours effeuilleront !
EE, , ju