‹ Veillées d'amourChapitre 9 sur 16 · MISÈRE · texte numérisé non relu

MISÈRE

C’est une amante à l’âme d’or !

Elle est fidèle en mes loisirs,

Et pour m'aimer bien plus encor, Elle partage mes plaisirs !

Lorsque le bonheur éphémère

Joue sur mon cœur de l’olifant, Elle est pour moi plus qu’une mère Au pied du lit de son enfant !

Mais quand s’évade quelquefois, Mon seul espoir auprès des morts, Elle reprend comme autrefois

Ma main tremblante de remords !

Sitôt qu’un songe au soir m’enlève Jusqu’au parvis de l’horizon, Comme jalouse de mon rêve

Elle revient à la maison !

Elle s'étend auprès de moi,

Ses cheveux noirs sur mon épaule,

Et connaissant mon désarroi,

Me fait entendre un chat qui miaule !

Et pour faner le paradis

De mon espoir rendu moins sombre,

Elle caresse mon taudis

De ses yeux noirs qui jouent dans l’ombre !

Le soir, elle m'offre son sein, Meurtri comme une outre évidée, Et ma tête n’a de coussin

Que sa poitrine dénudée !

Ses froids baisers sont des morsures Qui se dessèchent sur mon front Ridé d’espoirs et de blessures

Que mes amours effeuilleront !

EE, , ju

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