‹ Veines De La Main Et De L'Avant-BrasChapitre 11 sur 38 · I. — Veines dorsales des doigts · texte numérisé non relu

I. — Veines dorsales des doigts

On ne trouve nulle part, soit dans les classiques soit dans les atlas complets, soit même chez les auteurs qui se sont occupés plus spécialement de la main de description didactique et complète du réseau veineux dorsal des doigts. Tous se contentent de signaler l'existence d’un réseau qui s'étend sur toute la face dorsale du doigt, ce qu'il n’est pas difficile de constater ; tous signalent l’arcade dorsale de la phalange, que l'on peut injecter même par le procédé ordinaire ; mais tous aussi, même les auteurs les plus récents, à l'exception cependarit de M. Bourceret, répètent cette erreur, qui consiste à dire que ces veines s’écartent de chaque côté sur les bords des articulations des phalanges, afin de ne pas être comprimées pendant la flexion. Bref, cette première partie de la question, qui est cependant la moins mal connue, l’est encore très mal; elle mérite d’être plus soigneusement analysée, et nous dirons même que cette

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analyse est relativement facile, par ce fait que les dispositions anatomiques sont toujours les mêmes. Voici donc les faits que nous avons constatés.

D'un calibre très supérieur à celui des palmaires, les veines dorsales des doigts sont par contre beaucoup moins nombreuses (voir pl. I.

I. — Le lit où repose l’ongle se fait remarquer par un réseau, un lacis veineux des plus déliés et des plus serrés (planche I. 1, 1). Pour bien l'observer, il faut, sur une pièce bien injectée, après avoir arraché l’ongle, examiner à la loupe la surface qu'il occupait : on peut se convaincre dès lors que c'est à peine si l'on peut arriver à distinguer les veinules les unes des autres, tant elles sont multiples et rapprochées.

Ce réseau veineux sous-unguéal vient se jeter dans une veinule des plus remarquables et à disposition constante , que nous appellerons veine périunguéale (pl. I. 2, 2). Celle-ci, véritable canal collecteur, reçoit d'autre part, par son bord externe, les petites veinules des parties molles qui entourent, qui bordent l’ongle.

Cette veine occupe le repli de la peau qui borde l'ongle ; et sa courbe suit fidèlement celle des bords de ce dernier; au niveau du bord libre ou bord inférieur, elle fait défaut. En réalité celle se compose de deux veines symétriques, dont chacune suit en remontant les parties latérales du repli périunguéal, et s’incurve an niveau de sa base pour se réunir à sa congénère. Le point où cette réunion se fait est situé au-dessous de l'articulation phalangino-phalangettienne. — Elles donnent ainsi naissance à un tronc unique (pl. I. 3, 3), qui remonte, en se maintenant sur la ligne médiane du doigt, jusqu'à l'union du tiers supérieur et du tiers moyen de la phalangine. — Il nous paraît exact de comparer ce tronc unique et les deux veinules qui en forment l’origine à une fourche dont les deux branches viendraient enfourcher l’ongle.

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Généralement unique, ce tronc a quelquefois avec lui une petite veinule auxiliaire , qui lui est rigoureusement parallèle, mais s'en distingue pour son calibre plus petit. Quelquefois cependant il y a deux veines médianes d’égal calibre {pl. I. 3’) ; chacune d'elles est formée à l'origine par la moitié correspondante de la veine périunguéale ; mais comme, au point où elles deviennent parallèles, une anastomose transversale les réunit alors, l'intégrité de la veine périunguéale se trouve néanmoins conservée. |

Quoi qu'il en soit, de chaque côté de ce tronc médian se trouve une et plus souvent un groupe de ? ou 3 veines lalérales. Mais tandis que le trajet du tronc médian est directement ascendant en haut, celui des veines latérales est oblique. Nées des veines palmaires de la pulpe du doigt, elles aboutissent au réseau dorsal et constituent ainsi une première série d’anastomoses latérales. Elles montent obliquement sur les côtés, ensuite sur le dos de la phalangette, puis de la phalangine,‘en se dirigeant, par conséquent, en haut eten arrière. et en se rapprochant peu à peu les unes des autres et du tronc médian : elles représentent ainsi les côtés d’un triangle à sommet supérieur, dont le tronc médian serait la bissectrice. Les plus supérieures (pl. [. 4, 4) se terminent sur la phalangine, à l’union de son tiers supérieur avec son tiers moyen. c’est-àdire au même niveau que le tronc médian, avec lequel elles forment les origines d’un plexus que nous allons maintenant étudier ; les autres, situées plus bas (pl. I. 4, 4’), s’insèrent symétriquement de chaque côté du tronc médian lui-même et les unes au-dessus des autres.

Ex. — Ce pleæus (pl. I. 5 5), qui recouvre le tiers supérieur de la phalangine, l'articulation phalango-phalanginienne et les deux tiers inférieurs de la phalange, est formé de mailles allongées, à grand axe vertical et parallèle à l’axe du doigt. IL est aisé d'y distinguer 3, 4 et 5 troncules sensiblement paral-

lèles et reliés entre eux par de puissantes anastomoses. La plupart des auteurs ont répété les uns après les autres que ces troncs s’écartent sur les côtès, au niveau des articulations des phalanges entre elles, pour éviter d’être comprimées pendant la flexion. C’est là une erreur absolue, déjà relevée par M. Bourceret : c’est seulement au niveau des têtes métacarpiennes que les veines s’écartent de chaque côté ; au niveau des articulations des phalanges entre elles, les veines suivent leur trajet rectiligne et sont aussi ‘nombreuses que dans l'intervalle des articulations; elles s’aplatiront donc et se videront de leur contenu par Ja mise en tension de la peau dans le mouvement de flexion des doigts.

Les affluents de ce plexus sont : 1°, une ou deux anastomoses dorso-palmaires sur les côtés de la phalangine (pl. I. 6, 6); 2°, une ou deux anastomoses du même genre sur les côtés de la phalange (pl. I. 7,7). Les unes et les autres, parties du plexus palmaire à différents niveaux, se dirigent obliquement en haut et en arrière sur les côtés du doigt et abordent le plexus que nous décrivons au niveau soit de la phalangine, soit de la phalangette.

Ce plexus se termine en haut dans la convexité d’une arcade remarquable située à l’üuion du tiers supérieur avec le tiers moyen de la phalange.

XXE. — Cette arcade, dite « arcade dorsale de la phalange » (pl. I. 8, 8), présente à considérer trois côtés. L'inférieur, qui est concave en haut, mais dont la direction générale est transversale, réunit les extrémités inférieures des deux autres côtés. Ceux-ci se dirigent en haut, mais en divergeant légèrement de manière à se porter sur les côtés de l’articulation métacarpo-phalangienne ou plutôt de la tête même du métacarpien. Chacune de ces branches latérales rencontre à ce niveau sa congénère du doigt voisin, et s’unit à elle pour former, sous le nom d’interosseuse dorsale de la main (pl. I. 9, 9),

PLancxe I. — Veines dorsales superficielles de la main (type le plus fréquent) et des doigts (type constant).

1, 1. Réseau sous-unguéal.

2, 2, 2. Veine périunguéale.

3,3, 3. Tronc médian.

4,4. Anastomoses dorso-palmaires :

premier groupe (gr. de la phalan— gette).

5, 5. Plexus dorsal du doigt.

6,6. Anastomoses dorso-palmaires :

second groupe (gr. de la phalan— gine).

# 7. Anastomoses dorso-palmaires :

troisième groupe (gr. de la phalange). ‘

8, 8. Arcade dorsale de la phalange.

9, 9, 9. Interosseuses dorsales du 2°, du 3° et du 4° espace.

9’. Interosseuse du 1°" espace.

10, 10, 10. Veines interdigitales.

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